#Rugby – Fed1 / Martin Doan (SCA) : « je vis en jaune et noir »

 Martin Doan pur produit de la formation Albigeoise, est revenu avec nous sur sa saison , ses ambitions et sa vision d’un sport qu’il adore par dessus tout. Le jeune demi de mêlée,à l‘aube d’une saison qui lui laisse entrevoir de belles perspectives nous a livré une interview sans ambages. Entretien.
On va rentrer de suite dans le vif du sujet et te rappeler de mauvais souvenirs, retourner un peu le couteau dans la plaie parce que ce match contre Rouen, à Diochon, il reste en travers de la gorge, pour ne pas dire autre chose, ou au fond des tripes, de tous les joueurs du Sporting et de tous les amoureux jaunes et noirs ? 
Oui, bien sûr, c’était une affaire qui a été difficile à digérer suite à ce match et à ce problème d’arbitrage. On a réussi à passer l’éponge au bout de quelques temps et c’est vrai que d’entendre cette convocation et tout ça, ça remet de l’huile sur le feu. Pour nous, joueurs, ce n’est pas la bonne solution parce que c’est  quelque chose qui nous tient à cœur, c’est assez pénible de réentendre ces mauvais souvenirs. 
On avait le président Roumégoux qui nous disait hier qu’à l’issue de ce match, pour revenir un peu sur vous les joueurs, comment vous l’avez vécu, il avait trouvé un vestiaire complètement dévasté. C’est à dire des joueurs à terre, d’autres qui pleuraient, d’autres prostrés. C’était vraiment pour vous quelque chose de très compliqué à vivre ? 
Oui, c’est sûr que c’était une grosse désillusion parce que, pour nous, la montée, elle était vraiment à bout de bras. On avait fait les choses correctement pendant la saison, on s’était dit les bons mots pour la montée, on s’était mis dans de bonnes conditions après la demi-finale aller. Ce match a été une grosse désillusion, pas par rapport à notre prestation parce que chaque joueur a donné le maximum de soi et ça a vraiment été un match abouti, mais une grosse désillusion par rapport à l’arbitrage. On a l’impression de s’être faits plus ou moins volés. Et, donc une désillusion parce que voilà, c’est un groupe qui allait mourir, c’est un club qui allait mourir et, comme vous pouvez le savoir, pour les joueurs, c’est assez difficile parce que ça fait un moment qu’on vit ensemble. On a passé deux saisons assez compliquées, on a réussi à relever la tête et à donner le maximum de nous même s’il y a des moments dans une saison qui sont assez compliqués. Donc oui, c’est la grosse désillusion et tout le monde était un peu au fond de la gamelle après ce match. 
Alors, une semaine après est arrivée la bonne nouvelle, c’est à dire que le Sporting allait continuer dans le giron professionnel. Comment tu l’as vécu toi ? C’était un soulagement, c’est quelque chose qui a dû te redonner du baume au cœur ? Parce qu’on le sait, tous les jours, vous vous êtes fédérés autour d’Arnaud, du staff et de ce groupe qui était né pour aller chercher cette Pro D2. L’année prochaine, vous allez repartir avec le couteau entre les dents ? 
Pour ma part et pour tous les joueurs, ça a été un gros soulagement parce que tous les joueurs tiennent à Arnaud et de savoir que le club allait rester avec la SASP, c’était un gros soulagement parce que, du coup, ça voulait dire un club pro. Gros soulagement parce que, comme vous pouvez le savoir, moi, ça fait 14 ans que je suis au club, je vis un peu jaune et noir et pour moi, c’était très important que ce club reste pro parce qu’on ne méritait pas une telle fin. On reste bien sûr le couteau entre la gorge, ça va être notre grosse revanche cette année si la FFR nous le permet. Pour nous, pour moi et tous les joueurs, on a à cœur de monter et, je pense que c’est un mal pour un bien, cette erreur arbitrale. Parce que, au final, on va garder plus de 80% de l’effectif et ça va être une grosse, grosse revanche et une saison très particulière et je pense très belle à vivre avec beaucoup d’émotions. 
En plus, on voit que les supporters sont en train de se re-fédérer autour du Sporting. Hier, j’avais Alain Roumégoux au téléphone, il me disait  » qu’à l’heure où on parle, on a déjà atteint le même nombre d’abonnés que l’année dernière ». La campagne d’abonnements va continuer jusqu’à début Septembre. On peut parier que, l’année prochaine, les travées du Stadium vont être bien plus pleines et, on l’a vu contre Dijon, même contre Rouen, un cocon, un chaudron comme le Stadium, ça pousse derrière et ça vous donne un certain supplément d’âme. 
Oui, exactement. Et puis, ça nous fait énormément de bien que la ville d’Albi et que tout le monde à côté se redonne à 300 % pour le club. Ca nous fait énormément plaisir car ça nous apporte du soutien, on ne se sent pas seul. C’est très important pour nous parce qu’une saison, ça se joue avec l’équipe et le staff mais, bien sûr que les supporters et le monde qui est au Stadium nous permettent de vivre des moments encore plus extraordinaires et nous donnent un supplément d’âme. 

