#Rugby – Nationale / M.Blin (Suresnes) : Le couteau Suisse altosequanais.

Samedi quelques heures avant la réception de l’union Cognac Saint Jean d’Angely (défaite 29-34), nous sommes allés à la rencontre du directeur général du RC Suresnes, Matthieu Blin. Dans les Hauts-de-Seine, l’ex joueur du stade français et manager du SU Agen, s’attelle avec vigueur à développer et structurer le RCS qui découvre pas à pas le professionnalisme. Hyper actif lors des jours de match , switchant de la billetterie à la buvette en passant par le commentaire de match lors des diffusions interne, ce parisien pur sucre est un véritable couteau suisse. Rencontre avec un homme engagé, dont le lietmotiv est indéniablement d’amener les suresnois vers le haut niveau sans dénaturer l’ADN du club.

 

Matthieu, pour le RC Suresnes, comme pour l’ensemble de la Nationale, le week-end du 9/10 janvier était celui d’une reprise tant attendue avec d’entrée en plat de résistance un déplacement à Bourg-en-Bresse ? 

 

C’était la journée adaptée, comme elle a été appelée, pour remettre les compteurs le plus possible à égalité, sauf pour Bourgoin qui a trois matchs de retard, entre les déplacements et les réceptions. Au-delà du menu, il y avait juste le plaisir de se remettre à table. Pour suivre ce que tu disais, un très gros morceau avec Bourg-en-Bresse qui est avec Massy, Albi, Narbonne et Bourgoin, qui est un peut-être un petit plus lointain même si ça résonne parfaitement dans le rugby français, fait partie des mastodontes et des favoris. Bourg-en-Bresse a un stade magnifique de 9 ou 10 000 places partagé avec le foot, des tribunes et des vestiaires tout neufs que nous avons évidemment mis en valeur et que nous avons laissés tout propres. Et puis, un 14-7 à la mi-temps et un 27-7 à la fin avec une équipe très forte en conquête, très forte en défense et très forte dans l’occupation. C’est une équipe au-dessus mais j’espère que nous allons en faire quelque chose parce-que nous étions quand même frustrés et déçus, pas contents de nous. Donc, j’espère que nous allons quand même pouvoir en faire quelque chose pour se remettre totalement dans la dynamique. 

 

On va dire que ce match contre Bourg-en-Bresse est aussi l’apprentissage de ce haut-niveau pour Suresnes qui était encore en Fédérale 2 il y a trois ans et qui se structure et grandit très, très vite. Tu nous parlais des infrastructures, toi, en tant que directeur général, lorsque tu es arrivé là-bas, tu t’es sûrement dit  » je vois un peu le chemin que nous avons à faire avant d’arriver là où on veut arriver avec Suresnes ? « . 

 

