#Rugby – Espoirs / JL Hermine : « Quoiqu’il arrive, je resterai albigeois »

Le Mag Sport – Radio Albigès s’est déplacé a la mairie d’Albi en la salle Jean Jaurès, pour rencontrer, Jean-Luc Hermine, l’entraîneur des espoirs du SCA. L’ex joueur jaune et noir, mémoire vivante du club, vient de vivre sa dernière saison comme coach des Espoirs et nous dresse son bilan.
Jean-Luc, on va faire le bilan de la saison car il ne faut pas oublier que, derrière, il y a des espoirs. Donc, d’abord, merci Jean-Luc, d’avoir répondu à l’invitation. 
Merci à toi de m’avoir sollicité. Effectivement, j’étais en charge de l’équipe espoirs cette année. Pas seul puisqu’il y avait aussi Benoît Sicart et Romain Lalliard qui, en étant responsable du centre de formation, a quand même sous sa responsabilité une bonne partie de l’effectif qui compose l’effectif de l’équipe espoir et qui donc, de ce fait, a quand même une grande influence sur ce groupe. En plus, c’est quelqu’un qui est respecté par les jeunes et qui a une bonne approche du rugby, qui connaît bien aussi la gestion d’une équipe et qui a donc aussi beaucoup pesé sur la saison pour ce groupe. 
On va commencé par le bilan de la saison. J’ai observé qu’il y a eu deux, trois phases importantes sur cette saison. Déjà, vous sortez d’une finale perdue malheureusement contre Valence-Romans en espoirs fédéraux et vous montez. Pour le maintien, ça commence pas trop mal par une victoire, une mise en jambes contre Carcassonne. Puis, vous allez faire un exploit à Castres et derrière, vous enchaînez avec une petite victoire contre Valence-Romans. Déjà trois victoires, le maintien commençait à être bien engagé. 
Oui, effectivement. Après la saison qui s’était bien passée l’année dernière, notamment où j’étais en charge avec Patrice Serres des espoirs, nous avions donc perdu en finale et décroché notre accession à cette poule d’accession élite, ce qui était quand même une position intéressante pour le club d’avoir ses espoirs à ce niveau- là. Le but principal, pour nous, c’était de s’y maintenir à minima. C’est vrai que les premiers matches, alors que nous étions un petit peu dans l’inconnu au début par rapport à notre niveau à ce niveau-là de la compétition, les premiers matches nous ont plutôt rassurés. On a réussi effectivement contre Carcassonne, qui avait un assez bel effectif, à faire un bon résultat chez nous. Puis, on a réussi dans la foulée à battre Castres à Castres, assez largement d’ailleurs dans un match très propre. Ca nous a donné effectivement beaucoup d’espoirs pour la suite, de pouvoir assurer d’abord le maintien.
Il y a un petit coup d’arrêt contre Massy, perdu d’un point la victoire est passée pas loin non plus . Mais , Massy, c’est un gros morceau de la poule. 
Oui, c’était une très belle équipe, un des premiers gros os qu’on a rencontré on va dire. Un des premiers points durs puisque c’est un effectif très, très en place avec des joueurs confirmés. Ils ont un effectif large au niveau de l’équipe une et leur équipe espoirs était un petit peu relevée. Et ça se joue à rien. C’était quand même encourageant pour nous parce que face à cet effectif qui était, une fois de plus assez conséquent, on a réussi à faire un match à peu près correct et on rate de peu à réussi de gagner chez nous contre cet effectif là. 
Vous n’avez pas à rougir parce que Massy, historiquement, c’est une équipe, enfin c’est un club, qui mise beaucoup sur les jeunes et la formation. 
Tout à fait et qui a fait un très beau parcours. D’ailleurs, ils font partie des finalistes à la fin des phases finales. 
Ils terminent 1ers de la phase régulière
C’était effectivement, même si on avait perdu, un match qui nous laissait encore espérer de pouvoir être compétitifs dans ce championnat. 
Un petit coup d’arrêt. Après, vous allez à Dax et là, je pense que c’est le match des regrets. 
