#Rugby – Fed1 / V.Carbou (Suresnes) : «C’est tombé mais ce n’était pas une bagarre générale.»

Mardi nous avons contacté, Vincent Carbou, pour nous parler de ce derby francilien , qui a été assez explosif, entre Suresnes et Drancy. Le coach des altosequanais nous livre sa vision et sa version d’un match qui s’est arrêté à la 73eme minute, agrémentée d’une bagarre en tribune et de 4 cartons rouges. Avec celui qui vit sa dernière saison dans les hauts de Seine, nous avons jeté un regard sur le parcours d’un club qui se structure, ainsi que sur la fédérale 1, un championnat les Suresnois compte bien tenir le haut du pavé.

 

 

Vincent, ce match entre Suresnes et Drancy, ce derby francilien, avait des airs de derby du sud-ouest ? 

 

Ou du sud-est aussi, on pourrait dire. 

 

Du sud-est ? Un petit Bédarrides-Châteurenard 

 

Oui, ou La Valette, quelque chose comme ça, un peu dans ces coins-là, ça a été à peu près similaire. Une équipe qu’on avait déjà largement battue chez eux. Donc, on se doutait que, si le scénario se répétait quand ils allaient venir chez nous, ça pourrait être compliqué et c’est ce qui est arrivé. On a commencé par marquer, après, on a reçu quelques échanges pas très vertueux qui n’ont pas de suite été sanctionnés par un rouge. Tu disais que je venais de Céret, j’étais au lycée de Céret mais, à l’époque, je jouais à l’Union Sportive Catalane. Ce que j’ai appris, c’est que là-bas, le combat, on connaît bien et que, quand il y a des équipes ou des matchs un peu chauds, il y a une première pipe qui part, si le rouge ne tombe pas, et bien, ça ouvre le bal. 

 

Oui, la brèche est ouverte ? 

 

C’est exactement ce qui s’est passé. Suite à une agression sur un joueur qui méritait le rouge à 100%, il y a eu juste un carton jaune qui est tombé donc après, le bal était ouvert. 

 

Moi ça m’a étonné parce-que les intempéries et la grêle, c’était dans le sud-ouest et pas à Paris. Mais il paraît que la grêle est quand même tombée épaisse ? 

 

C’est tombé mais ce n’était pas une bagarre générale. 

 

Ce sont des on-dit, moi, je n’y étais pas. Je ne vais pas non plus commenté ou résumé des matchs que je n’ai pas vus mais, des échos que j’en ai eu, ça a frotté ? 

 

Ça a frotté, ça a un peu frotté en tribunes forcément. Il y avait des gens de Drancy qui étaient venus, nous aussi, on a pas mal de mecs du 93 qui jouent dans notre équipe. Donc, les mecs se connaissent, ça commence à se charrier et puis ça monte dans les tours, c’est parti aussi en tribunes. C’est quelque chose de très regrettable mais bon. Ça n’est pas été non plus … J’ai vu des matchs beaucoup plus aberrants. C’est parti un peu et pour la suite, il ne faudra pas que ça arrive. 

 

Pour redonner le fil à nos lecteurs, il y a eu deux rouges en première période, deux rouges en seconde période. Et à partir de là, le match a été arrêté parce-que c’est parti en vrille ? 

 

Alors, il y a eu deux rouges en première période suite à une bagarre générale. 

 

Donc, deux rouges de chaque côté bien sûr ? 

 

Oui, au début, ça part de pas grand-chose, c’est le seconde ligne qui retient mon ailier. Il y a le 9 de l’équipe adverse qui vient cacher les yeux de mon ailier lorsque le seconde ligne l’a. Donc, il sort de ça, il met un coup de tête au seconde ligne, chose qu’il ne doit jamais faire. Quand c’est tendu, il n’y a pas besoin de provoquer, l’autre le prenait juste par le maillot. Après, le seconde ligne lui met un coup de coude derrière la tête. Donc là, les deux cartons rouges sont réglés. Quelque part, la bêtise avait été faite, la sanction est arrivée. Sauf qu’ensuite, le 5 de Drancy, au lieu de rester dans son camp, il est revenu dans la cahute pour charger l’ailier et c’est parti de là. Donc, comme c’est parti en générale, l’arbitre a préféré dire  » je ne peux plus assurer la sécurité des joueurs, j’arrête le match « . 

