Focus sur le club de la Côte d’Azur avec Alexandre Compan, le manager du stade niçois actuellement leader de Nationale.

On peut dire que, pour l’instant, la saison du Stade Niçois se déroule quasiment sans accroc. Vous êtes leader, vous avez de belles perspectives et c’est pratiquement tous les feux qui sont au vert du côté de la Côte d’Azur ?
Au moment où on se parle, oui, effectivement, on ne va pas bouder notre plaisir. On savoure aujourd’hui cette première place mais on sait que le chemin est encore long, on garde le cap, on tient aussi les joueurs en haleine avec le staff et avec Mariano, on fait en tous cas ce qu’il faut pour continuer à bosser dur. On sait que ça se jouera jusqu’au bout.

On peut dire qu’il y avait une première croisée des chemins le week-end dernier pour le Stade Niçois avec un déplacement à Carcassonne, ancien pensionnaire de Pro D2. C’était un véritable test grandeur nature ?
On savait que ça s’était bien déroulé pour nous au match aller et on se doutait bien que Carcassonne allait nous attendre, d’autant plus chez eux. On a eu affaire à une belle équipe, on a dû s’employer fort, ça nous a souri et malgré les conditions, on a quand même réussi à mettre un petit peu de jeu, ce qui est aussi notre identité. C’était un match âpre, il y avait de l’engagement donc on est content que l’issue ait été positive pour nous.

Selon toi, qu’est-ce qui a fait la bascule dans ce match ?
C’était aussi un match particulier car Carca a également eu des occasions de scorer, il y a notamment eu une phase de jeu en fin de 1ère mi-temps sur un ballon porté mais l’issue nous a été favorable. C’est peut-être aussi un tournant de ce match-là avec Carca qui n’a pas réussi à marquer et je crois que ça s’est joué sur pas grand-chose. On a réussi à être propres mais surtout pragmatiques et à marquer les deux essais.

Ce week-end va avoir lieu pour toi un match qui aura une saveur émotionnelle particulière puisque c’est le retour au Mont Valérien et au stade Jean Moulin à Suresnes ?
Oui, un retour aux sources, enfin aux sources parisiennes pour avoir passé 42 ans là-bas. Suresnes, c’est toujours un peu particulier car j’ai gardé des contacts là-bas donc ce sera quand même non sans émotions que j’y reviendrai.

Un regard sur la saison de Suresnes, ton adversaire du week-end ?
En tous cas, je trouve que le club se structure correctement, ils ont l’air de faire les choses dans l’ordre en prenant le temps aussi, on avait initié ces choses-là avec Mathieu Blin à l’époque et je suis plutôt content que ce club continue à grandir. Je crois qu’ils ont réussi à renforcer l’effectif et les joueurs, notamment en qualité en en nombre, et on voit que cette équipe, en tous cas à domicile, est difficile à manœuvrer puisqu’elle n’a perdu qu’une fois contre Bourg-en-Bresse mais sinon, elle a toujours réussi à accrocher à son tableau de chasse les équipes qui sont venues sur le Mont Valérien.

Quelle est ton analyse pour la lutte au Top 6 et aux qualifications pour les play-offs ? Il y a 8 équipes qui sont dans un mouchoir de poche, on n’a jamais vu une Nationale aussi resserrée ?
Franchement, quand on fait ce métier, qu’on soit joueur ou entraîneur, c’est vraiment chouette. Tous les matchs sont disputés, tout le monde est capable de gagner à l’extérieur, c’est haletant et je serai incapable de te donner un pronostic. En tous cas, c’est plutôt cool qu’il y ait ces matchs tous les week-ends et qui sont clairement disputés.

On ne va pas se mentir, l’objectif pour le Stade Niçois est d’être dans les deux premiers et de tendre vers la Pro D2 ?
(rires). Je rappelle quand même que l’objectif de départ était la qualification et, pour en avoir rediscuté avec le président Régis Brandinelli, c’est toujours l’objectif. On garde le cap là-dessus et maintenant, 1er, 2e, si ça doit arriver, on le prendra bien sûr avec plaisir. On est pour l’instant dans les clous, on verra ce qu’il en sera car certes, il y a toujours effectivement l’avantage de recevoir en étant barragiste tout comme quand tu joues la demi-finale en étant 1er ou 2e mais ça se joue quand même sur un match et quand il y a 0-0 sur un match de rugby, tu ne sais jamais ce qu’il en sera à l’issue du match. Pour l’instant, comme je le disais en préambule, on ne va pas bouder notre plaisir.

