#Rugby – Fed1 / V.Lagasse (Drancy) : «Je vais peut-être surprendre les  » bobos  » des Hauts de Seine! »

Nous sommes retournés du côté du 9-3, voir le coach du RC Drancy pour reparler des incidents qui ont émaillés le derby francilien (samedi 14 décembre 2019 à Suresnes lors de la 12 eme journée) . Vincent Lagassé , nous a contacté à l’issue du Mag Sport du mardi 17 décembre, où nous avions eu Vincent Carbou, son homologue de Suresnes, qui nous avait un peu expliqué comment s’était passé les échauffourées qui avaient eu lieu lors de ce rocambolesque match entre Suresnes et Drancy (4 rouges, une bagarre dans les tribunes et un match arrêté à la 73e.). Pour le coach de Drancy , la communication des altosequanais est propice à jeter l’opprobre sur son club, avec un relent de condescendance sociale. L’ancien joueur du Sporting Club Albigeois, a donc exercé son droit de réponse, pour selon ses souhaits défendre « ses gars » et remettre « l’église au centre du village. Un entretien l’ancien commentateur de « Sud Radio », sort la serpette et quelques punchlines dévastatrice !

Vincent, à l’écoute des propos de Vincent Carbou, et des déclarations côté suresnois, tu as voulu réagir.

 

Bonjour. Effectivement, mon homologue et ami, c’est assez important, et aussi homonyme puisqu’il s’appelle aussi Vincent, s’est exprimé. Les suiveurs auront compris qu’il y a le bon Vincent du 92 et le mauvais Vincent, celui du 93 Je préfère commencer avec de l’humour. Moi, j’ai demandé un droit de réponse mais, en même temps, Vincent a été assez conventionnel et mesuré dans ses propos, c’est tout à son honneur. Maintenant, il s’est inclus dans la stratégie de son club des Hauts de Seine, de Suresnes puisque les dirigeants du club ont clairement mis en place une stratégie très rapide qui a consisté à focaliser toutes les attentions sur les  » voyous  » du 93 dans ce derby qui s’est déroulé de façon houleuse.

 

On va quand même souligner que  » 93 = voyous  » est une pancarte facile à mettre. C’est une image d’Epinal qui n’est pas tout à fait vraie ? 

 

Ça, c’est la première chose, c’est la stigmatisation évidente des banlieues. Là, on dépasse le cadre du rugby parce-que c’est trop facile de dire que les joueurs de Drancy, je reprends les mots du président Olivier Pouligny qui l’a dit clairement, ne s’étaient pas déplacés pour jouer au rugby. Donc, on nous a traités de voyous. Je pense que, pour se battre, il faut être deux, c’est la première chose. Quand je vois les stigmates de mes joueurs hier encore à l’entraînement, il n’y en a pas un qui n’est pas griffé au visage, qui n’est pas marqué. Il n’y en a pas un de ces valeureux garçons qui soit venu se plaindre, qui ait dit  » j’en ai pris une par derrière ou j’ai été griffé « . En revanche, le gentil pilier namibien de Suresnes, qu’on ne peut plus conforme, classique et représentatif de la population française, n’a pas hésité à poser en photo en disant qu’il avait pris des fourchettes. Le joueur avec qui il a eu l’altercation m’a garanti qu’il n’avait jamais mis de fourchette donc, c’est un échange de coups de poing. Et lui, mon joueur, c’est tout à son honneur car il n’est pas allé se publier sur les réseaux sociaux avec ses marques. 

 

On a un peu l’impression qu’il y a lutte des classes entre  » les prolétaires du 93  » et  » les catégories supérieures des Hauts de Seine  » ? 