 

L’arbitre a totalement raison. Si ça part en vrille après, c’est lui qui en a la responsabilité. A un moment, c’est du rugby, ce n’est pas du catch. 

 

Bien sûr, quand on en arrive à ça … Je veux dire, une fois que les deux rouges sont posés, tout le monde revient dans ce coin. En plus, ça jouait dans le match, cela faisait 20 minutes que cela s’était remis à jouer, il n’y avait aucun problème mais il y avait cette tension. Nous, on a un joueur qui a provoqué, qui n’aurait pas dû. Mais voilà, quand on joue des équipes comme ça qui peuvent être explosives, le but n’est surtout pas de provoquer parce-que voilà, là, aujourd’hui, on attend le résultat de la commission. 

 

Comme le match a été arrêté, qu’est-ce qui peut se passer pour Drancy et pour Suresnes ? Surtout pour vous puisque c’est vous qui receviez et souvent, lorsque le club reçoit, c’est souvent lui qui écope ? 

 

Oui, oui. Je pense que ça dépend du rapport de l’arbitre. L’arbitre a été très clair en disant qu’après les deux cartons rouges, le jeu était reparti, que ce joueur était venu agresser l’autre et qu’ensuite, comme il y avait eu bagarre générale, il avait arrêté le match. Donc, qu’est-ce qu’il va se passer, je ne sais pas. Je pense qu’on devrait quand même avoir nos 5 points parce-que ce serait vraiment injuste qu’on n’est pas nos 5 points au vu du scénario, de ce qui s’est passé. Maintenant, ce sera à la commission de Fédérale de décider. 

 

Le faire rejouer est aussi une hypothèse ? 

 

Ça a été filmé. Non, je ne pense pas que ça se rejoue à 39-3. Sinon, par exemple, si la Fédération disait que Drancy avait match gagné parce-que je sais pas quoi, qu’on n’avait pas assuré la sécurité des joueurs, ça voudrait que n’importe quelle équipe, quand elle mène 3-0, n’a qu’à déclencher une bagarre générale à la fin du match, match arrêté et match gagné. Donc, c’est pour ça que nous, on a les vidéos de tout ce qui s’est passé. Ce sera en commission et après, par rapport à la commission, ils feront leur choix. 

 

Je sens que Maurice Buzy-Pucheux, le nouveau vice-président du rugby amateur et président de la commission de discipline va encore se gratter la tête avec cette histoire. 

 

Se gratter la tête, non. On a les vidéos, c’est quand même assez clair. Je pense que ce n’est pas la première fois que ça arrive dans le rugby hexagonal. Ils connaissent ce genre de chose, ils verront très bien ce qui s’est passé. 

 

Et puis, c’est Noël, c’est la saison des marrons, c’est de rigueur ? Je n’incite pas à la violence, j’essaie de faire de l’humour sur un fait qui n’est quand même pas à mettre en valeur, un match qui s’arrête avant la fin de la rencontre. Mais bon, on peut quand même le prendre avec humour. Comme je le disais, à Noël, les marrons sont de rigueur et les joueurs ont voulu se mettre dans le tempo ? 

 

Bien sûr, évidemment, ils se préparaient aux marrons (rires). Moi par contre, j’ai vu mon équipe qui s’est très bien comportée suite à ça, qui s’est resserrée et qui n’a pas fait n’importe quoi malgré les provocations. Donc, c’est quelque chose qui est très positif pour la suite et je pense aussi que, dans des saisons, ce genre de chose arrive, ça construit une équipe. Lorsque c’est bien géré bien sûr parce-que, quand c’est n’importe quoi et que ça part dans tous les sens, ça n’est jamais productif mais là … 

 

Ca fait des souvenirs et du liant pour l’équipe ? 

 

Oui, normalement, il n’y personne qui triche dans ces moments-là, on ne peut pas tricher. 

 

C’est sûr. Pour revenir sur cette histoire, il y avait des antécédents entre Drancy et Suresnes ou c’est venu comme ça, du contexte de ce match particulièrement ? 

 

Non, il n’y avait pas particulièrement d’antécédents. La dernière fois qu’ils étaient venus chez nous, en Fédérale 2, ils nous avaient battus donc, c’était il y a 4 ans. Mais non, il n’y avait pas eu d’antécédent, on savait que c’était un rugby de devant, un rugby rugueux. Non, il n’y avait pas d’antécédent particulier avec ce club. 

