#Rugby – Nationale / O.Pouligny (Suresnes) : «Rivaliser avec le haut de la Nationale avant de parler de la Pro D2! »

Dans les Hauts de Seine, sur les coteaux du Mont Valérien, le RC Suresnes vit un début de saison prometteur symbole de la progression linéaire du club francilien. Lors de cet exercice 2021/2022, les Suresnois ont basculé à la trêve dans la partie haute du classement de Nationale et peuvent envisager sereinement la suite des opérations. Alors que les altosequanais se déplacent ce dimanche à Cognac pour la reprise des compétitions, le co-président du RC Suresnes, Olivier Pouligny nous a dressé un bilan tout en fixant les perspectives d’avenir.


Olivier, comme chaque année, Suresnes fait un début de saison assez tonitruant. L’année dernière avant la pause des compétitions, vous étiez dans les trois premières places. Cette année, vous êtes dans les 7 premiers, dans les qualifiés aux play-offs. J’imagine que ce début de saison doit te donner la banane ?

Alors pour préciser l’an dernier, on était troisième avec deux matchs en retard. Enfin, les autres avaient deux matchs en retard donc on était plutôt six-septième quand même. Mais on avait fait un bon début de saison, tu as raison. Cette année, on est septième à un point du sixième. Mais, je reconnais qu’on est contents puisqu’on est plutôt en haut de nos objectifs qui étaient d’être entre six et dix à la fin de la saison. Maintenant, on n’est qu’à la moitié de la saison.

On va essayer de décomposer ce début de saison. Quels ont été les tops et flops de ce début de saison pour toi en tant que co-président ?


Il n’y a pas eu vraiment de flop. On a un bilan équilibré puisqu’on a sept victoires pour six défaites. Sur les sept victoires, on en a deux à l’extérieur. Dans les tops, je mettrais cette victoire à Tarbes où on l’emporte 40-30 avec un match qui était abouti, donc un score fleuve. Dans les défaites, on en a deux à la maison. Donc deux victoires à l’extérieur : Cognac et Tarbes, deux défaites à la maison, l’une contre Albi 27-34. Je ne dirais pas que c’est un flop. On a souffert sur ce match-là d’un déficit en mêlée où tu étais présent. Le deuxième est une petite déception aussi, c’est la défaite contre Valence à la Paris Défense Arena où on perd de quatre points. Ce sont deux défaites contre malgré tout, des cadors de la poule. A chaque fois avec un bonus défensif, donc on ne peut pas parler de flop. La seule défaite un peu difficile qu’on a pu avoir en termes de score, c’est quand nous sommes partis à Chambéry. Là, on avait décidé de faire tourner beaucoup de monde donc elle n’est pas révélatrice de l’état de notre équipe en temps normal.

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Dans les tops, on peut peut-être rajouter la dernière victoire face à Nice. Une équipe avec laquelle vous ferraillez pour vous qualifier en play-off. Surtout que Nice, l’année dernière, c’était l’équipe la plus régulière de la saison, premiers à la fin des phases régulières. Cet été, tout le monde les appelait le PSG de la Nationale avec un recrutement XXL. J’imagine que ça a dû te faire plaisir de faire chuter cette équipe Niçoise !

Ça nous fait plaisir, évidemment comme toute équipe, de les faire chuter à domicile. Après, c’est vrai que ce match de Nice, juste avant la trêve était très important. Ça nous permettait de recoller à Nice et de se rapprocher de la sixième place. Là, on a été au-delà de nos espérances puisqu’on a réussi à prendre le bonus offensif contre Nice. Maintenant on est un point devant eux, mais toujours un point derrière Blagnac qui est le sixième qualifiable aujourd’hui. C’est vrai que Nice faisait un peu figure d’épouvantail. L’an dernier, ils sont venus, ils nous ont mis 45 points à la maison. Ça montre, on ne va parler que de nous, la progression de l’équipe de Suresnes et je ne me permettrais pas de faire un jugement sur la qualité du rugby Niçois.

En parlant de la progression du RC Suresnes, comment tu appréhendes la suite de cette progression ? Parce qu’il faut qu’elle soit assez linéaire pour rester dans les qualifiables …

Oui. Alors il y a l’équipe première, ce dont on parle principalement mais derrière, il y a le reste : la structuration du club et la progression du club. Ça ne peut pas passer uniquement par les résultats de l’équipe fanion. Si, on fait ce bilan à mi-saison, j’aimerais presque qu’on l’élargisse aux espoirs et aux juniors crabos qui sont eux-aussi en position, donc ils sont qualifiés eux parce qu’ils ont des poules intermédiaires. Que ça soit en poule accession en espoir ou en crabos, on devrait avoir deux équipes qualifiées et pourtant les niveaux sont costauds. En crabos, on a quand même Massy, le Stade Français et le Racing pour ne citer que ces trois équipes. Arriver à sortir de ce genre de poule, c’est complexe. Pour nous, au niveau de l’équipe première, on a maintenant tous les matchs retours. On a un match très important contre Cognac ce dimanche. Ça doit nous permettre si on arrive à remporter ce match, de conforter notre position dans les potentiels qualifiables pour remporter cette sixième place. Après, il y a encore beaucoup de matchs. Le chemin est long, mais j’ai l’impression qu’on a un effectif qu’on avait renforcé pour être capables de tenir toute une saison qui est là. On n’a pas trop de blessures. On va récupérer en ce début d’année pratiquement tous les blessés qu’on pouvait avoir. Voilà, j’espère que ça va bien se passer.