Bien sûr. Le chemin est très long mais le chemin est possible. Suresnes existe depuis 50 ans mais il y a des socles qui sont là, mêmes s’ils ne sont pas très développés, ils existent. Tu n’as pas besoin de retrouver des endroits pour que les choses puissent pousser, elles existent et il y a tout ça à mettre en musique. Donc oui, Suresnes est un très jeune club de Fédérale 1 à la différence de 11 ou 12 clubs en Nationale, nous n’avons jamais connu le haut-niveau et quand on dit  » un très jeune club en Fédérale 1 « , c’est un très jeune club dans le haut-niveau tout court puisque nos équipes jeunes, Super Challenge, Alamercery, Gaudermen, brassage Crabos pour cette année, est aussi tout niveau, comme le centre d’entraînement labellisé. Nous sommes vraiment sur deux / trois années qui ont accéléré le projet Suresnes grâce à ce qui avait été fait par les hommes et les femmes qui sont là depuis un long moment et qui sont toujours là pour beaucoup. Le chemin est évidemment très long mais il est enclenché dès cette année avec Alexandre Compan, le manager général de l’équipe première ou Laurent Piepszownik et Olivier Pouligny, les co-présidents de la SASP autour d’un comité de pilotage avec Jean-Pierre Catherine, le président de l’Association, Jacques Ménard, Philippe Bessière qui œuvrent pour le développement du club depuis le départ. Il y a eu beaucoup, beaucoup de choses faites en moins de 6 mois sur les réseaux sociaux, sur la communication, dans le support mag de la ville, sur de petites pastilles vidéo, sur la mise en avant de nos bénévoles, de nos partenaires et de nos équipes jeunes. J’essaie vraiment de parler de tout le monde et de mettre en avant tout le monde, nous avons relancé la causerie des verts et noirs cette semaine et c’est moi qui ai fait les deux épisodes, justement pour faire un peu le bilan et la présentation de tout ce qui a été fait. Nous avons une collectivité qui, pour l’instant, suit l’effervescence puisque tous les jours, il y a énormément de collégiens et de lycéens qui viennent s’entraîner au stade Jean-Moulin donc, nous avons des installations municipales qui sont mutualisées et c’est important de le préciser. C’est un club avec un seul terrain synthétique réel donc, avec un embouteillage puisque nous sommes entre 550 et 600 licenciés donc, nous avons la collectivité qui est autour pour réfléchir à changer le terrain pour un synthétique pour démultiplier, comme cela se fait dans les régions où il pleut beaucoup. Dans les mois à venir, un nouveau vestiaire doit arriver pour pouvoir désengorger les vestiaires existants qui sont vraiment dans un très mauvais état. Et puis, il y a ce projet de tribune avec 1 00 places et quelques places mais pas assises alors qu’il faudra 1 500 places assises pour pouvoir répondre à la catégorie 1 de la Fédération Française de Rugby, c’est le minimum du minimum pour pouvoir jouer en Pro D2. Narbonne, 1 000 personnes, Albi, 1 000 personnes, Dijon, 790 ou 820 donc, avec 1 500 personnes assises, nous sommes vraiment sur une jauge en plus d’échelle et d’économie réelle et je préfère un guichet fermé à 1 500 qu’une structure de 3, 5 ou 6 000 places, comme les clubs peuvent souvent s’enflammer à faire, à moitié vide. Ces chantiers, ce sont vraiment des choses que l’on attend, il y a une petite salle de muscu que nous avons repeint avec Alexandre Compan et Rémy Massias, qui est le responsable sportif de toute l’asso, on a pris nos blouses et nos pinceaux et nous avons tout refait tous les trois. 

 

Ça a un peu fait le buzz à la télé, dans Rugby Magazine entre autres

 

Oui, c’est ça, les gens ne se disent pas que ce sont des gens en interne qui le font mais en même temps, c’est un peu con parce qu’il y a plein de gens qui repeignent leurs chambres ou leurs salons. Donc, nous avons repeint une pièce de cette belle maison suresnoise même si elle ne nous appartient pas. 

 

Dans le même registre, lorsque nous étions venus couvrir le match entre Suresnes et Albi, on t’avait quand même vu au four et au moulin pour un directeur général. On t’avait vu à la billetterie, tu donnais un coup de main à la buvette. Tu es quasiment en mode  » démultiplication  » sur un jour de match, tu te partages en quatre ? 

 

En 40 même, effectivement. Comme tu le sais, sur tout projet de début de développement, je crois que ceux qui ont le privilège d’en faire partie doivent être couteaux suisses, il faut qu’ils soient un peu gadgets et multitâches. Si un directeur général est celui qui montre l’exemple et la voie de cela, je pense que pour moi, c’est obligé pour pouvoir essayer d’espérer avoir le même engouement et le même appétit de la part des autres personnes. Comme dans n’importe quel club, parce-que le sport français est comme ça, il y a beaucoup de bénévoles mais il n’y a parfois pas assez de bénévoles. Et puis, quand on se développe, il y a de nouvelles tâches pas forcément connues des bénévoles ou alors, on n’en a pas forcément assez. Donc, je me démultiplie parce qu’à Suresnes, lorsqu’on fait guichet avec des petites entrées payantes, ce n’est pas l’habitude, tout le monde avait l’habitude de rentrer sans payer donc nous avons mis des abonnements en place à 5€ pour les 12/25 ans et les demandeurs d’emploi, les places pour les adultes ne sont qu’à 10€. Si tu as pris un abonnement à 120€, c’est pour deux personnes soit 60€ par personne et si tu divises par le nombre de match, cela fait un billet pour moins qu’un ticket de cinéma. Même si ce n’est pas beaucoup, il faut que je sois au guichet pour m’assurer que tout va bien et commencer à faire payer. Quand on est à la buvette, il faut essayer que ce soit encore plus fluide, que l’on fasse respecter les barrières parce qu’il y a Covid et il faut que je m’y mette, il y a aussi la sécurité pour être certain que ça se passe bien et la Croix-Rouge. Je passe des journées qui sont un peu trop courtes 7J/7 depuis un bon moment mais ça ne peut pas être pérenne donc, il va falloir se développer au fur et à mesure. Mais, dans un premier temps, je pense qu’il y a une première année où il est normal de faire plein de trucs que j’espère ne pas être obligé devoir faire tout le temps. 

