#Rugby – Fed1/ J.Veniat (Rumilly) : «C’est tout sauf le hasard»

Julien Veniat, le coach de Rumilly, un promu qui surprend un peu tout son monde actuellement 3eme de la poule 1, nous a accordé un entretien pour nous narrer ce début de saison tonitruant. Le club alpin, avec son public fidèle des « Grangettes » fait un Come Back sur les chapeaux de roues en Fédérale 1 , et va défier le stade dijonnais, dans un match qui sera un véritable étalon pour les savoyards. Focus sur un club qui a force de travail et d’abnégation bouscule l’ordre établi.

 

 

Julien, le parcours de Rumilly est la grosse surprise de ce début de saison. Mais cela n’est pas dû à la chance, j’imagine que c’est beaucoup de travail derrière ? 

 

Oui, c’est tout sauf le hasard. C’est sûr que, quand on voit un promu 3e de la poule, ça peut paraître surprenant mais nous, en interne, on sait très bien que ce n’est pas le fruit du hasard. C’est énormément de travail par le staff, par les joueurs et par tout l’ensemble du club. Il y a quand même eu de la structuration pour monter de la Fédérale 2 à la Fédérale 1. Il y a énormément de boulot qui a été fait à l’intersaison au niveau du recrutement, dans la structure du club, dans les infrastructures. En effet, depuis le début de saison, en regardant un peu le classement britannique, on a beaucoup reçu mais on a engrangé des points. C’est une bonne chose de faite et c’est quelque chose qui ne sera plus à faire. 

 

Le maintien reste l’objectif principal mais cette possibilité d’accéder au Du Manoir dès la remontée du club, ça doit quand même un petit peu trotter dans la tête ? 

 

Dans le plan du club cette année, c’est vraiment le maintien. L’année prochaine éventuellement, si on se maintient, ça sera d’aller chercher la qualification donc là, ce serait vraiment la cerise sur le gâteau. Vraiment, on ne lâche pas la proie pour l’ombre, notre objectif premier, c’est le maintien et ça restera le maintien tant que ce ne sera pas acquis mathématiquement. Donc, pour l’instant, on ne regarde pas les résultats de Suresnes ou de Vienne par exemple pour la qualification. On regarde Villefranche, Drancy, Issoire pour le maintien. On sait qu’on a pris un peu d’avance, on travaille en toute confiance et dans la bonne humeur donc ça, c’est quelque chose d’extrêmement positif. Mais, on reste humbles et les pieds sur terre, notre objectif, c’est le maintien, et il est loin d’être acquis encore. 

 

Mais, si tes hommes, à cinq journées de la fin, sont en position d’aller chercher le Du Manoir, tu ne les freineras quand même pas ? 

 

Ah non, je ne les freinerai pas. 

 

Tu me rassures

 

Si à cinq journées de la fin, on peut viser le Du Manoir, c’est qu’on aura fait un bon bout du chemin pour le maintien et je pense qu’il sera acté. Donc oui, évidemment, le maintien et éventuellement la qualification mais je n’aime pas trop en parler. Ce ne sera que le fruit du travail qui est fait par l’ensemble du groupe et par le staff. Dans tous les résultats qui sont positifs, il n’y a rien qui est dû au hasard. On ne laisse pas la place à la chance ou quoi que ce soit, on travaille bien, on prépare bien les matchs et ça paye donc, c’est extrêmement positif. 

 

On t’avait eu en amont de la saison pour présenter le come-back de Rumilly sur les colonnes du Mag Sport. Tu nous avais parlé de moments forts que tu attendais et que tout Rumilly attendait. C’était un peu le remake de la finale face à Issoire et également le derby face à Chambéry. Comment se sont passés ces deux moments forts ? 

