#Rugby – Nationale 2 / Guillaume Aguilar (Nimes) : «Garder cet ADN nîmois fait de combativité et d’agressivité tout en jouant bien au rugby!»

Direction le Gard et le Rugby Club Nîmois avec son manager Guillaume Aguilar qui nous dresse dans cet entretien grand format, un bilan de sa première saison à la tête du secteur sportif du RCN tout en analysant le premier bloc de cette saison 2023-2024 de Nationale 2. Après une déception en 1/4 de finale d’accession (face à Vienne) la saison passée, les taureaux gardois veulent tout en conservant leur ADN ,viser l’étage au dessus : la Nationale.

Crédit photo Mathilde Arnoux – Rugby Club Nimois

 

Est-ce qu’on peut tirer un premier bilan de cette première année à la tête sportive du Rugby Club Nîmois ? 

 

Oui, forcément, car après une première saison passée ici, il y a des choses à retenir et d’autres sur lesquelles on peut construire mais aussi tirer des leçons. Sincèrement, c’était pour moi une belle saison où j’ai appris à travailler ici, à connaître beaucoup de gens dans ce club, à connaître aussi bien évidemment tout ce qui se passe autour du club ainsi que l’engouement et la ferveur qu’il peut y avoir autour de lui. Sportivement, je pense aussi qu’on fait une bonne saison puisqu’on termine premier avec des matchs qui sont presque des matchs référence pour nous et d’autres qui sont presque à oublier tellement on n’a pas montré notre vrai visage. C’était une belle saison dans l’ensemble où on finit quand même premiers, ce qui était presque inespéré en début de saison. Il y a forcément eu la déception de ce 1/4 de finale que l’on perd, surtout sur le match aller à Vienne où on a été incapables de réagir mais je pense que le club est encore dans sa feuille de route. Il ne faut pas brûler les étapes, je pense que si on avait eu l’opportunité de monter, on aurait peut-être mis le club en danger en montant en Nationale, je dis ça peut-être pour me persuader de la non-qualification mais je pense que c’est bien aussi de passer par deux saisons en Nationale 2 et de faire son petit bonhomme de chemin plutôt que de griller les étapes et de peut-être se brûler les ailes. C’est en tous cas une première année ici qui est satisfaisante. 

 

Quand tu as récupéré les gars à l’intersaison, j’imagine que la première chose que tu as voulu faire a été de crever l’abcès de cette non-qualification en demi-finale et de cette non-montée pour repartir sur des bases neuves ? 

 

Mon objectif était surtout que certains joueurs, qui n’avaient pas forcément eu beaucoup de temps de jeu, reprennent du plaisir à jouer au rugby, c’était que les mecs se régalent à faire un jeu qui leur plaît. Sans juger aucunement ce qu’il se passait avant, on a essayé de mettre notre rugby en place avec JB tout en consultant les joueurs et en essayant de faire en sorte qu’ils adhèrent à ce projet-là, c’était ça mon objectif premier. Je sortais justement d’une saison où j’avais été éliminé par Nîmes et j’étais déçu, il y a donc forcément de la déception mais je pense que dans la vie comme dans le sport de haut niveau, si tant est que la Nationale 2 soit du haut niveau, je pense qu’il ne faut pas s’attarder sur le passé. Il faut bien évidemment apprendre et ne pas oublier mais il ne faut pas s’attarder sur le passé et surtout penser au présent et à l’avenir c’est à dire faire tout notre possible pour faire les meilleurs matchs possibles sans avoir de regret. Pour moi, ce n’était pas forcément l’objectif N°1 de faire oublier la saison d’avant mais plutôt penser à la saison qui nous attendait. 

 

Tu as fait un mercato cet été que l’on peut qualifier de mercato d’appointement pour rectifier les manques dans l’effectif. Comment est-ce que tu l’as construit ? 