 

Comme on le dit souvent, tu es un enfant du Stade Français. Qu’est-ce qui t’a amené à avoir la flamme et le déclic pour accepter ce projet suresnois ? 

 

En fait, je me suis reposé entre 2017 et 2020, année où je suis arrivée à Suresnes, parce-que j’avais fait 5 ans à Agen et un peu la même chose en termes de démultiplication ou de 7/7, 365 sur 365 sur tous les sujets, quand bien même les équipes étaient beaucoup plus nombreuses mais nous étions dans un stade de 10 000 personnes. Donc, je me suis reposé, j’ai rencontré Olivier et Laurent qui m’avaient surtout parlé de la formation, ce qui m’a plu parce-que j’avais participé au développement d’Academia, le nom du centre de formation d’Agen. Quand je suis parti, comme les classements se font sur les 3 ans d’avant, ce centre a été deux fois premier et une fois deuxième de Top 14 / Pro D2 donc, nous avions fait du bon boulot avec la team à Agen. Il y avait un double projet à Suresnes : continuer à faire des études, faire en sorte qu’il y a de la pluriactivité pour les contrats de l’équipe première, ce qui me plaît beaucoup car je pense que le rugby peut être développé et pratiqué à très haut-niveau avec des gars qui ont encore une activité. Quand bien même, elles sont très bien maîtrisées avec un tiers-temps ou un quart de temps pour certains. 

 

A l’image de Clément Meynadier à l’UBB ? 

 

Carrément. On est sur l’une des grosses équipes de Top 14 et quand on est à Suresnes en Nationale, on ne peut pas dire qu’on n’a pas le temps, ce n’est pas cohérent. On ne peut pas non plus s’apercevoir et s’étonner qu’éventuellement, les gars à 30 ou 35 ans soient un peu en déperdition ou en souffrance quand on dit  » super, ils vont découvrir la vraie vie  » si on n’a pas mis des circuits entre les deux. Comme moi je suis un adulte dirigeant, j’ai la responsabilité de ça et j’y crois. Et puis, j’ai su qu’Alexandre Compan était dans l’équipe, c’est un gars que je connais très bien puisque nous étions à la fac ensemble, nous avons une vraie connaissance du rugby partagée autour de la matrice qui est spécifique. On s’est beaucoup entretenu, jour après jour, c’est un duo infernal puisque le club a compris qu’il y avait un binôme qui paramétrait tout, que l’un connaissait tout de l’autre, que l’autre connaissait tout de l’un et qu’il n’y en avait pas un qui n’était pas au courant de quoi que ce soit. 

 

En clair, c’est Tic et Tac ? 

 

Oui, vraiment, c’est Tic et Tac, c’est Pim et Poum, de temps en temps, c’est le Yin et le Yang ou ça s’inverse. C’est absolument génial, nous, on adore tous les deux et on a un plaisir fou. Donc, c’était le moment de défendre les couleurs du rugby francilien, je suis un amoureux du Rugby Club de France où j’étais en Cadets / Crabos et à 15 ans, j’étais en costard / cravate et quand j’allais à Bourg-en-Bresse, je me faisais déjà insulter ou cracher dessus à Rumilly (rires). Au Stade Français pendant 15 ans, en rose, on se faisait traiter de tous les noms avant de voir que le rose était arrivé dans plein de coloris de maillots et que tout le monde faisait des calendriers Donc, je suis très, très heureux de développer le rugby en Ile-de-France.  

 

Tu as eu une autre casquette qui est un peu moins connue, celle de président de Proval pendant deux ans. Actuellement, avec le contexte sanitaire qui engendre des répercussions sociales sur le rugby, tu dois quand même plaindre ton successeur ? 

