#SportStory / Le cyclisme est il un sport dangereux ?


En 2005, The United States Consumer Product Safety Commission (CPSC)  agence indépendante du gouvernement des États-Unis créée en 1972, chapeautée par le président des Etats Unis en personne et qui n’appartient à aucun département fédéral  publiait  un rapport dans lequel on pouvait apprendre, selon les conclusions des études réalisées, que le cyclisme était un sport aussi dangereux que le football américain.

L’actualité cycliste récente avec le décès accidentel du jeune belge Bjorg Lambrecht le 5 août dernier,  montre encore une fois, et malgré la mise en place de  règles qui vont dans le sens de la protection des coureurs, que le sport cycliste est une discipline où les dangers sont présents du début à la fin de la compétition.

Notre rédaction qui se plait en mettre en valeur les qualités et les exploits de cyclistes professionnels ou amateurs actuels ou passés, souhaitait réaliser un focus sur ces accidents mortels en compétition, encore trop nombreux, mais qui obscurcissent  la riche histoire de ce sport.

Une Belgique meurtrie 

Le plat pays ne comptent plus les grands champions cyclistes qui font l’orgueil de cette nation. La Belgique est présente voire hégémonique selon les périodes  dans le cyclisme sur route, sur piste, en VTT ou encore en cyclo-cross, c’est le pays qui paye le plus  lourd tribu.

Le décès de Bjorg Lambrecht lors de la troisième étape  étape du Tour de Pologne le 5 août 2019, vient s’ajouter à une trop longue liste de coureurs décédés dans l’exercice de leur passion, qui est aussi devenue leur métier.
Bjorg Lambrecht (crédit photo La Voix du Nord) 

Lors du Paris Roubaix 2018, c’est Michael Goolaerts qui décède en pleine course d’une crise cardiaque. En 2016, même circonstances de mort pour Daan Myngheer lors de la première étape du Critérium International en France.
Antoine Demoitié dans le Gand Wevelgem 2016 est percuté par une moto et décédera des suites de ses blessures au CHU de Lille.

En 2013, Wouter Dewilde, est victime d’une lourde chute après avoir franchit la ligne d’arrivée lors d’une épreuve réservée aux coureurs espoirs et sans contrat.
Dans le Tour d’Italie 2011, Wouter Weylandt est victime d’une chute fatale dans la troisième étape.
Michel Goffin chute de plusieurs mètres dans un ravin lors du Tour du Haut-Var 1987.


Toutes les disciplines cyclistes sont touchées par les accidents mortels.

La piste, discipline  spectaculaire par essence, avec des vitesses de courses inégalées et la promiscuité des coureurs entre eux  mais aussi avec le public, n’échappe pas à la règle. 
En 2006, l’espagnol  Isaac Galvez alors Champion du Monde en titre de la course de l’Américaine avec son compatriote Juan Llaneras, est percuté par le belge Dimitri De Fauw, il heurte la balustrade lors de Six Jours de Gand.
Ranimé sur place il décédera lors de son transfert à la clinique de Gand. 
Comble du malheur, Dimitri de Fauw,se sentant coupable de la mort d’Isaac Galvez, entrera en  dépression, il mettra fin à ses jours en 2009.
Isaac Galvez.

En 2014, Jeanné Nell champion national sud africain du keirin,  trouve accidentellement la mort sur le vélodrome de Belleville au Cap.

Le stade vélodrome du Parc des Princes connaîtra aussi des heures sombres lors des courses cyclistes. Les français Louis Darragon en 1918, Gustave Ganay en 1926 et Leon Level et Paul Chocque tous les deux en 1949, chutent mortellement sur la piste.
La piste en ciment du Parc des Princes fera de nombreuses victimes.

En septembre 2004,  décès du jeune professionnel,  Tim Pauwels  lors d’une épreuve de cyclo-cross en Belgique, la même année, la norvégienne, Anne Fleur Karvenhaar perdra la vie à Méribel dans une épreuve de  cross country.

Des victimes prestigieuses,  dans des courses prestigieuses.

