#Rugby – Fed1 / B.Norkowski (ASV Lavaur) : « Donner le meilleur, c’est la politique du club. »

Benjamin Norkowski est de ces joueurs pluri-actifs qui vivent le rugby comme un sacerdoce, mais avec une dose de passion non négligeable. Le demi de mêlée du club Tarnais, de l’ASV Lavaur, au club depuis 5 saison, est revenu avec nous sur cette nouvelle saison. Un nouvel entraîneur, un grand nombre de derby qui attendent Benjamin et ses coéquipiers, (ce qui n’est pas pour leurs déplaire), des objectifs bien ancrés, le « petit gars » de la cité du jacquemart attend avec impatience une saison qui s’annonce palpitante . Coup de projecteur sur un joueur, champion de France « Jean Prat » 2018, avec l’ASV et qui croque le rugby à pleine dent.

Benjamin Norkowski, tu es un joueur qui est un peu la quintessence du rugby nord tarnais puisque tu as fait un passage par le Sporting Club Albigeois avant de faire les beaux jours de l’ASV Lavaur. Benjamin, comment ça va à Lavaur, quoi de neuf en pays Vauréen pendant cette intersaison
Très bien, la reprise s’est très bien passée. Ca fait un peu plus de trois semaines qu’on a repris les entraînements donc, bonne prépa physique avec pas mal de jeu intégré aussi. Tout se passe bien, les recrues se sont super bien intégrées. On est un effectif de qualité pour cette saison 2019-2020. 
Une saison 2019-2020 qui repart sous une nouvelle ère puisqu’il y a eu un changement de coach. Mathieu Bonello est parti en région parisienne à Massy. Est arrivé un coach qui n’est pas venu de bien loin, de Villefranche de lauragais en étant passé par Mazamet, en l’occurrence Nicolas Hallinger. 

Voilà, exactement, qui connaissait bien le club étant donné qu’il avait déjà été entraîneur. Un super projet de jeu donc on va voir. Pour l’instant, les premiers ressentis de la part des joueurs sont positifs. Après, il y a Alexandre Albouy qui était déjà là l’année passée donc on est dans la continuité sur cette saison. 

Avec un brin de nouveauté 

Voilà, avec un brin de nouveauté exactement 

Alors toi, tu as un peu tout vécu avec l’ASV Lavaur. Le fameux titre de champion de France en 2018, puis la dernière saison qui a été de transition. Vous avez eu peu de congés pendant l’été 2018 et beaucoup de pépins que ce soit des suspensions ou des blessures durant la saison . On imagine que l’année dernière, ça a été un peu le pain noir qui a été mangé juste après le pain blanc de 2018 ? 

Oui, c’est souvent ce qu’on dit, qu’après un titre, les saisons sont souvent compliquées. Ca a été le cas pour nous, on n’a pas dérogé à la règle. On n’a pas été épargné par les blessures, les suspensions comme tu l’as cité. Là, on repart sur une autre saison, on a pu avoir une prépa physique comme tous les autres clubs finalement.  Donc là, c’est de bon augure pour la suite. 

Et puis, être champions de France en 2018, au carrefour d’un changement de format en Fédérale 1, c’est peut-être pas un cadeau et compliquée ? Même si j’imagine que le titre, vous ne le reniez pas ? Vous en avez tellement fait la fête , ça a tellement été la fierté de tout Lavaur que vous ne le reniez pas. Mais c’était compliqué quand même d’être champion de France en 2018 avec toutes les écuries pros qui arrivaient après dans ce championnat ? 

Effectivement, je pense que nous, l’année où on a été champions de France, c’était l’année à prendre. Donc, on l’a pris, on a pu avoir ce titre. Avec des grosses écuries, notamment comme on peut avoir dans la poule cette année qui sont les Blagnac, Albi, c’est toujours de rivaliser avec de grosses équipes, des effectifs plus conséquents que nous. Après, on fait ce qu’on peut, on essaie de s’accrocher partout, on ne lâche jamais rien, que ce soit à domicile ou à l’extérieur. On essaie toujours de donner le meilleur, c’est un peu la politique du club.

Et toi, personnellement, en tant que joueur ? On dit souvent que, après  un titre, dans tous les sports collectifs, que ce soit du handball, du foot ou du rugby, il y a souvent une décompression. Tu l’as sentie cette décompression ? 

Forcément, je pense que c’est un peu inconsciemment qu’on le fait. On est sur des acquis peut-être on relâche un peu. Après, Mathieu Bonello et Alexandre Albouy nous avaient quand même alertés sur ce facteur et on a essayé vite de passer à autre chose et de repartir sur une nouvelle saison et de repartir à zéro et de se dire que, voilà, c’était bien de l’avoir fait mais que maintenant tout était à faire. Que le passé, c’était le passé et le futur, le futur. 

En parlant du futur, cette année, l’objectif est comme l’année dernière, aller accrocher une qualif en du Manoir et si l’aventure est belle, aller au bout ?

 Oui, bien sûr. La première partie de saison, notamment avec un premier bloc, nous en dira plus sur ce qu’on est capables de faire. Après, on essaiera effectivement d’aller le plus loin possible, en espérant aller le plus loin possible. 

L’année dernière, il y avait une poule qui était très axée sur le sud-ouest dans sa grande largeur, ça allait jusqu’au Pays Basque. Cette année, il y a une poule pour l’ASV Lavaur qui est plus axée sur l’ancienne région Midi-Pyrénées avec pas mal de derbys. Tu préfères quoi : voir du pays ou alors les bons vieux derbys à l’ancienne ? 

