#Rugby – Fed1 / P.Séréna (Oloron) : «On sait qu’il y aura la fête,un stade plein, que ça va chanter et on aime ce rugby!»

On va faire un tour au stade Saint-Pée d’Oloron, à quelques heures d’un match bouillant entre Béarnais d’oloron et Souletins de Mauléon, un des plus beau et folklorique derby du rugby Hexagonal. Pour nous parler de cette rencontre pas comme les autres où la passion, la rivalité et l’hégémonie locale n’a d’égal que la convivialité qui l’entoure, nous sommes allés à la rencontre Pierre Séréna, le co-président du FCO. Ce dirigeant qui vit le rugby sans concession et ardemment nous a livré au fil de cet entretien le contexte de ce match et quelques anecdotes croustillantes.

 

 

Ce derby est un moment fondateur pour toute une vallée, tu en entends parler depuis le début de saison. A quelques heures de l’événement, la fête risque malheureusement d’être gâchée par Dame Covid qui repointe le bout de son nez ? 

 

Oui, on a peur du Covid. Concernant le match, bien sûr qu’il aura lieu, il n’y aura aucun problème, c’est sur l’avant-match que l’on est un peu plus superstitieux car on entend beaucoup de choses. On a essayé de faire quelque chose de bien pour aujourd’hui et j’espère que ça va tenir la route au moins jusqu’à ce midi. Si ça reste comme ça, ça sera la fête du côté de Saint-Pée. 

 

On va rester dans le positif et essayer de mettre ce Covid de côté. Parle nous un peu de ce derby entre Béarnais et Souletins et de tout le folklore qui va avec

 

En fait, il y a trois grands clasico qu’il ne faut pas louper en Europe : d’abord, il y a Barcelone / Réal Madrid puis Paris-Saint-Germain / Olympique de Marseille et enfin, bien sûr, il y a Oloron / Mauléon, ça fait partie des trois grands derbys qu’il ne faut pas rater. Je plaisante mais ça fait partie des derbys que tout le monde attend, toute la Soule et tout le Béarn vont être mobilisés chacun derrière son équipe. C’est la convivialité même s’il y a un peu de rivalité entre les deux clubs, on est très content de se retrouver parce qu’on sait qu’il y aura la fête et un stade plein, on sait que ça va chanter et on aime ce rugby, on vit le rugby pour ça. On vit pour des émotions comme ça , tout simplement.

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En parlant de commencer à brancher, j’ai entendu parler d’une banderole sur le stade Saint-Pée. Tu confirmes ou tu infirmes ? 

 

J’entends tellement de choses depuis une semaine que je ne peux ni confirmer ni infirmer. J’en ai aussi entendu parler, il y avait déjà quelques banderoles qui trainaient mais il y en aura beaucoup plus cet après-midi. Ça risque d’être un peu chambreur mais toujours bon enfant tout en gardant cet esprit de rivalité parce-que cette dernière y sera toujours. 

 

Il y a un côté un peu  » inter-villages  » ? 

 

Bien sûr, il y a toujours ce côté Oloron / Mauléon et ça restera toujours. Il faut que ça reste car le jour où ça disparaîtra, ça voudra dire que le rugby est mort. Le jour où on me dit qu’il n’y a plus de rivalité entre Oloron et Mauléon, c’est fini et bien, ça sera la fin du rugby dans le coin. Donc, tant qu’il y a de la rivalité, il y a de la joie, de l’envie et tout ce qu’on aime dans ce sport, c’est la passion. 

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Pour qu’il y ait rivalité, il faut qu’il y ait des antécédents, une histoire, deux clubs qui ont des identités, un passif mais il faut qu’il y ait aussi des anecdotes. Est-ce que tu peux nous raconter les grandes lignes des Oloron / Mauléon ou des Mauléon / Oloron ? 

 

J’ai une belle anecdote. Une année, on était parti en voyage de fin d’année en Bulgarie avec le FCO mais il avait été écourté par des chamailleries qui avaient bien dégénéré car on avait dû quitter le pays. Quelques mois après, on a joué à Mauléon et en rentrant sur le terrain, on a vu une banderole avec écrit  » ici, fini la Bulgarie, ici commence l’enfer « . Quand tu rentres sur le terrain et que tu vois ça, je peux te dire que tu ne le prends pas en rigolant mais tu en rigoles quelques années après. Mais c’était de bon augure, ça fait partie du spectacle qu’il y a autour du stade et de l’engouement populaire. C’est la sortie de tout le monde le dimanche, tout le monde vient au match parce-que tout le monde espère que le petit tombera, même si aujourd’hui, le petit est meilleur que le grand car on a été dominateurs pendant des années et que nous le sommes moins depuis quelques temps. Ils nous ont battus deux fois chez eux, ils espèrent nous battre ce dimanche à Saint-Pée, ça ne sera pas facile pour nous mais on va essayer de faire honneur à ce maillot auquel on fait honneur depuis un mois maintenant. 