 

On sait quand même que tu as une forte amitié avec le coach de Drancy, Vincent Lagassé. Rassure-nous, vous n’êtes pas fâchés à cause de ça ? 

 

Pas du tout ! On a bu une bière à la fin, on a même déconné avec l’arbitre. On a discuté, ça fait partie des derbys, ce sont des joueurs qui s’échauffent entre eux. En tribunes, ce sont aussi des joueurs entre eux qui s’échauffent. Prendre des points à chaque fois, on peut comprendre aussi que ça peut être stressant. 

 

C’est là où je voulais en venir. Est-ce que tu as aussi discuté avec Vincent de situation à Drancy où c’est quand même compliqué ? Ils ont 6 points au bout de 10 matchs, puisqu’ils ont maintenant un match en retard et un match en suspend, ça doit quand même être compliqué. En tant qu’entraîneur, tu as déjà été dans ces situations où tu te fais  » rincer  » quasiment tous les week-ends ?  

 

A ce point non, puisque nous, quand on est monté en Fédérale 1, il y avait la poule élite donc, on va dire que pour moi, la Fédérale 1 était un peu moins forte. Depuis l’année dernière, la poule élite donc, je pense que c’est plus compliqué pour les clubs qui montent. J’en avais discuté avec Vincent de cette stratégie, il m’avait demandé comment ça s’était passé. Je lui avais dit qu’en gros, on subissait sur tous les impacts, je parle d’il y a deux ans, et que notre seule chance de survie était en fait de compenser les muscles par l’intelligence et notamment l’intelligence collective. Donc, le but était d’avoir les replacements offensifs les plus huilés et surtout en amont, avant le combat. Parce-que, quand le replacement collectif, que ce soit en attaque ou en défense, est fait avant l’adversaire, cela simplifie le combat. Concrètement, lorsque tu as deux défenseurs qui montent lorsqu’un type a la balle, même si le mec est plus costaud, globalement, il subit quand même. Nous, on s’était mis sur ce parti et c’est un parti que, je pense, ils ont pris car j’avais regardé leurs derniers matchs à la vidéo. J’avais prévenu mes joueurs suite à ça aussi. Drancy est devenu une équipe qui joue beaucoup, beaucoup, beaucoup. 

 

Peut-être même un peu trop parfois ? 

 

Et même trop mais c’est compliqué de dire trop parce-que le jeu est le salut, je pense qu’ils l’ont ressenti. Ils ont senti cette fibre-là. C’est simple, quand on est inférieur physiquement, il y a le jeu qui prédomine donc, trop s’exposer. Moi, je ne les ai pas sentis trop s’exposer contre nous c’est à dire qu’ils ont bien alterné les sorties de camp et jouer plutôt dans leur camps et, s’ils étaient dans notre camp, c’est qu’on n’était pas très bien replacé. 

 

Ils n’ont pas tenté de relancer des 5 ? 

 

Pas forcément des 5 mais un peu après, relance des 22 (rires). 

 

Parce qu’on avait connu l’année dernière une équipe comme mais avec brio, c’était Saint-Jean-de-Luz. Eux, sont arrivés jusqu’en 1/4 de finale du Jean-Prat. Drancy peut s’inspirer de Saint-Jean-de-Luz, compenser ce déficit physique par du jeu, par une culture du jeu ? 

 

Nous, ça a été le salut ici. Moi, j’ai l’impression que c’est en train de devenir le salut de Drancy aussi. Mais, en même temps, au bout d’un moment, qu’est-ce qu’il y a d’autre comme solution ? Nous, on prenant des équipes qui étaient supérieures physiquement, on voyait leurs replacements, il y avait des trous partout dans la défense et on se disait  » si on n’exploite pas ça, comment on peut passer ? « . La mission était pour moi quasi impossible. Ou alors, il faut que les planètes soient alignées, qu’avec les astres, tout aille bien, que l’arbitre n’aille que dans notre sens. Mais ça, c’est autre chose, il va y avoir un match comme qui fait que tu vas le gagner, tu ne sais pas pourquoi. 