Lors du Paris-Nice 2003, le coureur kazakh Andreî Kivilev (Vainqueur de la Route du Sud 2001)  est victime d’une chute alors qu’il tentait de régler son oreillette. Il tombe sur le front, plongé  dans le coma, il décédera dans la nuit laissant une épouse et un enfant de 6 mois.
La conséquence immédiate de cette chute mortelle fera réagir l’UCI en imposant le port du casque en course dès le mois de juin 2003.
Andreî Kivilev.

Dans le Tour de France 1995, c’est l’italien Fabio Casartelli (Champion Olympique 1992) qui trouvera la mort dans la descente du col du Portet d’Aspet. Il est le troisième coureur de l’histoire a trouver la mort sur le Tour de France après Tom Simpson en 1967 victime d’un cocktail mortel composé d’amphétamines, d’alcool et de déshydratation.
Avant le britannique, c’est l’espagnol Francisco Cépaeda qui chutera mortellement dans le Col du Lautaret le … 14 juillet 1935.

Le portugais Joaquim Agostinho (3 ème des Tours de France 1978 et 1979, 13 fois champion du Portugal) alors porteur du maillot jaune du Tour de l’Algarve 1984,  tombe à 300 m de l’arrivée lors de la 5ème étape, par la faute d’un chien qui traversera lors du passage des coureurs. Mal soigné à l’Hôpital de Faro, sa fracture du crâne  sera décelée trop tardivement , il décédera à l’Hôpital de Lisbonne 10 jours après sa chute dans sa 41 ème année. Il était le doyen du peloton et est encore considéré comme le plus grand coureur cycliste portugais de toute l’histoire.
Joaquim Agostinho.
Vainqueur du Tour de Lombardie 1969, champion du Monde 1970, alors porteur du maillot arc en ciel, le belge Jean-Pierre Monséré est tué sur le coup  dans une kermesse belge à Retie percuté par une voiture en 1971. Il était considéré avec Eddy Merckx comme le meilleur coureur de sa génération.  Son ami Freddy Maertens offre à Giovanni, le  fils de Jean-Pierre Monséré, un vélo  pour sa première communion. En 1976, Giovanni participe à une course cycliste, il est tué dans une collision avec une voiture.
Jean Pierre Monséré.

En 1956, le belge Stan Ockers trouvera la mort sur le vélodrome de Gand. Il avait remporté le championnat du Monde 1955, Liège Bastogne Liège en 1955 , la Flèche Wallonne 1953 et 1955   et deux fois le maillot vert du Tour de France en 1955 et 1956. La mort de Stan Ockers provoquera une immense peine à un jeune homme de 11 ans …un certain Eddy Merckx.

En 1951, tout juste âgé de 28 ans Serse Coppi,  le frère cadet de Fausto Coppi , trouvera la mort dans le Tour du Piémont dans le dernier kilomètre de la course. Sa tête heurtera un trottoir.Il avait remporté Paris-Roubaix en 1949.
Serse Coppi.

Lors du Championnat de France sur Route 1950  à Monthléry, Camille Danguillaumme vainqueur de Liège Bastogne Liège 1949, et du critérium National 1946 et 1949 est mortellement renversé par une moto à quelques kilomètres de l’arrivée. 
Camille Danguillaume.

Dans le Tour de Suisse 1949, le belge Richard Depoorter, perd le contrôle de son vélo dans un virage du tunnel de Wassen, il percute la paroi de plein fouet et trouve la mort à 33 ans après avoir remporté Liège Bastogne Liège à deux reprise en 1943 et 1947. 

