#Rugby – Fed1 / JB Dimartino (Massy) : «Aujourd’hui, dire qu’on veut monter en Pro D2, ça serait griller les étapes.»

Le Mag Sport – Radio Albigès est allé à la rencontre de Jean-Baptiste Di Martino, coach des 3/4 de Massy. Pour le club francilien, ex pensionnaire de ProD2, malgré l’actuel début de saison qui en fait un des prétendants légitimes à la remontée, l’heure n’est pas à l’emballement. Bordée par un projet sportif avec la ProD2 comme objectif à l’horizon 2023, l’écurie d’île de France veut se structurer et magnifier sa formation pour faire un comeback durable au second échelon du rugby français . Focus avec « JB » Dimartino sur un club s’apprêtant à disputer vendredi 29 novembre 2019, le choc de la poule 1 (face à Dijon ), et abordant en total ré-apprentissage, la fédérale 1, un championnat qui a bien changé depuis le dernier passage du RCME 91.

 

 

Jean-Baptiste, vous êtes donc l’entraîneur des 3/4 avec Mathieu Bonellomais je crois que vous avez d’autres fonctions au sein du club ? 

 

Oui, c’est ça. J’ai fini ma carrière de joueur au sein du club de Massy il y a quatre ans maintenant. En tant que joueur sur mes dernières années, j’étais déjà à mi-temps sur la responsabilité du centre de formation. Quand j’ai arrêté de jouer, j’ai repris ce poste à plein temps avec l’entraînement des espoirs et, depuis cette saison, je suis passé sur l’entraînement de l’équipe pro. Et donc, j’ai gardé, sur une année un peu transitoire le temps de mettre Antoine Gomez en poste sur le centre de formation, un peu l’étiquette de mes fonctions pour l’accompagner sur sa prise de fonction. 

 

Le staff de Massy est tout neuf puisque Mathieu Bonello vient d’arriver. Vous, vous prenez aussi les rênes sur les 3/4. Comment cela se passe-t-il avec Mathieu ? 

 

Oui, c’est un staff tout neuf, c’est un projet tout neuf parce-que, forcément, quand tu redescends d’une division, il y a plein de choses qui se mettent en place. On en a profité au sein du club pour repartir sur un projet nouveau avec une vision et une projection horizon 2023. Donc, on n’a pas seulement organisé le sportif autour de ça mais aussi toute l’évolution des structures, le travail des formations, tout ce qui est un petit peu à développer au club pour pouvoir, à terme, monter en Pro D2, et cette fois ci, s’y maintenir. Avec Mathieu, on a bossé sur, on va dire, le côté sportif et l’effectif pro sur ce nouveau projet depuis le mois de Juin. On ne se connaissait pas, on a appris à se connaître. Il s’avère qu’on s’est retrouvés notamment sur ce qui est les bases humaines d’un projet rugby. C’est à dire que Mathieu est quelqu’un de droit, quelqu’un de très rigoureux, de très exigeant. C’est sur ces points-là qu’on a réussi à se retrouver et donc, c’est beaucoup plus facile de construire quand il y a ces bases-là. 

 

Pour le projet, vous dîtes restructurer tout ça. Pourtant, il y avait une très bonne école de rugby et, la formation à Massy est quand même un grand credo depuis très longtemps ? Il y a de sacrés jeunes qui sortent de votre club ? 

 

Oui, c’est vrai qu’en France, il y a une vision, notamment par le nombre de joueurs qui évoluent en Top 14 et qui sont passés par nos centres de formation. On a cette image de club formateur mais nous, en interne, on sait qu’on aussi des faiblesses parce qu’on a de plus en plus de mal à les garder, ces jeunes. 

 

En fait, il manque la transition entre les jeunes et l’équipe première ? 

 

On a eu des problèmes de transition où, on va dire qu’on n’optimisait pas assez nos qualités de formation sur l’effectif pro. On veut nous remettre la formation au centre du projet, il y a énormément de jeunes qui jouent cette année, même des très jeunes, on a beaucoup de jeunes de 18 ans dans l’équipe. On veut redevenir attrayant pour les jeunes et, au sein du projet, on sait que si on veut rester ce club formateur, il faut aussi qu’on développe nos structures pour rester le plus attrayant possible pour ces jeunes. 