 

Puisque tu me tends la perche, je vais y aller directement. Ca va même bien au-delà de ça parce-que le comportement des dirigeants de Suresnes, qui nous ont accueillis à bras ouverts, nous ont offerts le droit de partager avec eux la pitance des nobles à leur tablée. J’enjolive un peu le truc et je fais un parallèle avec l’Ancien Régime, avant 1789 avec les privilèges octroyés à la noblesse. Nous, on était les  » gueux  » de Drancy, les  » vilains « , on nous a finalement accueillis, on nous a ouvert la porte de la fête de Noël de la noblesse de ce club de Suresnes de façon très cordiale, avec beaucoup de courtoisie. Mais, très sincèrement, je ne m’attendais pas du tout à ce que derrière, cette  » servitude des riches contre les pauvres  » reprenne très, très vite le dessus puisqu’immédiatement dans la presse, dès le lendemain, les gens de Suresnes se sont déchaînés contre les  » voyous  » de Drancy. Donc, on a été invectivés, on a vraiment été traités de voyous et là où je veux vraiment rétablir la vérité, c’est que le club de Suresnes a commis deux grosses erreurs. 

 

Reprenons quand même le fil parce-que tout le monde n’a pas vu ce qui s’est passé, les bagarres et les échauffourées qu’il y a eu dans ce derby. Nous pour l’instant dans le sud, on a eu un son de cloche, celui de Vincent Carbou de Suresnes. Raconte-nous de nouveau un peu les faits pour que tout le monde ait les éléments d’explications. 

 

On est dans les 10 premières minutes du match et la mêlée de Drancy est dominatrice, retourne l’homologue suresnois et obtient une pénalité, s’en suit une échauffourée. Si on écoute Vincent Carbou, c’était les drancéens qui étaient vexés de prendre des tôles tous les week-ends alors que ce n’est pas du tout ça. L’origine du conflit, c’est qu’à domicile, chez eux à Suresnes, ils se sont fait secouer sur cette phase de jeu. Du coup, il y a eu une petite échauffourée comme ça arrive sur tous les terrains de rugby. Rien de très grave jusqu’à ce que nos amis les remplaçants suresnois fassent irruption sur la pelouse. Et par rapport à ça, il y a des risques encourus. 

 

Et les risques sont épais

 

Oui, les risques sont épais et je vais rentrer dans le vif du sujet. Lorsqu’il y a comme ça irruption sur la pelouse de personnes non autorisées à y pénétrer…

 

C’était des joueurs hors-groupe ? 

 

