#Rugby – Fed1/ P.Padroni (Stade Bagnerais) : «Ici, on a appris à être humble!»

Patrice Padroni, depuis la prise de recul de Daniel Carrere et Roland Bertranne, est l’unique timonier du club bigourdan. Il est de ces président de l’échelon fédéral, qui tentent de trouver un nouvel horizon, tout en préservant les valeurs et l’histoire de clubs légendaires. Le Stade Bagnerais, équipe mythique des années 70, avec son stade flirtant sur les bords de l’Adour, fut un des cadors de l’ovalie hexagonale . Mais aujourd’hui, Bagnères de Bigorres, malgré un ADN rugbystique ancré , et suite à une saison délicate , cherche envers et contre tout, à gravir les obstacles exigés par la mutation du rugby. Focus sur un club , qui malgré les lustres du passé, cultive l’humilité, avec la ferme volonté de faire re-vibrer ce bastion pyrénéen au grè des envolées des mômes de la vallée.

On est avec le nouveau président du Stade Bagnérais. Patrice Padroni, bonjour.

 

Bonjour. Alors nouveau, je rectifie déjà un peu parce que j’étais co-président avec Roland Bertrand et Daniel Carrère depuis décembre de l’an dernier. Je continue la présidence depuis Juin, je poursuis alors que Daniel et Roland ont souhaité prendre un peu de recul. 

 

Je disais nouveau parce-que vous êtes nouveau dans ces fonctions de président en solo, maintenant ? 

 

En solo alors, on est d’accord !

 

Au Stade Bagnérais l’année dernière, vous avez réussi à vous maintenir mais ça a été de haute lutte. Ca a été assez épique avec le couperet quasiment jusqu’au bout. J’imagine que cette saison, on a envie d’aller retutoyer les phases finales à Bagnères de Bigorre parce-que c’était d’habitude quelque chose d’impératif d’être en phases finales et là, vous avez vraiment eu  » chaud aux fesses « , si vous me passez l’expression ? 

 

Chez nous, à Bagnères, on a appris à être humble donc impératif, non. Ce qu’on veut, c’est vraiment d’abord se maintenir nous en Fédérale 1. Une Fédérale où maintenant beaucoup de clubs se renforcent de façon impressionnante. Et nous, on veut faire perdurer ce club en Fédérale 1. Donc l’an dernier, on a eu très, très chaud comme vous dîtes (Rires) mais cette année, on a fait en sorte de se renforcer et d’essayer de présenter une équipe qui, j’espère, pourra tutoyer comme vous dîtes les phases finales. 

 

L’avantage que vous avez à Bagnères, c’est que vous avez un passé, un passé illustre. Ca aide pour recruter, pour faire venir des joueurs ? Blagnères, ça parle dans l’ovalie hexagonale, c’est un nom bien ancré ? 

 

Nous, on axe d’abord beaucoup sur notre formation, une formation où, vous allez pouvoir le constater, on a beaucoup de jeunes issus de notre club. Et c’est vrai que notre passé nous aide quand même pour faire venir les personnes chez nous. Mais, on axe beaucoup sur la convivialité et le fait que Bagnères a quand même encore assez bonne réputation partout. 

 

Pour m’être déplacé l’année dernière en même temps que le Sporting qui était venu jouer à Bagnères, on a vu qu’on savait recevoir. A Bagnères, la convivialité est toujours de mise aux pieds des Pyrénées ? 

 

Oui, d’ailleurs le Sporting s’était déplacé dans un contexte assez particulier puisqu’on venait de perdre un être cher dans notre club. Et on a vraiment très apprécié, je voulais vous le dire d’ailleurs, la façon dont le Sporting a respecté le stade et notre moment de malheur ce jour-là. 

 

C’était un moment, très, très poignant. C’était le décès de Nicolas Rami ? 

 

Oui, Nicolas nous avait quittés le lundi et ses parents étaient venus le dimanche au match. On avait beaucoup apprécié la façon dont le Sporting s’était comporté ce jour-là. 

 

En parlant du Sporting, vous allez de nouveau les rencontrer cette saison. Quand vous voyez ces armadas pros, je parle de Tarbes, du Sporting ou même de Blagnac, alors je veux bien qu’avec Tarbes, il y a une rivalité bien particulière, il y a une suprématie pyrénéenne, mais quand vous voyez ces écuries pros et que vous vous voyez vous, à Bagnères, en train de souvent galérer pour joindre les deux bouts, qu’est-ce qui vous fait envie chez ces écuries pros et qu’est-ce que vous aimeriez ne jamais avoir comme inconvénients du professionnalisme ?

 

Nous, d’abord, on n’envie personne, chacun vit avec ses moyens. Ce qu’on souhaite, c’est de pouvoir rivaliser avec ses grandes armadas, ça nous fait grand plaisir de pouvoir lutter contre Albi, contre Blagnac, contre Tarbes. Voir qu’on peut rivaliser avec eux et que notre place, elle est encore avec ses grosses écuries, bien que l’an dernier, Albi soit venu nous donner une leçon à Bagnères. Mais on ne désespère pas quand même cette année de pouvoir lutter avec ces grosses écuries.

 

Et puis, il y a des collègues du Piémont Pyrénéen, je pense à Nafarroa au Pays Basque ou Oloron au Béarn, qui ont Donné de la suite dans les idées aussi en montrant qu’il était possible de faire trébucher des grosses pointures ? 