 

Pour valider un peu cette formation au travers de la première ? 

 

Exactement, pour qu’il soit indéniable que de rester au club de Massy un an ou deux en seniors soit la porte d’entrée obligatoire vers le plus haut niveau pour ceux qui auront la chance d’y aller. Après, notre but est d’amener les meilleurs vers le Top 14 et c’est aussi de capitaliser avec les autres pour pouvoir les garder sur du long terme à Massy. 

 

Sur le projet sportif, plus largement, j’ai entendu dire que l’état d’esprit et la cohésion étaient les mots d’ordre avec Mathieu Bonello pour cette aventure ?

 

Oui, parce qu’on a quand même perdu beaucoup, beaucoup de joueurs sur l’intersaison, ce qui est toujours le cas. Je crois qu’on en perd 18, on perd 18 contrats pros donc, on avait un groupe à reconstruire. On a voulu que la cohésion soit un des objectifs prioritaires de ce début de saison, travailler sur l’état d’esprit, travailler aussi sur la manière de travailler. On a voulu un petit peu apporter un nouveau cadre de travail avec beaucoup plus d’exigences, de rigueur et ça a été du boulot. 

 

L’objectif est donc la remontée avec, comme vous le dîtes, un cap 2023. Mais, si elle arrive plus tôt, j’imagine que vous la prendrez. Vous avez eu un départ de championnat canon avec 6 victoires et de gros scores. Vous étiez premiers de poule et premiers national, puis il y a eu l’accroc à Suresnes. Qu’est-ce qui s’est passé ? 

 

C’est paradoxal parce qu’on fait une très, très grosse première mi-temps à Suresnes, peut-être une des plus grosses premières mi-temps depuis notre début de saison, où je pense que le travail aurait été abouti si on avait réussi à scorer sur une occasion de plus, je pense que ça aurait été mérité. Et puis, en 2e mi-temps, on a quelque chose qui ne nous était pas arrivé jusqu’alors et qui nous ait arrivé, c’est à dire qu’on a été moins en réussite sur ce qu’on tentait. La réussite nous a fui et on a un peu subi cette 2e mi-temps parce qu’on n’a pas eu sur le terrain à ce moment-là, des joueurs avec un peu d’expérience capables d’arrêter l’hémorragie, de réunir tout le monde donc, on a subi ça. Mais, c’est une étape de plus, dans la construction d’un groupe, on a besoin de ces moments-là pour justement faire émerger ses leaders. Je pense que les joueurs ont retenu la leçon, ils ont compris qu’ils avaient laissé l’évènement se dérouler sans en être vraiment acteurs. Ça leur a servi de leçon et je pense que le match de Vienne ce week-end le démontre donc, c’est plutôt positif. 

 

Pour reparler de Suresnes, ils sont coutumier du fait parce-que, ce week-end, ils étaient très largement menés pour s’imposer finalement au finish. 

 

Après, je parle de nos défaillances mais bien sûr que Suresnes a aussi une belle équipe. Ils ont un gros paquet d’avants et ce jour-là, ils ont aussi fait ce qu’il fallait pour gagner ce match. Et je pense que, quand tu mènes de 21 points à la mi-temps, tu dois être maître de ton match. 

 

Vous parliez un peu du gros paquet d’avants de Suresnes. A priori, il y en a un également à Vienne puisque vous avez eu quelques difficultés et pris un carton jaune sur une de ces phases. Est-ce que ce ne serait pas un peu votre secteur défaillant sur l’effectif que vous avez ? Ou alors, vous avez de la casse? 

 

En tous cas, sur les chiffres, c’est sûr que ça l’est. Maintenant, c’est vrai qu’on a été embêté par les blessures puisqu’on a un pilier droit qu’on n’a pas encore eu sur le terrain ou très peu depuis le début de saison. On en a un autre, qui est un pilier expérimenté de Pro D2 qui était chez nous, qui revenait des croisés cette année et, le retour d’une grosse blessure, c’est toujours délicat, derrière, il a eu un petit souci musculaire. Donc, il peine un petit peu à revenir du coup, on est un peu affaiblis sur le poste de pilier droit et forcément, c’est important sur les mêlées. Et puis, sur les piliers gauches, on a aussi des joueurs qui sont de retour de blessures, qui manquent de rythme. On espère pouvoir retrouver rapidement tout le monde, que les joueurs reprennent du rythme et de la confiance. Puis après, il y a un gros boulot sur ces aspects là mais, quand on aura les joueurs, ce sera peut-être plus simple de bosser. La mêlée, c’est aussi un travail collectif et les joueurs ont besoin aussi d’en pousser ensemble pour pouvoir progresser. Quand on aura les joueurs, on pourra bosser et optimiser un petit peu ce secteur qui, c’est vrai, sur les chiffres, nous fait défaut. 