Là, ce sont les joueurs remplaçants qui ont pénétré en survêtements sur l’enceinte de jeu pour frapper des joueurs de Drancy. Les risques encourus s’il y a incident, et il y a eu incident, sont un retrait de 4 points pour l’équipe concernée, la présence d’un délégué sur les trois prochains matchs et une amende, plutôt clémente en Fédérale 1, qui va de 2 000 à 5 000€. En revanche, pour l’irruption de gens extérieurs au match mais aussi pour le fait que le club de Suresnes n’ait pas pu assurer la sécurité et le bon déroulé du match, les conséquences sont lourdes et les sanctions sont graves. Ca va de 27 000€ à 40 000€ d’amende et on parle même de relégation en fonction des incidents. Nous, on ne veut pas rentrer là-dedans. Le club de Drancy ne souhaite de mal à personne, surtout pas au club de Suresnes qui nous inspire beaucoup parce-que c’est un club qui a un parcours rugbystique honorable, c’est un club qui se construit dans du rugby professionnel. Et, très sincèrement, sans ironie, c’est un club qui nous inspire. En revanche, sur le modèle, sur la noblesse, sur les valeurs, ils ont des leçons à apprendre. J’espère qu’ils ne seront pas trop sanctionnés, il y a des gens qui vont étudier ce dossier. Maintenant, ce que moi je veux dire aux gens qui vont étudier ce dossier, c’est que les privilèges ont été abolis depuis 1789 et, qu’on peut être riche, avoir beaucoup d’argent et traiter les  » pauvres  » de voyous. En revanche, il y a des règles à respecter et, si on ne les respecte pas, les gens qui vont instruire ce dossier auront au moins des éléments. Ce qu’il faut préciser, c’est que mon président Benjamin Périé a un petit peu décrié le comportement de l’arbitre. C’est vrai qu’après cette première irruption sur la pelouse, le match s’est envenimé petit à petit. Donc, effectivement, quand vous donnez la possibilité aux gens de s’octroyer des libertés qui ont des incidences, là, on parle de violence, on parle d’agression, et bien, c’est monté crescendo. Mes joueurs se sont défendus et je réponds au président Olivier Pouligny que les joueurs de Drancy étaient venus jouer au rugby. Un rugby dur parce-que c’était un derby, parce-que c’est comme ça, mais dans la règle. Nous, on s’est défendu et, de retourner les choses comme l’ont fait les dirigeants de Suresnes, c’est désagréable. Moi, ce qui me dérange le plus, c’est qu’ils sont venus nous voir, c’est qu’un des entraîneurs de Suresnes a quand même levé la main sur un de mes joueurs. Les « gueux », les  » manants  » , le staff de Drancy sont rentrés pour séparer, les images sont flagrantes. On voit mon collègue Sébastien Zamia qui sépare, moi, je suis rentré pour séparer. A aucun moment, on ne s’est permis de donner des coups à des joueurs. Donc, on ne donne pas de leçons, on n’a pas à en donner. Mon joueur Ibrahima Sacko a été très invectivé sur les réseaux sociaux, on est traité de voyous, on est insulté. Et moi, je veux défendre mon club, je veux défendre les valeurs de mon club parce-que je vis avec ces hommes et ces femmes, parce qu’il y a aussi des femmes dans le 93 qui sont dans le rugby. Ca va peut-être surprendre les  » bobos  » des Hauts de Seine mais c’est un club qui aime les valeurs, qui aime la mixité, qui aime les mélanges et c’est un club qui ne supporte pas les inégalités. Et là, on ne parle pas d’inégalités dans le rugby, on parle d’inégalités sociales. Quelque part, la disparition de la poule Elite et, finalement, l’opposition des riches contre les pauvres, je trouve que ça a un esprit Coupe de France en foot. Ça nous permet de jouter contre de belles équipes comme Suresnes. Maintenant, quand la réalité du terrain est cruelle, dure, que la saison est compliquée, que les inégalités se creusent sur le terrain, il n’y a pas de souci, on l’accepte. Mais, dans les tribunes et hors du terrain, que le monde du rugby qui est soi-disant un milieu privilégié par rapport aux valeurs … 

 

Tu as un peu l’impression qu’on vous a renvoyé votre condition à la figure ? 

 

Exactement et ça, ce n’est pas normal. Les gens de Suresnes peuvent se penser au-dessus, faire preuve de suffisance, ils peuvent faire preuve de mépris en revanche, nous prendre pour des imbéciles, je pense qu’ils se sont trompés et que c’est l’erreur qu’ils ont commise. Parce-que, comme je te le disais, ils nous ont accueillis à bras ouverts à la réception en disant  » ce n’est pas grave, on n’en parle plus « . J’ai partagé cette fameuse bière avec Vincent Carbou, mon ami, er derrière, le lendemain dans les réseaux sociaux, ils s’acharnent. Ils sont finalement en train de se disculper, de dissiper leurs responsabilités en focalisant les responsabilités de Drancy. 

 

Tu as l’impression, en clair, que c’est un peu monté en épingle ? 

 

