#Rugby – SportStory / G.Lacroix : «Finir ma carrière au SCA, ça serait magnifique!»

Pur produit gersois, à la connotation cathare depuis son éclosion au Sporting Club Albigeois , Gabriel Lacroix feu-follet international en reconstruction, nous a accordé un entretien la semaine dernière. Alors qu’il prépare et parfait sa condition dans la cité épiscopale (dans l’enceinte de son Ex coéquipiers Raph Mérancienne.), l’ailier du Stade Rochellais a bien voulu revenir sur un parcours, qui tel pégase l’a vu toucher le soleil, avant de connaître l’enfer depuis deux ans. De ses débuts minot dans le Gers, en passant par la reconnaissance éternelle qu’il voue à Henry Broncan son mentor, « Gaby » nous retrace un chemin qui l’a vu tutoyer le firmament du rugby mondial, un soir de novembre 2017 à Lyon. Auteur de deux essais face aux All blacks , sous le maillot frappé du coq, celui qui a donné le tournis aux défenses de Top14 chez les maritimes , n’en oublie paix son club de cœur le SC Albi, véritable tremplin de sa carrière. Albi , ville de l’éclosion rugbystique, ville de sa jeunesse triomphante, ville il a rencontré celle qui partage sa vie depuis de nombreuses années , ville ou il aimerait terminer sa carrière sportive, tient une place à part pour cet enfant D’Armagnac. Focus sur un joueur dont le talent n’a d’égal que son affection pour les couleurs jaunes et noires qu’elles soient Rochellaises ou albigeoises.

 

Gaby, le temps file et cela fait maintenant quelques paires d’années que tu as quitté le Sporting Club Albigeois. On va revenir avec toi sur tes débuts dans le milieu du rugby. Quand on parle d’Aldritt et de Dupond, toi aussi tu connais ce rugby gersois, tu as tâté de cette gamelle gersoise ? 

 

Oui, je suis natif de là-bas donc, j’ai commencé le rugby dans le Gers, dans mon club de Lombez Samatan. Dans les années cadet, je suis parti à Toulouse pendant deux ans puis, je suis revenu jouer avec les copains au FCA, à Auch pendant un an avant d’arriver à Albi avec Henri. 

 

En parlant d’Henri Broncan, qui est quand même une figure tutélaire du rugby français et du rugby gersois, tu peux nous dire quel est l’ADN, la recette un peu miracle de ce rugby du Gers qui donne souvent ce supplément d’âme aux joueurs ? 

 

Je ne sais pas s’il y a une recette miracle (rires). Ce qui est sûr, c’est qu’il y a des éducateurs passionnés dans le Gers, des entraîneurs très compétents qui ont cette capacité à décupler cette dimension mentale chez les joueurs à l’exemple d’Henri Broncan qui, pour moi, est et restera le meilleur entraîneur de tous les temps. Ils ont cette faculté à pousser les joueurs dans leurs retranchements, à aller chercher au plus profond d’eux et c’est cela qui fait que les joueurs gersois ont peut-être ce petit truc en plus. 

 

C’est Henri Broncan qui te fait venir au Sporting Club Albigeois. On avait entendu une fois sur nos ondes Tom Patterson, l’entraîneur des lignes arrières de Dijon, appeler Henri Broncan  » Le maître Yoda du rugby « . Tu trouves que ça lui va bien et que ça reflète un peu le personnage et la science qu’il a ? 

 

Je ne sais pas si ça reflète le personnage. Il a eu et il aura encore plein de surnoms, c’est certain. Ce sont des gens que le monde du rugby idolâtre, c’est ce qu’on appelle  » des grands monsieur « . Donc, il a eu plein de surnom mais le meilleur, c’est Henri Broncan, c’est lui et il n’y en a pas deux comme ça. 

 

Tu peux nous un peu nous expliquer un peu la genèse de ton arrivée à Albi ? Quel a été le rôle réel de  » Papy Broncan « , d’Henri Broncan ? 

 

J’avais 17 ans quand je suis arrivé à Albi et des difficultés à venir, c’était compliqué pour moi de quitter mon Gers où j’étais revenu et où j’avais envie de rester avec les amis d’enfance. Donc, ça a été un peu compliqué mais il a su me faire changer d’avis. S’il n’avait pas été là, je ne serai jamais parti ni à Albi, ni ailleurs. Je serai resté chez moi, c’est certain. Il m’a toujours accompagné, il a toujours été présent pour moi, il a toujours cru en moi. Quand je faisais des conneries, il était là, quand c’était bien, il était là. Je lui dois beaucoup. 

 

Il a un côté très paternaliste, surtout avec les jeunes joueurs ? C’est quelqu’un qui est un chantre de la formation française ? 

