#Cyclisme – TDF2019 / R.Poulidor : « Albi et les 1.40 de Pinot resteront dans les mémoires de ce tour! »

Nous avons rencontré un mythe du cyclisme français et du tour de France, Raymond Poulidor. Entre ses souvenirs malheureux Albigeois (Tour 1968), l’analogie avec les malheurs récents de Thibault Pinot , le phénomène Alaphilippe qui lui met des étoiles dans les yeux et son amour invétéré de la petite reine, le chouchou du public français nous a régalé.
On est avec une légende du Tour de France, incontournable, Raymond Poulidor, toujours au rendez-vous de la Grande Boucle. Raymond, bonjour. 
Bonjour, bonjour ami(e)s Albigeois et Tarnais.
Alors pour vous, Albi, ce n’est pas synonyme de grands souvenirs
Oh là, là ! Ne me parle pas d’Albi ! Quel mauvais souvenir (rires) ! 68  évidemment. Ce matin, ça a été beaucoup de questions au sujet de ce Tour de France 1968 :  l’équipe de France et, à quelques jours de l’arrivée, renversé par une moto. Je m’en sors bien car je pouvais y laisser ma carrière sur la route. Ce ne sont pas les meilleurs souvenirs. Je me dis que j’ai eu de la chance. 
On sait qu’à l’époque, vous aviez dormi à l’Hostellerie Saint-Antoine. J’imagine que vous n’avez pas repris le même hôtel pour conjurer le sort ? 
Non, je ne pense pas. Je ne sais pas quel hôtel on a mais de toute manière, on loge à 70 km d’ici et on est très bien logés. Mais évidemment, on évoque cet Albi 68.
Alors, on l’a vu, l’arrivée à Albi il y a deux jours entre cette étape de Saint-Flour/Albi, c’est un peu l’histoire qui a bafouillé, qui s’est répétée puisqu’il t a eu un gros coup de bordure ? Il n’y a pas eu de chute mais ça a rappelé, avec ce vent d’autant qui s’est levé, ce Tour de France 68 qui reste dans les mémoires albigeoises ? 
Albi, par la force des choses, on va en parler. Supposons, avec des on, on fait beaucoup de choses, que Pinot loupe le podium pour quelques secondes ou éventuellement le Tour de France. 
Albi restera sur la carte du tour pour 1’40 »
Les 1’40 » qu’il a perdues, automatiquement, ça va rester dans les mémoires. J’ai vu Thibaut Pinot, il a le moral. Il a dit qu’il allait attaquer et tout ce qui va avec. 
Puis, il a la pédale légère.
Oui, il est en forme, il est en super forme. Et c’est un revanchard qui n’hésite pas : il attaque là où on ne l’attend pas. 
Il y a un autre français qui est en train de crever l’écran, c’est Julien Alaphilippe. C’est revivifiant de voir quelqu’un avec autant de panache ? 
La question, c’est  » Jusqu’où va t’il aller ? « . Personne ne le sait. Lui-même ne connait pas ses limites, ce qu’il va faire. Moi, je crains pour lui parce qu’il a pratiquement tout gagné depuis le début de saison, il est en super forme mais, ne va t’il pas avoir une défaillance un jour ou l’autre ? Parce qu’il a fait des efforts mais il est tellement frais aux arrivées. C’est lui qui impose la course pratiquement. D’ailleurs, sur l’étape d’avant-hier, c’est lui qui a fait tout craquer.
C’est l’attaque quasiment au jour le jour. Il vit le Tour de France au jour le jour. Ca nous rappelle un peu, ça nous remet un peu dans l’ambiance de ces Tours de France d’après-guerre où il y avait des courses beaucoup plus dynamiques ? 
Oui, bien sûr. Mais ce qu’on craint pour lui, c’est que la fatigue risque de s’accumuler. Et puis, attention aux médias. Il passe des heures en interview, sollicité de partout. Le repos, la pression, ça jouent beaucoup aussi. 
Tout à l’heure, on vous entendait aussi dire vos craintes par rapport à la nervosité de cette course. Parce-que c’est une course qui est emballante sur cette première semaine mais il y a aussi beaucoup de nervosité ce qui peut déclencher de grosses chutes ? 
Il y a eu dix étapes incroyables, des étapes qui ont été très difficiles. Je pense que la fatigue s’accumule au sein du peloton. Ce sont les coureurs qui font la course, c’est le parcours mais on ne sait pas ce qu’il va se passer aujourd’hui, lendemain d’une journée de repos. On sait jamais ce qui va arriver. 
Pour finir, on vous voit toutes les années sur le Tour de France. On voit que la flamme vibre encore en vous et que dès que vous parlez du Tour et de cette course, il y a les yeux qui pétillent. C’est votre jeunesse qui réapparaît à chaque Tour de France ? 
Le Tour de France, c’est ma vie. Je dois tout au Tour de France, ma notoriété et tout le reste. 

ITW Audio de Raymond Poulidor :

hocc82tel-saint-antoine.m4a

Propos recueillis par Loïc Colombié

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