Fédérale 1 – EN TÊTE DE SA POULE, ALBI VA-T-IL ÊTRE FOUDROYÉ PAR SES FINANCES ?

(By Le rugbynistere)

 FAVORI

  •  Loïc Colombié
  •  Publié le 21 décembre 2018 à 20:00
Fédérale 1 - En tête de sa poule, Albi va-t-il être foudroyé par ses finances ?

Les hommes d’Arnaud Méla, comme les dirigeants albigeois, vont devoir batailler ferme pour entrevoir la Pro D2.

SC Albi
SC Albi
Fédérale 1
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Focus sur Albi, un des favoris à l’accession en Pro D2, qui caracolent en tête de la Poule 2, mais qui voit resurgir à l’horizon les démons d’un passée pas si lointain !

Le Sporting Club Albigeois vogue en tête de la poule 2 de Fédérale 1, Arnaud Méla et son staff, tel Sisyphe, font rouler avec besogne et acharnement leur pierre sportive, en haut des monts Tartare de l’ovalie. Mais l’ex-Briviste, est suspendu aux volontés des dieux de l’olympe jaune et noire, qui pourraient, eux, laisser dévaler à flanc de montagne un boulet financier. Telle est l’équation dans la mythologie rugbystique albigeoise.

« Les douze travaux d’Arnaud »

Avec la refonte de la Fédérale 1, l’odysée d’Arnaud Méla et ses valeureux guerriers ithaques jaune et noir, prend des airs d’ode au rugby d’antan. Un voyage initiatique dans les entrailles d’un rugby, ou la raison économique commence à brûler les ailes de certains Pégase, mais qui arrive à faire subsister la flamme d’une ovalie antique. Dans cette poule 2, mêlant dieux du stade professionnel, aux polythéistes du rugby amateur, une hiérarchie quasi-céleste s’est imposée : le SC Albigeois, et le Stado TPR, titans du rugby fédéral, se devaient de dominer le panthéon de ce coin de Fédérale 1 (fleurant bon le rugby fèria/bandas et la garbure du piémont des Pyrénées). Albi commença donc, son Iliade par un choc des titans face à la cité bigourdane. Les Tarbais n’étant pas des apollons du rugby, Albi fut vite embourbé dans un match de reprise, où la forge de vulcain (Héphaïstos) prit vite le dessus sur les ailes d’Hermès. De cette défaite 18/11, l’Hercule saint-gaudinois Méla n’en fit pas une tragédie grecque et s’engouffra avec ses cohortes dans une épopée homérique que seule une tribu basque des alentours d’Anglet mis en naufrage. Car entre ces deux revers, les joueurs du Sporting ont tour à tour étrillé Nafarroa et Oloron de plus de 73 coups de dagues, ainsi que de valeureux Stadistes de Bagnère de Bigorre ! Ces derniers voyaient presque Olympie en se présentant dans le mythique tunnel du Stadium Municipal. Ce qui fît dire à l’issue du match à Sam Brethous, un des coachs bagnérais : « On a l’impression d’avoir fait une performance honorable, je suis fier de ce qu’ont réalisé mes joueurs. Mais à la fin, on en prend 45! » 

A contrario, Arnaud Méla ne s’en laissait pas conter par les chimères d’un score flatteur ! Les soubresauts d’un bonus offensif oublié en terre lot et Garonnaise, à Valence d’Agen et d’un match sans éclat face aux cohortes du plateau de Lannemezan, aussi enragées que des Corinthiens acculés, ne le faisait pas succomber à certaines sirènes falotes, et lui valait de déployer ses foudres : « On s’entraîne comme des pros, il faut jouer comme une équipe pro et la, aujourd’hui, on a joué un peu comme une équipe amateur. »     closevolume_off

Malgré cet oracle du coach jaune et noir, les Mathieu André, William Wethon, Alphie Mafi et consorts, ne vinrent pas la vague venue de la côte basque qui allait submerger leur pré-requit d’invulnérabilité, tel l’Atlantide un soir de déluge. Car à Anglet dans l’adversité d’un contexte folklorique, et sur les cendres d’un sentiment de supériorité, est peut-être né le ferment d’une épopée qui pourrait ouvrir les portes d’une apothéose. Ce naufrage collectif, a eu le mérite de « remettre le Parthénon au centre de la cité » ! Russlan Boukerou, un des Spartiates du 8 de devant tarnais, déclarait même quelques jours après : « On a que des gros matchs qui arrivent… J’espère que ce match d’Anglet, nous a mis un coup de pied aux fesses ! Il faut qu’on montre un autre visage dans le jeu et la discipline »

