C’est un Jean Christophe Bacca fier de ses hommes qu’on a retrouvé à l’issu de la belle bataille remportée (21-26) par le SCG, samedi à Limoges. Ave. Des valeurs de combativité retrouvées et une solidarité sans faille les rouges et noirs ont su renversé la vapeur d’une première mi temps mal embarqué (21-6 pour Limoges à la pause). Avec ce premier succès à l’extérieur depuis leur accession en Nationale 2, les gars de la capitale du cuir sont venu concrétiser plus d’un an de labeur, et vont pouvoir appréhender la réception de Saint Jean Luz avec des certitudes mêlée à de gros axes de progression. Jean Christophe Bacca espère que ses joueurs garderont le même état d’esprit face aux basques, car comme il le dit si bien : « A graulhet on ne peut pas jouer avec la grosse tête, car le maillot ne passe pas ».

On sait que vous attendiez cette première victoire à l’extérieur depuis longtemps. Elle a mis du temps à se construire mais vous êtes allés la chercher au courage pour ne pas dire avec autre chose ?
Exactement, on leur avait dit toute la semaine d’occulter tout ce que l’on travaille, tout le plan de jeu, tout le projet de jeu mais qu’il fallait venir retrouver les valeurs graulhetoises et les valeurs qui font que ce groupe est passé de la Fédérale 1 à la Nationale 2. Il s’est maintenu en Nationale 2 et il a montré qu’il était capable de faire autre chose, on s’est renforcé avec des mecs qui ont le même état d’esprit et le même ADN mais on n’a rien fait ce soir. Ça aurait très bien pu basculer en fonction de Limoges, ça fonctionne pour nous, on gagne ce match-là aux tripes et aux cojones, on va le dire en espagnol parce-que ça fait mieux. On a vu 26 types, car il y en avait 3 hors-groupe mais je pense à tous les gamins qui n’ont pas été pris ainsi qu’à la 1ère ligne qui devait jouer à Bédarrides et qui s’est entraînée avec nous depuis 10 semaines, je pense à ce groupe 35, aux blessés, qui ont fait qu’aujourd’hui, on s’est envoyé contre Limoges. On n’a rien gagné, on a juste montré qu’on était capables aux tripes et à l’envie de faire un match abouti, ce qu’il nous manquait depuis tous les matchs de préparation. On ne leur avait demandé que ça, ils l’ont fait, je suis entièrement satisfait même s’il y a beaucoup de boulot pour le reste. Il faut commencer à se préparer, redescendre et avoir la tête froide car Saint-Jean de Luz à la maison, ça va être une grosse équipe avec des valeurs qui nous ressemblent et ça va être compliqué de les manœuvrer. Félicitations aux mecs, félicitations à ce club qui, je le dis encore une fois, est peut-être atypique dans son fonctionnement et ses valeurs et qui le montre face à de belles écuries et à de belles équipes comme Limoges. On arrive quelques fois à renverser des montagnes, on en a renversé une aujourd’hui, c’est super et je suis hyper content pour le groupe, pour le staff et pour la ville.

Qu’est-ce que vous leur dîtes à la mi-temps, à 21-6, car c’était quand même compliqué ?
On leur a dit de rester dans cet engagement car ils l’avaient monté, que les 15 points qu’on avaient pris en 1ère mi-temps étaient des points qu’on leur avait donné sur nos erreurs et qu’à un moment donné, on n’était pas plus mauvais et qu’on pouvait très bien contrebalancer ça. On leur a dit » n’ayez pas de regrets, jouez, engagez-vous, continuez, prenez des risques » et ça a marché. On gagne à l’arrivée et c’est l’essentiel, on est bien sûr satisfaits, on démarre ce championnat de la meilleure des façons même s’il va être très long. On sait d’où on vient, on sait où on va peut-être aller, encore une fois, on n’a rien fait, ce n’est qu’un match de championnat et il faut que l’on garde la tête humble mais de toute façon, à Graulhet, on ne peut pas jouer avec la grosse tête car les maillots ne passent pas.

Avec la fin de match, pour toi qui as déjà des stents, tu vas en avoir deux de plus ?
Je vais en avoir deux de plus (rires). J’ai eu un manager il y a longtemps, Henry Broncan, qui me disait » moi, mon rêve, c’est de mourir sur un terrain » et je lui ai répondu » Henry, il y a des morts peut-être plus tranquilles ? » mais pour lui » c’est la mort la plus belle qui puisse exister, je veux mourir sur un terrain de rugby « . Si je meurs sur un terrain de rugby, c’est lui qui m’aura appris ça et tant mieux.

Mais le plus tard possible !
(Éclats de rires)

Propos recueillis par Loïc Colombié

Article en partenariat avec


