Maintenant, on va parler un peu de toi aussi. On a vu le départ de Thibaut Bisman qui était un des cadres, un des leaders du vestiaire et qui joue à ton poste, demi de mêlée. Déjà, j’imagine que Thibaut, tout au long de, on va dire ton apprentissage du haut niveau, n’a pas du être avare de conseils. Il a dû être assez protecteur et te donner pas mal de conseils. Maintenant qu’il part, il y a un espace qui se libère pour toi et Laurent Magnaval, il va te falloir saisir la balle au bond. Tu l’as déjà saisie à St Jean de Luz où tu avais fait une prestation assez remarquée mais, là maintenant, c’est l’heure de confirmer pour toi ? 

Bien sûr. Comme vous l’avez dit, ça fait deux ans que je fréquente le groupe pro. Thibaut m’a apporté une grosse plus-value sur son expérience, sur tout ce qu’il a pu connaître donc, c’est très bien pour moi. Je vais pouvoir essayer de le mettre en œuvre cette saison. Après, ce qu’il ne faut pas oublier, c’est qu’une saison, quand elle recommence, ça repart de zéro. Donc, il va falloir se donner les moyens et travailler dur pour essayer d’engranger beaucoup de temps de jeu. Rien n’est acquis et, bien sûr, repartir de zéro et travailler encore plus que la saison passée pour bénéficier de plus de temps de jeu et utiliser bien sûr toutes les clés que Thibaut a pu me donner durant ces deux saisons. 
Alors, on sait que souvent, la presse ou même les supporters, on dissèque vos prestations. Mais vous, les joueurs, êtes les plus à même de vous juger et d’être dans l’auto-critique. Pour toi, quelle est ta marge de progression ? Quels sont les axes que tu vas travailler pour progresser et toujours t’améliorer ? 
Les axes où je vais progresser, c’est pas compliqué, c’est un peu tous les axes. Je n’ai que 20 ans, rien n’est acquis, rien n’est parfait. Moi, cette saison, c’est vraiment travailler à fond et m’améliorer sur tous les axes. Même si on a des points forts et des points faibles, je pense qu’à mon âge, aucun n’est un point fort n’est acquis. toujours le travailler et rester toujours dans cette dynamique de travailler chaque axe qui est important et travailler très dur parce que le poste de demi de mêlée est un poste un peu de leader et dicte un peu le jeu avec le poste de demi d’ouverture. C’est quelque chose d’assez fort, c’est une grosse responsabilité donc tous les points sont à travailler et ceux qui sont déjà mes points forts à valoriser encore plus. 
Ce qui est assez paradoxal, c’est que le demi de mêlée, qui est souvent le plus petit de l’équipe, le plus fluet, c’est celui qui mène les gros. Et toi, tu as 20 ans. Comment on fait pour guider des bonhommes comme Mathieu André, comme à l’époque, le Russ qui ont la trentaine, qui sont rompus, qui sont des vieux briscards du rugby. Au début, ça doit un peu être impressionnant non ? 
Bien sûr, c’est impressionnant car ce sont des personnes qui ont un gros palmarès, qui ont de longues années de rugby derrière eux. Après, c’est comme je vous disais, c’est en faisant de bonnes prestations sur le terrain, à l’entraînement, que ces personnes là donnent le respect aux jeunes. C’est faire de bonnes prestations pour leur montrer qu’on en est capables et, une fois qu’on en est capables, tout le monde est à l’écoute et c’est assez bien et assez important. 