 

Comment est l’ambiance dans les bars et les troquets du coin ? J’imagine que ça doit parier et palabrer dans tous les sens ? 

 

C’est une semaine où, quand tu es président, joueurs et entraîneurs, tu évites d’aller dans les bars et quand tu vas acheter le pain, tu n’y restes pas plus de deux ou trois minutes car sinon, tu es vite bloqué dans un coin de la boulangerie mais c’est sympa. C’est vrai que là, on a la tête à la préparation du match et au repas d’avant-match, à tout ce qui fait qu’il y a de la convivialité donc on va essayer de faire quelque chose de bien mais aussi de rendre aux partenaires ce qu’ils nous donnent, tout simplement. On a essayé de mettre les petits plats dans les grands pour les accueillir du mieux possible et, si on peut, leur amener encore de la joie parce qu’on voit des gens qui sont heureux. Depuis un mois, on voit des gens qui retrouvent le sourire, pas que chez les présidents mais un peu partout donc on va essayer d’encore prolonger ce plaisir ce dimanche soir. 

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On vient de passer la mi-saison et on entame déjà le premier match des phases retours. Il y a un nouveau staff avec Benjamin Bagate, Stéphane Barberena et Thomas Synaeghel. Quel bilan peux-tu nous donner de ce staff et de ce nouveau groupe qui est né ? 

 

On fera le bilan tout simplement dimanche soir car pour nous, ce match est capital pour le reste de la saison. Soit on gagne et on bascule du bon côté en repassant devant quelques équipes et on pourra donc passer une trêve moins compliquée soit, s’il s’avère qu’on perd ce soir, on resterait entre la 8e et la 9e place et on serait en difficulté. On sait très bien que ce sont les 8 premiers qui peuvent accéder à la Nationale 2 et qu’il n’y a pas de descente mais nous, ce qu’on veut, c’est l’emporter aujourd’hui et on fera le point avec le staff soit ce soir soit dans la semaine pour savoir quels seront les nouveaux objectifs pour la rentrée de Janvier. 

 

Qu’est-ce qui a motivé le choix de ce staff ? Vous avez décidé l’année dernière de clore la période Chadebech mais qu’est-ce qui vous a orienté vers Benjamin Bagate et Thomas Synaeghel avant que ne vienne s’y greffer Stéphane Barberena ? 

 

On a voulu mettre un peu plus de rigueur au niveau du groupe, un peu d’expérience mais aussi de la nouveauté parce qu’aujourd’hui, les nouvelles générations s’essoufflent vite avec le discours des entraîneurs. Ce n’est plus comme avant, maintenant, un duo d’entraîneurs est là pour 2 / 3 ans grand maximum car le discours a du mal à passer et ce n’est pas toujours très simple à gérer. On a décidé de la venue de Stéphane Barberena car, sur certains points, notamment techniques au niveau de la touche et des ballons portés, on était en difficulté. Je le connaissais car, avant d’être entraîneur, c’est avant tout mon ami et, au-delà de l’amitié que j’ai pour lui, je savais les compétences et les qualités qu’il avait pour apporter à ce groupe. On le voit depuis un mois où on est de mieux en mieux, on progresse, on n’a pas fait grand-chose pour le moment, on a gagné deux fois à l’extérieur et on a battu Lombez-Samatan dimanche dernier et on verra bien aujourd’hui si nos joueurs seront présents ou non au grand rendez-vous. 

Un regard sur Mauléon, l’adversaire du jour ? 

 

Admiratif, je suis admiratif de ce que fait Mauléon avec des jeunes du cru, des jeunes très bons joueurs. Je dis souvent que Mauléon n’est pas que vaillant, ils ont aussi de très bons joueurs de rugby, ils savent jouer au rugby. Vaillants, c’est le minimum sur un terrain mais là, ils ont de bons joueurs, ils savent jouer, se faire des passes, déplacer le ballon donc, c’est une très bonne équipe. Ils auraient pu prétendre à la Nationale l’année dernière, ils étaient 4es quand le championnat s’est arrêté. Avec des terrains un peu lourds, ils souffrent un peu plus car ils ont moins de densité que beaucoup d’équipes mais sur un derby, à 80 minutes des vacances, on oublie la fatigue et tout le reste. Donc, ça sera très compliqué et il faudra aussi jouer sur la météo qui normalement, doit nous avantager puisqu’on a un paquet beaucoup plus lourd mais attention, méfiance quand même. 

 

On va également parler de la sociologie d’Oloron. Oloron a été un grand, grand bastion du rugby hexagonal et, comme on en parlait avec Benjamin Bagate lors de notre dernière interview sur le FCO, il y a eu un grand virage du rugby professionnel que vous n’avez pas pris. Là, il y a un nouveau virage qui est en train de se dessiner, peut-être un peu moins grand mais essentiel pour le rugby fédéral, celui du semi-professionnalisme. Est-ce qu’Oloron est obligé de monter en Nationale 2 pour suivre le wagon du semi-professionnalisme ? 

