#Rugby / R.Lalliard (SCA) : « C’est un préjudice énorme pour nous.»

Romain Lalliard, le patron du Centre de Formation du Sporting Club Albigeois, nous a accordé une interview pour nous parler de l’actualité jaune et noire et bien entendu du combat pour accéder en Pro D2 ainsi que de la création de la division « Nationale » par France Rugby. Mais celui qui bosse dans l’ombre pour faire éclore la future génération du « Sporting » à tenu à faire connaître son vif mécontentement suite aux décisions prise lors du séminaire FFR de ce vendredi 5 juin 2020, concernant la catégorie espoirs. A l’instar de Bourg, Massy, Narbonne, le club de la préfecture tarnaise voit actuellement leur équipe espoirs reléguée administrativement d’une division, sur l’autel de la création de cette nouvelle division intermédiaire entre ProD2 et fédérale 1. Une décision qui a du mal à passer dans la cité épiscopale.

 

 

Romain, depuis 3 mois, on a beaucoup parlé du Sporting Club Albigeois mais on a peu parlé de la formation albigeoise. Pourtant, c’est un des fers de lance de ce club jaune et noir. On va commencer par une question d’actualité : avec cette incertitude sur la montée ou non du Sporting en Pro D2, de la création ou non de cette Nationale 1 ou d’un reversement ou non en Fédérale 1, ça n’a pas dû être pour toi de recruter car tu ne dois pas trop savoir sur quel pied danser ? 

 

Sur le recrutement des jeunes, il est certain que, comme au niveau de l’équipe senior, on avait déjà une petite difficulté supplémentaire pour démarcher les garçons qui pouvaient éventuellement nous intéresser qui était de leur donner un petit peu le niveau de pratique et la projection qu’il pouvait y avoir sur l’année à venir. On avait des garçons à qui on pouvait proposer des challenges sportifs intéressants, des garçons de bon niveau qui n’ont pas su basculer sur le niveau Top 14 voire Pro D2. Et nous, par ce biais du challenge sportif que l’on pouvait leur proposer si on était en Pro D2, c’était hyper intéressant parce-que sur le plan de succession, ils se retrouvaient 3e ou 4e de l’équipe première. Et clairement, avec une rotation d’effectif pratiquement certaine, ils auraient pu goûter à ce haut-niveau. 

 

Gagner quelques minutes de temps de jeu ? 

 

Oui et donc, tu te retrouves à ne pas pouvoir signer quelques garçons à cause de ce principe-là et de cette variable qui tourne autour du club depuis bientôt deux mois. 

 

On ne va pas se le cacher, les chances de voir Albi en Pro D2 sont infimes. Il faudrait peut-être théoriser sur la dégringolade financière d’un club de Pro D2, chose que l’on ne souhaite pas aux autres clubs. A 99,99% de chances, Albi sera très certainement en Nationale 1. Au-delà de la formation, toi qui est l’un des techniciens du Sporting Club Albigeois et qui travaille main dans la main avec Arnaud Méla et l’équipe première, comment as-tu vécu ces deux mois de tergiversations entre la LNR et la Fédé ainsi que cet épilogue ? 

 

On a vécu les deux premières semaines confinés où on avait quand même beaucoup d’espoirs de reprendre. Pour la petite histoire, c’est vrai que l’on regardait beaucoup les vidéos de nos futurs adversaires qui pouvaient éventuellement être Dax, Nantes, Cognac. On a fait un travail de fond par rapport à cela et on était prêt à les recevoir ou en quarts ou en demi. Au bout d’un mois de confinement, c’est vrai qu’on a compris qu’il allait être compliqué de rejouer. Au niveau du gouvernement, la décision de non-pratique était tombée jusqu’à la fin de l’année, les championnats gelés et après, on a basculé sur des recours administratifs pour faire valoir un petit peu notre légitimité par rapport à notre classement en Fédérale. Ce qui est sûr, c’est que l’on se trouvait autant légitime voir plus que certaines équipes qui, en Pro D2, étaient en grande difficulté. 

