#Cyclisme – TDF (92) / Etape2 : Bruxelles en Occitanie.

La deuxième étape du  Tour de France est inédite. C’est déjà un contre la montre qui attend les coureurs. Les favoris pour le classement  devront mettre en route les moteurs pour marquer les esprits des adversaires, et ne pas perdre trop de temps.  Les spécialistes de la discipline verront une opportunité de décrocher une victoire qui pourrait avoir un impact médiatique en récupérant au passage le maillot jaune tant convoité.

Bruxelles (ou Brussel en allemand) est la capitale de la Belgique, la capitale de la communauté française de Belgique, la capitale de la communauté flamande, et c’est aussi le siège de l’Union Européenne.

Remporter une course cycliste à Bruxelles c’est l’assurance, d’avoir une reconnaissance internationale dans tous les milieux et bien au-delà du sport.

C’est dans cette ville, que le plus grand champion occitan à ce jour, connaîtra sa première consécration sur la grande boucle,  cela se passe en 1992 lors de la sixième étape.

Laurent Jalabert doit se poser beaucoup  de questions en ce matin du 10 juillet 1992, dans la préparation de cette étape qui mènera les coureurs de Roubaix à Bruxelles. L’année précédente,  alors coureur pour l’équipe Toshiba, il termine 2 ème au classement par points  du maillot vert  derrière Abdoujaparov . Laurent Jalabert  manque la victoire d’étape d’un cheveu lors de la  9 ème étape surpris dans le dernier kilomètre par le brésilien Mauro Ribeiro. Son équipier de la Toshiba, le tarbais Henri Abadie avait fait le boulot pour ramener le mazamétain… mais il lui manquait quelques mètres pour pouvoir « sauter » le coureur « auriverde » à Rennes.

 

 

En 1992, il est attiré vers l’Espagne au cyclisme  florissant en compagnie de Philippe Louviot, lotois d’adoption, par Manolo Saiz le manitou de l’équipe ONCE . Laurent Jalabert se présente au Tour 1992, avec l’ambition mesurée, mais déterminé à entrer dans la grande histoire du cyclisme. Il est catalogué sprinter et à ce titre, les médias voit en lui le successeur tout trouvé   de son voisin de palier Jacques Esclassan. C’est écrit, il en est ainsi…L’histoire est en marche.

Le Tour part de San Sébastian. Dominique Arnould (Castorama) lui vole la vedette en remportant la 1ère étape au nez et à la barbe des sprinters, et Alex Zulle leader de la ONCE chipe le maillot jaune à Indurain vainqueur la veille du prologue. Le lendemain dans l’étape San Sébastian-Pau c’est Richard Virenque (RMO) qui se fait la belle pour aller décrocher le maillot jaune. Le surlendemain c’est Pascal Lino (RMO) qui vole le maillot à son équipier Virenque lequel endosse le maillot vert… 

Lors de la 5 ème étape c’est le sculptural,  roublard mais vieillissant Guido Bontempi (Carrera) qui gagne l’étape Nogent sur Oise-Wasquehal.

En ce 10 juillet, la pluie attend les coureurs sur un parcours sans grandes difficultés. A 26 km de l’arrivée,  et contre toute attente, le grimpeur italien Claudio Chiappucci (Carrera)  remporte le sprint intermédiaire devant Jalabert… « il diablo » malicieux et joueur à souhait, adepte de la course en mouvement, ne se relève pas après le sprint, il  poursuit son effort.  Aussitôt Greg Lemond (Z) saute dans la roue de l’italien, le danois Brian Holm (Histor Sigma) s’invite à la table pour une partie de manivelles… Le bon coup est parti.

Indurain et Bugno favoris de l’épreuve sont piégés. Les deux mécaniques  américaine et italienne s’entendent  comme larrons en foire, Jalabert passe les relais, Holm, avec son gros moteur de rouleur, jamais avare dans l’effort,  y va de bon cœur.

La victoire va se jouer entre ses quatre hommes. Un dernier secteur pavé à franchir et Bruxelles accueille les valeureux. Jalabert craint à raison Holm connu pour la fulgurance de ses démarrages., fait volontairement des cassures entre Lemond et Chiapucci obligeant ainsi Holm à boucher les trous et faire des efforts préjudiciables pour l’emballage final. Jalabert a le coup de pédale des grands jours, il préfigure déjà le coureur des années post 1994 qui l’on connait tous.

Le  jour de gloire est arrivé pour le mazamétain.


Laurent Jalabert vainqueur à Bruxelles en 1992

Il remporte pour sa deuxième participation au  Tour de France, une étape de prestige à la pédale, devant deux  stars du cyclisme mondial Lemond et Chiapucci. Une bonne nouvelle n’arrive jamais seule,  il troque le maillot rose de la ONCE contre le vert du PMU consacrant ainsi sa régularité dans les sprints… Le soir à l’hôtel  alors qu’il venait de marquer un grand coup, les juges commissaires lui annonce qu’il ne partira pas le lendemain avec sa nouvelle tunique, et qu’elle échouera sur les épaules de son éternel rival le belge Johann Musseuw à cause d’une pénalité récoltée la veille. Jalabert est furieux. Mais il était écrit que ce maillot lui reviendrait tôt ou tard.

En effet le 26 juillet, au départ de la dernière étape qui doit conduire les coureurs sur les Champs-Elysées,  Laurent Jalabert porte la tunique verte … arrachée de haute lutte à Johann Musseuw. Il succède au tarnais Jacques Esclassan et à Bernard Hinault dernier vainqueur de ce classement par points en 1979, et qui était alors, son idole, lorsqu’il prit sa première licence de coureur cycliste sous la bienveillante protection de Claude Puech son  entraîneur à  l’Union Vélocipédique Mazamétaine, dont le maillot était… vert, cerclé de blanc.

Le Borgne. 

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