On a vu aussi au Sporting qu’il y a eu pas mal de départs : Swan Cormenier à l’Aviron Bayonnais, Benoît Sevestre à Niort, Lomu Tafili à Massy, Zaza Navrozashvili à Provence Rugby, Jérôme Dufour à Aurillac, Thomas Lacelle à Provence Rugby aussi, Russlan Boukerou comme on en a parlé la semaine dernière qui a pris sa retraite et Thibaut Bisman à Béziers. Ces joueurs là sont des joueurs cadres qui sont partis mais derrière, ça recrute pas mal. Hier, on a annoncé l’arrivée de Nicolas Chocou, l’arrivée de Maxime Escure, la semaine dernière celle de Sabri El Ghoul. Ce recrutement commence à prendre forme, ça commence à avoir de la gueule ce Sporting ? 
Bien sûr. Après, ce qu’il ne faut pas oublier, c’est qu’il y a des départs comme dans tous les clubs mais on garde quand même un groupe assez fort et assez conséquent de l’année passée. Les recrues vont permettre justement de compléter ce groupe et clairement, c’est même très bien de voir des gens nous rejoindre pour vivre cette année qui est très importante pour le SCA. J’ai aucun doute sur toutes les recrues qui vont arriver et le groupe qu’on va former. Je suis persuadé qu’il sera autant performant que celui de cette année. 
Une dernière petite question. Dans quelques semaines, dans quelques jours, il y a les poules qui vont sortir. Qu’est ce que tu préfèrerais toi, personnellement en tant que joueur : reprendre la poule Basquo-Landaise-Pyrénéenne avec les ambiances enfiévrées à St Jean de Luz, à Oloron ou à Nafarroa même si Nafarroa n’est plus là et est en F2, ou alors rebasculer dans une poule un peu plus régionale avec des derbys contre Mazamet, Graulhet, Lavaur, Blagnac, St Sulpice sur Lèze ? 
Pour moi, il n’y a pas trop de préférences, peu importe la poule qu’on va nous donner. Le but est de gagner le plus de match possible, voir de tous les gagner donc, il n’y a pas trop de préférences. Après, c’est sûr que les matches du côté du Pays Basque sont très chauds et avec une très belle ambiance. C’est des très beaux moments à vivre mais, aujourd’hui, je pense que l’essentiel est d’engranger un maximum de points quand la saison va reprendre avec le maximum de victoires. Donc, peu importe la poule, l’objectif principal restera la victoire, qu’importe les équipes qu’on aura en face. 
La dernière question, je vais la laisser à Raph Merancienne. Tu le connais en plus, ça vous permettra de discuter entre anciens espoirs du SCA. Raph, qu’est ce que tu as à dire à Martin, un petit mot ? 
RM : Donc dernière question. T’as beaucoup parlé de rugby, moi je vais te laisser avec ça. Vous reprenez le 1er Juillet, qu’est ce que tu vas faire de tes vacances ?
Tout le mois de Juin, je ne pars pas en vacances. Je travaille dans une société de traiteur pour dépanner des amis et à côté, me remettre à la prépa physique et travailler déjà sur ma passe et le but pour essayer d’apporter une plus-value cette année. 
Un peu de détente quand même ? 
Il n’y en a pas beaucoup parce que je travaille tout le mois de Juin et je finis le 28 Juin. 
Tu es un stakhanoviste (rires) .
Voilà, c’est ça

Propos recueillis par Loïc Colombié

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