 

J’imagine que Vincent Lagassé a dû aussi discuter avec toi de la structuration de Suresnes. Suresnes, c’est le club qui monte lentement mais sûrement en Fédérale 1. Cette année, tu as un joli challenge à aller chercher, c’est le Du Manoir. Pour l’instant, vous êtes quasiment dans les clous parce-que, si on vous attribue ces 5 points, on ne va pas parler avant que la fumée noire ou blanche ne soit sortie de la Fédé mais, si on vous rajoute 4 ou 5 points, vous êtes 4es de la poule 1. En Août, tu signais pour un résultat comme ça à Noël ? 

 

Bien sûr, évidemment. 

 

Ce n’est pas arrivé par l’opération du Saint-Esprit, il y a quand même eu beaucoup de boulot, il y a eu une structuration professionnelle. Où en êtes-vous maintenant à Suresnes après maintenant 12 matchs ? Tu sens vraiment que l’apport des joueurs pros a été un plus indéniable par rapport à l’année dernière ? 

 

Oui, absolument. C’est ce que je te disais tout à l’heure, on le voit sur les impacts. On fait mal à des équipes, notamment Massy qu’on a battu ici. On est, pour le moment, les seuls à les avoir fait déjouer. Si on n’a pas ces impacts pour ouvrir les murailles, c’est compliqué. Donc ça, ça apporte et du coup, on a 11 avants. On a fait ce choix-là, le rugby commence devant. Ça a été un pari gagnant. Je crois que je t’en avais parlé en début de saison. On avait fait ce choix-là volontairement parce-que le rugby commence devant. On a vu comment étaient équipées les écuries avec 35 pris donc, on s’est dit  » essayons de commencer par devant  » pour tenir, tout simplement. Et, une fois que la conquête est réglée, que le jeu au ras est aussi réglé, qu’on est plus sur des choses, on va dire, équitables, forcément ça simplifie le jeu derrière. Nous, comme je te l’ai dit, on est une équipe qui a été beaucoup joueuse, qui l’est toujours et forcément, quand devant, tu as tendance à dominer, ça ouvre bien sûr des espaces. Donc, aujourd’hui, les 3/4 professionnels ne sont pas une nécessité parce-que, pour le moment, ça fonctionne. Maintenant, dans les années suivantes, ça sera à réfléchir en fin de saison. 

 

En clair, cette année, vous avez misé sur 11 pros devant tout en gardant derrière l’ADN de Suresnes. C’est à dire que le but n’était pas de déshabiller Paul pour habiller Jacques ? 

 

Oui, exactement et puis aussi, le choix de devant par rapport à l’équipe de l’année dernière, et je tiens à le souligner également, ça correspondait aussi au roulement naturel des joueurs. C’est à dire qu’il y a pas mal d’avants qui arrêtaient l’année dernière, 7 ou 8, donc on a pu les remplacer par des pros. Le roulement s’est fait naturellement, on n’a pas eu besoin d’éjecter des personnes pour les remplacer par des pros et ça, c’est quand même quelque chose de très bien et ça s’est présenté comme ça à nous. Après, parmi les avant qu’il y avait aussi  l’année dernière, il y en a qui, par rapport à leur boulot, ont pu lâcher leur boulot pour passer en professionnel directement. Pour les 3/4, ça n’aurait pas été le cas.

 

En parlant de 3/4, il y en a un à qui il aurait fallu faire un contrat pro, un petit jeune parisien qui vous est passé un peu sous le nez ? Il était à Massy, après il a été au Stade Français, c’est Karim Qadiri. Karim Qadiri à Suresnes, ça aurait pu matcher parce qu’on sait que c’est quelqu’un qui est attaché à sa région parisienne natale ? 

 

Ce n’est pas passé loin. Là, pour le coup, l’humain a fait qu’il est resté à Beaune parce-que sa copine est parti, je crois, de Paris à Lyon. Si sa copine était restée ici, on l’aurait récupéré mais voilà, ça c’est comme ça. Et c’est très bien aussi parce-que, on en parle pas assez mais les joueurs ont leur vie privée. Et qu’ils fassent tout exploser au niveau du rugby, d’avoir des joueurs comme ça qui continuent des projets rugby tout en préservant leurs projets privés et bien, j’ai envie de dire qu’il faut les honorer et les féliciter. C’est bien aussi. 

 

C’est un joueur qui est en train de prendre une certaine dimension en Fédérale 1, pour l’instant, il affole les compteurs. Quand vous affrontez Beaune, il y a des plans «  anti Qadiri  » ou pas encore ? 

