#Football / Gabrielle Lambert : « le match à Montpellier, encore aujourd’hui c’est le pire moment de toute ma carrière sportive »

Arrivée à l’été 2016, Gabrielle Lambert était vite devenue un atout majeur sur le terrain, un vrai exemple d’envie et une source de motivation pour ses coéquipières. Par son charisme, et ses performances, elle faisait partie du gratin des gardiennes de D1F. Elle a quitté l’ASPTT Albi en fin de saison 2017-2018 en laissant l’image d’une fille déterminée, symbolisant la rage de vaincre . Revenons avec elle sur son passage en terre trarnaise et sur ses ambitions futures.

  • En Arrivant tout droit du Canada, comment t’es-tu sentie une fois à Albi ?

J’étais contente d’être arrivée dans une équipe comme Albi où les gens sont très accueillants et l’ambiance très familiale. Cela m’a permis de vite m’intégrer et m’a donné envie de rester. Albi est un club très chaleureux, je ne me suis jamais senti de trop, même si je ne jouais pas au début. C’était quand même facile de s’intégrer et de vite faire partie du groupe.

  • Tu as eu du mal à te faire ta place au sein du XI de l’ASPTT Albi durant ta première année en France. Quel moment de ce premier match en tant que titulaire retiens-tu aujourd’hui ? (Coupe de France : Rodez – Albi)

C’est un match qui était le tournant de la saison pour moi parce que si je faisais un match bien, je savais que c’était ma chance pour jouer dans le championnat. Malgré la défaite je considère que j’ai fait un match correct, sans plus mais c’était assez pour convaincre Adolphe (AdolpheOgouyon, actuel coach de Toulouse) de me laisser ma chance puis par la suite j’ai prouvé que j’avais ma place comme titulaire.

Crédit photo :Vincent Céré

  • Tu as pu disputer 33 matchs en portant haut le maillot de l’ASPTT, si tu devais raconter un souvenir de ces matchs, ce serait lequel?

J’en ai quelques-uns en tête. Je pense les deux plus marquants sont le premier match contre Marseille même si on perd 1-0 au final, je fais quand même un bon match, puis pour moi c’était le vrai premier match en championnat. J’avais réussi à jouer en D1 ! Pour moi c’était vraiment une réussite. Même si le match contre Rodez était important ça restait la coupe de France, c’était pas le championnat. Puis ensuite il y a le match à Bordeaux quand on joue le maintien. On va gagner là-bas, en perdant 1-0 à la mi-temps, et on gagne 2-1: on a fêté la victoire comme jamais parce que le maintien était acquis. Je ne pourrais jamais l’oublier.

  • Si je te dis dimanche 27 mai 2018, comment as-tu vécu ce match ? (Défaite de l’ASPTT Albi à Montpellier 3-1, et descente en D2F des Albigeoises)

C’est le match à Montpellier où l’on perd. Encore aujourd’hui c’est le pire moment de toute ma carrière sportive. Le fait de vivre une descente comme ça, je ne le souhaite à personne. C’est le pire feeling que tu peux avoir, surtout qu’on dépendait de plein de rencontres différentes. Sur le match on n’a rien à se reprocher, après c’est un concours de circonstance. Certaines équipes font des miracles ou d’autres font des flops. C’est vraiment un concours de circonstance qu’on descende. Sur le terrain tout le monde à donner ce que l’on avait à donner, on savait ce qui nous attendait. On savait que sans une victoire on dépendait des autres. Après on allait jouer à Montpellier dans des circonstances qui n’étaient pas les meilleures puisqu’on faisait le déplacement sur une journée. Je ne pense pas qu’on puisse dire qu’on ait des regrets dans le sens, que quelqu’un ne s’est pas présenté à ce match là. Mais on peut avoir des regrets parce qu’on n’aurait jamais dû arriver à se rendre à ces limites-là. C’est le match contre Montpellier que tout le monde se rappelle, parce que c’est là qu’on descend ! Mais quand on prend du recul, il y a bien d’autre match avant celui-là qui étaient plus à notre portée et qu’on a perdu. Juste le fait d’en parler j’ai encore des mauvais souvenirs… Sportivement, je n’ai jamais rien vécu comme ça. Autant le fait de se maintenir, porte l’équipe dans un état de folie, mais à contrario ce match là nous a amené dans un état…

Crédit photo :Vincent Céré (Match MHSC-ASPTT Albi)

  • Une saison c’est long avec des hauts et des bas, comment as-tu senti le soutien, ainsi que les entrainements dans les moments difficiles du « coach » Genoux ?

Entre les deux saisons ou nous étions dans des situations assez similaires sans « hype ». C’était des situations similaires, dans le sens où la première saison à Albi c’était beaucoup plus compliqué. On avait 4 points à la mi saison et donc il y avait de quoi être en panique! Tandis que la 2nde saison, ce n’est pas pareil, on n’est pas relégable de la saison, on était bien. La différence je pense c’est que la première année on était capable de prendre du plaisir, et on allait chercher les points ensemble. On était une vraie équipe c’est ça. La deuxième année on n’avait pas ce même plaisir de jouer, et ça paraissait sur le terrain. On a quand même tout donné, mais c’était plus compliqué.