Des chutes qui changent une vie…

Les sprinters sont souvent les plus touchés par des chutes lourdes de conséquences. Une des plus spectaculaires et encore vivace dans toutes les mémoires, est celle de Laurent Jalabert à Armentières dans le Tour de France 1994. Le sprint est lancé à 200 mètres de la ligne d’arrivée, un gendarme prend une photo il est percuté par le belge Wilfried Nelissen en plein effort. Le choc est terrible, Nelissen entraîne plusieurs coureurs avec lui dont l’italien Fabiano Fontanelli. Le tarnais est relevé avec plusieurs fractures au vissage, mâchoire et dents cassés. Cette chute marquera la fin de la période de sprinter de Laurent Jalabert, et ouvrira la page de coureur complet puisque son palmarès s’enrichira, entre autre, de 3 Paris-Nice, Tour d’Espagne, Tour de Lombardie, 2 classiques de San Sébastian, Milan San Remo, un titre de Champion de France et de champion du Monde du CLM.
Laurent Jalabert et Fabiano Fontanelli.
Le 12 juillet 1971, l’ibérique Luis Ocana prend le départ de Revel en jaune,il a pendant le Tour de France, placé des banderilles dans l’épine dorsale du cannibale. Orcières Merlette l’a vu triompher avec 8 minutes d’avance sur Eddy Merckx. Lors du contre la montre d’Albi, Ocana ne perd que 11 secondes sur Merckx.
L’étape Revel-Luchon est parfaite le montois d’adoption. Les Pyrénées, l’Espagne toute proche, le Sud Ouest qui l’a fait Roi des courses amateurs, il avait gagné le Tour du Roussillon et le Tour du Béarn.
Lors de cette étape les coureurs affrontent des intempéries et des pluies diluviennes, dans la descente du Portet d’Aspet, Merckx et Ocana chutent dans un virage, le belge se relève et repart, Ocana se relevera aussi pour repartir , mais Joop Zoetemelk comme ses prédécesseurs est entraîné par la vitesse ne peut freiner sous la pluie, il percute Luis Ocana de plein fouet. Les conséquences sont désastreuses, Ocana est brisé,  fractures aux cotes, le colonne vertébrale est touchée, il doit abandonner. 
Le lendemain Merckx refusera de porter le maillot jaune.
En 1972, Luis Ocana devient Champion d’Espagne, puis remportera le Dauphiné Libéré en 1972 et 1973. Le Tour du Pays Basque 1973
En 1973, Ocana écrasera de sa suprématie le Tour de France.
Luis Ocana au sol  dans le Tour 1971.
Le stéphanois Roger Rivière possède un palmarès a faire rêver, il a 24 ans lors du départ du Tour de France 1960. Il est triple Champion du Monde de la poursuite 1957,1958,1959, Champion de France de cette discipline 1957, double recordman  de l’heure en 1957 et 1958 sur le  Vigorelli de Milan… encouragé par Fausto Coppi lui même.
Le Tour 1960 attend sa victoire. Il a déjà remporté 3 étapes, l’équipe de France est à son service. Il va gagner et entrer dans l’histoire. Malheureusement, le Col du Perjuret dans les Cévennes brisera  sa carrière. Il chute dans un virage, franchit un muret de pierres et s’écrase 25 mètres plus bas sur un lit rocailleux.
Il est relevé avec une double fracture des vertèbres. Il restera paralysé plusieurs semaines.
Les douleurs sont telles qu’il devient dépendant au palfium, un puissant analgésique,  cela fait de lui un toxicomane.
Sa reconversion dans la restauration, les discothèques, garage automobile et centre de vacances, va d’échec en échec. Il meurt à 40 ans d’un cancer du larynx, le 1 avril 1976.
Roger Rivière;

Le cyclisme procure comme souvent dans le sport de haut niveau, des sensations fortes aussi bien pour les pratiquants, les suiveurs, les observateurs et évidemment les spectateurs. Il était utile de rappeler que les coureurs cyclistes, restent avant tout des hommes exposés au danger. Saluons les efforts entrepris par  les dirigeants internationaux, fédéraux, de clubs, les organisateurs,les  bénévoles pour améliorer la sécurité en compétition, afin de  protéger l’intégrité physique des coureurs,  mais le constat est cruel, le danger reste présent quelque soit l’époque ou la discipline choisie. Le cyclisme est bel et bien un sport à risque.

Le Borgne.

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s