Ancien coureur amateur, devenu arbitre, puis organisateur de courses cyclistes, le tarnais Nicolas Sigal fera office d’arbitre moto sur le prochain Tour de France Féminin qui s’élance des Pays-Bas le 12 août pour arriver à l’Alpe-d’Huez le 18 août prochain. Une consécration pour ce passionné et pour le club du Ségala Cyclisme Organisation. Après Philippe Bessettes, autre cheville ouvrière du club nord tarnais, prochainement arbitre aux Jeux Paralympiques (chronométreur sur l’épreuve route et sur la piste), c’est la reconnaissance d’un travail de longue haleine et souvent ingrat qui est récompensé. Faisons connaissance.

Bonjour Nicolas Sigal, et merci d’avoir répondu à l’invitation du #magsports.
Vous venez d’apprendre votre sélection pour arbitrer le Tour de France Féminin du 12 au 18 août prochain.
C’est quoi un arbitre en cyclisme ?
Le rôle d’un arbitre dans le cyclisme est de s’assurer du bon déroulement sportif de l’épreuve. Les arbitres peuvent être sur une course cycliste en voiture, moto ou sur la ligne d’arrivée. Il joue un rôle essentiel dans le déroulement juste et équitable des compétitions organisées par la FFC, l’UCI ou encore des organisateurs privés comme ASO. Il est chargé de garantir le respect des règles et de maintenir l’intégrité de la compétition. L’arbitre veille à ce que chaque athlète suive les règles établies pour assurer une compétition équilibrée et sécurisée

Comment devient-on arbitre ?
Comme dans n’importe quel autre sport, tout le monde peut devenir arbitre. Il faut passer un examen d’arbitre régional, avant de pouvoir officier. Pour gravir chaque échelon, des examens sont demandés avant d’arriver au niveau national élite puis international.

Quel sera votre rôle et vos attributions ?
Je serai arbitre sur une moto c’est-à-dire au plus près de l’action. J’effectuerai toutes les étapes à moto au plus près des concurrentes et des voitures des équipes, avec comme rôle notamment de surveillance et de dissuasion en cas d’infraction que ce soit de la part des athlètes mais aussi des directeurs sportifs. Nous avons un devoir de prévention, mais aussi parfois de sanction.

Avec Philippe Bessettes qui a plusieurs expériences de chronométreur chez les professionnels, cela fait deux dirigeants d’un même club invités, à un tel niveau ? Y-at-il encore des « talents cachés » chez SCO qui devraient dans l’avenir être promus à un tel niveau ?
Oui tout à fait. Avec Philippe, nous sommes tous les deux membres du club Ségala Cyclisme Organisation. Nous pouvons arbitrer au plus haut niveau en France. Philippe a encore plus d’expérience que moi, puisqu’il a déjà fait plusieurs fois le Tour de France chez les hommes, ou encore Paris-Nice et diverses épreuves internationales. Il sera prochainement aux Jeux Paralympiques. C’est une belle récompense pour notre club, nous qui ne sommes pas dans une zone d’influence du cyclisme, comme la Bretagne par exemple.

Notre club a une particularité, il organise des courses cyclistes, mais n’a aucun coureur. Du côté de l’arbitrage, nous sommes trois au club avec Carine Busqueres qui est arbitre régionale. On verra dans quelques années si elle monte dans la hiérarchie arbitrale. Nous ferons tout pour l’y aider et l’accompagner afin qu’elle puisse connaître les courses de haut niveau que ce soit chez les hommes, les femmes, les amateurs, les professionnels en France ou à l’étranger. Il y a beaucoup de disciplines dans notre sport, comme la route, le VTT, le cyclo-cross ou encore la piste, le travail est immense.

Avez-vous déjà eu des expériences dans des épreuves aussi importantes ?
Depuis quelques années, que je suis à ce niveau, j’ai pu être nommé sur des épreuves du calendrier fédéral et également international. Mais l’arbitrage ne fait pas vivre en cyclisme. Nous avons tous des métiers. Nous prenons souvent nos vacances et nos vies de famille pour vivre de telles expériences. J’ai déjà officié sur le Tour des Alpes Maritimes, le Grand Prix de la Marseillaise, l’Etoile de Bessèges, le Tour du Limousin ou le Critérium du Dauphiné l’an passé, qui reste par excellence l’épreuve préparatoire au Tour de France.

Le#magsports vous connaît en tant qu’ organisateur de courses cyclistes et notamment au Tour du Ségala-Carmausin U19. L’an passé le DS ibérique du TEAM INCA avait déclaré après la course « que l’organisation était digne d’une course UCI » ? Ces expériences acquises au contact du cyclisme de haut niveau professionnel chez les hommes ou les femmes profitent-elles directement à votre organisation ?
Exactement, c’est un plus c’est sûr et certain. C’est un gage de confiance également pour la fédération quand elle nous attribue le label Coupe de France. A la FFC, les arbitres sont souvent investis dans leur club, ou dans d’autres postes hiérarchiques au niveau départemental, régional voire fédéral. Ce qu’on peut voir avec Philippe sur les épreuves, on essaie de le mettre en place sur notre course.

Alors si on extrapole un peu, l’aboutissement serait d’être l’organisateur d’une course UCI avec Philippe Bessettes au chrono et vous en arbitre ?
Organiser une épreuve UCI c’est clairement notre but avoué dans l’association. En revanche, être arbitre sur notre propre épreuve, c’est totalement impossible. On ne peut pas tout faire C’est comme si vous demandiez au chef de cuisine étoilé d’aller servir chaque client, après chaque plat exécuté en cuisine. L’organisation d’une telle épreuve est déjà assez complexe à gérer, c’est beaucoup d’énergie, de stress et d’imprévus de dernières minutes. A la création du Tour du Carmausin-Ségala, l’ambition était de proposer une course par étapes sur deux jours et trois épreuves. La première édition était formatée ainsi. Malheureusement le budget, le besoin de bénévoles, les conditions de sécurité des coureurs, les conditions d’hébergement, nous ont rapidement remis face à la réalité. Nous nous sommes consacrés à un seul jour de course.

Donc pour répondre concrètement à votre question, oui notre expérience acquise en tant qu’arbitre sur les épreuves, nous permet de mettre dans les meilleures conditions de travail, les arbitres qui viennent nous apporter leur concours dans notre organisation. C’est une plus value indéniable.
Merci Nicolas, et bon Tour de France. Le Borgne

Propos recueillis par Loïc Colombié

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