 

Cette porte claquée au nez qu’ont envoyée les clubs professionnels à l’unanimité avec 30 clubs qui se sont positionnés contre la montée d’Albi, Massy ou encore Bourg, puisqu’on a appris que ce n’était pas si clair que cela pour savoir lequel des deux accompagneraient Massy en Pro D2, a quand même dû être mal vécue dans la cité épiscopale. J’imagine que tu l’as pris comme un camouflet ? 

 

Oui, c’est mal vécu mais franchement, ce qui est le plus dur à vivre, c’est quand même de proposer à ces 30 équipes professionnelles de faire un vote dans leur propre intérêt et de voter éventuellement un intérêt tout autre qui est la montée de deux clubs supplémentaires. Donc, bien évidemment, il faut essayer de les comprendre à savoir qu’ils ont regardé un petit peu leurs nombrils et leurs centres d’intérêt et ils se sont dits  » si on passe en Pro D2 à 18 clubs, combien y aura-t-il de relégués l’année prochaine ? Peut-être que si on passe une mauvaise année, on va être dans ces 4 -là « . Et peut-être que venir sur Albi, dans un club qui a une culture de combat et de pugnacité fait peur à certains. A la limite, on devrait prendre ça pour une forme de respect et se dire qu’à l’avenir, quand on y sera parce qu’un jour ou l’autre on y sera, on rendra la monnaie de la pièce. Honnêtement, j’en veux plus au format de vote qui a été diligenté depuis un mois qu’aux clubs à titre individuel qui clairement, au vu du contexte actuel, se sont un petit peu protégés. 

 

On ne va pas se le cacher, c’était de l’entre soi ? 

 

Oui, bien entendu mais après, c’est toujours pareil : est-ce que nous, nous n’aurions pas fait de la même manière si nous avions été à la place de Valence, Rouen ou Aurillac ? Peut-être qu’on aurait fait pareil, on aurait agi en discrétion, en essayant de protéger notre intérêt. Parce qu’il est vrai qu’il faut essayer de relativiser certaines choses et se mettre à la place de certains clubs qui font ce qu’on aurait peut-être fait. 

 

A défaut de Pro D2, il va y avoir une Nationale 1. Que penses-tu de ce championnat qui va quand même être très homogène avec de belles équipes et où il va y avoir un vrai challenge sportif ? 

 

Sportivement, il est sûr que c’est toujours plus intéressant le lundi ou le mardi de bosser avec des mecs sur des réceptions ou des déplacements périlleux puisqu’on sait que les garçons seront certainement à 100% en éveil, ce qui n’est pas forcément le cas quand tu reçois des calibres moins important à domicile sur de la Fédérale 1. En plus d’être inférieurs sur la feuille, ils se permettaient pratiquement de faire jouer leur équipe B pour éviter d’avoir trop de grabuge pour les semaines à venir. Donc, c’est vrai qu’il n’y avait pas grand intérêt ni pour nous ni pour le public et, sur ce principe-là, ça va amener une vraie densité. Et, malgré la frustration de la non-Pro D2, je pense que tout le monde est satisfait de ce principe. 

 

Par contre, pour aller se qualifier en phases finales, il va falloir aller se peler bien plus compliqué. L’année dernière, et même l’année d’avant, on savait déjà en début de saison que le Sporting avait quasiment 98% de chances d’aller en phases finales au vu du fait qu’il était bien au-dessus de la mêlée. Là, ça va frotter comme dans un ruck 

 

Oui, ça va être compliqué après, franchement, à l’heure d’aujourd’hui, les négociations sont quand même en bonne voie. Nous allons avoir un effectif à peu près similaire avec quelques renforts. Honnêtement, je trouve que Bourg-en-Bresse n’a pas trop de transactions ni beaucoup de départs. A mon sens, ce sera l’équipe redoutable et redoutée dans la poule et je pense qu’on fera partie de ces deux équipes. 

