Le coach du Sporting Club Graulhetois a poussé un gros coup de gueule à notre micro suite à la lourde défaite (32-10) en terre rennaise. Lors de cette 3eme journée de Nationale 2 le collectif rouge et noir a complètement implosé en vol se faisant chahuter dans tout les compartiments (hormis la mêlée durant le second acte) et étant dans l’incapacité de ramener un bonus défensif de Bretagne. Alors que graulhet est avant dernier de la poule 1 au terme de ce premier bloc de la saison, Jean Christophe Bacca tire la sonnette d’alarme et en appelle au retour des vertus séculaires du club de la capitale du cuir.

On sait que vous veniez à Rennes déjà pour relever le gant après la défaite face à Saint-Jean de Luz, voir l’état d’esprit et essayer de ramener quelque chose. Vous êtes passés à côté de la 1ère mi-temps et ça a été rédhibitoire ?
Bien sûr, on est passé à côté de tous les compartiments du jeu, que ce soit dans la conquête, offensivement ou en défense. En fait, il n’y a rien qui a fonctionné, on doit se poser les bonnes questions car on a un groupe de qualité même si on a quelques blessés et on doit pouvoir, peut-être pas gagner mais accrocher plus sérieusement cette équipe de Rennes. Rennes a bien sûr des ambitions de remonter le plus rapidement possible en Nationale et qui a la capacité de s’entraîner quotidiennement mais on a posé pas mal de problèmes à ces équipes-là l’année dernière tandis que cette année, on a vraiment été subissant ce soir contre cette équipe rennaise.

En 2e période, la mêlée a relevé la tête et on a pu essayer de rééquilibrer les débats mais ça n’a pas suffi, il faut que l’on soit beaucoup plus précis et qu’on ait une base solide. Pour moi, la base solide, c’est d’abord défense, jeu au pied et conquête, tout simplement, à partir de cette base, on peut construire tout le reste. Ce soir, il n’y avait ni la conquête, ni la défense, ni le jeu au pied contre une équipe qui jouait son premier match à domicile et qui venait d’en perdre deux, ça devenait très compliqué. On a senti que les garçons étaient émoussés, qu’ils ont fait ce qu’ils ont pu mais ils n’étaient pas dans le coup, je pense qu’il va vraiment falloir que l’on prenne le taureau par les cornes et qu’on revienne à des choses simples et basiques mais qu’on les fasse à 100% et non à 50%.

Qu’on arrête de se prendre pour les All Blacks car ce n’est vraiment pas le cas et je ne crois pas qu’à Graulhet, ça soit l’ADN. Je n’y suis pas depuis très longtemps mais vu ce que me disent les vieux, je pense que c’est plutôt dans le combat qu’on se resserre et je crois que c’est là-dessus qu’il faut s’appuyer donc, les secteurs à vraiment travailler dans le futur sont vraiment la conquête, la défense, le jeu au pied, l’occupation, la conservation. En fait, il y a tout à remettre à plat car on se fait mal à la tête sur ce genre de prestation alors qu’il n’y a quand même pas lieu de se poser tant de questions vu la qualité de l’effectif que l’on a. Prendre 32 points aujourd’hui est plus un défaut de notre part, je pense que nous, le staff, on est passé à côté, on n’a pas su les faire travailler convenablement, que ce soit cette semaine ou depuis le début de la préparation.

On a pensé qu’il y avait des secteurs qui étaient acquis, ils ne le sont pas et, je le dis encore une fois, il va falloir revenir à des choses basiques pour recevoir les équipes qui viendront à Noël Pélissou et qui seront reçues dernièrement car c’est là-dessus qu’on s’est construit l’année dernière et c’est là-dessus qu’on doit se construire cette année. On verra ensuite l’avenir.

Un malheur n’arrivant jamais seul, il y a eu de la casse comme Antoine Magne ou Jamy Soulisse, par exemple. Ce n’est pas trop grave ?
Que ce soit Romain Borgine ou Jamy Soulisse, c’est plutôt un choc donc on a préféré assurer en cas de protocole commotion, ce qui n’est pas le cas, et sortir les garçons s’ils étaient un peu vaseux. C’est une hanche pour Antoine Magne, on va voir ce que va nous dire le médecin, je ne pense pas que ce soit cassé mais il y aura un petit moment de réadaptation. Pour le reste, ce sont des chocs et je crois que cette fin de bloc va nous permettre de régénérer les corps mais au-delà de régénérer les corps, il faut repartir avec une ambition multipliée, avoir envie de travailler, et, tout simplement, avoir envie de jouer au rugby et pour jouer au rugby, il faut commencer par avoir une base solide, je ne sais pas faire autrement.

Surtout que le prochain match est contre Langon, un promu, vice-champion de Fédérale 1. C’est du rugby total, une équipe qui joue un rugby que l’on aime voir, un peu à l’image de Saint-Jean de Luz et attention car ça va être une équipe piège ?
Bien sûr, c’est une équipe qui est en pleine confiance comme nous quand on avait passé cette qualification en Fédérale 1. On était arrivés avec cette capacité de gagner donc les premiers matchs ont été un peu durs mais on avait fait en sorte de rester à notre niveau et avec un capital confiance. Concernant ce capital confiance, on ne va pas se mentir, Saint-Jean de Luz nous a fait très mal à la tête et Rennes nous en remet un coup sur le cigare aujourd’hui mais on va quand même essayer de rebondir car, par contre, ce groupe a les qualités nécessaires pour relever la tête. Maintenant, c’est vrai qu’il va falloir récupérer de la fraîcheur psychologique et physique, cette semaine va être importante pour la suite du championnat.

La venue de Langon va être un tournant, si on n’est pas capables de réagir face à cette équipe-là, on va se retrouver en 2e partie de tableau et ça va devenir très compliqué. Si, par contre, on est capables d’appréhender ce type de match, on va peut-être pouvoir repartir de l’avant mais pour l’instant, en tous cas, on va panser nos plaies, se remettre à travailler et on va essayer de venir travailler sur les secteurs dont je t’ai parlé car il est urgent, urgent d’avoir une conquête, une défense et un au pied conquérant avant tout le reste.

Propos recueillis par Loïc Colombié

Article en partenariat avec

