 

On a l’avait déjà prévu à l’aller mais ça n’avait pas fonctionné (rires). 

 

Il va falloir changer le fusil d’épaule ? 

 

Oui, on l’avait prévu mais ça n’a pas fonctionné, il faudra bien sûr le cibler un peu plus. Après, je suis très content pour lui parce-que c’est un joueur qui est très bien construit dans sa tête. Des 7 ans que j’avais passé au Stade Français, ceux qui percent dans la durée et qui restent stables au haut niveau, ce sont les gens qui sont bien construits dans la tronche. A un moment ou à un autre, sur la durée, … 

 

Il percera ? 

 

Il percera, je ne suis pas devin, il y a toujours des risques de blessure ou autres mais, dans tous les cas, oui, il est bien parti. 

 

On va aussi parler des adversaires de Suresnes et des potentiels adversaires d’Albi puisque les poules vont se brasser au printemps. On est à mi-parcours, après la première journée des phases retour. Maintenant que tu as affronté quasiment tout le monde, qu’est-ce que tu penses de cette poule 1 en général ? 

 

Cette poule 1 a été surprenante de la part des promus qui sont arrivés de Fédérale 2. 

 

Rumilly entre autres ? 

 

Rumilly et même Issoire. Je parle d’Issoire ou même de Villefranche où on a perdu. Ils se sont quand même bien équipés et ce ne sont pas des équipes qui sont arrivées en Fédérale 1 la fleur au fusil. Moi, j’ai été surpris par ça, par leur niveau, surtout Rumilly bien sûr qui au niveau des avants sont quand même très bien rodés, très bien armés. D’abord bravo à eux, à ces clubs-là de proposer des oppositions comme ça parce qu’on montant comme ça, ce n’est pas gagné d’avance pour l’avoir vécu. Ensuite, il y a des équipes comme Villeurbanne qu’il ne faut pas oublier, où il y a deux très bons entraîneurs qui font qu’ils sont toujours dangereux. C’est toujours une bonne équipe même s’ils semblent un peu moins armés que l’année passée. 

 

Mâcon, qui a deux matchs en retard, va vite devenir un sérieux concurrent de Suresnes pour le Du Manoir, j’imagine ? 

 

Bien sûr. Mâcon a changé beaucoup de joueurs à l’intersaison donc, le temps que la mayonnaise prenne, ça a été un peu compliqué pour eux. Là, ils ont en train de monter en puissance et effectivement, Mâcon est aujourd’hui un concurrent très, très sérieux à la qualification. 

 

Beaune, Vienne, deux équipes qui l’année dernière jouaient le maintien pour Beaune et quasiment le maintien pour Vienne qui là, sont à la 4e et à la 5e place. Là aussi, ce sont de belles surprises. Ca montre que cette Fédérale 1 s’étoffe, s’homogénéise ? 

 

Vienne, je les connaissais depuis deux ans suite au parcours qu’ils ont fait en phases finales il y a deux ans et même de l’année dernière. C’est une équipe qui est rodée et qui est habituée aux joutes de Fédérale 1, c’est très sérieux. Et Beaune, 

 

Un mauvais souvenir pour Suresnes, Beaune, puisque vous avez perdu là-bas, chez les viticulteurs ? 

 

Oui. On les reçoit directement lors du prochain match. 

 

Entre pays viticoles, ça devait être quand même sympa la 3e mi-temps ? 

 

Ah, c’est sûr que le pinard est exceptionnel là-bas. Pour ceux qui ne le connaissent pas, ce coin là-bas au niveau du vin, ça vaut effectivement le détour. 

 

Je ne dirai pas le contraire. Donc Beaune, un mauvais souvenir, une équipe quand même surprise qui envoie aussi du jeu ? 

 

Oui, une équipe complète. C’est solide devant, ça envoie du jeu, il n’y a pas grand-chose à dire. Après, je sais qu’ils ne se déplaçaient pas beaucoup l’année dernière. Cette année, ça avait aussi l’air un peu moins fort sur les déplacements à part le dernier où ils ont été à Drancy et où ils ont été très, très efficaces. Maintenant, nous on les recevra armés comme il se doit. C’est sûr que ce match sera important, déjà pour simplifier la qualification. 