 

Le syndicat s’occupe aussi maintenant des gens de Fédérale 1 et des féminines, c’est en tous cas un vrai espace. Nous sommes des privilégiés, c’est ce que je rappelle tous les jours aux gars autour de Suresnes, aux agents municipaux, aux partenaires. Nous sommes des privilégiés car nous avons réussi à réouvrir les séquences d’entraînements pour toutes les catégories, école de rugby, cadets, minimes, féminines … quand bien même ce soit compliqué, quand bien même ça nous demande à nous, les 5 ou 6 permanents, d’organiser des plannings de fous. Les gens de Nationale peuvent s’entraîner le soir et jouer le dimanche donc, je crois vraiment que dans cette période-là, quand on s’est tous dit qu’il fallait qu’on se réinvente, qu’on s’organise, la première action que l’on peut faire quand on a la chance de faire ce qu’on fait là, c’est de vraiment prendre la mesure du fait que nous sommes des privilégiés. Si on a vraiment la mesure de ça, on s’engage à mort. Par exemple, j’ai lancé une collecte de vêtements, tous les gars ont répondu rapidement, nous allons faire d’autres actions et ça va répondre, des petits trucs pour l’école de rugby, ça va répondre. Je crois que le rugby, pour l’instant, est privilégié et quand on a la chance de jouer et que l’on sait que tous nos copains du rugby amateur, Fédérale 1, Fédérale 2, Fédérale 3, Promotion et autres, que nos cadets et minimes ne font pas les challenges, les tournois, les plateaux, c’est à eux que nous devons penser. Si tu fais la comparaison Proval / rugby pro, nous avons l’exigence et la responsabilité d’impulser des choses positives. 

 

Autre privilège de la Nationale, c’est le droit que, pour l’instant, la Fédération Française de Rugby a donné temporairement, et peut-être dans la longueur, aux clubs pour auto-diffuser les matchs. Quel sont ton sentiment et ton point de vue sur cette mini-révolution en Nationale ? 

 

C’est une vraie adaptation. Le sport de haut-niveau intègre cette obligation de savoir s’adapter, la Fédération l’a fait et on les en remercie. Nous avons fait une réunion, à laquelle tu participais aussi, avec d’autres clubs pour revenir sur cette première journée adaptée qui a été diffusée. C’est une vraie révolution parce-que ça veut dire que, alors que les droits sont acquis par une chaîne nationale, sachant que cette chaîne-là n’a pas encore décidé ou n’était pas en mesure de retransmettre les matchs, nous avons la possibilité de le faire par nos propres moyens. Ça prend évidemment toute sa place sur les réseaux sociaux que les uns et les autres connaissent mais on sait que la digitale est en relation avec les entités, qu’elles soient associatives, TPE, PME ou grosses structures. Cependant, on est encore loin de ce qui peut être fait sans non plus être dans des usines à gaz, dans des grosses machines. C’est absolument génial parce-que la Nationale, même si elle a une portée nationale forte, et c’est pour cela que l’on a voulu une compétition retour sur une poule unique, a une place dans le territoire. On sait que le rugby a une place dans le territoire et des territoires qui sont mis en avant avec entre 200 et 1M de vues, avec le plus grand nombre possible de gens qui restent le plus longtemps possible, ce sera peut-être 45 minutes au début et puis ce sera 50, 1 heure, 1h20 car c’est important que les gens restent longtemps. Ça crée un nouvel outil pour faire parler du club, pour mettre en avant toute son actualité, tous les partenaires que l’on sollicite dans l’environnement des clubs donc, c’est un outil qui est assez extraordinaire mais dont on ne doit pas dire  » faisons notre truc de notre côté  » et de faire oublier qu’il serait absolument nécessaire que la Nationale soit retransmise une fois par week-end ou une fois tous les 15 jours sur une chaîne nationale pour assoir la compétition, pour donner le  » la  » collectif. Après, il y aura des partitions et des musiciens donc, chaque club différent pourra jouer de belles partitions lorsque le club ne sera pas retransmis, que la Fédé nous octroie de pouvoir faire ça sur des canaux personnels qui doivent bien sûr être gratuits et accessibles au plus grand nombre, qu’on puisse bilboarder au maximum et mettre en avant nos partenaires. On est au tout début donc, il va y avoir des disparités de rendus, de qualité, nous les premiers. Nous faisons une tentative, je n’ai pas voulu mettre d’argent avec une société extérieure de prod donc nous avons Eric Sansonny, le responsable communication et marketing, qui fait des merveilles mais qui va faire comme il peut avec le matériel qu’il a et dans des conditions compliquées. Tout à l’heure, nous allons retransmettre le match sur notre site internet et sur notre page Facebook mais on sait que ça ne va pas être génial. Mais moi, j’ai préféré faire ça, que ce soit un petit mieux le coup d’après, encore un petit mieux la fois suivante et qu’éventuellement, dans 4 ou 5 matchs, on mette éventuellement un petit ticket pour que ce soit super. 