Ils sont effectivement très intelligents mais on l’est aussi. La meilleure défense, c’est l’attaque, c’est ce qu’a fait le club de Suresnes en attaquant et en focalisant toutes les attentions des médias locaux sur nous. On en oublie qu’il y a eu irruption sur la pelouse de la part des remplaçants de Suresnes pour frapper nos joueurs, que des gens n’ont pas assuré la sécurité du match et que l’arbitre a été contraint de l’arrêter et, c’est la meilleure décision qu’il ait prise de l’après-midi. Moi, je ne reviens pas sur la supériorité rugbystique de Suresnes, il n’y a pas photo, il n’y a aucun souci. En revanche, là, on a outrepassé le sport, on est dans du respect, dans ce qu’on appelle du jeu déloyal. On essaye d’accabler le petit au détriment du gros, nous, on sait se défendre. Il y a des gens qui ont fait des études dans le 93. Moi, la plupart de mes joueurs sont des gens qui ont une carrière dans le social, j’ai des joueurs qui sont chefs d’entreprises, les dirigeants de Drancy sont aussi chefs d’entreprises. Donc, dans le 93, il y a aussi des ressources intellectuelles et on sait se défendre. Je terminerai avec quelque chose qui, finalement, sont pour moi les lettres de noblesse, la leçon que le club de Suresnes a voulu donner à Drancy, les  » riches contre les pauvres « , les  » seigneurs contre les manants ou les gueux « . C’est que je pense qu’il y a une justice et que la justice du rugby est la plus importante à mes yeux. Et que, quand le président de Suresnes se sépare de Vincent Carbou la saison prochaine pour mauvais résultats alors que Vincent est un excellent entraîneur, la preuve, l’équipe est 4e du classement, je trouve que ça manque un peu de noblesse, c’est injuste. Personnellement, mon équipe est dernière de poule, on est lanterne rouge et mon président m’a reconduit sa confiance, il me conforte la saison prochaine. Je pense que c’est ça la noblesse, je pense que ce sont ça les valeurs de Drancy. Et, j’ai un petit message personnel à mon ami Vincent Carbou : s’il souhaite nous rejoindre la saison prochaine, il est le bienvenu, on pourra discuter. 

 

Tu seras le premier commercial on va dire ? 

 

Soit il candidate de façon officielle auprès de Benjamin Périé, mon président, soit il discute de façon informelle avec son ami l’autre Vincent, celui du 93, du côté obscur de la force. Je préfère ironiser. 

 

En fait, Suresnes sont les Jedi et vous, vous êtes les DarkVador du rugby ? 

 

Non mais, j’avais un droit de réponse, je défends mon club et je défends surtout les injustices. 

 

Et l’esprit de contradiction fait partie de la base de la presse.  

 

Le principe du contradictoire existe aussi dans l’éducation. On a le droit de se défendre, surtout quand c’est injuste. Maintenant, moi, je ne souhaite pas de mal au club de Suresnes. Je pense aussi que c’est un club qui s’est un peu construit avec une culture de la  » chasse aux voyous  » depuis le président Broussard qui avait stoppé la folle cavale de Jacques Mesrine. Mais voilà, on n’est pas des voyous, on n’a cambriolé personne, on n’a tué personne. 

 

Ne traîne quand même pas trop Porte Clignancourt. 

 

On a essayé de faire avec nos armes. Quand Vincent Carboudit qu’ils ont des joueurs du 93 et qu’en gros,  » ils se tiennent bien « , moi, ce que je veux défendre, c’est que les joueurs du 93, quand le Top 14, la Pro D2 ou les clubs comme Suresnes viennent les chercher pour leur appétit, pour leur faim, parce qu’ils ont la rage, ça ne dérange personne. Maintenant, quand ces clubs du 93 sont victimes d’injustice, ils se défendent et c’est ce qu’on fait. 

 

A Radio Albigès nous n’étions pas sur place donc on ne va se faire ni juge ni partie, on donne la parole aux deux parties prenantes de cette affaire. Pour essayer de résumer, quand on écoute Vincent Carbou, il se focalise beaucoup sur la seconde série de doubles rouges qu’il y a eu en seconde période et qui a abouti à l’arrêt du match et où, à priori, il met tes joueurs à l’index. A Drancy, vous vous focalisez beaucoup sur la première échauffourée qui est à la base de tout, qui avait eu lieu en première mi-temps et où des joueurs et des personnes qui n’avaient pas à être sur le terrain sont rentrés sur le terrain. C’est bien ça, j’ai bien résumé ? 