 

Oloron n’est pas obligé de monter en Nationale 2 puisqu’on restera dans cette Fédérale 1. Mais si on reste dans cette division, ça voudra dire qu’en trois ans, on aura perdu deux niveaux puisqu’entre-temps s’est mis la Nationale puis la Nationale 2 l’année prochaine. Donc, on serait en Fédérale 1 soit le 5e niveau et, comme je le dis souvent, si on n’a pas d’objectifs dans la vie, on a une vie morose et quand on prend un club, c’est pour avoir des objectifs. On y arrive ou on n’y arrive pas mais aujourd’hui, c’est quand même assez compliqué d’aller voir des partenaires et des supporters pour leur dire  » écoutez, on ne sait pas quels objectifs on aura cette année « . On a une vision de présidents, certains peuvent nous le reprocher mais oui, nous avons des objectifs et si on peut accéder à la Nationale 2, on ira. Il faut ensuite voir les tenants et les aboutissants de cette Nationale 2 puisqu’à aujourd’hui, on ne sait pas exactement comment elle sera composée. Avec des contrats ou pas de contrats, du semi-professionnalisme ou pas ? On ne sait rien, on sait simplement qu’il y a une Nationale 2 au bout, directement pour les 4 premiers tandis que les autres peuvent jouer les barrages. Donc oui, nous avons des ambitions, si on y arrive, tant mieux et si on n’y arrive pas, tant pis mais je dis toujours que, dans la vie, il faut avoir des ambitions. 

Ces interrogations que tu as sur la Nationale 2, ce sont des questions que tu porteras pour Oloron lors du séminaire qui aura lieu à Marcoussis la semaine prochaine ? 

 

On a appris mercredi que le séminaire était annulé. On devait monter avec Patrice Padroni de Bagnères-de-Bigorre et Bernard Duclos de Lannemezan mais c’est annulé. 

 

Vous faisiez un maul pyrénéen ? 

 

Là, on faisait une grande cocotte (rires) ! 

 

Padroni, Duclos, Séréna, c’était le Piémont des Pyrénées qui arrivait en force à Marcoussis ! 

 

Exactement. Donc, c’est annulé et on ne pourra pas poser la question mais la question aujourd’hui est de se demander ce que va apporter cette Nationale 2. 

Pour te reprendre un peu, c’est sûrement reporté et non annulé car je pense quand même que la Fédération aura à cœur d’écouter les clubs de Fédérale 1 avant la création de la Nationale 2 ? 

 

Moi, je préfère faire une grosse Fédérale 1 très solide qu’un niveau entre de plus. On ne m’a rien présenté pour le moment, on n’en a pas discuté, peut-être qu’en débattant et en proposant les choses, on sera d’accord mais aujourd’hui, comme on ne sait pas grand-chose et qu’on ne sait pas où on va, j’ai quand même un peu le cul entre deux chaises. On verra mais encore rajouter une division entre, ça me paraît beaucoup mais on verra par rapport aux propositions. 

 

Cet Oloron / Mauléon est un véritable feu d’artifices, un vrai bouquet final avant la trêve de Noël ? 

 

C’est bien de l’avoir là car on ne sait pas ce que demain nous réserve. On voit que les boîtes de nuit referment et que des décisions vont être prises, je ne sais pas si le rugby va s’arrêter ou continuer, tout le monde me dit  » non, le rugby va aller au bout cette année  » mais moi, je n’en suis pas encore persuadé. Donc, il faut profiter de ce dimanche, d’un stade plein et d’une ambiance, d’un respect que l’on doit avoir entre les deux équipes et le meilleur va l’emporter.  Mauléon avait gagné à l’aller sans rien à dire, ils avaient été bien meilleurs que nous et ils sont bien meilleurs que nous. Ils sont portés par ce public et je les salue et franchement, j’espère tout simplement que quoi qu’il arrive, on se retrouvera l’année prochaine dans une poule. Je ne sais pas dans quelle division mais je sais qu’on sera très certainement ensemble, si on peut car il faut qu’il y ait ce panache, cette rivalité qui fait parler les gens, qui fait parler et vivre la ville et une région, c’est tout simplement ça. Donc, on verra ce soir, on va humblement essayer de tenir la distance et on verra par rapport au match et à ses conditions comment ça va se passer. 

 

Si on a bien compris, le cœur du rugby semi-amateur et semi-professionnel battra la chamade au cœur du Béarn ce dimanche ? 

 

Oui, c’est ça. C’est une évidence que le stade sera plein mais ce qui est bon, c’est de garder ce côté convivialité. Ça fait 30 ou 40 ans qu’il y a des Oloron / Mauléon, il faut que cela continue car en fait, c’est la vie d’un village, la vie d’un club, la vie d’un tout. Tout le monde coche cette date et tout le monde sera au stade aujourd’hui donc que le meilleur gagne et on verra. On va essayer de porter et d’honorer ce maillot du mieux possible. 

 

Merci pour ce témoignage

 

Merci à toi.

Propos recueillis par Loïc Colombié

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