 

C’est un grand passionné. Il va voir tous les matchs de l’école de rugby, il adore ce contact avec les jeunes, les éducateurs, avec le terrain. Je pense qu’il a ce côté protecteur avec les jeunes parce qu’il croit en cette jeunesse. 

 

On sait ton attachement au Sporting Club Albigeois qui a été pour toi, on va dire, le club  » starter  » qui t’a propulsé en Top 14. Quel est ton plus beau souvenir sous ce maillot jaune et noir ? 

 

Il y en a plein des bons souvenirs, il y en a beaucoup. Mais je dirai que c’est quand même cette saison que l’on fait avec Hugo Mola et Benjamin Bagate où malheureusement, on perd en demi-finale. Mais la saison était magnifique, on s’était régalé. On échoue malheureusement à rien mais ça reste quand même un très bon souvenir. 

 

Benjamin Bagate, Hugo Mola, ce sont des entraîneurs avec qui tu as gardé contact et avec qui tu échanges encore aujourd’hui ? 

 

Oui, bien sûr. J’ai souvent Benjamin au téléphone, c’est devenu un ami. Il m’aide beaucoup dans ce que je suis en train de traverser avec ma blessure. Hugo aussi a été présent. Quand je me suis blessé et qu’il a su que c’était compliqué, il a toujours été là, il m’a toujours envoyé un petit message pour me réconforter et pour me dire qu’il serait là si j’avais besoin. Ce sont des belles personnes et c’est aussi cela le rugby. Cela permet de rencontrer de belles personnes. 

 

Et puis «  Benben « , dans le registre paternaliste, il n’a rien à envier à Henri Broncan. Il est toujours aux petits soins avec ses anciens poulains comme il les appelle, à savoir comment ils vont et ce qu’ils deviennent ? 

 

Il est très, très protecteur, ça c’est sûr (rires). Mais c’est aussi ce qui fait sa force, c’est un personnage, on s’y attache. Et une fois qu’on y est attaché, c’est dur de le quitter Benben

 

Dans cette équipe d’Albi, tu as gardé de grosses attaches, notamment avec tes anciens coéquipiers en espoirs. On pense à Raphaël Mérancienne, qui a un peu fait l’entremetteur pour cette interview mais pas que. Avec cette génération que vous étiez en espoirs, vous êtes allés chercher un titre. Il y a quelque chose qui est resté, il y a une amitié indéfectible ? 

 

Oui, forcément. Quand on passe des saisons comme cela où il y a un titre de Champion de France au bout, ça crée forcément des liens, des amitiés, des souvenirs magnifiques. Je suis content, j’ai pu garder beaucoup de liens avec des joueurs avec qui j’ai pu vivre cette aventure. On en reparle, on en rigole autour d’un verre, ça reste des supers souvenirs. 

 

Pour toi qui maintenant, malgré ta blessure, a évolué au plus haut niveau en Top 14, au plus haut niveau du rugby, voir le Sporting Club Albigeois actuellement en Fédérale 1, qu’est-ce que cela t’inspire ? Ça doit te faire beaucoup de chagrin parce-que ce club mérite d’être un étage plus haut ? 

 

C’est un club qui mérite beaucoup plus que la Fédérale 1 même si c’est un très beau championnat, je pense qu’Albi mérite beaucoup mieux. C’est un super club, avec une très forte identité et de très belles valeurs. Je pense qu’Arnaud a su remettre les valeurs au centre du projet albigeois et on voit que ça marche. Ils font une très belle saison. Je ne vais parler de l’an dernier et de ce match contre Rouen mais j’espère qu’aujourd’hui, c’est leur année et qu’ils auront ce qu’ils méritent. 

 

Te revoir un jour, en fin de carrière, le plus tard possible, reporter les couleurs albigeoises, ça peut s’envisager ? C’est un club qui compte quand même pour toi ? 

 

C’est un club qui compte beaucoup. Sans le club d’Albi, je n’aurai pas eu la chance de vivre ce que j’ai vécu jusqu’à maintenant, d’avoir cette petite carrière. J’ai eu la chance de côtoyer le rugby professionnel pour la première fois à Albi, je sais que je dois beaucoup à ce club et j’adore cette ville. Je sais que c’est la ville où je reviendrai vivre après ma carrière, où je veux élever mon enfant. Donc bien sûr que, reporter les couleurs du Sporting pour finir ma carrière, ce serait magnifique. 

 

On va aussi parler un peu de l’équipe de France parce qu’il y a eu un match, et quel match, ce week-end, un crunchd’anthologie. Il y a quelques années, tu affolais les compteurs dans un match, certes non-officiel, mais c’est quand même un match contre les Blacks où tu as marqué deux essais. Quand tu as vu les gars, et tu en connais les 3/4 voire les 9/10es, rentrer sur la pelouse, tu n’as pas eu un pincement au cœur en te disant  » s’il n’y avait pas eu la malchance, j’aurai pu être là, j’aurai pu faire partie de cette aventure  » ? 