Moi, j’aurai une préférence pour les bons vieux derbys. Ce sont les matches les plus excitants à vivre et à jouer, même si on dit souvent que les derbys ne sont pas de très, très bons matches puisque c’est assez fermé. Mais bon, on essaiera de donner le plus beau des spectacles. 

Et puis, il y a des équipes comme Graulhet que tu as déjà rencontré maintes fois et ça frotte toujours un petit peu avec Graulhet ? 

Exactement (rires). Je pense qu’avec Graulhet, c’est une histoire particulière entre les deux clubs. C’est toujours un match avec un goût particulier mais il me tarde de jouer ces matches, effectivement. 

Une question un peu, on va dire, casse-gueule. Quelle est la différence entre la patte Mathieu Bonello et la patte Hallinger ? 

Je pense qu’il est un peu tôt pour le dire, on verra bien par la suite. Ce sont deux entraîneurs qui nous laissent  » libre jeu « , qui laissent beaucoup de responsabilités à leurs joueurs et qui essaient de nous accompagner dans le meilleur sens j’ai envie de dire. Je pourrai peut-être te répondre plus précisément à la fin de cette saison parce qu’il est un peu tôt pour le dire. Mais, pour l’instant, peu de différences. Les deux sont des compétiteurs donc je n’ai pas de doute sur ça ni qu’ils nous donneront le meilleur. 

On ne manquera pas de te reposer la même question à la fin de la saison alors. 

Allez, pas de problème. 

On va terminer avec une question un peu plus personnelle. On sait que tu as un fort attachement au Sporting Club Albigeois, tu es passé dans les rangs du Sporting. Déjà, est-ce que tu as suivi la fin de saison du Sporting Club Albigeois, et comment tu as ressenti cette élimination en demi-finale qui a fait couler pas mal d’encre dans la presse sportive et surtout en Fédérale 1 ? 

J’ai suivi la fin de saison du championnat d’Albi, étant Albigeois, né à Albi, j’y ai été formé, j’y ai passé beaucoup d’années. Moi, j’ai été assez déçu pour eux. Ca a été notamment en plus pour les joueurs très difficile à vivre avec un sentiment peut-être d’injustice. Je pense que ça a été très compliqué. Ils avaient fait peut-être le plus dur en gagnant à la maison et en prenant quelques points d’avance. Malheureusement, le retour n’a pas été en leur faveur avec des décisions d’arbitrage qui me semblaient, pour avoir vu le match, un peu litigieuses. Après, on n’est pas à la place de l’arbitre, c’est compliqué. Je pense que, s’il y avait eu la vidéo sur ce match, le sort d’Albi aurait été tout autre et peut-être qu’à l’heure actuelle, ils seraient en Pro D2. 

C’est la critique qui a été faite aussi, au-delà de toute la polémique de Laurent Cardona, c’est que, souvent, quand les arbitres de Top 14 viennent arbitrer en Fédérale 1, c’est bien, ça fait honneur à la Fédérale 1 mais, ils sont souvent hors sol sans l’assistance vidéo. 

Voilà, c’est ce qui a été préjudiciable pour Albi avec l’action qui fait un peu basculer le match, le hors-jeu sur le coup de pied qui coûte un carton jaune à Albi et qui fait passer l’équipe de Rouen devant au score, même au niveau des points matches aller/retour. Je pense pas qu’ils aient baissé les bras mais ils ont pris un gros coup sur la tête, ça a été compliqué après de revenir. 

Alors, tu portes quand même le maillot de l’ASV Lavaur et l’année dernière , vous avez fait des play-off vous aussi, en du Manoir. L’aventure s’est arrêtée face à Nice. Qu’est ce qu’il a manqué ? Pas grand chose pour basculer du bon côté de la face on va dire.
Non, exactement. Ce qu’il a manqué, c’est peut-être au match retour, on n’a pas essayé de gérer le match étant donné qu’on était toujours collés. On s’est fait décrocher en milieu de seconde mi-temps. Pareil, on n’a pas été épargnés par les blessures, sur des matches, on avait perdu des joueurs. Ca a été très compliqué là-bas, on n’a pas réussi à élever notre niveau de jeu comme on avait pu le faire chez nous. Et peut-être aussi à domicile, le dernier essai que l’on prend dans les arrêts de jeu, aurait peut-être pu nous faire gagné sur le match retour, au score cumulé. 
C’est un peu la même physionomie de match que l’année avant face à l’Avenir Valencien avec le petit côté qui bascule mais à l’inverse ? 
Et voilà, cette fois-ci, ça a été de l’autre côté. La malheureusement, l’année dernière à Nice, ça n’avait pas basculé de notre côté. Ca reste le sport et c’est aussi ce qui fait la beauté de ce jeu. 
Puis ça vous donnera la rage pour aller l’année prochaine gratter quelques échelons et, qui sait, retutoyer les finales et les lustres de la Fédérale 1 ? 
C’est tout ce que je nous souhaite. 
Et pour finir, qu’est ce qu’on peut te souhaiter, à toi, pour cette saison 2019-2020 ? Beaucoup d’essais et de temps de jeu ? 
Exactement, ce sera déjà beaucoup. Etre épargné par les blessures et essayer d’aller le plus loin possible. 
On te donne rendez-vous très prochainement, le 23 au stade Mazicou pour déjà un premier derby tarnais entre Lavaur et Albi, un match de pré-saison, un match amical et on commencera à voir le ton qui est donné pour cette nouvelle saison 2019-2020 qui a l’air d’être très emballante avant même d’avoir commencé. 

Allez, rendez-vous est pris, donc, le 23.

Propos recueillis par Loïc Colombié

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