 

Je vais envoyer un message à Albi. S’ils veulent faire des voyages touristiques, ils peuvent les faire aussi aux Monts -de-Bigorre. Je pense que l’an dernier, Albi n’a peut-être pas pris la mesure de ces déplacements-là. En tous cas, Bagnères, ils l’avaient bien pris. Je pense que cette année, ils ne se tromperont pas. J’ai vu sur leurs interviews qu’ils voulaient finir premiers nationaux. En tous cas, on saura les recevoir ici comme ils sauront nous recevoir chez eux à Albi. 

 

On n’en doute pas. On va parler un peu aussi de la suprématie pyrénéenne. Dans la poule, il y a Pamiers, il y a Oloron, il y a Bagnères, il y a Lannemezan et bien sûr, il y a le Stado Tarbes. C’est un championnat dans le championnat, cette petite suprématie pyrénéenne ou maintenant, ça n’a plus lieu d’être comme me disaient certains joueurs ? 

 

D’abord, nous on parlerait de suprématie haut-pyrénéenne parce-que nous, notre souhait, c’est vraiment cette année de gagner un derby à Bagnères. L’année dernière, on a perdu tous les derbys. Notre souhait, cette année, c’est vraiment d’en gagner un à Bagnères ou même les deux contre Tarbes et Lannemezan. Après, vous savez, ce ne sont plus les derbys d’antan, heureusement d’ailleurs. Et comme je vous dis, nous, ce qu’on veut vraiment, c’est gagner nos derbys à Bagnères

 

Après, ça amène toujours quand même les grandes chambrées ces derbys. C’est toujours une fête du rugby haut-pyrénéen ? 

 

Nous, c’était notre souhait d’avoir dans la poule Lannemezan et Tarbes parce-que ça nous amène quand même des chambrées avoisinant 5 000 spectateurs. 

 

Ce qui n’est pas neutre pour de la Fédérale 1

 

Pour une ville de 7 000 habitants et pour notre budget, ça représente quand même beaucoup. 

 

Et alors, pour Bagnères-de-Bigorre, comment voyez-vous l’avenir dans cette Fédérale 1 qui se professionnalise et s’arme ? Vous pensez que votre club va pouvoir, honnêtement, continuer à exister longtemps avec les vertus morales et les vertus du rugby amateur et les amis du club qui soutiennent le club depuis longtemps ou faudra-t’il qu’il y ait une nécessaire mutation pour suivre le wagon ? 

 

C’est la question qu’on va devoir se poser. Chaque année, on repousse les échéances, on repousse le questionnement. On a de la chance que beaucoup de monde nous soutienne mais, à plus ou moins longue échéance va devoir se poser. Parce qu’on voit que les contraintes sont de plus en plus importantes et les questions sont : jusqu’où cette Fédérale 1 va nous amener et jusqu’où Bagnères va pouvoir suivre ? 

 

C’est quand même un des enjeux à court/moyen terme, plutôt à court terme qu’à moyen terme pour cette Fédérale 1 ? Parce qu’il y a beaucoup de clubs maintenant, les annonces ont été faites avec cette réforme de la Fédérale 1, qui commencent à être obligés de tendre vers le professionnalisme et qui, parfois, n’y sont pas totalement prêts. 

 

Nous, en tous cas, on ne dérogera pas à nos valeurs. Ce que je peux vous dire, c’est qu’on restera toujours dans les clous, que ce soit financièrement ou que ce soit au niveau de la formation. Et si on n’a plus notre place, et bien, il faudra qu’on nous le dise. 

 

La formation, pour vous, c’est quand même une pierre angulaire de votre projet de club ? 

 

Nous, on est obligés de se baser, de s’axer sur ça. Vous savez, à Bagnères, au niveau industries, on est les parents pauvres et on a toute une formation qui est vraiment bien en place. L’an dernier, la ligne de 3/4 était tous issus des cadets et des juniors du stade. Donc, on veut préserver ça. 

 

Il y a quand même une lueur d’espoir. Quand on voit Saint-Jean-de-Luz , 750 000€ de budget qui, l’année dernière, est allé faire un petit tour en Jean Prat et a porté dignement et fièrement le blason luzien, ça peut donner aussi des idées à des clubs comme les vôtres en disant que, même s’il y a financièrement un écart, sur les valeurs, sur le rugby, sur les valeurs humaines, il y a possibilité de combler ce déficit ? 

 

Oui, c’est ce que je vous disais tout à l’heure. Nous, cette année, on se dit que, plus tôt on assurera le maintien, qui est notre objectif premier, on pourra peut-être viser une éventuelle qualification. Il y a encore de la place, je pense, pour ces clubs qui ont certaines valeurs et une certaine vision du rugby et pourquoi pas  nous cette année ? 

 

C’est tout le mal qu’on vous souhaite. On espère que le Stade Bagnèrais va de nouveau retutoyer les phases finales, que ce soit en Du Manoir ou encore mieux, en Jean Prat. On vous le souhaite vivement, que vous puissiez de nouveau faire vibrer toute la vallée en Bigorre. 

 

Je vous remercie et rendez-vous à Albi sous peu. 

 

A très bientôt pour l’inauguration de cette saison 2019-2020

 

Merci beaucoup et à très bientôt au Stadium.

 

 Propos recueillis par Loïc Colombié

 

 

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