 

Ça, c’est le petit pincement que j’ai quand je regarde tous les matchs, que ce soit les matchs de mon club bien sûr ou tous les matchs à la télé, c’est le petit pincement que j’ai tous les week-ends. Au bout de deux ans, je me suis habitué à l’avoir mais après, je suis très content, déjà, de la saison que fait mon club, du match qu’a fait l’équipe de France. C’est une nouvelle ère avec de jeunes joueurs. C’est un beau challenge et ils nous ont montré qu’ils étaient à la hauteur, même au-delà ce qu’on attendait. 

 

Tu as eu quelques échos du fonctionnement d‘aujourd’hui sous l’ère Galthié ? Les changements, de comment ça évolue, de quelle est la philosophie de ce nouveau staff ? 

 

Franchement non, je n’ai pas encore eu de retour. Ce que je sais, c’est que l’ambiance est très bonne, qu’ils travaillent très dur et que c’est compliqué mais que surtout, l’ambiance est au top. Ce ne sont que des jeunes joueurs qui se connaissaient déjà avant, qui ont déjà une petite histoire ensemble, qui ont gagné des choses quand ils étaient plus jeunes,  qui se sont retrouvés en équipe de France. Donc, c’est plus facile pour créer un groupe soudé quand il y a déjà des antécédents. 

 

Pour reparler un peu de toi, le petit gamin qui venait du Gers s’imaginait un jour enquiller deux essais aux Blacks ? 

 

Non, pas du tout (rires). Comme je le dis souvent, moi, je suis un chanceux. Je n’ai pas toujours été un bourreau de travail, les choses, pour l’instant, me sont arrivées comme ça. Je prenais les choses comme elles arrivaient et j’ai vécu de très belles choses mais, de là à m’y attendre, non, pas du tout. 

 

Il ne te manque plus maintenant qu’à traverser l’adversité pour essayer de rebondir et de retutoyer ce maillot ? Parce qu’une fois qu’on a goûté à l’équipe de France, c’est impossible, j’imagine, de pouvoir s’en passer ? 

 

Oui mais je suis loin de penser à l’équipe de France pour le moment (rires). Je pense à revenir mais déjà à me sentir mieux dans ma vie de tous les jours, de pouvoir avoir la chance de rejouer avec mon club. Et après, si les choses doivent arriver, ça arrivera mais ça, c’est quand même très, très, très loin. 

 

Le fait que tu sois jeune papa maintenant t’as peut-être fait relativiser sur les choses que tu as traversées ? 

 

C’est sûr que devenir papa m’a fait relativiser plein de choses mais je relativisais quand même avant. 

 

Je n’ai pas dit le contraire, que tu ne savais pas relativiser avant d’être papa (rires)

 

Non bien sûr mais c’est relativiser par rapport à ma blessure. C’est une blessure compliquée, ne plus pouvoir jouer au rugby quand c’est votre métier, c’est difficile. Mais, c’est juste une blessure du genou, je pense qu’il y a des gens qui sont beaucoup plus malheureux que moi. C’est comme ça, il faut faire avec, être fort mentalement, être surtout bien entouré et essayer d’avancer. 

 

On va faire un peu d’humour pour terminer. Tu es sûr que d’aller faire la préparation chez Mérancienne (Ex joueur du SCA ayant ouvert une cEntre de performance) est l’une des meilleures idées ? Et, est-ce qu’il t’a fait goûter son régime spécifié voire dissocié à base de saucisses ? (Rires)

 

Oui, il m’a parlé de son régime à base de saucisses (rires). Il ne me l’a pas encore fait goûter mais je pense que cela ne va pas tarder. 

 

Ca vaut le détour ! 

 

(Rires) Il paraît, tout le monde m’en parle donc, pourquoi pas ? Je pense que ça ne va pas tarder. 

 

On te verra peut-être prochainement au Stadium voir les anciens coéquipiers et pousser pour cette remontada en Pro D2 ? 

 

Bien sûr, j’y serai, J’y serai déjà pour le prochain match puisque pour l’instant, je suis sur Albi. Je serai à fond derrière eux jusqu’à la fin de la saison. Croisons les doigts, on espère les voir au plus au-niveau la saison prochaine. 

 

En plus, il y a un Albi/Fleurance qui peut être intéressant pour toi, l’ex-gersois. Ca pourrait permettre de boucler la boucle ? 

 

Exactement, ce sera un beau match. Là, j’y serai, il n’y a aucun doute. 

 

Propos recueillis par Loïc Colombié

 

 

 Réécouter l’itw audio de Gabriel Lacroix dans l’émission « Le #MagSport – RadioAlbiges » du 4 fevrier 2020

https://hearthis.at/radio.albiges/20-02-04-magsport/

 

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