 

Tout à fait. Tu fais preuve de neutralité et c’est très bien mais moi, je vais dire la vérité. Je t’ai envoyé les images. Les images, on avait peur de ne pas les avoir parce qu’on s’arrange en Fédérale 1 quand on va à l’extérieur pour les vidéos avec les clubs qui nous reçoivent, ils nous les font passer. J’avais très peur qu’ils découpent, qu’ils fassent des montages et puis, il s’avère qu’on a quelqu’un de chez nous qui a filmé le match. 

 

Les images sont explicites, c’est sûr. 

 

Il a filmé depuis les tribunes donc, on a des arrêts sur image, on a des captures d’écran qui montrent que les remplaçants de Suresnes sont bien rentrés sur le terrain frapper nos joueurs, qui montrent qu’il y a aussi des gens du public qui sont rentrés sur la pelouse pour frapper. 

 

Je t’avoue que, la première fois que je les ai regardées, il a fallu que je démêle un peu quel pied, quel bras appartenaient à qui parce qu’une bagarre, c’est un peu une foire d’empoigne. Mais, quand on regarde deux ou trois fois, on arrive quand même à discerner le blanc du noir du gris de tout ce qui se dit et ce fait sur et en dehors du terrain . Ce que je veux dire, c’est qu’il n’y a pas une équipe toute blanche et une équipe toute noire, il y a des nuances. Comme tu l’as dit, dans toute bagarre, il faut être deux et c’est un peu une nuance grise ses incidents avec des tords partagés

 

Voilà mais, là où je veux en terminer, c’est qu’on a des images et qu’on ne veut pas rentrer là-dedans parce qu’on avait décidé de ne pas rentrer là-dedans. C’est ce qui était convenu avec les dirigeants de Suresnes à la réception et là où le droit de réponse est présent, c’est qu’ils ont eu une attitude qui est incorrecte. Quand vous recevez les gens comme ils l’ont fait, ils nous ont très bien accueillis, puis que derrière, dans le dos, vous vous empressez d’aller communiquer aux médias et de tourner les choses à votre sauce, moi, j’appelle ça de la suffisance, du manque de respect. Je dois un café au président Olivier Pouligny, parce-que quand nous sommes allés jouer à Villeurbanne, des joueurs de Suresnes étaient dans le même train que nous car ils allaient jouer à Villefranche. D’ailleurs, ils ont perdu et ils ne nous ont pas aidés, décidemment. Et, il m’a gentiment payé un café, je lui en paierai un gentiment parce-que ce sont ça les valeurs du rugby. Je ne souhaite pas que le club de Suresnes ait des soucis. Maintenant, je souhaite que celui de Drancy sorte proprement de cette affaire parce-que, pour moi, les torts sont d’abord à l’origine des joueurs de Suresnes, il faut qu’ils reconnaissent leurs torts. Et, comme ils sont très intelligents, ils ont senti le coup venir. Je suis allé voir l’arbitre à la mi-temps, je lui ai dit  » vous avez vu qu’il y a irruption des remplaçants ? « . Il m’a dit  » oui, ça va leur coûter cher, ce sera noté dans le rapport « . Donc, s’en est suivi derrières des échauffourées mais voilà, ça a mis le feu aux poudres. Je crois qu’il faut qu’ils s’excusent envers nous, il faut que les dirigeants de Suresnes s’excusent tout simplement et je crois qu’on en restera là. Maintenant, aller mettre de l’huile sur le feu, ce n’est pas bien parce-que derrière, il y a d’autres matchs entre les équipes de Suresnes et de Drancy qui vont avoir lieu. Et je pense que, si on veut que ça se passe bien, il faut savoir raison gardée, il faut savoir reconnaître ses fautes, il faut savoir reconnaître celles de l’adversaire. Et puis, quand on tend la main, quand on lui serre la main, que c’est bon enfant et qu’il y a des accolades, il ne faut pas derrière aller faire des trucs dans le dos avec la presse, ce n’est pas bien. 

 

En clair, pour prendre un jargon un peu charretier, tu aurais quasiment préféré qu’on te dise à la réception  » on va vous fumer médiatiquement, on va vous faire la guerre « . Là, tu l’aurais mieux pris plutôt qu’on vous tape sur l’épaule et que, par derrière, on vous « fume  » ? 

