#Rugby – Nationale / Mathieu Bonello (Albi) : «Périgueux nous montre qu’ils dominent la Nationale pour l’instant!»

Lors de son point presse hebdomadaire, le manager général du Sporting Club Albigeois a évoqué la victoire face à Bourg en Bresse le week-end dernier tout en se projetant sur la réception ce samedi du leader du championnat et promus en Nationale : le CA Perigueux. Mathieu Bonello appréhende cette rencontre de la 3eme journée avec humilité face à une des équipes en forme du moment.

Crédit photo Jacques Massine – Le #MagSport

Est-ce que l’analyse à froid de cette victoire face à Bourg-en-Bresse est la même que celle que tu as eu à chaud ?

 

Oui, on est déjà content du résultat car ce championnat est difficile, on voit les résultats des uns et des autres, tous les matchs seront difficiles et durs donc c’est bien de lancer la saison. Quand on est coach, on recherche toujours la première victoire, tant mieux si elle est tôt dans la saison et si elle est un peu plus tard, c’est toujours un peu embêtant. Là, elle est venue très rapidement au Stadium et on est très content d’avoir pris les 4 points. 

 

On voit que, comme le championnat se resserre, la discipline devient vraiment prépondérante. La semaine dernière, vous prenez un carton jaune et vous perdez le match, là, c’est Bourg qui prend carton rouge + carton jaune et qui perd le match, on voit qu’il n’y a plus la marge qu’il y avait avant sur la discipline ? 

 

La discipline est un secteur hyper important dans le rugby actuel et on essaye de travailler dessus même si parfois, quand tu es généreux, c’est la maîtrise qu’il faut arriver à gagner. 

 

Est-ce que Périgueux a tout de l’équipe surprise cette année ? Ils ont fait un gros recrutement, signé un bon résultat ce week-end, est-ce que ça a la tête du piège par excellence ? 

 

C’est une grosse équipe, ils ont fait deux matchs, ils ont deux victoires. Ils ont de gros joueurs dans l’effectif, non pas du niveau au-dessus mais encore au-dessus et, forcément, quand tu as de gros joueurs dans ton effectif, ça élève le niveau donc c’est une grosse équipe du championnat. 

 

Tu les as rencontrés en match amical mais la physionomie du match n’aura rien à voir vendredi ? 

 

On avait perdu contre eux (21-14) et aujourd’hui, ils montrent qu’ils font un gros début de saison et que c’est une grosse équipe.

 

Comment est-ce que tu pallies l’absence d’images pour préparer le match ? C’est une équipe que vous connaissez mal donc est-ce que tu avais des espions le week-end dernier du côté de Périgueux ? 

 

Non, pas des espions, on a tous un peu nos images des uns et des autres. On voit ce qu’ils sont capables de faire avec les joueurs qu’ils ont dans l’effectif et j’ai pris un peu la philosophie de l’année dernière à savoir qu’on se regarde nous et un peu moins l’adversaire. Ça a été un peu mon cheval de bataille la saison dernière car je trouvais qu’on passait beaucoup de temps sur les équipes adverses, aujourd’hui, on se concentre sur nous et on ne va pas changer notre fusil d’épaule. 

 

Tu veux dire que, par exemple, tu réduis un peu plus les séances vidéo sur l’adversaire ? 

 

Oui, je m’y arrête moins, je ne réduis pas en termes de quantité mais je m’y arrête moins, je ne fais pas un focus même ensuite à l’entraînement, quand on va sur le terrain. Les semaines sont déjà pleines donc maîtrisons déjà ce que nous, nous faisons dans notre rugby. 

 

Est-ce que tu vas continuer la rotation et injecter de nouveaux joueurs qui n’ont pas encore joué ? 

 

Oui, je vais en injecter quelques-uns. Si je ferme tout en début de saison, ça peut être dangereux mais on a quand même besoin de prendre de l’expérience collective, je l’avais dit, et certains ont aussi besoin d’enchaîner. 

 

Quels sont les forces et les atouts de Périgueux ? 

 

Ils sont très costauds. On sent chez certains joueurs qu’ils ont eu le niveau au-dessus donc il faudra que l’on arrive à exister physiquement. 

 

Casadeï et Le Devedec, ça sent la touche briviste qui n’est pas loin ? 

 

C’est certain, ils ont aussi du monde dans le staff et ce n’est pas un hasard si tu fais deux matchs de rang de suite. 

 

Tu parlais du physique et on a vu contre Bourg que vous aviez haussé ce curseur-là en 2e mi-temps pour prendre l’ascendant. Est-ce que tu penses que ça va aussi être l’une des clés contre Périgueux ? 

 

Concernant le domaine physique, il est sûr que toutes les équipes sont encore un peu en rodage en début de saison. Nous, coaches, on subit parfois ce secteur et là, comme je l’avais dit, on fera un bloc après le premier bloc entier pour savoir ce que l’on a donné en termes de rugby, de résultats et de contenus dont le domaine physique. J’analyserai notre prépa à la fin des 4 matchs pour voir si on est dans les clous, si on est mieux, si on est mieux mais il est évident que ce sera un axe déterminant. 

 

On a vu aussi contre Bourg que la défense avait été particulièrement efficace. On les a fait reculer à plusieurs reprises, on a pris un essai casquette mais on s’est quand même bien comporter dans ce domaine ? 

