
On parle du match contre Rennes et de ces 5 points qui vous mettent sur la bonne corde pour rester dans les 2 premières places et envisager une demi-finale à domicile ?
Bien sûr que les 5 points sont très positifs mais au-delà des 5 points, c’est surtout le contenu et la construction sur ce match qui ont été très positifs. On savait que Rennes allait jouer, allait tout jouer parce qu’ils n’ont pas de pression et on savait que c’était une belle équipe, on l’a vu cette année, ce n’est pas pour rien qu’ils sont dans le ventre mou, et on a senti notre équipe clairement capable de contenir leurs assauts pendant 15 / 20 minutes, les épuiser et chaque ballon a été très bien exploité de la part de l’équipe ce qui a été une grosse force de frappe. Petit à petit, ils ont mis la main sur le match et c’est ce qui ressort dans la construction, c’est ce qui a été très, très positif car c’était un match important pour nous, un peu couperet car ça nous permet aujourd’hui de voir plus loin s’il nous reste deux points à prendre pour voir une demi-finale à domicile même si on ne va pas griller les étapes. C’était une étape très importante pour nous et les joueurs l’ont réussie avec succès.

Dans la progression linéaire que vous avez, cette capacité que vous avez à aller chercher un bonus offensif à l’extérieur fait partie de cette progression ?
Tout à fait mais ils ont évolué chaque week-end. On le sait, on en a parlé toute l’année et c’est ça avec ce groupe, ils ont travaillé des choses chaque week-end, ils se sont imprégnés de certaines choses et ils ont su rebondir là-dessus. Là, c’était un match important et quand on voit que Chambéry y gagne 24-0 avec le bonus ce week-end, nous, on en met 40 ce qui montre qu’on a fait un match très sérieux là-bas donc oui, c’est une faculté qui fait qu’aujourd’hui, ils se comportent comme une grosse équipe du championnat et ils le méritent.

On retire quelque chose à chaque match, vous avez l’habitude de le dire mais qu’est-ce que vous retirez en particulier sur ce match-là ?
De gérer nos temps forts et nos temps faibles. Comme je l’ai dit, ils ont été capables de faire le dos rond sur de belles incursions de Rennes et ils ont réussi un très bon dosage entre savoir défendre, savoir attaquer, quand contre-attaquer, quand occuper et même si Rennes nous a posé quelques difficultés sur des périodes défensives, on a vu que l’équipe avait été capable de s’adapter et de trouver des solutions sur le terrain. Ca, c’est très bien car on sait très bien que sur les matchs de phases finales où rien n’est joué à l’avance et où rien n’est prévu, il faut aussi avoir une équipe capable de s’adapter et ils l’ont très bien fait ce week-end. Ce n’est que de bon augure pour la suite.

Dans la continuité de ce match, est-ce que l’objectif principal du match contre Nice n’est pas de se dire » il faut finir le travail, il y a un travail à finir, des points à marquer pour être prêt et savoir où on en est à une journée de la fin du championnat » ?
Je pense que ce qui a fait notre force cette année à Albi avec le groupe, le staff et le club ensemble, c’est qu’on ne s’est pas trompé dans la manière dont on voulait aborder les choses. Pendant des années, on a parlé de Pro D2, de pression sur les joueurs, d’une saison ratée presque dès la première défaite et il y avait quelque chose d’omniprésent qui faisait que les joueurs étaient clairement bloqués. Aujourd’hui et d’après les mots des joueurs, ils se sentent libérés, débridés, contents de venir à l’entraînement, contents de prendre du plaisir sur ces matchs, partager avec le club et les gens qui gravitent autour de nous et ça c’est une réelle fierté. C’est parce qu’ils ont pris les matchs les uns après les autres, parce qu’ils ont mis les ingrédients à chaque fois sur chaque rencontre qui font qu’aujourd’hui on en est là donc pour moi, ça serait clairement une erreur de commencer à se projeter sur le week-end prochain à Périgueux, sur le barrage ou sur la demi-finale. Non, aujourd’hui, on a un gros match qui nous attend face à Nice, Nice qui est un cador du championnat et à ce jour, nous sommes un cador du championnat donc on va prendre ce match-là et on pourra se permettre ensuite de faire des comptes.