 

Je ne vais pas tomber là-dedans parce-que, pour moi, le rugby reste un sport qui doit justement être protégé de ces valeurs de la société. Ces valeurs de la société actuelle, c’est beaucoup d’égocentrisme, beaucoup d’auto-centrisme, beaucoup de gens qui promettent des choses et qui ne tiennent pas parole. Moi, j’ai la chance d’être dans un club qui tient parole, qui fait très attention aux valeurs, qui fait très attention à ne pas conserver dans ses rangs des gens qui n’ont justement pas les valeurs du rugby et de se doter de gens qui en ont. Il y a un filtre à Drancy par rapport à cela donc, qu’on vienne salir cette image-là, c’est inacceptable pour les bénévoles qui travaillent au club, pour les gens qui travaillent au club. Ils ne sont pas nombreux, ce n’est pas comme un club dans le sud-ouest où tu as 60, 80 bénévoles. Là, il y a une dizaine de personnes qui portent le club à bout de bras. Ces gens-là, ces hommes et ces femmes méritent le respect et c’est ce qu’on est en train de défendre auprès de Suresnes. L’argent, c’est bien joli mais ça ne fait pas tout, ça n’apprend pas le respect, ils viennent de le prouver. J’aurai préféré qu’on s’en tienne à une bonne poignée de main, une accolade et que derrière, on résume ce match en disant que c’était un bon derby avec tout ce que ça comporte, l’essentiel est qu’il n’y ait pas eu de blessés et bu une bière ensemble à la fin. C’est ça qu’il faut retenir. Malheureusement, ils ont pris une autre voie qui fait qu’on se défend aujourd’hui. J’espère que ça en restera là, que les dirigeants de Suresnes auront l’intelligence de ne pas surenchérir et éventuellement de s’excuser, ce serait très bien pour la suite. 

 

Pour résumer, on va reprendre ta métaphore sur  » les gueux et la noblesse « , on va te donner un petit gage d’espoir. On sait que tu es un garçon très cultivé. Tu sais que les gueux, à force de travail et de labeur et même si ça a pris du temps puisque ça a mis longtemps à maturer et à arriver mais, au bout du bout, ils ont renversé l’ordre établi et on fait tomber les nobles et leurs privilèges. Peut-être qu’un jour, Drancy arrivera à renverser le leadership de Suresnes dans votre poule en Fédérale 1 ? 

 

Ce que je ne souhaite pas en premier lieu, c’est que Suresnes soit rétrogradé pour cet incident parce-que ça fait quand même parti des risques encourus. 

 

Moi, je parlais sportivement. Peut-être que dans 4 ou 5 ans, vous vous retrouverez et que les pôles seront inversés ? 

 

Mais on peut se retrouver l’an prochain si, par exemple, on n’arrivait pas à se maintenir, qu’on descend en Fédérale 2 et que Suresnes est rétrogradé pour être puni de leur manquement à leurs obligations. Effectivement, ça ferait un beau derby en Fédérale 2 mais ça serait dommage parce-que Suresnes a construit les choses de façon intelligente jusque-là. Donc, tomber dans des bêtises comme celle-là, j’espère que ça les fera grandir eux-aussi. Tout le monde a droit à l’erreur, ça ne fait que trois ans qu’ils sont en Fédérale 1, ils sont aussi dans l’apprentissage de cette division et de tout ce que ça comporte. Je pense que, dans l’avenir, ils feront très attention à mieux accueillir leur hôtes, surtout leurs voisins et à ne pas tomber dans des considérations et des représentations d’inégalités sociales. Ça, c’est ce que je regrette le plus. 

 

 

 Propos recueillis par Loïc Colombié

Réécouter l’itw en podcast ci dessous :

https://hearthis.at/radio.albiges/magsport-special-sca-20-dec-2019/

https://hearthis.at/radio.albiges/magsport-special-sca-20-dec-2019/

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