#Football / P. Khoury (GF38) : « Aujourd’hui, on est une famille »

Quelques jours après la qualification du GF38 pour les demies-finale de la Coupe de France, le #MagSport a rencontré Pilar Khoury, l’attaquante de Grenoble. L’occasion, pour nous, de revenir sur son histoire avec Albi, sa saison avec Grenoble, l’exploit face à Dijon et ses ambitions pour la fin de saison. Rencontre.

Pilar Khoury, la n°7 du GF38 – © Julien Diaferia / GF38

Tu as connu l’ASPTT pendant deux saisons avec des hauts et des bas. Quel est le souvenir le plus prégnant que tu ais de ton histoire avec l’ASPTT ?

Je ne dirai pas que j’ai un souvenir, il y en a plusieurs qu’ils soient personnels, footballistique mais aussi au niveau humain. Je n’oublierai jamais l’opportunité qui m’a été offerte par Albi de jouer au plus haut niveau, qui, je pensais, n’arriverait jamais. D’une autre part, je garde toutes les connaissances que j’ai faîte, j’ai des ami(e)s aujourd’hui, qui, je l’espère, le resteront pour le reste de ma vie, de vraies amitiés.

Si il y avait un match dont tu te souviens plus particulièrement, sous les couleurs albigeoises, ce serait lequel ?

Je ne dirai pas un match mais les semaines et les mois qui restent gravés se sont les exploits qu’on a réalisés lors de la deuxième partie de saison 2016-2017. Après la trêve, on a changé de visages et on a joué avec une confiance et un esprit d’équipe que je n’avais jamais vécu. On était réellement indestructible.

Tu as vécu la fin de l’épisode Albigeois en D1 au plus près. Est-ce que tu pourrais nous raconter cette saison et surtout ton sentiment sur son épilogue ?

Je ne souhaite à personne de vivre des moments comme ceux qu’on a vécu en fin de saison. Je ne pensais pas que le sport pouvait me toucher autant. Ca été une réelle souffrance. On a beaucoup travaillé pour au final descendre. C’est pas seulement une équipe qui est descendue, c’est toute une ville. Albi est une ville qui vivait à travers ça. Tu te sens honteuse et coupable, tu te dis que tu n’as pas assez donné, tu remets tout en question. Personne ne pensait qu’une ville comme Albi pourrait rester autant d’années en D1. Chaque année, m^me en travaillant à côté, en faisant jusqu’à 40 heures/semaine de travail hors football, tu pouvais te maintenir et vivre de belles choses avec énormément de personnes. Albi était connu pour son côté convivial, par la chaleur des personnes, des supporters, le soutien populaire d’une ville. Je pense qu’il n’y a pas beaucoup de clubs qui ont le soutien qu’on a pu avoir. La ville peut être fière du parcours de cette équipe.

Tu as fait le choix de partir d’Albi à la suite de ces événements. Qu’est ce qui t’a poussé à faire ce choix-là ?

C’était un choix, un questionnement que j’avais depuis un moment avant la descente. A titre personnel, j’avais besoin de descendre d’un niveau. Je manquais de confiance et j’avais besoin d’un renouveau, de retrouver de la motivation, de l’envie personnelle. J’avais perdu ça, je me mettais trop de pression ou autres. J’avais besoin d’un changement d’environnement. J’aurais bien aimé que la situation soit différente pour le club mais malheureusement … 

Khoury s’est démenée pendant deux saisons sur le front de l’attaque Albigeoise –
© Vincent Céré

Aujourd’hui tu es à Grenoble, quels sont les points communs mais aussi les améliorations que tu as trouvé à Grenoble ?

C’est pas comparable. A Albi, c’était vraiment familial, puis l’équipe féminine était très importante pour la ville. Là, on est dans l’ombre des garçons, le club est très structuré avec les garçons en Ligue 2. Les installations sont meilleures même si Rigaud, pour ma part, reste l’un des meilleurs terrains sur lequel j’ai joué. Le football n’est pas vécu de la même manière ici. C’est vraiment difficile à comparer.

En début de saison, Grenoble ambitionnait la montée en D1. Vous êtes aujourd’hui 7ème pourtant vous étiez très bien parti en enchaînant 3-4 victoires puis ça a été plus difficile. Comment tu expliques ces résultats ?

Les soucis étaient déjà là, même en début de saison mais quand tu gagnes, tu n’y fais pas attention. Ca s’explique par le fait que l’effectif a connu beaucoup de changements, on apprenait à se connaître et ont été très réaliste en début de saison. Par la suite, on a connu plus de difficultés notamment dans notre efficacité, on avait du mal à se trouver, à jouer ensemble.

Malgré tout, depuis la trêve on voit du mieux dans vos résultats. Vous avez même réussi à éliminer le DFCO et atteindre les demies-finale de la Coupe de France. Quel a été le déclic ou quels sont les facteurs qui expliquent ce renouveau ?

D’une part, la mayonnaise a pris entre nous. On s’est toutes remise en question et on s’est fixé des exigences que l’on avait pas avant. On s’est mis dans le dur, dans la difficulté et on a décidé d’avancer ensemble. Aujourd’hui, on a un esprit d’équipe, qui était déjà là, mais qui s’est vraiment renforcé, soudé. En début de saison, on était une équipe, aujourd’hui, on est une famille.