 

Et puis, comme on dit, il n’y a que ceux qui ne tentent rien qui ne se trompent jamais ? 

 

Il n’y a que ceux qui ne font rien qui ne se trompe jamais et puis, je veux que l’on reste à notre hauteur. Si tout d’un coup, à Suresnes, on avait mis 4 caméras et 5 000€ ou 7 000€, ce qui était possible car Olivier et Laurent auraient été d’accord, pour faire une super belle retransmission, je trouve que ça aurait été totalement déplacé et incohérent avec le fait que l’on sait que la salle de muscu a été repeint par manager et le directeur général. Pour moi, ça veut dire qu’on ne fait pas les choses dans le bon ordre. 

 

Ça aurait été habiller Paul pour déshabiller Jacques ? 

 

C’est ça ou avoir une jolie carrosserie mais il n’y rien le moteur, c’est avoir les supers habits mais soit en les ayant chourés soit en ayant pas de quoi manger parce qu’on a tout mis là-dedans. Donc, on va le faire comme on peut mais je reviens sur la question, c’est génial comment les clubs ont réagi, c’est formidable que la Fédé ait réussi à nous les donner pour cette année. Il faut absolument pousser pour qu’on puisse les avoir quand nous ne sommes pas retransmis l’année prochaine et d’ailleurs, montrer aux diffuseurs potentiels toutes les données que l’on aurait, et qu’on s’est engagé à donner, jusqu’à la fin de la saison. Oui, ça a de la gueule, il faut trouver ce bon équilibre : chaîne nationale, nous sommes tous retransmis, c’est trop important pour que la Fédé puisse aussi avoir cette brique-là à mettre et à vendre avec les U20, les féminines, l’équipe de France et autres et nous, développement d’adaptation par rapport à la pandémie en étant les plus intelligents possibles. Et pour l’environnement, ça va être top, nos partenaires vont être contents. 

 

Toi qui es consultant sur Canal +, la diffusion du match phare de la journée de Nationale sur une chaîne cryptée pourrait avoir du sens ? Ou est-ce que la Nationale a pour vocation d’être sur une chaîne grand public ? 

 

Moi, de principe, je suis pour une popularisation du rugby donc, plus il est accessible au plus grand nombre, mieux c’est. Je crois que l’entre-deux d’une chaîne nationale payante, qui ne serait donc pas un Canal +, avec une autorisation de diffusion sur des canaux de chaque club en disant qu’il y a un certain cahier des charges et on harmonise un truc tout petit mais très sympa, je pense que c’est une bonne chose dans un premier temps. Là-aussi, je pense que ça serait trop déshabiller l’un pour rhabiller l’autre ou se prendre pour qui nous ne sommes pas d’apparaître tout d’un coup sur Canal +. Je trouve que ce serait incongru et brûler des étapes, moi, je préfère pérenniser les choses quitte à ce que ceux qui développent ne soient pas ceux qui profitent de ce qui a été développé. Mais, je préfère que ce soit solide plutôt que ce soit éphémère, que ça fasse super beau, que ça alimente et que ça envoie et injecte des egos incroyables sur tous ceux qui, sur un ou deux ans, auraient créés le truc et, dès que les gens s’en vont ou qu’il y a un peu de difficulté pour X ou Y raisons, cela fasse pschitt, c’est ce que l’on appelle les accidents industriels. On sait que le hand et le basket ont pu le vivre, restons à notre bonne petite place. 