 

Vendredi, il va y avoir le choc sous les caméras de l’Equipe TV. Vous recevez Dijon qui est votre second de poule. Vous êtes un peu détachés au classement mais là, ça va être un autre test comme ça a pu l’être contre Chambéry ? 

 

C’est sûr que, sur le plan comptable, c’est le premier qui reçoit le deuxième donc, forcément, il y a un enjeu comptable particulier. Mais l’enjeu pour nous est surtout de finir de découvrir le niveau de notre poule parce-que, de week-end en week-end, on ne savait pas trop où on mettait les pieds. On découvre cette Fédérale 1 donc, chaque week-end est une remise en question. Maintenant, Dijon fait partie des prétendants affichés à la Pro D2, ils sont très bien structurés donc, ça va être un vrai test pour nous. Et on va dire qu’après ce match-là et après celui de Rumilly, on aura fini la phase aller. On pourra un peu plus savoir où se situer par rapport au niveau de la poule et pouvoir parler d’ambitions et d’objectifs un peu plus précis pour cette saison. 

 

On va quand même penser que vous allez vous qualifier pour le Jean-Prat, premier ou second mais les observateurs vous voient plutôt premier. Pour se projeter un petit peu même si vous attendez ces deux derniers matchs, si vous vous retrouvez en Jean-Prat, quel adversaire craignez-vous pour ces phases finales ? 

 

C’est toujours compliqué la Fédérale 1 parce-que souvent, il y a des équipes que tu n’as pas dans la poule que tu observes de loin et c’est toujours difficile de se jauger par rapport au niveau des autres poules. Maintenant, sur ce qu’on a vu, la poule de Bourg-en-Bresse semble quand même très costaud, très homogène avec des équipes comme Bourg, comme Narbonne, comme Bourgoin et puis, même ceux qui sont derrière, Nice, Hyères, enfin, il y a aussi des gros morceaux derrière. Après, il y a forcément Albi qui est dans la continuité de ce qu’ils ont fait l’an dernier. Quand on est dans la continuité, avec ce qu’ils ont vécu d’un point de vue humain, on sait que c’est fédérateur aussi, un esprit revanchard. Donc voilà, Albi, Blagnac et puis ces morceaux-là de la poule de Bourg-en-Bresse, il y a quand même du monde. Etre dans les 8, c’est sûr que ce sera un objectif et après, on va dire que c’est la suite de notre saison qui pourra déterminer des objectifs cohérents par rapport à où on en sera dans la construction de ce nouveau projet. 

 

Vous avez reçu pour l’instant ce qu’on pourrait appeler des gros morceaux, comme Mâcon, même s’ils n’ont pas fait un joli début de saison, Chambéry, Dijon. Aux matchs retour, vous allez y aller, ce sera encore des tests et, à la limite, ça va encore bien vous préparer pour les phases finales ? 

 

Pour l’instant, on veut regarder match après match. A la trêve de Noël, on aura une visibilité sur ce qu’on est capable d’aller chercher sur la poule et forcément, derrière, ça ouvrira des perspectives pour la suite. Mais bon, dire qu’aujourd’hui l’objectif fixé est la montée en Pro D2, ça serait griller un peu les étapes. On travaille beaucoup, les joueurs travaillent beaucoup pour aller le plus vite possible. On repart sur un nouveau projet de jeu, il y a plein de choses qui se mettent en place et qui demandent du temps. Les résultats sont pour l’instant bons, il faut qu’on arrive à continuer comme ça et puis, on fera les comptes à la fin de l’année 2019 pour voir ce à quoi on peut aspirer cette année. 

 

Propos recueillis par Didier Revellat

https://hearthis.at/radio.albiges/le-magsport-19-11-2019/

 

 

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