 

Tu imagines que nous, en tant que média albigeois, on a aussi un regard vers le haut de la poule 1. Il y a Dijon et Chambéry qui ferraillent pour la seconde place et il y a Massy qui surnage au-dessus. Massy, une équipe qui a une défaite, c’était face à Suresnes. Quelle est la recette pour faire tomber Massy et pour toi, est-ce que Massy est vraiment au-dessus du lot. Est-ce que Dijon et Chambéry vont continuer longtemps ce mano à mano ? Et, selon toi, qui sortira vainqueur de ce duel entre Bourguignons et Savoyards ? 

 

Oui, je dirai que Massy est au-dessus du lot. Après, te donner la recette miracle pour les battre … J’ai un ami qui est Morgan Champagne, qui était l’entraîneur des 3/4 l’année dernière à Suresnes, qui est devenu directeur de rugby à Massy. Donc, je ne vais pas étaler la stratégie pour battre bien qu’en plus elle ne soit en fonction que de notre match. 

 

J’aurai quand même eu le mérite d’essayer

 

A Massy, ce sera différent. Massy fait un rugby très complet, avec beaucoup de vitesse et il y a aussi Mathieu Bonello qui fait beaucoup devant. Nous, c’est simple, on les avait rencontrés en match amical en début de saison. On va dire que devant, on les avait surpris et presque dominés. Quand ils sont venus chez nous, c’est que le travail de Mathieu Bonello a, je pense, payé. On a quand même été, je dirai, plutôt dominés devant alors qu’on pensait aussi dominer sur ces aspects-là. Donc là, on a clairement été surpris. Massy, à battre, c’est une belle équipe. Ils sont quand même un peu jeunes sur certains postes mais c’est tout à leur honneur parce qu’ils font jouer des jeunes. Après, sur des matchs importants, couperets de phases finales, je pense qu’ils feront peut-être plus jouer des cadres ou ils trouveront un équilibre, je ne sais pas. Mais, en début de saison, je ne voyais pas forcément Massy remonter en Pro D2 et, après avoir vu leurs matchs et ce qu’ils ont fait, je me dis bon. 

 

Après, on sait qu’ils n’ont pas une volonté de remonter à tout prix cette année. S’il faut attendre un an ou deux, ils veulent faire ça dans la sérénité pour arrêter de faire le yo-yo. Donc, Massy, c’est une équipe qui est très, très en avance sur le point de passage qu’avait fixé la direction. C’est à dire exister en Fédérale 1, faire des belles prestations mais, ils sont quand même comme des candidats déclarés et très présents à la Pro D2 ? 

 

Oui mais ils ne se sont pas affichés, c’est là où ils sont malins. Quand on ne s’affiche pas, on a moins de pression, on vous voit moins venir, on a moins envie de les battre parce-que, les mecs qui se sont affichés, on va dire qu’ils ont un peu le melon. Donc, moi, je les vois quand même très sérieux. 

 

Quand tu dis s’afficher, ça veut dire qu’un club comme Albi qui crie haut et fort qu’il veut remonter en Pro D2, même s’ils ne l’ont pas afficher dans toute la ville parce-que ça nous a un peu porté la  » scoumoune « , tu trouves que ça fait un peu prétentieux ou que ça donne l’air d’avoir un peu le melon ? 

 

Si c’est adapté avec les moyens, pas du tout. Ça peut être cohérent même si moi, je joue la carte de l’humilité. Si c’est adapté au projet, c’est très bien et Albi ont le droit de montrer qu’ils ont envie de remonter. Mais, il faut vraiment que ce soit bien adapté au projet. Moi, sur le sujet d’Albi, je ne perçois aucune vision prétentieuse de la part des mecs de dire ça, d’abord, je ne connais pas le club. Je vois juste les résultats et les joueurs, oui, ils ont raison de dire qu’ils veulent remonter en Pro D2. Quand on voit en plus à quoi c’est passé l’année dernière … 

 

Ne remue pas le couteau dans la plaie ! 

 

Non, mais c’est important aussi d’en parler parce-que s’il y a une injustice à un moment, l’injustice a existé, elle a été faite et il faut aussi qu’à l’avenir maintenant, les gens retiennent ce qui s’est passé pour que ça évolue. 