 

On va aussi maintenant parler un peu de toi parce-que je me suis renseigné sur ton parcours et tu étais très, très engagé politiquement. Pierre Rabadan était très proche d’Anne Hidalgo et de l’ancien maire de Paris, Bertrand Delanoë. C’est un peu paradoxal que deux socialistes soit dans les Hauts-de-Seine, bastion du gaullisme ? 

 

C’est vrai, si on fait de l’analyse politico-sociale ou socialo-politique (rires). Nous avons des cultures politiques de par nos familles et par le chemin que nous avons fait en tant qu’hommes qui, effectivement, se porte à gauche. Moi, j’ai été sur la liste d’Anne Hidalgo dans le 15e mais j’ai très vite démissionné car je ne pouvais pas aller aux conseils municipaux et il était hors de question que je prenne une place de quelqu’un sans pouvoir y travailler mais j’avais fait la campagne municipale de A à Z avec tout ce que cela comporte, tractage, porte à porte et autres. J’avais été autour de Bertrand Delanoë lors de sa première mandature. Avec Pierrot, on est dans une autre dimension puisqu’il est maire adjoint au sport donc, c’est extraordinaire. Je crois que c’est très, très compliqué parce-que la pandémie est très dure alors qu’il y a une Coupe du Monde de rugby qui arrive en France en 2023 et des Jeux Olympiques en 2024. Nous avons joué dans le 16e arrondissement parce-que Jean Bouin et le Stade Français sont là-bas et je suis pour les mélanges. On parle souvent que les quartiers favorisés doivent faire attention aux quartiers défavorisés mais tous ceux qui travaillent dans les quartiers défavorisés disent aussi à quel point ces derniers doivent pouvoir s’ouvrir aux quartiers favorisés. Une fois de plus, nous sommes de très grands privilégiés, c’est absolument naturel d’une part d’être autour du rugby et puis, si avec tous ceux qui sont là, sans donner de leçon ni morale ni politique ni sociale à qui que ce soit, on peut faire que Suresnes s’ouvre encore plus, ne serait-ce qu’au quartier de la cité-jardin, là où il y a nos joueurs du Campus, faire venir un nouveau public. Moi, j’ai beaucoup d’envie de mutualiser les soutiens scolaires et puis des partages de terrains avec le foot, avec nos copains du foot. Donc, j’ai tout de suite annoncé à la mairie que je voulais que toutes les associations dont on ne parlait pas assez et qui n’avaient pas forcément de locaux, puissent venir à tous les matchs à Suresnes sur les devants du terre-plein où il y a les guichets pour qu’elles puissent se mettre en avant. C’est tout à fait normal et comme, une fois de plus, nous sommes des privilégiés, avec le département et les autres, nous devons faire attention à ceux qui en ont le plus besoin. 

 

On va parler aussi de ce Mont Valérien et de ce stade Jean Moulin, deux noms qui mettent des frissons quand on en parle mais il y a quelque chose à faire avec ce stade car vous avez une vue imprenable sur l’Arche de la Défense. Vous avez un produit, un diamant qui ne demande qu’à être poli ? 

 

Effectivement, entre le cimetière américain, entre le nom Jean-Moulin, entre la Nation qui, chaque année, revit l’histoire, oui. D’une part, je crois que l’année prochaine, on refera un petit document en interne au club jusqu’aux plus petits pour leur expliquer ce qui s’est passé, pour que tout le monde le sache, ça fera partie du petit guide club que tous les licenciés auront. Là-aussi, c’est un peu compliqué parce qu’il y a une très grosse réserve militaire qui est au-dessus donc, il faut faire attention. C’est autour du boulevard donc, il y a un côté circulaire qui n’est pas totalement enclavé dans la ville ou dans le centre-ville. Il est au-dessus parce qu’il est sur le Mont mais on ne se prend pas pour des gens qui sont au-dessus, c’est symbolique. Donc, il faut aussi faire attention avec ce diamant à polir, moi, je préfère qu’il soit à taille humaine pour que chacun puisse le porter et que chacun puisse y accéder. Je rêve de développer un peu de restauration autour ou dans le stade, de l’ouvrir au quartier qui est un petit peu désaffecté de commerces. Je pense que c’est un endroit que l’on peut développer autour de la santé publique, le sport-santé, et faire venir des praticiens pour peut-être désengorger un petit peu l’hôpital Foch qui est juste à côté et permettre à un nouveau public de venir, personnes handicapées, personnes âgées. A l’intérieur de cette plaine de sport, il pourrait y avoir des terrains de sport adaptés, des cours sportifs adaptés. Donc, si nous avons le droit et la chance de pouvoir le polir, il faudra que ce soit un diamant qui soit porté par le plus grand nombre. Je crois que nous sommes beaucoup à vouloir ça, je me suis entretenu vendredi avec le Maire qui attend que nous travaillions sur une ouverture large du club. Ça tombe bien parce-que nous n’avions pas encore eu le temps de nous voir et il se trouve que c’est totalement ce que nous souhaitons faire donc, il n’y a plus qu’à. 

