Olivier Regnier est un symbole du rugby graulhetois avec plus de 200 matchs sous la tunique rouge et noire, que ce soit dans la grandes heures du SCG ou les périodes de vaches maigres, portant haut et fort via son capitanat les valeurs de combativité et de solidarité du club Tarnais. Il est peu de dire que la défaite cuisante (38-14) et la prestation sans relief du Sporting a piqué au vif ce guerrier, ayant lutté pendant des mois après une grave blessure en début de saison dernière, pour revenir à son niveau et participer à l’aventure collective de la Nationale 2. C’est donc un taulier du vestiaire et un témoin du passé, qui du haut de ses 36 ans et quasi autant sous le maillot du club, a poussé un coup de gueule en faisant l’amer constat de l’absence d’âme des mégissiers dimanche dernier à Anglet. Les joueurs de Graulhet qui vont devoir se débattre cette année aussi avec le maintien, seraient bien inspirés de s’imprégner des valeurs et de l’esprit club qui transpirent d’Olivier Regnier, s’ils ne veulent pas tomber de haut, au terme de cette saison, comme cela fut le cas lors de cette 17eme journée.

J’imagine que cela faisait longtemps que tu n’avais pas vécu une telle bérézina ?
Bérézina, même honte, moi, à la mi-temps, j’avais honte. Ça a été très compliqué car tu subis tout, tu n’es pas du tout dans le match … méconnaissables ! On était venu ici pour faire un résultat et quand tu vois la 1ère mi-temps, c’est impossible. Je ne sais pas, on n’était pas sorti du bus, ce n’est pas possible.

En parlant de ça, toi qui as l’expérience de ce club et de ce groupe, est-ce qu’avant d’arriver au match, tu as senti des signaux qui commençaient à se mettre à l’orange ou au rouge avant de débuter l’échauffement ?
On sait que ça parle beaucoup, que le groupe parle beaucoup mais moi, j’ai passé plus de 9 saisons où on jouait le maintien et c’est vrai que le groupe était beaucoup plus fort. Si le groupe ne réagit pas, et ça s’est vu aujourd’hui, c’était individuel quand on monte, c’est catastrophique défensivement, on subit tout, si on ne réagit pas collectivement, on ne s’en sortira pas. On a vu en 2e mi-temps que dès qu’on remet un peu d’agressivité et qu’on joue les ballons, ça va un peu mieux, même s’ils ont un peu baissé le pied. Ce n’est pas possible de rendre une copie comme ça, surtout quand tu veux venir chercher des points ici, pour moi, c’est inacceptable.

Ce qui est le plus paradoxal, c’est que face à Niort la semaine dernière, vous aviez joué avec un groupe et avec un état d’esprit ?
Oui mais peut-être qu’on s’est senti un peu arrivés, peut-être que dès qu’on tape un peu plus gros, les mecs se sentent arrivés. Ils pensaient peut-être que ce serait plus facile ici, je ne sais pas mais là, on prend quand même un gros coup sur la tête. J’espère que ça va faire réagir, j’espère que le groupe va réagir car là, c’est quand même très important, il reste trois matchs à la maison, on n’a pas le droit de faire ça, on n’a pas le droit, ce n’est pas possible !

La pire chose serait que le groupe éclate ?
Le groupe n’éclatera pas, on s’entend bien mais il faut que l’on soit beaucoup plus soudés et qu’on réagisse. Vraiment, je le maintiens, on n’a pas le caractère pour jouer le maintien mais quand on voit ça, on ne peut pas dire qu’on joue le maintien sur un match comme ça, ce n’est pas possible.

Et puis, il faut sauver l’honneur des valeurs et des couleurs graulhetoises ?
Bien sûr, on ne lâchera pas, j’ai toujours tout donné pour ce club et je donnerai tout. On reçoit Salles pour la prochaine journée soit le premier mais on s’en fout de qui on reçoit, il faut que ça passe, peu importe la manière mais il faut pas ça passe.

Merci et courage pour la suite
Merci à toi .


Propos recueillis par Loïc Colombié

Article en partenariat avec





