 

On avait ciblé quelques postes importants, des postes où il nous paraissait primordial de recruter comme un pilier droit car on perdait deux joueurs géorgiens et il fallait que l’on aille chercher un autre pilier droit, deux même. On voulait vraiment des joueurs qui soient capables de jouer à Nationale 2 et, à terme, en Nationale 1 d’où le recrutement de Cyril Balust qui connaît le niveau et qui a aussi joué en Pro D2. Il fallait que l’on densifie un peu le pack et qu’on aille chercher un autre 2e ligne pousseur d’où la venue de Maxence Boissière car, à part David Gonzales, on avait des 2es lignes qui étaient surtout des coureurs avec beaucoup d’activité mais moins solides. Il fallait aussi que l’on recrute en 3e ligne avec un joueur comme Lucas Gulizzi qui connaissait déjà la Nationale. En fait, on a quasiment cherché un mec par ligne, on perdait un N°9 dont on est allé chercher un qui connaît bien la région puisque Bastien Gensana est d’ici. Pour nous, c’était aussi important d’aller chercher des mecs qui cherchaient la région voir du terroir nîmois puisque Bastien vient des Angles, de Villeneuve-lès-Avignon où ses parents habitent, Cyril Balust n’est pas loin non plus. On a été chercher des joueurs comme ça puis des joueurs d’un peu plus loin comme Savenaka Totovosau. On voulait chercher un ailier dans un profil que l’on n’avait pas, on a des joueurs véloces, on a Junior Ngandu qui va très vite mais on n’avait pas ce style de joueur-là, un peu puissant capable de breaker, un facteur X comme on les appelle aujourd’hui, capable de jouer centre ou ailier donc on est allé chercher Save. On a eu l’opportunité de le signer donc ça a été fait très rapidement et comme Samuel Roche partait, il a aussi fallu trouver un arrière et j’ai proposé à mon entraîneur des 3/4 de recruter Martin Félix que je connaissais très bien puisque je l’ai entraîné à Mâcon et qui nous apporte aujourd’hui toute sa vitesse et toute sa longueur de jeu au pied sur le terrain. On a effectivement ciblé notre recrutement sur des postes importants mais aussi sur des manques comme, par exemple, sur le pack. Il fallait que l’on arrive à faire en sorte que la qualité du groupe soit meilleure, on a un groupe qui est là en quantité mais il fallait également que l’on fasse en sorte que le niveau de l’équipe ne change pas sur les remplacements ou autres. Je pense qu’aujourd’hui, on est plutôt satisfaits des mecs qui nous ont rejoint. 

 

Une poule de l’est qui a été remaniée, une Nationale 2 qui fait son An II. Comment est-ce que tu juges l’adversité cette saison ? 

 

Pour l’instant, on a rencontré trois équipes que je connaissais déjà donc ça ne change pas beaucoup. Ce sont des équipes que je connais, qui ont leur style de jeu qui sont complètement différents mais là, je t’avoue qu’on va rentrer dans un bloc où je ne connais ni Auch ni Lannemezan. Du coup, je pense que c’est bien aussi de rencontrer des équipes que l’on n’a pas l’habitude de rencontrer, c’est vrai que cela fait quelques années qu’on rencontre les mêmes équipes dans ce secteur-là et c’est bien d’aller dans le Sud-Ouest. Quand je regarde les vidéos, on sent toute la ferveur qu’il y a autour des clubs et du rugby et c’est très bien car on va rentrer dans des stades chauffés à bloc. Je pense que ça va nous faire du bien de jouer contre ces adversaires-là et de changer un peu. Je te dirais comment je le juge après quelques journées supplémentaires quand on aura justement affronté ces équipes-là que je ne connais pas beaucoup. 

 

Satisfait de ce premier bloc ? 

 

Sincèrement, oui. Comme ont l’habitude de dire les profs,  » peut mieux faire  » (rires). 

 

Mais encourageant ? 

 

Oui, très encourageant. On a ce match à Mâcon, le premier de l’année, où ces premiers matchs sont toujours un peu particuliers, où tu as un peu de pression, où tu te demandes où tu vas aller et comment est l’adversaire. C’est un match sur lequel on peut avoir des regrets car on joue un peu à l’envers par moment et que sans ça, on aurait pu l’emporter, encore une fois sans manquer de respect à Mâcon. On aurait pu l’emporter en respectant la stratégie et en respectant un peu plus le jeu parfois, on s’est un peu emballé par moment mais ce qui est positif, c’est qu’on a appris de nos erreurs notamment pour le Stade Métro et pour Bédarrides-Châteauneuf du Pape. On a su rectifier tactiquement le tir donc oui, pour ça, je positif et je pense que finalement, ce match de Mâcon nous a fait du bien dans le sens où maintenant, on a appris des quelques erreurs que l’on a faite et qu’on arrive à gérer tactiquement un peu mieux les matchs. On arrive à prendre malgré tout 5 points à l’extérieur, puisqu’on s’est déplacé 2 fois, avec une victoire à la maison qui a été très, très dure puisqu’on joue à 14 pendant quasiment tout le match. C’est un ensemble qui est satisfaisant, il nous reste du travail mais c’est un bloc qui est plutôt satisfaisant. 

