#Football – D2F / B.Espié : «Tout donner, n’avoir aucun regret, aller jusqu’au bout!»

Le président de l’ASPTT Football de l’Albigeois, Bernard Espié nous a accordé une interview en amont de la réception de La Roche Sur Yon ce dimanche. Pour le président albigeois et l’ensemble du club ce match dessinera une part du destin , d’une ASPTT Football de l’Albigeois qui flirte dangereusement avec la relégation. Bernard Espié envisage certes le pire pour ne pas être pris de cours , mais croit encore aux ressources de ses filles et en un destin qui n’a que très peu souri aux « postières » cette saison. L’homme fort des rouges et jaunes nous a aussi dressé un bilan des « seniors garçons » qui en cas de bons résultats, pourraient redevenir à l’avenir, une des locomotives du club de la cité épiscopale. En clair, entre interrogations sportives et nécessaire restructuration , à l’ASPTT FA l’heure de la croisée des chemins est arrivée.

 

 

Bernard, on aimerait échanger dans de meilleures circonstances. On va dire que, ce week-end, l’avenir du football féminin en albigeois voire même du foot féminin tarnais va être un peu suspendu parce qu’on est sportivement à la croisée des chemins ? 

 

C’est sûr, on est en grosse difficulté, on ne va pas s’en cacher. Il nous faut à tout prix engranger quelques victoires si on veut pouvoir jouer les barrages. Parce qu’aujourd’hui, en toute honnêteté, on ne peut guère que viser cette place de barragiste donc, il faut à tout prix passer par des victoires. 

 

Ce qui est malheureux pour le football occitan, c’est que, quoi qu’il arrive, ce sera un club occitan qui passera à la trappe cette saison, entre Toulouse et Albi ? 

 

Tout à fait, on va être à la lutte entre Toulouse et Albi puisque normalement, Bergerac accompagnera cette descente. 

 

En début de saison, tous les suiveurs voyaient l’ASPTT comme l’année dernière jouer les 6 premières places, voir le haut du tableau. Avec un peu de recul et plus de la moitié de la saison passée, comment on peut percevoir ces résultats qui sont bien en-deçà des espérances initiales ? 

 

C’est sûr mais, personnellement, je sentais bien qu’on aurait un peu plus de difficultés que la saison passée, budget oblige, puisqu’on a diminué notre budget. Et puis, malheureusement quand même, on a eu une hécatombe en début de saison puisque, rapidement, on a eu 3, 4 titulaires sur le tapis. Une n’a jamais joué, elle s’est blessée dans les matchs d’entraînement, l’autre dès le premier match et une autre encore quelques matchs suivants. Donc, on a très, très mal démarré la saison et après les choses se sont enchaînées et ça n’a pas tout à fait tourné dans le bon sens. 

 

Récemment, notre consultant Romain Brunot avait Manon Caze en interview qui lançait un cri du cœur. La situation du club l’affecte énormément, elle qui a passé quasiment toutes les strates à l’ASPTT et qui est une enfant du pays, une enfant du club que vous avez vu grandir. Quand vous entendez ses propos, ça doit quand même vous toucher en tant que président ? 

 

C’est sûr que je suis très touché de cet amour du club mais aujourd’hui, malheureusement, ça ne suffit pas. Peut-être que toutes les filles et le staff doivent aller puiser dans leurs réserves pour sauver notre situation. C’est une situation qui descend petit à petit depuis quelques mois, quelques semaines. 

 

Ce qu’on ne souhaite pas nous, en tant que média tarnais, c’est que l’ASPTT descende en Régionale 1. Parce-que, pour expliquer à nos lecteurs, il n’y a pas de Nationale en foot, on passe directement en Régionale 1. Mais, si d’aventure ça arrivait, qu’est-ce que ça engendrerait réellement pour le club ? Un changement d’optique, une restructuration des pôles ? 

 

De toute façon, aujourd’hui, en tant que président, je me dois de considérer que ça peut arriver même si bien sûr je mets tout en œuvre pour que ça n’arrive pas. Donc, avec quelques-uns, on réfléchit à ce qui peut se passer si ça devait arriver. Je pense qu’on mettrait tout en œuvre, et j’espère que je serai suivi là-dessus, pour remonter dans la foulée parce-que, nous avons quand même notre place en deuxième division. Mais bien sûr, d’autres pistes de réflexion sur l’avenir du club peuvent aussi voir le jour sur une relance des jeunes et des garçons. 

 

Oui, parce qu’il faut le rappeler, l’ASPTT a aussi été un temps un club conventionné par l’AS Monaco. Il y avait une formation chez les garçons qui jusqu’en U15 et parfois en U17 parvenaient à talonner l’US Albi, voire à les dépasser dans certaines catégories ? 