La trière professionnelle albigeoise, voyait s’avancer face à elle quatre Pentècontères amateurs : Marmande, Saint-Jean de Luz, Lavaur et Tyrosse ! Tel Chronos avalant ses enfants, le mastodonte albigeois, n’en fit qu’une bouchée comptable, d’autant de bonus offensif, lors de joutes qui furent loin d’être des triomphes alexandriens. Car les 25 rameurs du Calypso SCA, durent souquer ferme, pour se dépêtrer de coriaces Luziens, de fougueux vauréens et des courageux Tyrossais ! L’ultime épreuve, d’Arnaud Méla et son hipparchie, après avoir récupéré face à Saint-Jean de Luz, leur fauteuil en haut de l’olympe de la poule 2 : fut la réception du titanesque Stado. Face à un adversaire ayant perdu de son éclat entre-temps, mais pas de sa ténacité, les Albigeois vont opposer à cela un trident de préceptes, maturés, sur bientôt deux ans de vie commune : Générosité-Solidarité-Abnégation ! Tel Samothrace, la victoire pouvait s’offrir à eux, certes étriquée (16-10), mais que plus méritoire ! Albi caracole en tête, et Arnaud Méla pouvait continuer à pousser avec abnégation cette lourde pierre vers ses sommets Pro D2, envolée un jour de mai 2017, et pourtant si proche et si lointain un soir de mai 2018. Après s’être mué en Hercule, pour mettre sur orbite le Sporting Club Albigeois, maintenant, il va lui falloir pour accompagner « ses gars » au firmament : endosser les habits d’Ulysse et mener à bien cette odyssée. Car le besogneux Méla, s’est engagé dans le marathon de la fédérale, pour enfin remporter la bataille et amener toute une nouvelle génération (Casals, Bertrand, Lacelle, Cormenier, Tafili, Feltrin) tutoyer l’olympe ovalienne. Quant à lui, il se verrait à l’instar de son pédagogue Eric Béchu : sanctifié dans le marbre de la mythologie jaune et noire. Réponse aux calendes de juin.

#MagSport RadioAlbiges « Spécial Finances SCA » 11 décembre 2018:

 « Les yeux fermés de Thanatos »

Mais sur l’Agora Albigeoise, une crainte monte, l’ecclésia et l’Héliée jaune et noire sont en alerte, le conseil des 500 s’agite : le joyau de la cité est en péril !  Malheureusement, dans les coulisses de l’amphithéâtre de ce bastion rugbystique, alors qu’Arnaud Méla n’a même pas hissé son caillou à mi-versant : un boulet de tétradrachme dévale la pente droit vers les abîmes. Camus voyait dans son analyse philosophique Sisyphe heureux d’accomplir sa besogne, mais le Manager Bigourdan, et derrière lui toute une constellation (joueurs, staff, bénévoles, suiveurs), ne vont-ils pas voir, eux, dans cet éternel recommencement albigeois : l’ultime fardeau. Car en parallèle de résultats probants des athlètes jaune et noir, un mauvais augure financier plane sur le club de l’agonothète roumegoux. Les cassettes se vident et le trésor de guerre, laissé par son prédécesseur Jean Jacques Castanet, n’est plus qu’une lointaine mélopée. Pis, lors de l’assemblée générale de la SASP du 10 décembre 2018 , les Bouleutes jaune et noir ont dû se résoudre à entendre la teneur de turpitudes inéluctables : un déficit de plus 400 000 euros. (Voir #MagSport RadioAlbiges « Finances SCA  » du 11/12/18/ à la 38eme minute) Dans l’Aréopage, cette assemblée des anciens hauts dignitaires, de son exil toulousain lui ayant permis de prendre une salutaire hauteur, l’ancien 1er Magistrat du Sporting, Jean Jacques Castanet médite sur la situation ! Lui qui s’était tu dans un stoïcisme médiatique strict (depuis son départ en juin 2017), nous livre son ressenti  : « Tout d’abord je suis très heureux de la situation sportive du SCA et de la réussite d’une personne que j’ai fait venir à Albi en mars 2017 : Arnaud Méla ! Ce garçon aura une trajectoire d’entraîneur de haut niveau à la Hugo Mola ! Par contre j’espère pour Albi que le financier sera au diapason du sportif ! » Car il n’y a pas besoin d’être Archimède, pour voir qu’actuellement les poussées financières sont contraires à la gravité sportive du moment ! 