Voilà, pour moi, Dax est vraiment plus regrettable que de perdre contre Massy. Parce qu’on n’a pas su dans la continuité de notre début de championnat correct, confirmer en allant nous imposer à Dax. On a un petit peu pêché par manque de sérieux, d’application, de précision. Dax bien sûr chez eux, qui reste une équipe pas facile à manœuvrer, chez eux s’est imposé contre nous. 
Parce que, quand on voit le parcours de Dax, deux victoires, un match nul, on peut vraiment regretter ce mauvais pas et ce faux pas? En plus, il était associé à une défaite de la une à Anglet alors c’était le week-end un peu noir. 
Voilà, c’était un week-end pas terrible pour Albi et effectivement, c’est une défaite qui a un petit peu pesée par la suite sur notre résultat final puisque c’était l’occasion à ne pas manquer de prendre des points. 
Et là, on rentre dans le creux de l’hiver. Il y a Nevers le 4 Novembre où vous gagnez de deux points. Vous allez à Béziers, là par contre, je pense qu’il y a eu un petit passage à vide. Peut-être que les organismes commençaient à tirer. Vous remettez un peu la marche en avant contre Montauban et puis là, c’est deux défaites de suite : Colomiers à Colomiers et Castres qui vient vous rendre la pilule!
Oui, effectivement, la fin de la première partie a été un petit peu compliquée. On a réussi à se remobiliser chez nous à Montauban mais on l’a eu très dur à Béziers et surtout à Colomiers où on est vraiment tombé dans le scénario qu’on craignait en début de saison, de tomber sur des équipes espoirs très confirmées, très en place, qui jouaient un très bon rugby avec beaucoup de rythme, beaucoup d’intensité, des impacts très durs aussi. Vraiment, contre Colomiers, on a senti un petit peu la hauteur de marche à franchir. Quand on n’était pas à 100% de nos moyens, c’était très compliqué pour nous. 
Peut-être aussi qu’au niveau de l’effectif, vous n’aviez pas tous les joueurs à disposition ? 
Ca correspondait effectivement à la période où nos talonneurs, Arthur, Guillaume, notre 3e ligne Simon Veyrac, avaient été régulièrement sollicités. Niccolo Ceccato avait fait quelques matches aussi avec la une, Martin Doan aussi. Donc, ça correspondait un petit peu à la période où pas mal de nos forces vives, heureusement d’ailleurs pour le club et pour eux, étaient aspirées par l’équipe une et rendaient bien service au club. Mais nous, ça nous mettait bien en difficulté effectivement, face à ces grosses équipes, ces grosses écuries à jouer. 
On va reparler de cette aspiration des jeunes joueurs. Après, un joli mois de janvier : trois matches, trois victoires dont deux à l’extérieur. Et là, pareil, vous allez à Massy, vous faîtes un super match. Je pense qu’il y avait quelqu’un dans l’effectif qui a apporté toute son expérience, enfin dans le jeu, c’est Kevin Boulogne. 
Oui, effectivement, on a su un petit peu redresser la barre vers la mi-janvier et aller décrocher de belles victoires à Romans et à Massy avec Paul Farret qui avait son premier, et d’ailleurs son dernier, match de la saison avec nous et qui nous apporté beaucoup. Et surtout bien sûr Kevin Boulogne qui a apporté ce qu’on pouvait présager qu’il pouvait apporter en rejouant, c’est à dire son expérience. Ca a beaucoup rassuré notre ligne de 3/4 de jouer à côté de lui. Sa gnaque et son envie de pas lâcher l’affaire, d’ailleurs, il était pas censé faire le match entier mais ça a été impossible de le faire sortir du terrain, et voilà, sa gagne, son esprit de gagne a aidé et a porté l’équipe. Et effectivement, il n’a pas été pour rien dans cette victoire même si on ne doit rien enlever aussi à nos jeunes qui ont joué crânement leur chance à Massy. 
Oui, après on dit bien, on est 15 ou 23 sur un match, c’est pas un seul qui peut faire. Mais bon, l’état d’esprit comme tu dis, ça a dû galvaniser ton équipe. Et puis là, on se croit un peu arrivés puisque vous mettez un 27-0 à Dax fin janvier. On se dit que le maintien est quasiment assuré et que peut-être on peut aller jouer la qualif. 