 

Oui, on a eu même régulièrement battu le TFC dans certaines catégories mais je parle d’un temps que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître. 

 

Je l’ai connu personnellement

 

Les 15 dernières années ont été les années du foot féminin, espérons que ça va continuer encore autant mais il nous apparaît opportun de réfléchir à certaines évolutions. Puisque de toute manière, aujourd’hui, en termes de nombre, je tiens à préciser qu’on est deux clubs tarnais à 500 licenciés, c’est nous bien sûr et « Vignobles » qui est juste devant nous à quelques unités près, les autres étant loin derrière. 

 

On a l’impression qu’il y a aussi une âme autour de cette équipe des garçons. On a beaucoup parlé des filles mais on doit aussi parler des garçons. C’est une bande de copains et, autour de ça, il y a possibilité de construire un bon groupe ? 

 

Oui, ce qui nous manque le plus, ce sont peut-être un peu plus de dirigeants pour encadrer et pour pouvoir travailler au quotidien puisqu’ils ne sont vraiment que deux ou trois à s’en occuper. Notre espoir est de faire rentrer quelques dirigeants supplémentaires pour pouvoir avoir un projet plus ambitieux autour des garçons. 

 

Monter à terme en régional, ça peut être envisageable ? 

 

Oui, c’est quelque chose qui peut s’envisager. Malheureusement, la situation du Grand Albigeois nous permet d’avoir ces espoirs-là. 

 

En parlant de situation du foot albigeois, on a vu une nouvelle tête arrivée à l’US Albi en tant que manager général, c’est David Welferinger, ancien coach de l’ASPTT quand le club était en D1 et en D2 féminine et qui avait en tant que coach participé à la montée en D1 féminine. Cette montée était l’œuvre de tout un club, que ce soit le travail des bénévoles ou celui des joueuses. Est-ce que David Welferinger pourrait être une sorte de trait d’union entre l’ASPTT et l’US vers cette fameuse fusion dont on entend beaucoup parler mais qui ne se dessine pas très vite ? 

 

Oui, il pourrait l’être mais je pense quand même que la meilleure façon pour qu’il y ait cette union, c’est que ça se passe aussi au sommet. Aujourd’hui, ce n’est pas d’actualité donc on participera à notre développement tout seul. 

 

Et puis, on va dire que la concomitance des municipales met en stand-by toutes les discussions et les négociations ? 

 

Oui, c’est sûr que pour l’instant, chacun parle de lui, s’occupe de ses propres affaires et on attendra de voir ce que donnera l’élection municipale. Est-ce qu’il y aura un élan nouveau sur le sport albigeois avec des volontés ici ou là ? On verra et on s’adaptera. 

 

On voit que chaque année montent de R1 des équipes comme Nantes, comme Nice, des structures pros. Est-ce que le modèle de l’ASPTT, en étant amateur, a moyen ou long terme, n’est pas condamné à devoir voir l’ASPTT laisser sa place en D2 à une structure pro ? 

 

Ça, c’est vrai et indiscutable. Tous les ans, de nouveaux clubs issus des clubs professionnels arrivent et prennent la place des clubs amateurs puisque malheureusement, on n’a pas les moyens financiers pour lutter avec eux. Donc, soit le football féminin peut aussi évoluer puisque, plus le niveau augmente, plus peut-être apparaîtra évident qu’il faut créer une ou deux divisions nationales supplémentaires pour permettre à clubs amateurs comme le nôtre d’évoluer en National. 

 

On voit que, pour l’instant, ce n’est pas simple pour l’ASPTT mais on voit aussi qu’en équipe première, pas mal de jeunes sont issues de la formation de la section foot en partenariat avec le lycée Rascol. La planche de salut est là pour l’ASPTT ? 

 

Oui, la formation, c’est notre credo. La preuve, c’est qu’on engage quand même une campagne de recrutement d’éducateurs puisque la première étape pour faire de la formation, ce sont les éducateurs. Aujourd’hui, on fait appel un peu partout à des volontés qui voudraient bien rejoindre pour être éducateurs à l’ASPTT. 

 

Dernier mot, le mot d’ordre pour ce match face à La Roche sur Yon qui va dessiner une partie du destin de l’ASPTT ? 

 

Ce qu’il faut, c’est tout donner, n’avoir aucun regret, aller jusqu’au bout. C’est se donner pendant les 90 minutes pour empocher une victoire qui nous ferait du bien et qui nous permettrait les quelques matchs suivants, où l’on va rencontrer Toulouse, Bergerac, de bien nous aider. Au haut niveau de l’encadrement, on va tout donner, espérons que le staff et les joueuses en feront de même. 

 

 

 

 

 

 Propos recueillis par Loïc Colombié

 

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