 

On va finir sur un petit bilan de cette année 2020 et de ce début de saison 2021. On sait que Suresnes est une terre viticole en région parisienne : Suresnes avait été un très bon cru mais, est-ce que pour toi, 2021 sera sportivement un très grand cru ? 

 

L’agriculture, le vin et le haut-niveau ont plein de points de ressemblance. Par exemple, on sait qu’il est bien plus dur de performer sur la longueur, c’est à dire sur toutes les saisons ou sur tous les crus, que de mettre le paquet sur un seul et d’être assuré que ça se passe à peu près bien. Donc oui, 2020 était très bien pour le RCS puisqu’il a gagné sa place en Nationale, 3e de poule quand bien même le championnat n’est pas allé au bout. Les joueurs qui sont encore là, tous ceux qui ne sont plus là, qui n’ont pas été conservés mais qui ont été mis en avant et qui ont été remerciés par le club, tiennent et portent ça. C’est pour ça que cette année, nous avons lancé une grande communication auprès de tous les anciens du RCS, de tous ceux qui ont joué à Suresnes et qui sont invités sur toute l’année 2020 / 2021 à venir voir les matchs, Laurent et Olivier ont décidé d’accorder cette proposition que je leur avais faite. On a commencé la saison en allant faire les vendanges, il y a une belle jolie vigne à Suresnes donc le club est allé faire les vendanges, ça avait déjà été fait mais on l’a refait. En 2021, je crois que si l’équipe se maintient en Nationale, que si tous nos petits gars, nos petites nénettes, tous nos éducateurs ont envie de repartir parce qu’on a quand même beaucoup, beaucoup, beaucoup travaillé depuis Juillet, et ce n’est pas fini, là, on pourra dire que c’est une année réussie. Les choses sont dans les tubes, c’est en train de travailler, on est en train d’essayer d’ajuster au mieux les levures et les températures que l’on met ou que l’on ne met pas mais on ne sait pas encore si le rendu sera bon. On va garder l’humilité, on travaille pour. 

 

On termine avec la question décalée / bonus : on peut dire que Suresnes est le club le mieux protégé de France avec le président d’honneur que vous avez, le commissaire Broussard ? 

 

On parlait d’histoire, il est clair que, pour le coup, le commissaire Broussard est un homme très important que tout le monde connaît. Ça fait partie du petit guide que je veux faire, le manager général Alexandre Compan a présenté à l’équipe première lors de la première réunion, ce qu’était le club, qui étaient les personnes qui avaient fait que donc, évidemment, le commissaire Broussard était là. Il faut que l’on arrive à faire quelque chose de magnifique tellement nous avons des outils magnifiques : le commissaire Broussard qui a développé et protège le club dans la symbolique, le Mont Valérien en haut et d’autres. Donc, il faut que l’on arrive à s’ouvrir, il ne faut pas que l’on s’isole, il ne faut pas que l’on en fasse une forteresse parce qu’il y a l’armée ou le commissaire Broussard ou parce qu’on se trouve au-dessus, il ne faut pas qu’on s’isole parce-que nous sommes sur le Mont Valérien et dans le 92, dans un département aisé. Il faut que l’on profite de tout cela pour s’ouvrir, c’est cela mon vœu 2021. 

 

On te remercie pour cette belle présentation du RC Suresnes et pour nous avoir parlé avec passion de ton rôle. On voit que tu prends beaucoup de plaisir à mener ce projet

 

Merci beaucoup 

Propos recueillis par Loïc Colombié

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