Est-ce que tu sens un peu l’adrénaline qui monte chez les joueurs maintenant qu’on arrive dans la dernière ligne droite et que ça sent quand même bon pour Nice ?
Il y a forcément toujours de l’adrénaline mais on essaye toujours de rester dans le moment présent car il y a toujours la problématique de se projeter trop vite qui fait que tu en oublies l’essentiel pour réussir. Bien sûr, dans l’imaginaire, on peut tout imaginer à la place où l’on est mais on essaye de garder les pieds sur terre, ce qui est notre boulot en tous cas à nous staff, et de nous concentrer sur les échéances qui viennent au fur et à mesure.

Qu’est-ce qui a changé dans le groupe par rapport à l’année dernière, qu’est-ce qu’il y a en plus ? Un supplément d’âme, une force collective ?
Je ne suis pas toujours très objectif là-dessus car, pour avoir beaucoup bataillé l’année dernière, c’est toujours particulier. Tu arrives avec des joueurs qui sont déjà en place, tu essayes de prendre la mesure d’un contexte club et je pense que, malgré tout, on a quand même réussi à faire de belles choses l’année dernière et notamment sur la 2e partie de saison. On a traîné comme un boulet ce début de saison car je pense que le fait qu’on s’appréhende entre nouveau staff et nouveaux joueurs a demandé du temps, de même que le fait qu’on se fasse confiance. Aujourd’hui, je pense qu’on est dans la continuité, c’est vrai qu’il y a eu un turn-over important de joueurs mais on a des mecs qui s’entendent bien sur le terrain et en-dehors, avec un club qui est là-aussi pour accompagner ses joueurs donc, et comme tu le disais, les voyants sont aujourd’hui au vert.

On a l’impression qu’il y a aussi une alchimie dans le staff et que ça se passe bien entre vous, entre autres avec Mariano Taverna qui est venu rejoindre le staff ?
Mariano est une belle plus-value et un chouette gars humainement, je crois qu’aujourd’hui, on peut largement dire qu’il fait l’unanimité, sportivement, il nous amène son expertise de la Pro D2 qu’il a connu avec Bourg-en-Bresse, franchement, c’est une belle réussite. On s’entend très bien dans le staff, on communique, les choses sont claires et puis, on connaît notre feuille de route et notre objectif donc on œuvre tous dans cette direction-là.

Est-ce qu’il y a des matchs qui t’ont laissé des regrets dans ce début de saison ?
Clairement, oui mais encore une fois, on avait fait des choix. Je pense qu’on perd 14-10 à Chambéry alors qu’on aurait pu faire un résultat, on perd 12-10 à Narbonne en jouant à 14 pendant 65 minutes et je pense que là aussi, on aurait pu faire un autre résultat, il y a Albi où tu mènes 9-3 à la mi-temps et que tu restes sur ta faim en 2e période contre une belle équipe d’Albi aussi qui revient. Ça reste de belles équipes et c’est là que l’on s’est dit que des matchs, c’est 80 minutes dont il faut que l’on soit à 100% tout le temps mais tu t’aperçois que ce sont de petites défaites et qu’il n’aurait pas fallu grand-chose pour que le résultat soit en notre faveur.

Quelle est la marge de progression du Stade Niçois ?
Laquelle, je ne saurai pas te dire mais je sais qu’il y en a une, clairement. On peut toujours mieux faire et c’est ce qu’on passe comme message à nos joueurs, c’est donc au quotidien, ce sont nos semaines de travail, on essaye d’améliorer notre jeu que ce soit offensivement ou défensivement. On a aussi toujours un œil attentif sur l’état d’esprit que l’on y met, que ce soit sur le terrain ou en-dehors. Ce sont toujours nos axes de progression.

Merci et on te souhaite un bon match à Suresnes pour ton retour en Ile-de-France
Merci à toi.

Propos recueillis par Loïc Colombié

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