
« Comme je l’ai déjà dit et redit, mon grand objectif sur ce tour, c’était de prendre du plaisir et d’essayer de remporter une étape. Je l’ai fait de la plus belle des manières (victoire sur l’étape Annecy-Le Grand Bornand, le 17.07.18, NDLR), donc, ça m’a rendu très heureux et c’est ce qui fait que je suis un peu plus relax maintenant et je suis fier d’avoir ce maillot sur les épaules. Je me bats pour le garder chaque jour un petit peu plus à l’image d’hier où j’ai été faire les premiers points. Après, voilà, on n’a pas encore attaqué les Pyrénées, ça reste une semaine difficile. Les points sont doublés au vainqueur et je ne suis pas un des meilleurs grimpeurs parmi les favoris. Donc, on va voir. C’est du bonus pour moi, je profite jour après jour et on verra. »
« Je n’imaginais pas du tout tout ce que je viens de vivre, non. J’ai fait des reconnaissances d’étapes avec Bob. Oui, j’étais en Sierra Nevada pour choper un petit peu le coup de pédale sur les longues ascensions, pour l’altitude. C’est la récompense de beaucoup de travail mais oui, c’est spécial. L’étape que j’ai gagné, je l’avais repérée avec Bob, on avait l’hôtel juste devant la ligne d’arrivée. Donc, forcément, ce ne sont pas des choses que je vais oublier. Vivre des émotions comme ça, c’est super. »
« Oui, je suis impatient, oui. J’espère bien avoir récupéré, j’espère que ce sera une belle journée aujourd’hui pour récupérer un petit peu plus. On se rapproche de Paris mais il y a encore des étapes très difficiles donc il faudra faire attention. »
« Non, c’était juste incroyable. J’ai quand même du mal à mettre des mots parce-que … Bien sûr que j’ai réalisé, bien sûr que la course continue et qu’il ne faut pas s’enflammer parce-que j’ai gagné mais c’est quelque chose après quoi je courrai tellement. Et, ça m’a fait tellement de bien de pouvoir concrétiser tout le travail dans lequel je me suis impliqué. Faire plaisir aux gens qui me suivent, ma famille, mon équipe aussi, apporter la 50e victoire à l’équipe, c’est anecdotique mais c’est incroyable pour l’équipe. »

« Comme je l’ai déjà dit, c’est un maillot emblématique du tour. Il se reconnaît très facilement et il y a un engouement derrière tout ça. Depuis ma victoire et le fait de porter ce maillot, je n’ai jamais été autant encouragé de ma vie sur le bord des routes, c’est impressionnant. Je m’en rends vraiment compte et je tiens à remercier tout le public et les gens qui nous regardent, qui nous suivent, qui nous supportent. Ca fait chaud au cœur donc oui, c’est un maillot qui est dur à aller chercher, qui ne se donne pas comme ça. Si je le ramène loin, ça sera super, si je le perds, ce sera tout simplement parce que je n’avais pas les jambes pour le garder. »
« C’est vrai que c’est une nouvelle expérience. Beaucoup de fatigue aussi parce qu’après l’arrivée, il y a la cérémonie protocolaire, les interviews, tout ce qui va avec. Il faut gérer tout ça mais c’est surtout beaucoup de plaisir. J’en profite et je suis content de faire plaisir aux gens. Comme je l’ai dit tout à l’heure, il y a beaucoup d’engouement derrière le maillot, je ressens beaucoup de soutien de la part du public. Les encouragements, ça fait toujours plaisir. Je suis content de l’avoir sur les épaules et on verra. »
« Je ne sais pas si je suis le chouchou du public français mais, comme je l’ai dit tout à l’heure, j’ai beaucoup de soutien, j’entends beaucoup de fois mon nom sur le bord de la route. Ca me fait très plaisir, ça me fait chaud au cœur. »

« Je l’ai dit, c’est un maillot difficile à garder. Les coureurs qui l’ont remporté à Paris, ce sont des coureurs qui ont le potentiel pour,. Ce n’est pas un maillot qui va se chercher comme ça au petit bonheur la chance. Quand j’ai été le chercher, c’était au terme d’une grande échappée avec tous les sommets en tête. Pour le ramener à Paris, ça veut dire qu’il faut faire un petit peu ça chaque jour. Il faut être capable de gérer ses efforts pour emmagasiner le maximum de points possibles et ça ne faisait pas vraiment parti de mon plan à la base, au départ du Tour, donc c’est pour ça que je profite de chaque jour et puis on verra. »
« On n’a pas vraiment le temps de se parler, on est chacun concentré sur notre course. Il fait la course avec son équipe, je fais la mienne avec Quickstep. C’est la course au maillot dont forcément, on a beau bien s’entendre en dehors du vélo, sur le vélo, il fait la course contre moi et c’est tout à fait normal. Je fais aussi la course pour garder le maillot. Il n’y a rien d’antisportif, il n’y a rien de mal dans tout ça. C’est tout simplement le cyclisme en fait. »
« Peut-être excitante pour le grand public mais moi, que ce soit Warren ou quelqu’un d’autre, je me bats pour garder le maillot. Après, comme je l’ai dit, si je dois le perdre, je le perdrais, c’est pas grave. Warren est un très, très bon grimpeur. Il a déjà gagné le maillot, il sait ce que c’est, il sait comment courir pour aller le chercher. Et, il faut être honnête aussi, il a de meilleures qualités de grimpeur que moi. Donc voilà, je suis content de l’avoir et puis on verra bien. »
« Ca, il faut lui demander. »
« C’est surtout que moi, j’ai enchaîné les échappées depuis plusieurs jours donc je commence à être un petit peu fatigué. Il y a eu un départ très difficile hier, j’ai été faire les premiers points. Après ça, tout le monde était cramé. On a bien que le dernier groupe qui est parti, c’était les coureurs qui étaient bien placés et qui avaient encore quelques ressources. Derrière, tout le monde s’est un peu écroulé et ça veut dire aussi que c’est difficile. J’espère que la journée d’aujourd’hui va beaucoup me servir à récupérer et à bien finir cette dernière semaine. »