En parlant de récupérer des blessés. Vous allez aussi récupérer un joueur supplémentaire, en l’occurrence, le fils de Mauricio Reggiardo


Oui, c’est en fait la 17è recrue de l’année puisqu’on avait 16 joueurs qui nous ont rejoints à l’intersaison. Sur ces 16 joueurs, on avait des jeunes, des expérimentés. On a vu qu’on avait pas mal de casse, notamment au pilier droit pendant les six premiers mois. On avait besoin de se renforcer. Certaines équipes ont profité de notre faiblesse en mêlée sur certains matchs, dont Albi s’il ne faut citer qu’eux. On souhaitait s’évite ce genre de mésaventure sur la deuxième partie de saison. On n’a pu convaincre Jean-Bapiste Reggiardo de nous rejoindre. Maintenant, c’est tout récent. C’est un jeune joueur qui a 22 ans, donc il faut aussi qu’il s’adapte au rythme de la Nationale qui est quand même une compétition compliquée. Pour un pilier de 22 ans, il doit aller se frotter à de vieux briscards qui ont joué en Top 14 ou Pro D2. Donc il faut lui laisser un peu de temps.

On va parler aussi du registre économique. Ça va bientôt être le moment de rendre les copies à la DNACG. Pour les présidents, c’est quand même un moment fondateur de chaque saison. On en est où du côté du Suresnes ?

Alors c’est important pour des présidents. C’est surtout important pour ceux qui font les comptes et donc les directeurs généraux et les trésoriers. Ça va, je pense qu’on est raisonnable côté Suresnes. On vit avec nos moyens et pas au-dessus. On a des ambitions, un budget qui progresse chaque année parce qu’on construit avec des partenaires. Mais, même si là, comme tous les clubs, on va avoir des difficultés économiques liées à des baisses de fréquentation au stade, et puis évidemment des baisses de consommation, voire pas de consommation puisque les buvettes vont être complètement fermées. Il va falloir s’adapter mais, on s’adaptera.

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Comment on fait un prévisionnel avec des règles qui changent toutes les cinq minutes ?

On s’adapte. Dans la mesure où les règles sont applicables à tout le monde, ce n’est pas très grave. Ce qui n’a pas été forcément le cas dans la période covid l’an dernier. On a vu que le chômage partiel était appliqué de façon différente selon les inspections du travail régionales. Là, je ne jette la pierre à aucun club, mais c’est vrai qu’on n’a pas tous été à la même enseigne. Là, je pense que c’est différent donc ce sont des baisses de recettes. Pour des clubs qui ont des grosses fréquentations, ce n’est pas la même chose que pour Suresnes où on a un public plus modeste. Peut-être qu’on aura moins de difficultés à surmonter ces baisses de fréquentation.

La Nationale est un championnat très récent. Qu’est-ce que tu imaginerais, maintenant que les jokers médicaux sont en train d’être débattus, quel est pour toi le débat importantissime pour le futur de la Nationale ?


Le débat important, c’est essayer de récolter des droits télévisions qui continueront de mettre en avant cette superbe division. Parce que je reconnais que le niveau est vraiment très élevé. Ça joue bien, voir parfois mieux que d’autres niveaux. En tout cas, c’est plus plaisant à regarder. Peut-être qu’on aura la chance d’avoir une manne économique supplémentaire pour pouvoir structure encore mieux nos clubs et pas forcément pour pouvoir augmenter les masses salariales des joueurs. Je pense qu’il faut être raisonnable, et ne pas faire n’importe quoi.


Pour toi, avoir un diffuseur National ce n’est pas une utopie à force de voir que ça n’arrive pas ?

On ne construit pas notre budget sur la base de revenus de droits tv. Heureusement puisqu’à priori, il n’y en aura pas cette année et peut-être pas les années suivantes. Mais je pense qu’un diffuseur aurait intérêt à se pencher sur cette division qui est vraiment très attractive.

Quels vont être maintenant les axes de progression pour Suresnes déjà pour la fin de cette saison et surtout pour la saison prochaine. Comme on le dit souvent dans le sport, c’est comme en politique dans les campagnes électorales quand une saison se finit, l’autre commence !