 

Bourgoin est aussi en train de s’armer et ils ont été acceptés en poule Nationale. C’est également une équipe qui va être dangereuse, qui pourrait venir chatouiller Albi et être la surprise du chef ? 

 

Oui, éventuellement. Après, former une équipe performante dès le début, surtout au niveau du contexte parce-que, finalement, on va retrouver les garçons début juillet pour attaquer en Septembre. Tu as des équipes qui ont eu 15 départs pour 15 arrivées et il va falloir du temps avant que la mayonnaise prenne. Et je pense sincèrement que, si on démarre le 12 ou le 13 Septembre, il y a quelques clubs qui vont perdre des points au début et ce seront des points difficiles à rattraper. 

 

On va basculer sur ce qui est le nerf de la guerre pour toi à savoir la formation et l’équipe espoirs. En même temps qu’était avalisé le fait qu’Albi ne monterait pas en Pro D2, il y a eu une double mauvaise nouvelle puisqu’on a appris que les espoirs du Sporting Club Albigeois risquaient d’être de facto relégués. Enfin, c’est une relégation qui ne porte pas trop son nom car tous les espoirs des équipes évoluant en Nationale seront dans un même championnat. Cette problématique vaut pour Albi mais également pour Bourg, Narbonne et Massy : normalement, vous étiez une division au-dessus et là, on vous relègue quasiment ? 

 

Quand nous avons eu cette nouvelle vendredi, nous avons travaillé durant le week-end avec les trois autres directeurs de centres pour faire une lettre commune. C’est un vrai impact, c’est un préjudice sportif, une rétrogradation d’un niveau comme cela représente pour notre club formateur un message négatif. La liste est longue des joueurs de Pro D2, Top 14 et équipe de France qui sont issus de notre club et une telle décision porte un coup fatal à notre formation. Je rajoute à cela qu’on a une position géographique un peu pauvre de grands pôles universitaires et nous n’avons pas des finances qui nous permettent de proposer le même confort qu’un club professionnel, pourtant, depuis quelques temps, on rivalise avec eux sur le terrain. La seule chose qui nous permettait de valoriser notre formation auprès des jeunes chez nous, c’était l’expertise qu’on pouvait apporter sur le terrain mais surtout l’accès à ces grandes compétitions. Maintenant, on n’avait pas la même capacité financière et on abaisse aussi le niveau de pratique qui correspond donc, c’est assez inquiétant. 

 

On a eu quelques échos que peut-être, à la Fédération Française de Rugby, la lettre qui a été envoyée ce week-end avait fait son chemin, qu’il y aurait peut-être un aménagement et que, tout compte fait, Albi, Massy, Bourg et Narbonne pourraient réintégrer ce championnat élite tandis ce que les autres clubs nationaux jouteraient entre eux. C’est sûrement ce que tu souhaites parce-que, pour toi, ce championnat national espoirs serait vraiment quelque chose d’handicapant pour le recrutement et la structuration de cette formation labellisée ? 

 

Le recrutement pour cette saison est d’ores et déjà bouclé, on a composé notre recrutement pour batailler à ce niveau-là. Les joueurs se sont engagés avec nous, ils l’ont fait sur la base d’une compétition sportive importante et, au-delà de ça, on a le double projet où leurs études sont bouclées et les vœux Parcours’Sup arrêtés. Donc par rapport aux garçons et la façon dont nous, avons présenté le projet, ça va peut-être être modifié, et là, on manque un petit peu de transparence. Ensuite, franchement, l’équité sportive et les passerelles accessions / relégations sont le fondement de notre sport. Tu fermes les compétitions espoirs, car c’est ce qui est en train de se passer, c’est un préjudice énorme pour nous. Et dernière chose qui m’interpelle un petit peu, c’est qu’on se retrouve au niveau de l’équipe senior à ne pas pouvoir monter en Pro D2 parce qu’ils ont décidé de geler les championnats avec que des montées et pas de descente. Du coup, on est l’un des seuls clubs qui ne peut pas monter sur la division supérieure et maintenant, on se retrouve à être un des seuls clubs qui va descendre. C’est particulier … 