Les agôns du Sporting Club Albigeois ne font plus recette à la palestre municipale et culminent rarement au-delà d’une famélique chambrée de 1000 citoyens ! Les Sitophylakes albigeois qui accompagnaient jadis les destinées du club, n’ont plus le mécénat aussi léger et l’obole prompte qu’auparavant ! La philanthropie n’ayant jamais était un des étendards albigeois, le système quasi-aristocratique du Sporting arrive au bout d’un cycle ! Le modèle éculé d’une structuration via une oligarchie locale, qui joue les régulateurs de l’expansion de la cité, commence à poser un dilemme. Le Sporting engoncé dans ses murailles économiques ne devrait-il pas s’ouvrir à d’autres cités, ou d’autres approche philosophique ? Un courant de pensée clémentien avait un temps soulevé l’adhésion du dikastèrion des supporters, mais les archontes locaux avait renvoyé l’initiative aux nimbes de l’histoire ! Certains athlothètes eux prêchent pour la venue d’un mécène ! Un vœu pieux qui depuis de nombreuses décades a brisé les jarrets des plus éminents savants en la matière. La peur qu’une démocratie bourgeoise laisse place à la tyrannie d’un seul stratège, mêlée à la recherche d’une figure quasi-divine, n’ont jamais put permettre de résoudre cet algorithme. Tous les théorèmes ont été échafaudés, aucun n’a trouvé grâce aux yeux de la gorgone albigeoise qui a pétrifié plus d’un dirigeant. Dans cette hydre à deux têtes (SASP / ASSO) qu’est devenu le club centenaire, l’inéluctable mutation, ne peut subvenir de la cuisse de Jupiter. 

Comment les cerbères financiers de la DNACG vont-ils appréhender ce Pythagore ovalien ? La question aurait tenu en éveil plus d’un penseur grec, mais devrait aussi alerter les philosophes de la FFR, sur le nécessaire modèle économique à faire sortir des stylets de Marcoussis. Dans ces jeux de Fédérale 1, toujours plus dispendieux pour les écuries, certains mythes se meurent, et Albi vogue sur le Styx. Seule une union sacrée, des magistrats locaux (mairie, conseil départemental), des colacrètes influents de la cité (corps économiques) et des anciens sophronistes (gloires) jaune et noir peut sauver le frêle esquif SCA ! Car à l’instar du Kyrénia, il sombre de trop d’érosions de l’usure du temps et de l’affaiblissement même de sa structure. L’éphémère ombre portée d’une ascension dans les stratosphères du rugby, comme seule voûte céleste d’un club aux portes d’Hadès, ne peut bercer éternellement le peuple d’une espérance quasi-mystique. 

Mais lors de l’AG de la SASP, durant laquelle le Barathre financier du Sporting est sorti de limbes ténébreuses, les logistes jaune et noir, ont fait serment de tenir doigt devant la bouche tel Harpocrate. Ce silence des dieux, ne peut être à termes, que la ciguë lente, d’un mal qui ne peut être tu. La franchise envers les héros du stade, qui maintiennent l’espoir d’une oraison prochaine, tout comme à ce peuple albigeois, qui vient souvent dépenser ses dernières drachmes au stade : les Taxiarques locaux ne pourront longtemps en faire l’économie ! Car pour en revenir à Sisyphe, d’après la théorie solaire, il représenterait le soleil qui s’élève chaque jour pour plonger à nouveau le soir sous l’horizon. D’autres y voyaient la personnification des marées ou des vagues qui montent pour soudainement redescendre ! Quelqu’en soit la signification, le sporting club albigeois tend à en être l’absolu ! Voire même, la quintessence quand on se remémore que des générations entières se succédant ont subi cet irrémédiable cycle du chaos financier, venant conclure d’homériques triomphes sportifs ! 