 

Parce-que moi, j’ai eu des retours de joueurs en interviews, quand ils se déplacent, on leur reproche de se prendre pour d’autres parce qu’ils assument d’avoir envie de remonter en Pro D2. Pour toi, c’est quand même légitime quand on est joueurs, quand on est compétiteurs, d’assumer des ambitions ? 

 

Assumer ses ambitions, oui. Après, je n’imagine pas des joueurs arriver en disant  » nous, on veut monter en Pro D2  » sur un match à l’extérieur. 

 

Comme tout le monde lit un peu ce qui se dit dans la presse, ça infuse et après, sur les terrains à l’extérieur, ça branche. 

 

Voilà, ça peut brancher sur les terrains mais c’est normal, c’est aussi le rugby. Un mec qui veut monter, on va lui dire  » tu as un beau projet maintenant, on va voir ce que tu vaux « . C’est du classique, c’est dans l’essence du rugby donc il n’y a rien de mal. Moi, par rapport à Albi et qu’ils l’affichent, je n’ai aucun problème par rapport à ça. 

 

Du coup, après avoir dit ça, tu pourras venir tranquille à Albi pendant les fêtes ? 

 

Voilà, je vais venir un peu à la Cathédrale et au marché. Je me souviens, on bouffe pas mal.  

 

Ah oui, à Albi, on mange toujours très bien ! Pour ça, on n’est pas les derniers. 

 

Pour revenir sur Chambéry et Dijon, Chambéry est pour moi une des équipes qui m’a le plus impressionné du point de vue de la circulation du jeu. C’est à dire que, sur les sorties de camp, sur ce qu’ils font par zones, tout est rodé, tout es millimétré et je pense que Ringeval y est pour beaucoup. Maintenant, pour moi, ils manquent de puissance en mêlée et ne sont pas un sérieux prétendant à pouvoir monter. Et Dijon, c’est très équipé, devant, derrière, il ne faut pas les enterrer. 

 

Dijon avait été une des équipes surprises des play-offs de l’année dernière et qui avait bousculé Albi en 1/4 de finale. C’était passé à ras pour Albi, il avait fallu une fin de match tonitruante pour battre cette équipe dijonnaise qui avait pratiquement un pied en demi à la 60e. 

 

Je pense aussi que c’est une équipe qui est en construction, qui va monter en puissance. Nous, ils nous ont battus chez nous, pour le coup, on a dormi en première mi-temps. Mais, c’est une équipe très complète et les erreurs se sont payées cash. Ils sont réalistes, opportunistes, c’est une belle équipe. 

 

Pour eux, c’est peut-être un peu tôt d’annoncer, enfin, ils ne l’annoncent pas mais on entend bruisser  » la Pro D2, la Pro D2, Dijon vise la Pro D2 « . C’est un peu tôt pour eux, c’est peut être mettre un peu la charrue avant les bœufs ? 

 

Je ne sais pas au niveau des finances parce-que, lorsqu’on on parle de Pro D2, il faut des finances stables. 

 

Je ne suis pas dans les petits papiers mais, à priori, ils sont dans les clous. 

 

Je ne sais pas où ils en sont. S’ils sont dans les clous, pourquoi pas pour eux ? 

 

Après, je suis journaliste, je ne suis pas comptable. 

 

Moi, je le dis souvent, quand on dit qu’on veut monter, on fait venir des joueurs. Ca fait six ans que je suis à Suresnes, Dijon a mené cette stratégie et ça fait six ans qu’ils font ça. Ça fait deux ans qu’ils sont autrement plus équipés et solides. Mais eux, ça a été un peu comme Strasbourg, financièrement, il leur manquait du pognon et ils prenaient des points en moins. Peut-être qu’ils ont réussi à régler ça et s’ils l’ont fait, tant mieux pour eux et peut-être qu’ils peuvent être un prétendant sérieux. 

 

L’avenir nous le dira et on leur souhaite tout le meilleur du monde à nos amis dijonnais. Et si on le re-rencontre côté albigeois, ce sera un plaisir en espérant que l’issue soit la même. On va revenir sur Suresnes. Il va y avoir une reprise qui va être très rapide. Vous allez quand même décompresser à Noël comme tout le monde mais il va falloir reprendre puisque le week-end du 11/12, la Fédérale 1 reprend avec le premier match de 2020. J’imagine qu’il va y avoir des objectifs bien précis pour toi et tes gars afin de verrouiller cette accession en qualification du Du Manoir ? 