 

Et en plus, tout ramène à Rouen puisque c’est Rouen qui profiterait de cette descente du Sporting Club Albigeois. On a l’impression que nos amis normands se retrouvent toujours en travers du chemin du Sporting Club Albigeois ? Là, c’est un hasard mais un hasard qui se répète

 

C’est un hasard et il est vrai que ce genre de chose est assez déroutant. Je reviens trois ans auparavant, les garçons s’étaient battus pour basculer en Espoirs Elite après une finale contre Valence-Romans, les mecs avaient gagné le droit d’y être et certains sont encore chez nous. Là, tu te retrouves avec des clubs comme Vannes, Rouen, Carcassonne et Angoulême qui vont prendre nos places, celles qu’on a gagnés avec sueur, grâce à du travail permanent chaque semaine. C’est dur à vivre ! 

 

Il se dit que la Fédé pourrait aménager cela et revenir en arrière concernant Albi, Massy, Bourg et Narbonne. Tu crois encore au fait qu’Albi pourrait toujours être l’année prochaine en Espoirs Elite ? 

 

Franchement, je n’y crois pas trop parce qu’il y a eu un vote vendredi de tous les présidents. C’était un vote un petit peu particulier puisque, dans une même question, il fallait voter oui à la création de la division et oui pour cette éventualité d’avoir des espoirs qui suivent ces équipes seniors. Donc, quelque part, la Fédé a bien joué son jeu et on se retrouve sur quelque chose qui, pour moi, va rester figé. D’autant plus que, s’ils permettent à nos 4 clubs d’accéder à nouveau au niveau qu’on avait mérité, cela voudrait dire qu’on aurait plus que 8 ou 10 équipes sur la division nationale. Et de ce fait-là, on proposerait un championnat espoirs à des clubs qui n’auraient que 14 matches à jouer dans l’année. 

 

Ça ferait très peu pour garder un rythme correct et cohérent avec la pratique du sport de haut-niveau

 

Exactement. 

 

On va aussi parler du recrutement, sur lequel tu as passé beaucoup de temps. Est-ce que tu peux nous donner quelques noms ? On sait que Guillaume Vedel fait son come-back en terre albigeoise, ce qui va ravir les supporters jaunes et noirs qui ont toujours gardé une bonne image de lui, pur produit de la formation albigeoise. Mais on imagine qu’il y a d’autres  » petiots  » qui arrivent dans la maison jaune et noire ? 

 

Ce qui est déjà important, c’est de valoriser des garçons qui étaient chez nous, plus ou moins jeunes. Je pense à deux jeunes qui montent de juniors, qui sont au club depuis très longtemps et qui vont faire leurs armes en espoirs. Ce sont Paul Clergue et Alexandre Fabre,un centre et un 3e ligne, et on sera plus sur du développement. Ensuite, il y a des garçons qui sont un peu plus expérimentés et qui sont au club depuis quelques temps. Tu as parlé de Guillaume, moi, je te parlerai de Théo Sibal, le capitaine et au talon en espoir, Steven Elofer, qui a fait une ou deux fois je crois 23 ou 24 avec les seniors et qui joue à gauche. On a des garçons intéressants et, au niveau du recrutement, on a réussi à récupérer le petit Titouan Pouzoullic, grâce à «  Juju « Guiard qui est un ami et qui continue mine de rien de travailler dans notre sens sur certains aspects. Franchement, on peut le remercier car c’est quelqu’un d’hyper intègre et là, je pense qu’on a pu récupérer un garçon de valeur. 

 

Qui est demi de mêlée et capitaine d’Agen en espoir ? 

 

C’est ça, il était capitaine des espoirs d’Agen la saison dernière. On a le petit Théo Vidal, qu’on avait un petit peu remarqué quand on était allé à Bagnères et qui joue arrière. 