 

Pour Issoire, j’ai vraiment dédramatisé ce match-là. On l’a abordé avant tout comme un concurrent au maintien avant de reparler de la finale. On a eu un gros renouvellement d’effectif donc, ça a quand même eu un peu moins de poids. Evidemment, c’était particulier pour les supporters, pour le staff et pour les joueurs qui étaient là l’an dernier. C’était une reprise de bloc, un match piégeux contre une équipe d’Issoire qui a vraiment une grosse mentalité. On l’a gagné, le regret, c’est qu’on leur laisse le point de bonus défensif dans un match qu’on aurait largement pu tuer à la 50e minute. Mais bon, c’est comme ça, c’était contre une vaillante équipe d’Issoire. Donc, globalement, contre un concurrent au maintien, ça s’est quand même bien déroulé. Et le derby contre Chambéry il y a 10 jours maintenant est vraiment frustrant. C’est une défaite à 0 point, on revient sans rien avec une énorme débauche d’énergie et un match plein avec deux, trois petites erreurs individuelles, des détails qui font basculer le match pour Chambéry. Donc, très frustrant, très déçu par rapport à l’investissement des joueurs mais c’est comme ça. On revient avec 0 point mais quand même avec des certitudes dans l’engagement et dans le contenu de nos matchs par rapport à ce match. 

 

Maintenant, il y a un gros défi qui vous attend puisque vous allez affronter Dijon. Sur le papier, vous ne jouez pas dans la même cour mais actuellement, au classement, ce n’est pas loin ? 

 

Moi, je regarde plutôt le classement britannique où on est très loin de Dijon. 

 

Moi, j’ai regardé le classement de la Fédérale 1

 

Je comprends, moi je suis plus axé sur le britannique. On a beaucoup reçu alors évidemment, on a 6 victoires, eux en ont 5. Mais ils ont une équipe qui est autrement armée que nous, qui vise la Pro D2. Ce n’est clairement pas notre championnat mais, on n’y va pas en victime. On va voir comment ça va se passer. Ils sortent de deux défaites qui sont vraiment honorables, il n’y a vraiment pas de honte de perdre à Vienne et à Beaune. Vienne, dans des conditions difficiles actuellement, sont très, très difficiles à manœuvrer et Beaune, qui a sorti un très, très gros match. Vienne, Beaune, Suresnes, ce sont des écuries qui sont vraiment capables du meilleur donc, il n’y a vraiment pas de honte. Ils ramènent deux points de bonus, un dans des conditions difficiles et un dans un derby, qui sont des matches particuliers, on est bien placé pour le savoir. Il n’y a aucune honte de perdre ces deux matchs, ce n’est pas du tout une contre-performance donc, je ne me fais pas de souci pour eux. Ils sont effectivement dans une spirale négative avec deux défaites mais je ne me fais pas de souci pour eux pour qu’ils se remettent dans le droit chemin. 

 

Ce match contre Dijon va aussi revêtir pour toi un caractère émotionnel particulier puisque tu vas rencontrer en tant que coach, Renaud Gourdon qui était ton manager quand Julien Véniat était un joueur ? 

 

J’étais joueur à Angoulême effectivement. On s’est vu à l’intersaison, Renaud m’a donné quelques conseils sur la Fédérale 1, pas sur les contenus mais sur toutes les nouvelles choses au niveau administratif de la Fédérale 1. C’est quelqu’un que j’ai côtoyé à Angoulême pour la montée en Fédérale 1 et l’année de la Fédérale 1. Je pense qu’il est sur un bon projet et je ne doute pas que, avec son expérience, il va remettre les joueurs sur le droit chemin ce week-end. C’est un match qu’ils attendent de pied ferme puisqu’ils sortent de deux défaites et qu’ils vont à Massy pour le prochain donc, il ne faut pas qu’ils se trompent. La pression sera sur eux mais ils ont largement l’expérience et l’exigence pour faire fi de ça. 

 

Toi Julien Véniat l’entraîneur, est-ce que tu t’inspires de ce que tu as connu de Renaud Gourdon quand Julien Véniat était le joueur ? 