 

Oui, évidemment. On va déjà commencer par un objectif à court terme qui sera la victoire contre Beaune, de tout faire pour être prêt pour ce match avec une reprise dès le 2 Janvier. On l’avait vécu l’année dernière où Rennes s’était mieux préparé que nous sur cette reprise et on avait perdu à Rennes donc, on va essayer d’apprendre de ça. Ensuite, bien sûr qu’il y aura des matchs très importants, on va avancer match après match. Au niveau des objectifs, c’est surtout lié au joueur, on doit retirer quelque chose de chaque match, quelque chose qu’on doit garder pour aller le plus loin possible cette saison. Il y a Beaune, après il y a le déplacement à Chambéry où effectivement, par rapport à ce que l’on disait, ça nous permettra de nous jauger, de voir où on en est aussi. Est-ce qu’on a progressé face à eux par rapport à la phase aller 

 

Après Massy, le scalp de Massy ne serait pas mal dans le club-house ? 

 

Oui, effectivement, je signe tout de suite. On va allez à Chambéry en toute humilité, essayer de faire le meilleur match qu’on pourra. En fait, on va rattaquer de suite par des matchs qui seront décisif. Et, si on remporte ces matchs, on pourra voir à bien préparer la suite de la saison. Donc, voilà la stratégie. On a déjà 2 matchs couperet et on verra où on en est après ces deux matchs. 

 

On va finir par un brin d’humour. On t’a entendu parler de Suresnes, terre viticole, on t’a entendu parler de Beaune, terre d’excellence viticole. Tu n’oublieras pas de faire la promotion de notre Gaillacois ? On est quand même un média tarnais, tu as passé quelques temps dans le Tarn, tu n’oublies pas de faire la promotion du Gaillacois ! Même si c’est sûr qu’on ne peut pas lutter contre les Beaunois. 

 

Non, c’est important (rires). J’ai beaucoup d’amis en plus du côté notamment de Graulhet ou dans le Tarn. J’ai été reçu une fois, j’en parle avec humour, en guise d’anecdote, chez Pierre Cathalau, qui es le pharmacien de Graulhet pour ceux qui ne le connaissent pas. 

 

L’associé de Jérôme Montbroussous qu’on a eu en interview l’autre jour. 

 

Voilà, qui a peut-être pu t’en parler. C’est quelqu’un qui, au niveau de vin, m’a fait découvrir la France. Dans sa cave, c’est quelqu’un de très généreux. Ça fait partie des gens que je tiens à saluer et que je n’ai d’ailleurs pas vu depuis longtemps. 

 

On fait la promotion du monde viticole mais on le boit toujours avec modération ! On est des garçons sages. 

 

Voilà, tout à fait. 

 

On est des anges

 

Il faut le déguster. 

 

Exactement. Je vais finir par une dernière question, toujours un peu humour. Mathieu Bonello à Massy, Vincent Lagasséà Drancy, toi à Suresnes, vous allez bientôt pouvoir monter une confrérie des ex-tarnais ? Vous allez détrôner les Aveyronnais si ça continue ? 

 

Ouh là, les Aveyronnais, ils sont durs à bouger à Paris ! Je crois que, de tous temps, il y a eu dans ce rugby francilien des mecs qui sont montés pour le boulot. Moi, pour visiter les différents clubs de Fédérale depuis 6 ans dans le rugby francilien, ce sont souvent des mecs du sud-ouest, du sud-est, des mecs qui sont mutés qui aident ce rugby. Il y a des gens qui sont implantés localement bien sûr et ça fait une alchimie. C’est assez sympa ces gens de différents univers, de différents milieux, c’est sûr que ça crée quelque chose de sympa au niveau des clubs. 

 

On va te souhaiter de bonnes fêtes pour toi et toute ton équipe de Suresnes en espérant qu’à la Fédération Française de Rugby, on est une grande mansuétude envers ce match qui a été arrêté et qu’en période de fêtes, ils aient la main légère sur les sanctions si sanction il y a. On reviendra faire un petit tour à Suresnes voir si vous approchez et que vous touchez du doigt cet objectif Du Manoir qu’on vous souhaite grandement. 

 

Merci à toi. Ça nous irait très bien à nous aussi. 

 

Propos recueillis par Loïc Colombié

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