 

Ton analyse est la bonne, on sait tous qu’il faut avoir une bonne défense dans les sports collectifs mais ça se travaille et ça s’entretient. C’est quelque chose qui est important à mes yeux et l’équipe a donné vendredi, je dis souvent que la défense, c’est quand même beaucoup, beaucoup, hormis le système, l’état d’esprit que tu veux mettre dans cette phase-là et l’état d’esprit y était. 

 

Ca fait plusieurs fois que vous laissez le vent dans le dos aux adversaires et qu’à chaque fois, en 2e mi-temps, la météo vous fait un peu défaut et que le vent se couche. Est-ce que la prochaine fois, vous prendrez le vent d’entrée car on a l’impression que ça ne vous réussit pas de le laisser aux équipes adverses en 1ère période ? 

 

On n’a pas eu le choix, ce n’est pas nous qui l’avons choisi donc on l’a subi (rires). 

 

Tu le dis à chaque fois mais c’est un championnat qui est imprévisible avec des résultats surprenants ou, en tous cas, déroutants. Il faut donc être en éveil et à 200% toute la saison ? 

 

Faire sa route sans regarder ce que fait le voisin, c’était mon fil conducteur mais là, c’est encore plus vrai. Je suis convaincu qu’il y aura des résultats surprenants toute l’année, ce que l’on est aujourd’hui, on ne le sera peut-être pas demain ni après-demain. Je pense qu’il faut encore plus se regarder nous, regarder ce que l’on fait de dimanche en dimanche, on fera un bilan à mi-parcours, après les deux premiers blocs, quand les effectifs sont là et qu’il n’y a pas trop de casse. On sait très bien que ce championnat est long et difficile et c’est au cœur de l’hiver que tout se passe. 

 

Ce premier bloc est quand même révélateur car il y a deux concurrents et deux promus et donc, un peu toute la palette de ce que vous pouvez rencontrer ? 

 

Bien sûr mais je pense réellement qu’on y verra plus clair après ce premier bloc et au cœur de l’hiver. 

 

Tu disais t’attacher au contenu sur ce premier bloc mais de la 1ère à la 26e journée, il y a quand même une logique comptable. Les 4 points de samedi comptent autant que ceux de la dernière journée donc est-ce que ce n’est pas un peu problématique pour toi, le coach ? 

 

Ce que tu dis est vrai mais pour tous les coaches et à tous les niveaux. On ne va pas parler du passé mais j’ai des souvenirs l’an dernier de plein de points qu’on a laissé passer ou qu’on nous a volés et, à la fin, il nous en manquait quelques-uns pour peut-être … On le sait tous qu’ils sont importants mais quand tu es coach, tu ne peux pas regarder que le résultat pur et dur car, en début de saison, il peut y avoir des faux-pas dus au fait que la connexion n’est pas totale dans le rugby ou dans l’esprit. Tu as raison dans le sens où il faut gagner des matchs pour continuer à avancer et grappiller le plus de points possibles pour ne pas avoir à les rattraper plus tard mais mon objectif du début de saison est quand même le contenu et l’état d’esprit, ce qu’on sera capables de faire. Quand cette base-là est bonne, tu sais très bien que derrière, les résultats vont venir, rapidement je l’espère mais ils vont venir et te permettre de monter au classement ou de te maintenir au niveau auquel tu es. Si tu ne fais que le résultat d’entrée, si tu n’as pas vraiment construit une base saine, que tu as des blessés ou des méformes pendant l’hiver, tu ne peux pas t’appuyer sur ça. Je partage bien sûr ton avis sur les points mais je suis convaincu que le reste est aussi important en début de saison. 

 

Est-ce que ce match contre Périgueux n’est pas un peu plus piégeux que contre Bourg-en-Bresse ? Sur un Bourg-en-Bresse / Albi, les joueurs savent automatiquement que c’est un gros match et se motivent tandis que Périgueux, on peut se dire  » ce sont des promus, on ne sait pas d’où ils arrivent  » donc un contexte un peu plus piégeux ? 

 

Je suis habitué avec toi à ce qu’à chaque fois qu’on reçoit un adversaire, c’est un piège (rires). Je pense que là, on a un adversaire face à nous qui est redoutable, qui a fait deux matchs / deux victoires et qu’on n’est pas dans ce cas-là. Ils sont invaincus, on va faire le meilleur match possible mais ils ont fait de gros matchs pour arriver à ce résultat-là. Nous, nous sommes un club avec beaucoup d’humilité face aux adversaires que l’on rencontrera et l’important est de bien nous préparer nous. Bien sûr que le match sera hyper dur et hyper gros samedi mais tous les matchs vont être costauds et Périgueux nous montre qu’ils dominent la Nationale pour l’instant.

 

Le mot d’ordre ? Faire sa route ? 

 

Avancer, s’améliorer de sortie en sortie, c’est ce qui va être important à mes yeux. Il faut que l’on s’améliore dans plein de secteurs, rugby, hors rugby, il faut que l’on avance. 

 

Est-ce que tu vois ce liant que tu évoquais en début de championnat venir petit à petit ? 

 

Bien sûr et déjà, l’état d’esprit du groupe est super bon car avec les faits du jeu qu’il y a eu en début de match, on aurait pu prendre un coup sur la tête, contre le vent, l’essai casquette, une multitude de choses, des déchets techniques. Au contraire, on a fait le dos rond, on est revenu petit à petit et ça montre la force du groupe mais on a besoin de se connecter encore plus. Je trouve qu’on est mieux qu’on était à Bourgoin donc il faut que ça continue. 

 

Un point sur les blessés ? 

 

C’est la même chose.

Propos recueillis par Loïc Colombié

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