 

Je me souviens. Quand il est rentré, je t’ai vu te frotter les mains et après le match, tu m’avais dit qu’il te plaisait bien. Je vois que ça a fait son chemin

 

Oui, l’idée a fait son chemin. En plus, c’est vrai que c’était une connaissance car son papa connaît très bien Arnaud donc, on a pu faire les choses assez rapidement et dans l’intérêt du garçon. On a un autre garçon qui nous rejoint, Paul Cautenet, qui était au centre de formation de Toulon, qu’on a joué deux fois cette saison avec Valence-Romans et qui avait vraiment un réel potentiel. Donc voilà, on a 3 recrues, on en garde quelques-uns, je pense notamment à Simon Veyrac, Thomas Breton, Arthur Castant, Ethan Carraud, qui ont déjà un petit peu montré leurs valeurs la saison dernière et qui, je pense, vont rapidement pointer le bout de leurs nez. 

 

J’avais justement prévu de finir avec Arthur Castant. On aun symbole au Sporting Club Albigeois, qui a joué en Equipe de France et qui fait les beaux jours de l’UBB, c’est Clément Meynadier. On dit souvent que c’est quelqu’un qui a des jambes mais aussi une tête bien faite. Arthur Castantest en train de suivre le chemin de Clément Meynadierparce-que, si j’ai de bonnes informations, lui aussi va intégrer l’Ecole des Mines. C’est quand même une valorisation du travail de la formation albigeoise où l’on sait former des joueurs mais aussi des citoyens avec une tête bien pleine ? 

 

Il est sûr qu’un bon athlète doit également arriver à ne pas être dépendant uniquement de cette activité sportive et c’est vrai qu’Arthur représente bien cela. Ce qui est certain et un peu sympa, c’est qu’on se retrouve sur le même poste, avec à peu près le même potentiel athlétique, la même manière de gérer les choses et sur la même filière. J’ai eu Clément au téléphone il y a une semaine et demi parce qu’on était ravi qu’Arthur intègre l’Ecole des Mines et Clément a aussi trouvé cela assez drôle. Et franchement, je ne te cache pas que Clément a aussi essayé de faire ce qu’il pouvait pour appuyer et accompagner le plus possible Arthur. Donc, il est lui aussi depuis un petit moment ailleurs qu’à Albi mais il n’est pas trop loin de nous et même lui a appuyé ce principe. 

 

On peut dire qu’il y a une certaine filiation ? 

 

Oui, les mecs qui partent d’ici sont toujours un petit peu accrochés au club. Et je pense qu’Arthur a appelé Clément pour le remercier parce-que c’est important. Mais attention, Arthur le méritait ! Je l’embête de temps en temps en lui disant qu’il fallait se lâcher et profiter des choses mais, quoi qu’il en soit, il terminait le match le soir au club et le dimanche matin, il était sur ses bouquins. Quelque part, ce sont de belles valeurs et des exemples à suivre. 

 

Ça permet aussi de percuter un peu l’actualité car dans nos colonnes récemment, Vincent Lagassé a un peu  » tancé  » la formation à la française. On a aussi vu Thomas Lombard dans le Midol en parler longuement. Qu’as-tu pensé de ces deux points de vue sur la formation. Est-ce que, pour toi, il y a beaucoup de choses à revoir dans la formation à la française ? 

 

Je prendrai juste un petit exemple : l’année dernière, on se retrouve avec Martin Doan et Paul Farret qui ont dû prendre une décision juste avant la demi-finale à Rouen entre passer leurs BTS ou partir avec l’équipe senior pour jouer la montée. C’est un sentiment qui est dur à vivre. 

