#Rugby – Nationale / Fred Medves (Blagnac) : «Les joueurs qui viennent chez nous s’imprègnent de suite de l’esprit Caouec!»

Fred Medves, l’entraîneur et manager principal du Blagnac Rugby nous a accordé un entretien en amont du derby face au Sporting Club Albigeois lors de la 12eme journée de Nationale. Celui qui a pris le relais d’Éric Escribano à la tête du secteur sportif de l’équipe première lors de l’intersaison nous a évoqué son ascension rapide en tant que technicien, tout en faisant le bilan de ce début de saison. Les hauts garonnais actuellement 7eme du championnat sont à la croisée des chemins à la veille de recevoir leur voisin tarnais, et vont devoir avoir recours au sacro-saint « esprit Caouecs » pour faire perdurer, ce samedi, leurs invincibilité à Ernest Argeles.

Crédit photo Blagnac Rugby

 

Après un premier pas en tant que coach l’année dernière aux côtés d’Éric Escribano et une magnifique aventure des Caouecs, te voilà maintenant entraîneur principal. On va dire que l’initiation a été fort rapide ? 

 

Oui, la transition a déjà été rapide entre joueur et manager, en une année, je suis passé d’entraîneur des avants à manager à l’intersaison. Éric est parti à Carcassonne et Romain a décidé d’arrêter donc Luc Vignole et Gaëtan Alengrin, les nouveaux présidents, m’ont proposé de passer manager et de gérer l’équipe, chose que j’ai de suite accepté avec plaisir. 

 

Comment fait-on quand on bascule de joueur à entraîneur et que l’on entraîne d’anciens coéquipiers ? Ça ne doit pas être simple au début de faire une petite barrière ou une petite frontière ? 

 

La barrière se fait naturellement. J’ai joué jusqu’à 38 ans donc j’avais quand même un certain écart avec pas mal de joueurs et j’avais un peu un statut particulier. J’étais aussi un leader naturel, les joueurs étaient très contents que je puisse rester dans le staff et ensuite, quand je suis passé manager, ça s’est fait tout naturellement. Il n’y a pas eu trop de soucis avec ça. 

 

L’année dernière, vous avez buté aux portes de la Pro D2 et cette année, on a l’impression que vous êtes dans la droite lignée de l’an passé avec des résultats qui sont quand même quasiment du même acabit ? 

 

Ce n’était pas gagné (rires). On a eu une intersaison agitée mais on a quand même gardé une grosse ossature, on poursuit le travail qui est effectué depuis maintenant pas mal d’années par mes prédécesseurs. Je suis très content du jeu que l’on produit, de l’évolution de pas mal de joueurs, que ce soit les jeunes ou les plus anciens et on essaye d’être aussi constants que l’année dernière. Ce n’est pas facile mais si on peut réussir à se qualifier comme on l’a fait sur la saison précédente, on sera très heureux.

 

L’un des ciments de la réussite du Blagnac Rugby, c’est d’être intraitable à la maison et de faire d’Ernest Argelès un bastion ? 

 

C’est pour nous comme pour les autres équipes, il est sûr que ça facilite les choses. On voit des promus comme Périgueux qui suivent les mêmes préceptes, ils ont décidé d’être intraitables à domicile et il est sûr que ça facilite les choses pour construire et que ça donne des opportunités à l’extérieur. Si on assure déjà ça, on assure quand même un nombre de points minimum donc c’est très intéressant et ensuite, ce sont les matchs à l’extérieur qui permettent de faire la différence et de batailler pour la qualif. 

 

On est à quelques encablures de la fin de la phase aller et c’est un premier bilan quand même satisfaisant ? 

 

C’est très satisfaisant sachant qu’on s’est beaucoup plus déplacé que ce qu’on a reçu. On est dans les clous par rapport à la qualif, on va maintenant avoir pas mal de réceptions, et un peu de pression avec mais ce qui est normal. A nous donc de faire le travail et d’assurer les matchs à domicile. 

 

On va revenir sur la dernière rencontre à Bourgoin où vous avez été un peu bousculés dans les groupés pénétrants et en touche. Face à Albi ce week-end, ça risque quand même d’être une zone clé du match ? 

 

Déjà, on rentre dans l’hiver ce qui est une phase très importante. Bourgoin s’est rassuré là-dessus et on sait très bien qu’Albi est une équipe qui a une très grosse conquête, voire la plus grosse conquête en touche du championnat. Ça nous a donné un aperçu de ce qu’on allait vivre sur les prochains mois, à nous de rectifier ça mais je suis quand même confiant pour avoir les armes pour le contrer. Ça nous a servi d’exemple à ne pas réitérer pour ce match contre Albi. 

 

Un regard sur Albi, l’adversaire de ce week-end, avec des forces comme la conquête dont tu viens de parler mais aussi des faiblesses ? 

 

Je trouve qu’il y a quand même beaucoup de forces. Il n’y a pas que la touche sur la conquête mais aussi la mêlée, ils sont performants sur le jeu au pied et sur l’occupation, ils ont quelques individualités qui mettent de l’incertitude, une bonne défense. Ils ont bien sûr aussi quelques faiblesses sinon, ils n’auraient pas quelques matchs perdus mais ça, je le garderai pour moi et pour mes joueurs. 

 

Antoine Renaud, au micro de l’un de nos correspondants en Isère, a dit  » on a un gros, gros derby qui nous attend « . Est-ce qu’aujourd’hui, avec des joueurs qui viennent de partout et des 4 coins de la France, la notion de derby n’est pas un peu galvaudée ou atténuée ?

 

Nous, en tous cas dans notre club, on essaye de garder cette valeur-là, la valeur club, et je pense que les joueurs qui viennent à Blagnac s’imprègnent de suite de l’esprit Caouec. Je pense que c’est le même schéma à Albi et je sais que c’est une équipe qui est très attachée à sa ville et à cette valeur-là. Je ne vais pas parler pour les autres clubs mais nous, on cherche à garder cette identité-là et je pense que c’est la même chose pour Albi donc oui, ça reste quand même un beau derby et ça a été de belles batailles depuis quelques années maintenant donc à nous d’être performants dans ce match.

 

L’esprit Caouec, parlons-en. Qu’est-ce que c’est et comment est-ce qu’on le définit ? 

 

Blagnac est une ville de banlieue, la banlieue toulousaine, avec un esprit quand même très famille, une belle école de rugby, une très, très grosse section féminine avec l’équipe féminine qui est en 1ère division et 3 fois vice-championne de France. Il y a quand même un gros esprit de solidarité et d’interactions entre toutes les générations et entre les deux sexes, c’est un club qui véhicule de belles valeurs. On a la chance d’avoir à côté deux grands frères qui nous aident, Colomiers et le Stade Toulousain, et on est fier de cette identité-là. 

 

Albi et Blagnac, c’est aussi un combat sociologique entre Albi, les professionnels et Blagnac, les pluriactifs ? 

 

Oui mais ça l’est chaque week-end car à part Vienne et nous, c’est ce fonctionnement-là. Cela fait pas mal d’années que c’est comme ça et on ne s’attache plus trop à ça, pour nous, c’est un peu devenu une force car le rugby reste un plaisir. Autant au début, quand je suis arrivé à Blagnac, c’était un peu ce modèle-là et on se battait pour ça, maintenant, on sait que c’est une force pour nous et on s’en sert plutôt pour nous au lieu de se dire  » on va se battre contre les professionnels « . Ce n’est plus notre bataille aujourd’hui. 

 

Quel est le mot d’ordre pour ce derby ? 

 

La victoire, il n’y a que ça (sourire).

Propos recueillis par Loïc Colombié

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