
On est à la veille d’un grand moment pour le club, une demi-finale à domicile dans un match qui va être chaud face à une équipe narbonnaise qui arrive remontée à bloc. Comment est-ce que vous avez appréhendé ces deux semaines ?
Depuis 15 jours, on a clairement commencé à bien préparer les scénarios de phases finales avec les joueurs avec beaucoup d’accompagnement, beaucoup de détails et ça s’est plutôt bien passé. Lundi matin, on a retrouvé une équipe un peu excitée et c’était un très bon entraînement, je pense que l’on voit que les joueurs ont hâte d’y être mais ça reste la beauté des phases finales, chaque équipe peut battre tout le monde et maintenant, ça sera à nous d’être les meilleurs comme ça l’a été sur la saison. Ce n’est pas manquer d’humilité mais c’est un constat, on a un groupe qui a été assez câblé et régulier ainsi qu’extraordinaire humainement mais là, il y a des phases finales donc à nous d’aller chercher ce que le groupe mérite. Le seul petit bémol, c’est que j’aimerai qu’on passe à travers les gouttes ce week-end et qu’on puisse avoir un beau match de rugby avec des conditions météorologiques idéales.

Cette équipe de Narbonne est l’une de celles qui vous a posé le plus de soucis à domicile. C’est un sérieux adversaire ?
Si je te disais non, je te mentirais. Narbonne est l’un des favoris de la poule avec Nice, on le sait très bien depuis le début de la saison et ils confirment tout simplement leur statut, on l’a encore vu lors de leur match de barrage à Massy où il n’y a pas photo et rien à dire. Lorsqu’ils sont venus chez nous, s’ils avaient gagné, je pense qu’on n’aurait rien eu à dire non plus sauf que les joueurs avaient décidé de ne pas perdre à domicile et j’attends juste la même chose ce week-end, d’avoir la même envie, la même combativité et d’être encore plus tueur dans les moments clé. Je pense que ça restera un match de très haut niveau mais ça restera aussi un match où beaucoup de facteurs vont rentrer en compte, l’émotion, le carton jaune, l’arbitrage, le public, le mauvais rebond. Chaque chose va compter, c’est un match couperet donc maintenant, c’est comment on va l’assumer et comment les joueurs vont répondre présents.

Narbonne est une équipe un peu paradoxale. Elle prend 42 points à Bourgoin alors qu’elle domine largement en menant très rapidement 21 à 7, la semaine dernière, elle prend la foudre sur le premier quart d’heure et est menée très rapidement mais c’est elle qui est capable de renverser la table et de mettre 40 points donc nous, spectateurs, on ne sait pas trop comment la définir ?
En fait, ils ont clairement des joueurs d’expérience, le genre de joueurs qui gardent leur ligne de conduite donc soit ils arrivent à sortir de ce cercle vicieux lorsqu’ils sont menés soit ils arrivent à conserver le score lorsqu’ils mènent. Le but pour l’équipe adverse est donc juste de les faire déjouer et d’enrayer la machine car si cette équipe joue à son rythme, qu’elle respecte son projet et qu’elle n’est pas chahutée, au vu de sa qualité et de celle de ses joueurs, elle n’a plus rien à prouver aujourd’hui. Maintenant, comme je l’ai dit, on a nous aussi une équipe de grande qualité donc arrivera ce qui arrivera, je ne tremble pas sur l’état d’esprit ni sur le combat qu’on va y mettre avec les joueurs qui seront sur le terrain.

Il y a des erreurs que toi tu as pu faire en phases finales que tu vas peut-être transmettre à tes joueurs, des petites choses ou des coups de folie à ne pas faire ?
Chaque joueur est différent, chaque joueur a sa manière de faire. Avec le staff, on a apporté des billes, des images, quelques solutions mais en fait, ce sont clairement les joueurs qui ont choisi à la fin à chaque fois parce qu’on a des joueurs de talent et ce n’est pas faire langue de bois que d’en parler devant eux, c’est une réalité, je le pense réellement sinon je ne le dirai pas. Je pense donc qu’aujourd’hui, nous, on a apporté ce qu’on avait à apporter, on continuera cette semaine de leur apporter des billes mais on a des joueurs talentueux qui choisiront sur le terrain, ils sont capables d’être de vrais appuis et de vrais décideurs. A ce jour, non, on ne va pas parler du passé même si on en a parlé pendant la saison, ils le savent car on n’oublie jamais le passé mais il ne faut pas s’y attarder et ils écriront leur histoire, c’est leur aventure, c’est notre aventure et ils feront leurs propres choix pour que l’aventure soit belle ou pas, il ne faudra juste pas avoir de regret, c’est tout.