Oui, voilà, passé cette période là, l’appétit venant en mangeant, on s’est dit qu’il y avait peut-être quelque chose à faire puisqu’on était bien placé pour finir dans les 4 premiers. Mais il fallait pouvoir tenir la cadence et retrouver tout l’allant qu’on avait pu avoir en début de saison. Il fallait gérer entre cette saison qui était relativement longue, les blessures, les cartons, les joueurs aspirés par la une. On s’est dit à ce moment là quand même qu’il y avait un coup à faire et qu’il fallait le tenter, effectivement. 
Moi, de ce que j’ai vu, entendu et puis après la fin de saison est un peu longue. Il y a cinq  matches, quatre défaites. Et surtout, celle à Carcassonne, je crois que c’est là que vous prenez un essai d’entrée et vous arrivez pas à revenir correctement dans le match, les approcher et puis les doubler parce que finalement, c’est peut-être là que se joue la qualification, non ? 
Effectivement, le match à Carcassonne est un match où tout pouvait se décider : on basculait vers le haut ou alors on ne se laissait que très peu de chances de continuer à espérer. Malheureusement, là pareil aussi, avec un effectif un peu moindre et un petit peu d’attentisme sur les premières minutes, alors bien sûr, c’était pareil pour Carcassonne. Mais, sur cette période un peu de break à négocier ou avec ce calendrier un peu particulier à négocier, on était resté sur un match reporté qui nous a permis d’avoir un break un peu moins long que les autres. Mais les premières minutes effectivement, on était restés un petit peu, on n’a pas su se mettre au niveau. Alors, on a su se rattraper un peu par la suite  en finissant beaucoup plus fort mais pas suffisamment pour rattraper le retard qu’on avait accumulé. Oui, ce match de Carcassonne est un petit peu regrettable par ce fait là. Parce que, si on enlève les 10, 15 minutes où 
on prend cet essai, après, on fait un match plutôt correct. Mais bien sûr Carcassonne chez eux n’ont pas lâché l’affaire, sentant qu’il y avait un coup à faire et ça reste une belle équipe, avec un bel effectif qui n’est pas facile à négocier. 

C’est des jaunes et noirs aussi. La fin de saison, j’en ai un peu parlé rapidement. Défaite à Carcassonne, défaite contre Nevers, victoire contre Béziers fin mars et puis, on dira pas roue libre mais là aussi, à Montauban, c’était un tournant. Vous auriez peut-être pu raccrocher les wagons en sachant que vous receviez Colomiers à la fin. Mais rien n’y fait. L’usure de la saison ? 

Oui, l’usure, les éléments qu’on a cités précédemment avec un effectif un petit peu fluctuant. C’est un peu mal tombé à Montauban, on avait quelques joueurs qui étaient un peu fatigués et on avait des joueurs absents. On perd de peu, 28-21, ça s’est joué un petit peu à rien. Mais malheureusement, on n’a pas su s’imposer là-bas, ce qui était un peu notre dernière chance. Pas notre ultime chance, parce qu’il nous restait ce match à Albi contre Colomiers où ça se jouait un petit peu entre eux et nous. Mais on savait que Colomiers serait très dur à battre parce qu’il fallait absolument que eux, ils passent. Leur équipe une était plus trop sollicitée et on sait qu’ils ont une très belle équipe espoirs. Malheureusement contre Colomiers, chez nous, à Albi, on fait 5 /10 premières minutes intéressantes où on marque une très bel essai. Et puis, on n’arrive pas à tenir la distance, on explose et on perd assez largement contre Colomiers. 
Bilan de la saison : 9 victoires, 9 défaites. Pour un club qui jouait le maintien, c’est largement satisfaisant. Deux bonus offensifs, cinq bonus défensifs, c’est largement satisfaisant ? 
Oui, malgré la déception de ne pas avoir pu continuer de rêver jusqu’au bout de faire les phases finales. Sinon, après, en étant réalistes et en se repositionnant depuis le début de la saison où on craignait d’être un petit peu dépassés par le niveau, on est très satisfaits parce qu’on a quand même joué avec beaucoup de jeunes qui montaient de juniors, qui ont fait une très belle saison comme le jeune Alibert entre autres, Guillaume Vedel aussi, j’en oublie certains. On avait un effectif relativement jeune qui a montré quand même de très belles qualités ce qui laisse espérer de beaux espoirs pour le club comme l’indique le nom de la catégorie. C’est vraiment satisfaisant pour cela. 
