#Foot – Coupe de France / J.Delclos (Canet) « Retrouver rapidement le monde professionnel »

Club à la mode ces derniers jours après la prouesse contre l’OM en 16èmes de finale de la Coupe de France, le Canet RFC remonte petit à petit en puissance comme en atteste ce parcours historique en Coupe Nationale. Le manager du club, Jordi Delclos, souhaite remonter petit à petit l’ossature du club tout en se permettant quelques grains de folie footballistique.

Avant la rencontre contre l’OM, votre gardien Damien Graves nous confiait que le projet sportif du club avait pas mal motivé son retour à Canet. Est-ce que vous pouvez nous en dire un peu plus à ce sujet ?

Nous sommes donc montés la saison dernière après l’arrêt de la suite des suites de la covid-19. Quand l’arrêt des championnats a été prononcé, nous avions neuf points d’avance. Le club m’a mis en poste pour structurer un peu en interne avant d’aller voir plus haut. J’ai donc pris le poste de manager général. Nous avons structuré le partenariat, le marketing, le secrétariat et le sportif. Effectivement, dans les années à venir, le club ambitionne la montée en N1. C’est dans la logique des choses. Il y a eu un grand club à Perpignan dans les années 90. La nouvelle équipe dirigeante ambitionne de retrouver le monde pro dans les cinq années à venir.

Pourtant lorsque l’on regarde un peu l’histoire de Canet, le désistement de Perpignan aurait pu tuer un peu la relance du club. Au final, comme le phénix, vous êtes renait de vos cendres…

Canet c’est la deuxième plus grande ville du département. La mairie nous apporte un très gros appui sachant que c’est une station balnéaire avec un peu d’argent. Nous avons plus de 60% du budget en partenariat privé. Nous avoisinons le million d’euros. Nous avons réussi à développer notre structure et notre image Canet-en-Roussillon. Je suis certain qu’il y a la place pour retrouver rapidement le monde professionnel. Il ne faut pas brûler les étapes et s’enflammer. C’est pour ça que nous avons décidé de structurer en interne avant d’aller voir plus haut. Pour cela, il nous faut développer nos partenariats, nos installations et ensuite ambitionner d’aller voir plus haut.

Et des épopées aussi historiques que celle que vous réalisez en Coupe de France, n’est-ce pas l’exemple du potentiel du club pour viser plus haut ?

Oui surtout avec la situation épidémique qui nous empêche de jouer en championnat. Cette Coupe de France est une bouffée d’oxygène. Non seulement au niveau visibilité, mais au niveau financier. L’apport de la Fédé nous permet de combler le trou dans les caisses du au manque de buvettes, de supporters.

La situation épidémique actuelle ne vous donne-t-elle pas envie d’étendre davantage vos ambitions sur le long terme afin d’éviter de vous brûler les ailes ?

Non, sportivement nous n’avons que cette Coupe à faire et maintenant avec le report encore de la N2, la FFF doit être raisonnable et annoncer une saison blanche. Economiquement, ça serait mieux pour chaque club. Je pense qu’il faut nous laisser le temps de préparer la prochaine saison, de revori les objectifs et les budgets sinon il y aura beaucoup de casse en N2. La saison blanche nous permettrait de préparer la suite. Ça va être important.

Ce nouveau stop imposé à la reprise du championnat de N2 est arrivé sur le tard. Quel est votre avis sur la question ?

Nous, ce qui nous a semblé illogique, c’était d’arrêter les championnats en octobre. Nous avons un statut particulier : nous nous entraînons autant que les pros, nous comptons plus de 20 salariés au club. Reprendre maintenant le championnat six mois après son arrêt, ça n’a ni queue ni tête. Ils nous ont demandé du jour au lendemain de reprendre la Coupe de France, nous l’avons fait. Pareil pour le N2. Nous avions tout préparé pour cela mais au final il nous ont annulés. Il faut prendre des décisions claires et annoncer une saison blanche ce qui ferait du bien à tous les clubs. Que ça soit mentalement ou financièrement, il va nous falloir préparer la suite et pour ça, ces trois mois de fin de saison permettront de le faire sereinement.