Au niveau des blessés, on sait qu’il y a des joueurs touchés. Est-ce que vous allez en récupérer pour samedi ou non même si on voit que les blessures se résorbent quand même assez vite ?
J’espère le dire encore et avec grand plaisir car, encore une fois, l’infirmerie est aujourd’hui presque vide. On rentre énormément de joueurs, des joueurs qui sont en avance sur leurs programmes et ça montre justement un peu toute l’excitation car tous les joueurs ont envie d’apporter leur pierre à l’édifice. Question infirmerie, je dirai qu’on est à 95% de notre effectif.

Qu’est-ce que vous redoutez le plus de Narbonne ?
Sincèrement ? Je vais être très honnête en disant que je ne redoute rien de Narbonne parce-que c’est une très grosse équipe, parce qu’ils sont costauds, parce qu’on connaît les joueurs, franchement, c’est très épais et très dense. La seule chose qui m’intéresse et ce que je redoute le plus, c’est mon équipe, je le dis très honnêtement et les joueurs le savent. Si on a la faculté de rester comme on l’a été toute la saison, à rester nous-mêmes, à rester propre, à être tueur, on aura un beau match de rugby et j’espère que l’issue sera très positive par contre, si on commence à regarder les autres, à s’adapter à eux, à trouver des stratégies pour contrer les autres, ce serait nous renier et c’est là où je pense qu’on n’a pas été comme ça cette saison. On ne va pas changer notre fusil d’épaule maintenant, on va rester nous-mêmes et je pense qu’en restant nous-mêmes, on va faire un match de haut niveau et on verra le résultat à la fin.

Si je me souviens bien, on perd de 4 points à Narbonne et on gagne difficilement d’un point ici et vous n’étiez pas très satisfaits du contenu. Qu’avait-il manqué dans ces deux matchs que vous ne souhaitez pas renouveler ?
Si on est honnête, on leur avait dit que Narbonne était l’un des moins bons matchs de la saison, on n’avait presque pas joué voire pas joué et on ne perd que de 3 points, le match retour à la maison était là aussi l’un des moins bons de la saison qu’on a confirmé contre Narbonne et malgré tout, on le gagne d’un point. Comme je l’avais dit le lundi d’après, j’attends maintenant de voir notre vraie équipe contre Narbonne et on verra ce que ça donne.

A l’issue du match retour, tu nous avais dit que ce n’était pas un bon match mais qu’il y avait par contre eu une défense et une solidarité, au niveau solidarité défensive, ça a peut-être été, et heureusement d’ailleurs, l’un des meilleurs matchs de la saison. Guillem Calmon avait qualifié tous ces jeunes de » chiens de la casse « , c’est ça qu’il faudra un petit peu avoir samedi ?
Oui, clairement mais ça, c’est la marque de fabrique que l’on souhaite mettre depuis le début de la saison avec les joueurs et que, je pense, on a mise. On n’a lâché aucun match même à Périgueux où tout le monde pensait qu’on allait lâcher, on perd de deux points et on peut même le gagner. On voulait toujours respecter ce maillot et respecter ce groupe et c’est juste le résultat de ce groupe qui est prêt à se sacrifier les uns pour les autres, ça faisait longtemps que je n’avais pas eu ce sentiment d’une équipe autant fédérée et autant en unité et pourtant, j’en ai fait des clubs. Je suis presque persuadé qu’un joueur est capable de se blesser à l’épaule à 5 mètres de la ligne pour sauver un essai, pour gagner la demie pour les autres même s’il ratera la finale et ça, ça n’a pas de prix. Le match de Narbonne a été totalement dans ce sens-là, il a abondé dans ce sens-là car même si on n’était pas bien placé ou autres, on a eu des mecs qui ont répondu présents de la 1ère à la dernière et même à 14. Franchement, c’est une force de frappe qui te fait gagner des matchs en phases finales.

Pour revenir sur le match de Niort et sur ceux qui vous avaient jeté aux orties au bout de 3 matchs, vous devez quand même avoir un petit sourire un peu narquois lorsque vous les croisez ?
Bien sûr qu’on écoute, on ne va pas se mentir, on regarde tous les réseaux, on lit les journaux mais on avait une force cette année, c’est qu’on s’est toujours dit les choses en face ici, entre nous, ce n’est jamais sorti de là. Comme l’a dit Antoine, et je suis content de l’entendre pour le staff, on n’a jamais mis la pression à personne car de mettre la pression à quelqu’un ne change pas le résultat final, chaque joueur doit aller chercher ce qu’il mérite, c’est ce qu’on a prôné toute la saison et c’est ce qu’ils ont fait et comme tout le monde l’a dit, on l’a construit du début jusqu’à la fin avec bienveillance ce qui ne nous a pas empêché de nous dire les choses en face sur les retours de matchs tout comme on leur a aussi montré les choses positives parce qu’il n’y a pas que du négatif. Par contre, on a été très transparent et très honnête les uns avec les autres et je pense que c’est ce qui fait qu’aujourd’hui, on avance en confiance et la confiance, ça n’a pas de prix.

Propos recueillis par Loïc Colombié

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