Mais à Albi, on ne devrait pas s’accommoder de cette allure de phénix de l’ovalie ! Pour en finir avec Sisyphe, il faut toujours garder à l’esprit que son labeur sur le mont Tartare, roulant sa pierre sans relâche, fut le châtiment de Thanatos, la personnification de la mort, qui disposait d’une particularité : il avait les yeux fermés…. 

Seuls les dieux de l’Olympe rugbystiques connaissent les destinées du Sporting Club Albigeois, mais ses Hellénotames terriens, feraient bien d’en retenir l’adage grec suivant : « Le Renard qui attend que la poule tombe, reste affamé ! » 

Paroles d’ex-dieux du Stade :

Vincent Clément, Capitaine SC Albi (2005-2011)

C’est bien pour les joueurs et pour tous les acteurs du club que l’information (sur la situation financière du club) soit sortie. Il va falloir convaincre de nombreux partenaires maintenant, mais avec quels arguments ? Le projet présenté il y a deux ans par la gouvernance dont personne ne se souvient ? Une remontée indispensable ? C’est encore faire reposer sur le sportif la responsabilité de sauver le club… J’espère qu’ il y aura de vraies solutions durables et innovantes mais je suis sceptique. 

Benjamin Bagate ex coach adjoint SCA (2012-2016) au micro du #MagSport RadioAlbiges  Spécial Fédérale1:

Sportivement, le SCA marche sur l’eau, mais financièrement ça coince un petit peu ! Qu’est-ce que cela t’inspire ? 

B.B: Ça m’inspire que malheureusement, c’était dans l’air du temps ! Il y a eu des changements de direction, il y a eu certaines personnes qu’on a laissées en place et qui ont mené le club, là ou ils en sont aujourd’hui ! Il faut appeler un chat, un chat : aujourd’hui, le club est dans de salles draps ! Mais ça ne date pas d’aujourd’hui. À la tête du club, il y a une personne qui est là depuis pas mal de temps, tout le monde sait de qui je parle, et elle a fait beaucoup de mal au club… À partir de là, il va falloir assumer les conséquences de ses errements. Ils (les dirigeants) auront beau taper des mains, battre des pieds, malheureusement ici Chambéry, je sais ce que c’est, il va falloir qu’il y ait des personnes qui assument, à un moment donné ! Je ne pense pas que cette personne assumera, car elle est salariée, et qu’elle quittera le club 

Comme ils diraient au Québec : c’est crève cœur de voir le SC Albi dans cette situation ?

B.B: Sincèrement, l’an dernier (avec Chambéry) quand je suis revenu, je me suis retrouvé au milieu du terrain et j’ai pleuré ! Parce que c’est un stade, une ville, un public, un club qui me tient à cœur. J’y ai beaucoup d’amis. Cela n’a rien à voir avec le staff ou les joueurs en place (qui bosse bien au demeurant), mais malheureusement ,voilà, le club est tombé dans des mains.. Voilà, il faut savoir gérer… Et ça n’a pas été géré. 

Beaucoup mettent à l’index le manque de perspective et de projet d’avenir au SC Albi ? 

B.B: C’est compliqué ! Quand quand tu sais que tu es en déficit, quand tu sais que tu as tes comptes à découvert ! Les perspectives de quoi aujourd’hui ? Demain s’ils peuvent monter en PRO D2, vont-ils y monter : point d’interrogation ? Es ce que le cahier des charges va être rempli ? C’est compliqué d’avoir des perspectives dans des conditions comme ça ! Après, tu peux faire comme ils font actuellement : se mettre les mains devant les yeux et faire comme le petit singe qui ne voit pas ! À un moment, va falloir assumer les actes de certaines personnes !

La croisée des chemins risque d’être compliqué ? 

BB: Malheureusement pour ce public merveilleux, malheureusement pour les joueurs et le staff, malheureusement pour tout ces bénévoles. C’est malheureux pour Albi, qui est une ville qui ne mérite pas ça. 

Du fait de ces problématiques financières, tu mettrais donc Rouen et Roval devant Albi ?

BB: Oui malheureusement de fait, car sincèrement, si j’avais une pièce à mettre : ça serait en un sur Rouen et en deux sur Romans-Valence ! Mais attention qui va avoir aussi un nouvel investisseur ! C’est une équipe qui est à prendre au sérieux, ça peut être le trublion de l’histoire !

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