Vous avez évoqué cette reprise un peu à la hâte de la Coupe de France. Vos joueurs devaient évidemment avoir soif de ballon après quasiment trois mois sans compétition, mais comment ont-ils réussis à revenir en forme pour se hisser jusqu’à cette historique victoire contre l’OM ?

C’est grâce au gros travail effectué par le staff. Nous avons repris mi-janvier avec une mini-préparation physique. Nous avons enchaîné les matchs de Coupe de France. Si nous avions rencontré Marseille il y a un mois et demi, ça n’aurait pas été la même chose. En janvier les matchs, physiquement, c’était la catastrophe. Nous sommes passés sur le fil contre un adversaire de N3, aux penaltys contre Colomiers. C’était compliqué. Mais l’enchaînement des matchs a permis d’avoir du rythme et derrière le travail effectué par Farid Fouzari et son staff a fait la différence. Nous avons mis notre équipe dans une bulle pendant dix jours et nous avons beaucoup travaillé tactiquement et ça a payé. On voit que Marseille a été surpris que nous ne jouions pas la défense. Nous les avons fait douter en jouant notre football. On remercie aussi l’OM qui nous a respecté en mettant quasiment leur équipe type. On ne s’y attendait pas et la fête est encore plus belle. Quand tu vois des joueurs comme Payet, Alvaro, Caleta-Car, Kamara sur le terrain, franchement nous ne nous attendions pas et c’est vraiment plaisant de jouer contre une telle équipe. Les joueurs ont été fair-plays et corrects avec nous, c’était vraiment une belle fête.

Prochaine échéance contre Boulogne-sur-Mer, pensionnaire de National 1. Quel est votre ressenti sur ce tirage qui semble davantage à votre portée sur le papier que ne l’était l’OM ?

Ça reste un bon tirage à partir du moment où nous recevons et que nous jouons en terre Catalane. Nous allons pouvoir préparer sereinement cette rencontre. Boulogne est mal classé en championnat, mais en Coupe, ils font des choses exceptionnelles. Ça va être un match compliqué, et ils restent favoris du fait qu’ils évoluent en N1. Dans notre stade, nous avons toutes nos chances et nous ferrons le maximum tenter notre chance à fond.

D’autant que leur classement pourrait être anecdotique si la saison blanche est déclarée en N2…

Oui bien sûr. Après il pourrait y avoir tout de même deux descentes de National 1 donc ça resterait compliqué pour eux en championnat. Leur classement, nous ne le regardons pas. Nous regardons surtout leur parcours en Coupe. C’est une équipe de N1 avec de très bons joueurs. Ils ont un très bon attaquant et ce match va se jouer sur des détails. Je ne doute pas que Farid et son staff nous fassent des merveilles.

Quoi qu’il arrive cette rencontre demeure historique pour le club qui n’était jamais arrivé aussi haut dans la compétition…

Nous rentrons dans l’Histoire avec ce huitième de finale. Mais nous avons bien entendu soif de continuer notre métier. Comme je l’ai dis, sans reprise du championnat, pour exercer notre métier, il n’y a que cette Coupe et les joueurs l’ont bien compris. Ils savent très bien que si on sort, ils repartiront au chômage et c’est ça le plus grave.

Dans un sens vous n’êtes plus qu’à 270 minutes du Stade de France. Est-ce que vous vous prenez à rêver d’une épopée à la Calais ?

Mon président m’a donné rendez-vous au Stade de France depuis ma prise de poste le 1er juillet (rires). Soyons fous. Déjà sortir l’OM personne ne l’aurait dit. Non en toute humilité, on prépare Boulogne qui va être un match très compliqué et nous ferons les comptes à la fin.

Propos recueillis par N.Portillo

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