Ce sont des petits détails qui au fil d’une saison compliquent les choses, et à Albi on a une situation qui est différente comparé à d’autre club. Ici (à Albi) des filles travaillent ou vont à l’école tous les jours. C’est dans ce sens-là que les filles ont besoins de repos, la seule journée où elles pouvaient dormir ou se reposer : c’est bête mais ça tombait le jour de match. La première année c’était juste des détails comme ça, qui nous ont permis d’être plus reposé et préparé le match d’après. De plus, les longs voyages en bus de 12h travaillent sur le corps et le mental des joueuses et c’est les journées de repos après ca qui remobilisent tout le monde. Sachant qu’en rentrant à 4h du matin il y avait des filles qui devaient se lever pour être en cours ou au travail à 8h : c’est compliqué. Je ne dirais pas qu’on était plus une équipe parce que sur ces deux saisons on avait le même noyau de joueuses mais l’ambiance n’était pas la même…

  • Comment décrirais-tu le changement de coach entre tes 2 saisons à Albi ? Qu’est ce que tu as appris en plus ?

Avec Adolphe, malgré le fait qu’il soit difficile et que je n’ai jamais eu une relation facile avec lui (elle n’a pas joué pendant 4 mois en début de saison) mais il prenait le temps de savoir comment les filles allaient. Plusieurs fois je suis rentrée dans son bureau pour qu’on ait des conversations, justement pour savoir comment se passe ma vie ici sur Albi, comment j’allais tout simplement. Il prenait le temps de le faire, puis ce genre de choses, c’est très important quand même pour un coach. Quand tout va bien c’est facile mais quand tout va mal voilà c’est plus compliqué et ça Adolphe prenait son temps. Malgré le fait qu’on ne se soit pas toujours entendu avec Adolphe (surtout au début) , ça reste un des coachs que j’ai le plus apprécié. Même aujourd’hui je suis encore en contact avec lui parce qu’il m’a beaucoup appris.

  • C’est ce qu’il a manqué à Théodore Genoux : un peu de relationnel ?

Ça n’a certainement pas aidé, c’est sur…

  • Pourquoi as-tu décidé de rentrer au Canada après cette cruelle descente ?

Entre chaque saison je rentrais chez moi pour le off season. Mais après c’est un choix que j’avais pris bien avant qu’on ne se maintienne pas. Ça faisait deux saisons que j’étais ici et j’avais envie de tenter l’expérience ailleurs ! La saison avait été compliquée, alors voilà, je voulais changer d’environnement. C’était juste le bon timming parce que je commençais à plus avoir la même envie de venir aux entrainements.

  • Depuis juin 2018, tu es revenue au Québec, ou en es-tu aujourd’hui ?

J’ai subi une petite opération avant de rentrer au Canada. J’ai joué avec l’université à l’automne, puis je suis encore en train de régler mes problèmes physiques pour que je puisse revenir sur le champ. J’ai quand même pris la bonne décision en rentrant au Canada, puisqu’on a fait une bonne saison avec mon équipe, j’étais plus proche de ma famille et de mes amies. Tout cela m’a redonné le plaisir de jouer, et en parallèle je continue mes études plus rapidement.

Gabrielle Lambert lors de la remise du trophée, avec son alter égo masculin, le Hockeyeur Billy Lacasse /Crédit photo : bloque.utqr.ca

  • Ce titre d’athlète féminine par excellence de niveau Canadien sport collectif en Mauricie, une consécration pour ton travail accomplie en France et à ton retour au Canada ?

A chaque fois que je reçois un honneur, un prix individuel, ca fait forcément plaisir, mais j’aurai préféré qu’on réussisse à se rendre un peu plus loin. On a eu un beau parcours, mais je ne suis pas satisfaite, on aurait pu aller plus loin. Ca fait plaisir de revenir dans un championnat où le niveau est, on va le dire un moins élevé que la D1F mais de quand même performé ça fait plaisir, mais ce n’est pas une fin en soi. Pour moi c’est toujours l’objectif collectif avant les objectifs personnels. A ce même moment ont été nominé avec mon équipe pour l’équipe de l’année en Mauricie mais j’aurai préféré obtenir ce prix que le prix individuel.

Gabrielle Lambert, sous les couleurs des Patriotes / Crédit Photo JusteSoccers.com

  • Quels sont tes projets après la rééducation de tes chevilles ? Revenir en Europe ?

Oui clairement, je fais quand même deux opérations, ce n’est jamais facile, mais je suis très bien entourée ici pour ma réduc. Le but est bien de revenir à 100% et de réussir à trouver une équipe en Europe. Au moins pour une année, histoire de voir comment ça se passe.

Lors de ses 2 années à Albi , Grabrielle Lambert a côtoyé les adversaires les plus prestigieuses / Crédit photo Justesoccers.com

  • Un dernier mot pour les supporters albigeois ?

J’ai quand même passé 2 superbes saisons à Albi. Les supporters ont toujours été derrière nous, on a toujours sentie le soutien qui venait de leur part. Je suis vraiment reconnaissante d’avoir une ville comme Albi parce que j’ai connu de beau moment dans cette ville et ce club. J’espère pour la ville et le club que l’équipe va se maintenir.

  • Suis-tu toujours les résultats de l’ASPTT Albi ?

Je ne suis pas assidument, mais oui je les suis un peu quand même. En plus comme j’ai gardé contact avec plusieurs personnes là-bas, forcément je suis un peu au courant. Je leur souhaite le meilleur pour la saison et de finir dans une bonne position.

Arnaud AZAM pour Le #MagSport

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