« De la souffrance. »
« J’aimerai bien demain » (Carcassonne-Bagnères de Luchon qu’il gagnera NDLR)
« Parce que je l’ai repérée (comme cette année pour celles Alpines) et que je l’aime bien. »
« Ca, c’est pas pour moi. Vous ne me verrez pas beaucoup là, normalement. »
« Non, elle ne me fait pas peur mais c’est très difficile. Je l’ai repérée, ce sont trois ascensions qui s’enchaînent et je pense qu’il y aura beaucoup de dégâts au classement général. »

« En fait, j’ai eu quand même du mal un petit peu à gérer la première semaine parce que c’était , je ne vais pas dire une course d’attente, mais il n’y avait rien qui me correspondait. Malheureusement, là où j’étais attendu, j’étais un petit peu déçu de moi personnellement. Donc la première semaine, je n’étais pas le plus heureux on va dire. Mais, j’ai su être patient, chose dont j’avais du mal avant, et rester concentré sur ce que j’avais à faire et sur tout ce que j’ai dû faire pour être ici. Après, quand ça m’a souri, ça m’a débloqué plein de choses. C’est du bonheur et on attaque déjà la dernière semaine donc ça va très vite. »
« Oui, après, j’essaie de me débrouiller. Je reçois de l’aide de mes coéquipiers comme dernier exemple hier (Millau-Carcassonne NDLR) pour faire un effort pour aller chercher des coureurs qui étaient devant, dangereux. Ca prouve qu’on est compétitifs, qu’on est surtout offensifs pour aller faire la course et c’est une bonne chose. »
« Non, je pense qu’il est sûr que ma victoire a fait plaisir à beaucoup de gens. Après, mon tempérament offensif et ma manière de courir sont juste à mon image. C’est sûr que parfois, j’essaie de me contrôler parce-que la course est longue et qu’il faut gérer les efforts mais je pense que le public a bien cerné mon caractère et les gens aiment ça. Je suis juste moi-même, que ce soit là avec vous, au dehors ou sur le tour. Ne pas chercher, c’est ce qu’il faut faire je pense. »
« Oui, c’est un petit peu atypique mais ça prouve à quel point Patrick Lefévère aime ce genre de choses. Et honnêtement, c’est une très grande nouvelle pour l’équipe de recevoir ce sponsor pour nous. Donc voilà, tout le monde est très content et c’est l’occasion aussi de partager tout ça avec vous, avec les médias, ensemble avec les coureurs. On en a parlé un petit peu hier tous ensemble et c’est une belle journée. »

« La question, c’est » Jusqu’où va t’il aller ? « . Personne ne le sait. Lui-même ne connait pas ses limites, ce qu’il va faire. Moi, je crains pour lui parce qu’il a pratiquement tout gagné depuis le début de saison, il est en super forme mais, ne va t’il pas avoir une défaillance un jour ou l’autre ? Parce qu’il a fait des efforts mais il est tellement frais aux arrivées. C’est lui qui impose la course pratiquement. D’ailleurs, sur l’étape d’avant-hier, c’est lui qui a fait tout craquer. »
« Oui, bien sûr. Mais ce qu’on craint pour lui, c’est que la fatigue risque de s’accumuler. Et puis, attention aux médias. Il passe des heures en interview, sollicité de partout. Le repos, la pression, ça jouent beaucoup aussi. »

« On a surtout vu un coureur dynamité la course, c’est Julien Alaphilippe. Dix premiers jours absolument emballants avec beaucoup, beaucoup d’émotions dès le premier jour à Bruxelles. »
« Grâce à Julien Alaphilippe, à nouveau de l’émotion avec son attaque formidable sur la route d’Epernay entre côtes et côteaux. Avec une nouvelle étape très, très forte vers Saint-Etienne et puis avec la planche des Belles-Filles évidemment, cette partie qui était goudronnée, et sur la route d’Albi hier, ce coup de force. Oui, ce coup de force d’abord de l »équipe de Julien Alaphilippe encore. »
« Oui, bien sûr. C’est à dire qu’il court à l’instinct, il joue. Le lien avec Bernard Hinault, c’est que Bernard dit toujours : » Il faut retrouver le jeu « . Très clairement, Julien Alaphilippe joue, on voit qu’il est heureux, on voit qu’il est heureux. Maintenant, il dit aussi pour l’avenir qu’il ne compte pas s’écouter, ça on s’en doute, et que pour gagner le Tour, il faut compter ses coups de pédales. On a eu dix premiers jours enthousiasmants et, je n’ai qu’une envie, comme tous les amoureux de vélo, c’est que ce soit pareil dans la deuxième partie.«
7/ Conclusion

Déjà en 2018, Julian Alaphilippe, lui qui est passé par le cyclo-cross avant de basculer sur route, n’en revenait pas. Que dire à quelques jours du terme d’un tour 2019 , qui restera magique quoiqu’il advienne…
« Le gosse ? Moi ? Non, non, je n’aurai jamais imaginé faire ça, ni même être là à vous répondre. Je suis content de le faire mais c’est quelque chose que je n’imaginais pas. »
Propos recueillis par Loïc Colombié