Tu l’as un peu évoqué tout à l’heure, c’est quand même un peu compliqué à gérer un effectif espoirs avec tous ces joueurs qui partent en équipe première et puis, au gré des blessures, au gré peut-être de l’explosion d’un jeune joueur, c’est un peu chiant on va dire. 
Oui, après on se console très vite parce qu’effectivement, quand ils nous quittent, c’est pour aller aider l’équipe fanion et que forcément, on est contents et fiers qu’un jeune monte au plus haut niveau. Après, c’est vrai que cette catégorie est difficile pour nous, pour les joueurs aussi parce que c’est une tranche d’âge où on leur demande beaucoup sans vraiment leur garantir beaucoup. Parce que vraiment, ils se nourrissent de beaucoup d’espoirs et c’est ce qui doit les faire avancer. Malheureusement, ils sont obligés de beaucoup donner avant que le club puisse engager avec eux. Donc, ce sont des joueurs qui sont très sollicités pour parfois très peu de reconnaissance : une rémunération moindre que les joueurs de la une. Des fois, ils peuvent être très sollicités. On a un effectif qui est variable, avec des amateurs purs qui sont étudiants à côté, et des fois qui viennent de Toulouse le soir pour s’entraîner avec nous et repartir avec un rythme assez soutenu puisqu’ils s’entraînent 5 fois dans la semaine. Plus les matches le week-end en championnat national donc avec des déplacements assez longs, des fois sur deux jours. Donc, c’est vrai que c’est très, très exigeant pour nous en tant qu’entraîneurs parce qu’il faut gérer ces différentes populations de joueurs, ceux qui sont en centre de formation, ceux qui n’y sont pas, ceux qui sont simplement étudiants, ceux qui travaillent à côté, ceux qui sont avec l’équipe une régulièrement, qu’il faut ménager, regarder leur rythme de travail pour pas trop les fatiguer, qu’ils puissent être performants le week-end. Et puis, des fois, des joueurs qui sont dans l’incertitude jusqu’à la dernière minute de savoir s’ils vont jouer avec nous ou avec l’équipe une. Donc, c’est vrai que c’est assez complexe. 
C’est sûr. Mais n’empêche que ça met quand même en valeur la formation et ça, c’est le top. Enfin le top, le niveau le plus haut pour la formation albigeoise, les espoirs mais après derrière, il y a les juniors, les cadets, les minimes, etc. On n’oublie pas l’EDR. Maintenant, on va passer sur ton avenir , on sait ton engagement auprès du SCA, les années que tu y as passées, mais ne seras plus l’entraîneur des espoirs l’année prochaine à priori. Aujourd’hui, tu es en réflexion pour un poste que t’a proposé l’association ? 
Oui, j’ai effectivement pas été sollicité pour continuer à entraîner les espoirs l’année prochaine pour tout un tas de raisons, notamment des raisons techniques puisqu’il faut le diplôme d’état et je n’ai pas ce diplôme là. Néanmoins, le président de l’association Gérard Mariou, m’a quand même rencontré pour me témoigner de son intérêt à mon égard et du fait qu’il souhaitait que je puisse continuer à rester au club. On étudie effectivement une proposition qu’il m’a faite sur des missions un peu transversales sur les différentes catégories jeunes pour voir dans quelles mesures je pourrais continuer à participer à la formation albigeoise. 
On va clôturer cet entretien. Je te remercie encore une fois de vive voix. On se reverra j’espère, on verra les résultats de ta réflexion pour ce nouveau poste et de toute façon, tu seras toujours pas loin je pense. 
Oui, quoiqu’il arrive, je reste albigeois même si je ne suis pas directement impliqué dans le club. Donc, c’est sûr qu’on se croisera puisque tu es souvent par là toi aussi. Et en tous cas, je te remercie pour m’avoir accordé quelques minutes. 

Propos recueillis par Didier Revellat

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