 

J’en prends tout le positif que j’ai pu en tirer, sur le management, sur l’humain, c’est un bon manager. De toutes mes expériences de joueur par rapport à mes entraîneurs et mes managers, j’ai essayé de prendre tout le positif que j’ai pu en tirer et de m’en servir aujourd’hui. Après, je suis un jeune coach, je n’ai que 33 ans et j’apprends tous les jours. 

 

On dit souvent que l’élève dépasse le maître. Que Rumilly aille titiller Dijon dimanche, ça peut s’envisager ? Vous allez venir pour essayer d’être le poil à gratter ? 

 

On va y aller avec nos armes sur un dernier match de bloc, on va récupérer la semaine prochaine. On n’y va pas en victime, on sait très bien que, sur le papier, on n’est pas du tout dans la même cour, ce n’est pas le même championnat, ce ne sont pas les mêmes objectifs. Actuellement, ils vivent une période un peu difficile mais je ne me fais pas de souci pour eux. Mais nous, de notre côté, on va se focaliser sur nous-mêmes et essayer de faire une belle prestation à Dijon. 

 

On a une question qui nous brûle les lèvres. Avec ce beau début de saison de Rumilly, est-ce qu’au moins le beau public des Grangettes a rugi une voire deux fois ? 

 

Oui, le public répond présent. On a eu des belles affiches pour le moment donc c’est vrai que c’est agréable, même dans la préparation des matchs et dans les contenus des matchs de jouer contre de belles écuries comme Mâcon, comme Vienne, comme Suresnes, il y a Massy qui se profile début décembre. C’est intéressant, ça va l’être encore, cette Fédérale 1 est passionnante à préparer, à aborder, à appréhender donc, c’est vraiment agréable et je pense que le public s’y retrouve largement.

 

Ça nous met dans l’actualité. Les 22 et 23 Novembre, il va y avoir le séminaire des présidents de Fédérale 1 pour la réforme de la dite Fédérale 1. Toi, en tant que néo-arrivant en Fédérale 1, est-ce que cette formule te convient ou est-ce que tu prônes une Fédérale 1 Elite, une pro D3, une super Fédérale 1 ou bien encore un système hybride ? 

 

C’est délicat parce qu’on est toujours content. Si je me mets vraiment sur le sportif, c’est vrai qu’il y a des situations qui sont délicates. Un pilier droit qui fait de la muscu 5 fois par semaine, qui se prépare, qui le lundi matin va à la cryo, rencontre un mec qui se lève à 6h du matin pour aller au boulot, qui est carreleur ou plaquiste, ce ne sont pas les mêmes niveaux de préparation. Je ne le souhaite surtout pas mais, j’aipeur qu’un jour, il se passe quelque chose de grave. C’est là où je suis un peu sceptique. Après, on est tous ravis de jouer Massy, on est tous ravis de jouer Dijon, d’avoir des écuries comme ça pour le public, pour tout le monde, c’est vrai que c’est passionnant. Mais, j’espère qu’on n’en arrivera pas à ce dont je viens de parler. C’est là que le degré de préparation des joueurs rentre en compte et peut poser problème par rapport à des écuries qui s’entraînent cinq fois par jour, qui récupèrent toute la semaine et des écuries avec uniquement des pluriactifs. C’est vrai que la différence se fait sentir et se fait surtout sentir à l’usure. Donc, on verra, c’est pour cela que je suis content pour l’instant d’avoir engrangé des points sur le début de saison parce qu’on a des mecs qui ont fini la saison fin Juin en Fédérale 2 et on sait pertinemment que ça va tirer à un moment dans la saison. On essaie d’optimiser tout ce qui est récupération. On n’a pas les mêmes moyens, les joueurs ont travaillé toute la journée, ils n’ont pas la même récupération que les grosses écuries mais, on essaie de faire au mieux. 

 

Merci Julien Véniat, on reviendra dans quelques semaines faire un tour à Rumilly pour voir si la folle épopée de Rumilly suit son cours. 

 

Merci beaucoup 

 

 

 Propos recueillis par Loïc Colombié

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s