Alors c’est sûr qu’on est déjà en train de travailler sur la saison prochaine. Mais il faut quand même terminer celle-là. Si on arrive à bien la terminer, on serait ravis de pouvoir faire un match de phase finale. Ça serait notre objectif ultime. On n’a jamais prétendu être capables de jouer une montée en Pro D2 cette année, donc on ne va pas le faire aujourd’hui. Même si on est parmi les potentiels qualifiables. Encore une fois, on ne l’est pas du tout. Les choses peuvent aller très vite. Quoi qu’une série de deux-trois défaites d’affilée nous feront redescendre très vite, comme deux victoires d’affilée nous font monter très vite. Il faut dire que les quatre-cinq premières places semblent déjà promises aux équipes qui sont aujourd’hui en haut du classement, pour le reste, ça reste très ouvert. Concernant le côté infrastructure, parce que là, c’était le côté sportif. Le sportif on aura le temps d’en reparler sur le ou les renforts qu’on devra faire pour l’année prochaine. Encore une fois, on va finir l’année puis on parlera de l’année prochaine en fin de saison. Pour le côté des infrastructures du club, on a malheureusement, ou heureusement, 1000 chantiers en cours pour être capables prétendre rivaliser avec le haut de la Nationale déjà avant de parler du débat de la Pro D2 si on veut un jour y accéder. Donc il y a de l’infrastructure en cours. On a un stade qui a été livré d’un point de vue synthétique cette année. C’est déjà un gros pas franchi pour nous. Toute la rénovation du Stade Jean Moulin est programmée avec la mairie de Suresnes qui nous suit énormément. On parle des tribunes, du réceptif et également des vestiaires qui font aujourd’hui grandement défaut au club. Et puis, il y a tout ce qui est autour du club donc ce réseau de partenaires qui grandit. Avec des partenaires locaux, les tout petits, dont on a besoin, et puis des moyens et des gros maintenant, puisqu’on commence à avoir des partenaires nationaux avec qui on discute et qui se sont engagés à nos côtés. On sent que ça suit, y compris dans les réseaux sociaux, où on augmente les personnes qui nous suivent.

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Tu nous parlais de Pro D2. On sait que le sportif peut être plus rapide que l’administratif. Mais si on veut être raisonnables, pour Suresnes, le temps que vous grandissiez. Quelle est la bonne date pour envisager une montée en Pro D2 ? Deux ans, trois ans quatre ans ?

Il n’y a pas de bonne date. Il y a la date où on est capables de cocher toutes les dates. Le sportif, mais pas que, parce que si un club monte et je ne parle pas que de Suresnes, mais quel que soit le club, il monte sur le pré, les joueurs obtiennent le droit de monter. Il faut encore que le club soit dimensionné pour ne pas faire l’ascenseur et je n’ai aucune envie que Suresnes vive l’aventure d’Agen l’an dernier avec aucune victoire sur une saison complète. Je pense qu’il ne faut promettre ça à personne. Quand on est arrivés avec Laurent Piepszownik qui est le co-président de Suresnes, on avait parlé d’un projet de montée en quatre-cinq ans. Là, on est arrivé il y a quatre ans, donc cinq and pourquoi pas. Ce qui est sûr c’est qu’on espère pouvoir avoir des ambitions encore plus importantes l’an prochain. Est-ce qu’elles nous permettront de jouer une accession en Pro D2 dès l’an prochain, on verra. Mais ce n’est pas dans 10 ans.

Pour conclure cette interview, il y a quelques années, vous étiez en Fédérale 2. Vous avez déjà monté deux échelons. Quand tu regardes dans le rétro avec ton co-président, j’imagine que c’est la fierté qui prédomine de voir tout le travail accompli.

Oui, il y a beaucoup de fierté mais ce n’est pas la fierté de co-président. C’est la fierté de tout un club qui a bougé. Nous on est arrivés il n’y a que quatre ans. Encore une fois, ce club a plus de 40 ans. La fierté c’est d’avoir réussi à faire adhérer à notre projet l’ensemble des dirigeants, joueurs, sympathisants autour de Suresnes. Leur avoir démonté dès la première année, qu’on ne venait pas que pour construire une équipe fanion, qu’il y avait une école de rugby qui devait être construite, structurée, améliorée. Qu’on se donne les moyens. On parle souvent d’ambitions, mais si on n’a pas les moyens, on ne peut pas avoir d’ambitions. Ça a été mis en place dans un temps record. Il reste encore énormément de choses à mettre en place pour pouvoir jouer encore une fois le haut du tableau en Nationale et prétendre à cette montée en Pro D2 qu’encore une fois, on va viser dans les années qui viennent. Si ce n’est pas l’an prochain, ça sera la saison suivante. Encore une fois, pas dans dix ans.

Propos recueillis par Loïc Colombié

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