Ma question était justement en ce sens à savoir avant de se projeter, on va finir le travail dans la phase régulière du championnat et prendre les points que l’on a à prendre dès vendredi comme ça, le boulot sera fait. Ensuite, il sera effectivement temps de se projeter sur plus
Bien sûr mais c’est parce-que c’est un domicile, parce-que c’est un cador et que notre équipe est friande de ce genre de match, chaque joueur a envie de jouer ce genre de match. On va recevoir Nice à domicile, au Stadium, c’est notre dernier match au Stadium en phase de championnat donc ça permettrait à l’équipe d’être invaincue à domicile cette saison, ce qui est aussi un objectif qu’ils avaient en interne, on ne va pas se mentir, les joueurs ont eu à cœur de le défendre chaque week-end. Au-delà du point de vue comptable, c’est donc surtout de faire un vrai match d’hommes à la maison, de rester en haut du classement, d’assumer le statut qu’ils ont gagné cette saison, de rendre une belle copie et un beau championnat ce qui serait une réussite pour tout le groupe mais on sera quand même gourmand par la suite.

En début de saison, les deux premières places n’étaient pas l’objectif obligatoire, ce n’était pas marqué au fer rouge. On sait qu’il y a encore de minces chances pour que vous ne soyez pas dans les deux mais est-ce que ce serait désormais une vraie désillusion car, comme on dit, vous avez pris goût au chocolat ?
Comme je l’ai dit, en début de saison, on ne devait pas être là mais à cause du discours des gens. Nous, staff, on est arrivé très tard, les joueurs ont repris ensemble très tard, on nous voyait dans le ventre mou voire même dans le maintien parce qu’il y avait un staff inexpérimenté et un groupe traumatisé mais on ne va pas se cacher de s’être nourri de ça toute la saison. En fait, les joueurs ont pris à cœur d’avancer petit à petit, doucement, avec nous, à apprendre à se connaître, à faire les choses bien, à faire les choses mal, à s’adapter donc aujourd’hui, est-ce qu’on peut dire que ce serait une déception ou une désillusion ? Non. Pourquoi ? Parce qu’on n’a jamais parlé de Pro D2. Ça ne veut pas dire qu’on ne veut pas y aller ni que le groupe n’est pas ambitieux pour y aller, ça veut dire que de justement trop parler de Pro D2 peut créer de la déception et de la frustration. Je pense qu’aujourd’hui, notre réelle fierté est déjà d’accueillir Nice correctement et que si on finit en beauté sur Nice à la maison, je crois que les gens ont retrouvé des émotions, partagé des choses avec cette équipe, partagé des moments dans le club avec ce qui est mis autour. Je trouve qu’on a vraiment créé une synergie tous ensemble qui est vraiment très positive donc est-ce que ce n’est pas ça la priorité d’un club et d’un groupe ? Après, par contre, une fois que ça, c’est une réussite, l’appétit vient en mangeant et comme je l’ai toujours dit aux joueurs, on ira là où le groupe mérite mais ça ne tombe pas du ciel, ça va se chercher et je pense qu’on a un groupe pour avoir ce potentiel.

Il y a eu un peu de casse en Bretagne, où en est-on au niveau des blessés ? On a vu Camille avec des béquilles à la fin du match
On a eu quelques pépins, certains plus graves que d’autres pour qui ce sont des petits coups. On a Camille Jarreau qui a un problème à la cheville, on a encore 4 / 5 blessés mais franchement, je vais le dire encore, ce n’est pas notre plus gros point noir et ce n’est pas ça qui va nous empêcher d’avoir une équipe compétitive ce week-end ni de faire une grosse prestation. On a quelques alertes sur certains joueurs mais avec le staff, on a pris le parti depuis le début de la saison de ne jamais jouer avec la santé des joueurs et toute précaution gardée, s’il fallait une semaine de plus, tant pis, on la mettait au détriment du match et aujourd’hui, c’est aussi une réussite parce-que les joueurs sont beaucoup plus présents sur le terrain alors qu’à leur tirer dessus avec leur santé, on les perdait pendant deux mois. A ce jour, on a 5 / 6 blessés mais franchement, ce n’est pas du tout l’hécatombe.

Quels sont l’état d’esprit et le mot d’ordre pour ce match de phase régulière qui ressemble beaucoup à des play-off ?
Avec tout ce que ça engendre derrière, juste que la fête soit belle.

Propos recueillis par Loïc Colombié

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