Quelles sont vos ambitions pour cette fin de saison avec la qualification en ½ de Coupe de France et le championnat qui est loin d’être terminé ? Jusqu’où pouvez-vous aller ?

L’objectif est de montrer que l’ambition qu’on avait été réaliste et qu’on avait raison de croire à la montée. Montrer qu’on a les qualités pour jouer les premières places en D2 ou pour envisager la montée en D1. Par rapport à la Coupe, on est dans un rêve après cette victoire mais on va retourner au boulot et aller chercher cette finale, peu importe contre qui on va jouer [NDLR : lors de l’entretien, le tirage au sort n’avait pas été réalisé]. On l’a déjà fait donc on va essayer de le refaire. Pour le championnat, ça va être compliqué d’accrocher le podium mais on va tout faire pour remontrer le visage qui a été le nôtre face à Dijon.

Contre Dijon, ça a été un match difficile, engagé, vous avez fait preuve de beaucoup de vaillance et de combativité, comment vous l’avez préparé ? Est-ce que tu peux nous parler de cette force de conviction qui transpirait de vos attitudes ?

Personnellement, j’ai pris ce match comme tous les autres. Il y a plus d’enjeu car c’était les Quarts contre une D1 mais on a pris ce match comme les autres, on n’a pas changé notre système même sil il y a eu des ajustements face à cet adversaire mais on n’a pas changé notre identité de jeu. On a essayé de ressortir le ballon quand on le pouvait, on est resté fidèle à nous-même et cette conviction, je pense qu’il faut l’expliquer avec notre saison, notre fierté, notre égo et aller chercher quelque chose qui nous dépasse, de contrer la logique des choses. Si on suivait la logique des choses, on aurait surement perdu contre Dijon mais on serait aussi sur le podium en D2 donc on voulait contrer tout ça.

La délivrance pour les Grenobloises, qualifiées pour les 1/2 finale après la séance des TAB face au DFCO – © Vincent Poyer / DFCO

Quant à la physionomie, vous réussissiez à ressortir le ballon, vous avez eu des occasions, comment tu as vécu ce match ?

On ne s’est pas laissé faire. Ce qui était important pour nous, c’était de montrer qu’on en était capable. Même si on était surement en-dessous sur certains aspects, on était très proche de cette équipe. Le score de 0-0 était logique même si on aurait pu mettre 1 ou 2 buts mais elles aussi. L’égalité était juste. Dans l’effort, dans l’envie, dans l’esprit, on méritait cette qualification.  

A titre personnel, tu as été souvent gêné par des blessures récurrentes lors de ton passage à Albi. Comment ça se passe pour toi sur ce point-là ? Est-ce que l’encadrement médical est plus pointu au GF38 ?

Le système est le même. On est affilié à un cabinet de kiné et on a un médecin du sport qui nous suit. A titre personnel, j’ai revu mes priorités. Je suis plus axée sur le foot aujourd’hui que sur le travail ou à la fac. Je consacre plus de temps au foot et ça passe aussi par les soins, les séances de kiné qui me permettent d’éviter les blessures.

Aujourd’hui, vous jouez à deux devant avec l’expérimentée Brétigny, est-ce que c’est un poste et une animation qui te correspond mieux que seule en pointe ou en tant qu’ailière comme tu as pu le faire précédemment ?

Ailière, ce n’est pas du tout mon poste, je ne sais pas faire, je suis une joueuse de point. En jouant à deux devant, tu as plus de soutien, tu as toujours une joueuse minimum à coté de toi. Avec Bret’, c’est formidable, on est complémentaire. Elle gère les ballons difficiles, les ballons dans les pieds, elle sait la garder alors que moi je vais plus être celle qui fait beaucoup de courses. On et très complémentaire et ça fait plaisir. Ça fait longtemps que j’avais pas senti ça dans un groupe.

Khoury sous les couleurs des Gee-Gees d’Ottawa – © uOttawa

Tu as été approché par ton coach Nicolas Bach aussi pour le rôle que tu peux avoir auprès du groupe. Est-ce que tu peux nous en dire plus sur le rôle qui est le tien au sein du vestiaire grenoblois ?

Il y avait ce que je pouvais apporter sur le terrain mais aussi avec mon expérience et ce que je pouvais apporter en dehors. On a beaucoup de jeunes qui ont envie de jouer et qui ont un potentiel énorme mais qui n’ont pas la patience, il faut les encourager et les accompagner. Au sein du groupe, on a une capitaine, Cindy Perrault et un groupe qui se dit les choses aujourd’hui. On a une dizaine de personnes qui ont ce rôle. On organise des soirées de cohésion, tout les mois. Les thèmes diffèrent mais c’est très utile pour se rapprocher. Mais le plus important, c’est le soutien et l’accompagnement que l’on a les unes envers les autres.

Qu’est ce que tu projettes de faire la saison prochaine ? Être fidèle au projet de Grenoble, tenter de retrouver la D1, ou une envie d’ailleurs ?

Je ne sais pas encore. Aujourd’hui, je suis contente de ce que je fais à Grenoble, je reprends confiance et je me sens bien sur le terrain et en dehors. J’ai pas réfléchi au fait d’essayer de retrouver la D1 ou non. Je vis mon expérience à fond, ça se passe très bien et je compte bien le faire jusqu’à la fin de la saison. Une fois la saison terminée, je me poserai pour réfléchir à l’avenir.

R.B.

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