 

Avec l’épilogue que l’on connaît en plus

 

Oui, avec l’épilogue que l’on connait. Nous, nous avions pris des mesures nécessaires au niveau du club grâce à l’excellent travail de Jean-Claude Pettinari qui avait fait des pieds et des mains pour demander un aménagement des examens pour que ces garçons puissent bénéficier de ces moments quand même très importants. Et la réponse avait été assez froide et négative. C’est à dire que la place du sport en France est trop étroite et pas assez valorisante. C’est vrai que tu te retrouves dans l’Education Nationale ou même avec un bulletin trimestriel avec des garçons qui n’ont pas forcément de très bonnes notes sur quelques matières mais qui ont 18 en sport, et ça tout le monde l’a vécu, ni les enseignants, ni les CPE, ni les proviseurs, ni les conseils de classe ne valorisent ce principe. Au contraire, ils vont même te dire  » tu as 18 en sport, ça fait remonter ta moyenne générale. Mais, si tu n’avais pas le sport, tu serais encore plus bas au niveau de ta moyenne « . Dans d’autres cultures, dans certains autres pays, c’est hyper valorisant d’être bon en sport. 

 

Par exemple aux Etats-Unis où les universités ont des cultures sportives très prépondérantes

 

Oui, bien sûr. Après, il ne faut pas que ça prenne une dominante sur une filière ou sur d’autres pratiques. Mais, ce que je veux dire, c’est que maintenant, quand tu as des jeunes qui ne pratiquent que 3 heures de sport par semaine, et encore, il faut voir comment ils les pratiquent, ça pose question sur l’intérêt du sport dans ce pays. Et tu vois bien maintenant avec le contexte actuel où le foot sera le seul championnat n’aura pas repris, ça met un petit peu le niveau de priorité de notre pays sur le sport et c’est dommage. Et pour moi, c’est au-delà du rugby. 

 

C’est complètement sociétal et philosophique

 

Bien sûr. Moi, je sors d’une filière où j’enseignais sur fonlabour (Lycée Agricole Albigeois proche du milieu du rugby) donc, j’apporte un intérêt hyper important au projet, je vis avec ça. Maintenant, on ne nous donne pas assez les outils pour permettre aux garçons d’assurer un double projet, c’est tout. 

 

Le message sera passé et c’est pour cela qu’on tenait à t’avoir pour que tu portes haut les problématiques et les ambitions des jaunes et noirs dans le secteur de la formation. Un secteur qui est prépondérant pour un club comme Albi qui a des mécènes et non pas une trésorerie aussi importante que certains clubs de Pro D2 et de Top 14. La formation albigeoise pourra sûrement être le salut de demain. On va finir sur une question un peu décalée : il y a quelques semaines, on avait quelqu’un que tu connais très bien, Yogane Corréa. Concernant la Pro D2, il disait  » il faut dire à tout le monde qu’on reviendra ! Que tout le monde ouvre bien ses oreilles, Albi reviendra en Pro D2 « . Est-ce que tu es d’accord avec Yogane ? On va revenir encore plus fort en Pro D2 ? 

 

Je vais finir avec une petite phrase que j’aime bien sortir de temps à autres. Je dis souvent  » qu’il n’y a pas de nuit si noire qu’elle empêche le soleil de se lever « . 

 

Je ne connaissais pas ton âme de poète mais je garderai cette phrase pour commenter les matches du Sporting Club Albigeois, la saison prochaine en Nationale 1. Et en espérant qu’au bout de la saison, il y ait ce coup-ci la timbale, un bouclier et surtout une montée en Pro D2. Romain, on te remercie et on te dit à bientôt

 

Merci à toi et à bientôt

 

En supplément retrouvez la lettre commune envoyée par le SCA, l’USBPA, le RC Narbonne et le RC Massy Essonne

lettre-de-contestation-acc80-la-retrogradation-des-u21-version-2.pdf

proposition-de-format-pour-les-championnats-espoirs.pdf

Propos recueillis par Loïc Colombié

https://hearthis.at/radio.albiges/magsport-9-juin-2020/

Retrouvez l’intégralité de l’itw de Romain Lalliard lors de l’émission « Le #MagSport – RadioAlbiges  » du 9 juin 2020.

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