 

Tu nous parles de ce derby vauclusien / gardois face à Bédarrides-Châteauneuf du Pape ?

 

Je ne sais pas si on peut appeler ça un derby, les anciens l’appellent comme ça parce-que les clubs ne sont pas très loin mais quand je vois l’équipe de Bédarrides-Châteauneuf du Pape, où il y a 4 ou 5 mecs des îles, et ce n’est pas contre le club car chacun gère son effectif et son club comme il veut, je n’appelle pas forcément ça un derby. Les derbys existent encore en Fédérale 1 et Fédérale 2 mais aujourd’hui, c’est plus compliqué d’en trouver en Nationale 2, en tous cas ici, dans notre région. Je sais que c’est un match important pour les deux clubs et pour notre saison, pour la construction de notre groupe, c’est très bien d’avoir gagné là-bas. 

 

Est-ce qu’on peut dire que Nîmes a la pancarte de favori cette saison car vous regardez vers le dessus et vous ne vous en cachez pas ? 

 

Oui, forcément, je ne vais pas te mentir, on regarde là-haut, surtout quand tu finis premier et quart de finaliste d’une saison. Par contre, favori, je ne sais pas car il y a quand même eu des changements, des équipes qui se sont renforcées, il y a toujours des Rumilly et des Stade Métro qui, je pense, vont encore faire de très bonnes saisons. Donc, je ne sais pas si on est favoris mais si on nous a donné cette étiquette, à nous de l’assumer et de faire en sorte de donner raison à tous ces spectateurs qui nous regardent. Maintenant, effectivement, on regarde là-haut, on le sait et ce que j’ai dit aux joueurs, c’est qu’il faut que l’on soit là à chaque match, que l’on joue à notre meilleur niveau car aujourd’hui, on est une équipe qui peut battre tout le monde quand elle joue à un niveau qui est le sien mais on peut aussi perdre contre tout le monde quand on n’est pas au niveau. Il faut que l’on reste humble, qu’on joue les matchs du mieux que l’on peut et surtout, que l’on donne tout sur le terrain. C’est ça l’essentiel pour moi et l’étiquette de favori, sincèrement, on peut s’en passer. 

 

Quelle est la feuille de route pour le prochain bloc ?

 

On a deux matchs à la maison donc il faut que l’on gagne ces deux matchs, à l’image forcément de toutes les équipes. On sait que ça va être un dur combat à Auch, Auch qui est toujours difficile à manier chez lui, c’est une équipe qui joue bien au rugby, une équipe avec un pack lourd et puissant. Si on fait le même bloc que le premier avec 9 points, ça sera déjà bien et je ne te cache pas qu’on ira à Auch pour faire le meilleur match possible, je ne te dis pas qu’on va y aller pour perdre mais on va tâcher de ne pas avoir de regrets et de tout donner. 

 

Quelle va être la marque de fabrique de l’An II de Guillaume Aguilar en terre nîmoise ou gardoise ? 

 

Ca va être de rester fidèle à mes convictions ou plutôt de nos convictions à JB et moi à savoir que l’on puisse faire notre jeu, que l’on garde cet ADN nîmois fait de combativité et d’agressivité tout en jouant bien au rugby, en faisant plaisir aux spectateurs, aux partenaires, aux familles qui viennent nous voir. C’est aussi apprendre de nos erreurs de l’an passé où on a justement parfois un peu trop joué et savoir ne pas jouer à la main par moment et peut-être mettre un peu plus de pression au pied chez l’adversaire. En tous cas, on va rester fidèles à nos convictions sur le jeu, je ne sais pas s’il y a une patte Guillaume Aguilar mais on essaye de faire un jeu qui ne soit pas uniquement basé sur la conquête et la défense, ça, c’est certain.

Propos recueillis par Loïc Colombié

Article en partenariat avec

Laisser un commentaire