David Pellier le préparateur physique du SC Albi a accompagné Kevin Boulogne lors de la conférence de presse en amont de la rencontre face à Rennes ( J24), l’occasion pour ce passionnés de nous exposé les tenant et les aboutissants de son métier, sa vision de la fin de saison et les leviers qu’il compte activer dans son registre pour que les Tarnais (actuels leader de Nationale) abordent la course à la Pro D2 dans des conditions optimales.

On va parler un peu de ton rôle de préparateur physique au sein du staff ?
Je suis en charge de la préparation physique cette année où je suis accompagné de mon collègue Thomas. Cette fin de saison est assez intéressante, c’est plutôt sympa de voir les résultats qui suivent derrière, on fait un gros travail sur le volume en ce moment pour arriver en forme sur les phases finales maintenant que l’on sait qu’on est qualifié. On est aussi obligé d’ajuster par rapport aux matchs qu’on va avoir mais, pour le moment, on a une fin de saison qui est quand même assez découpée.

Est-ce que tu peux nous dire comment on devient préparateur physique ?
Par STAPS. J’ai fait un master STAPS et de fil en aiguille, j’ai eu des stages, des opportunités et me voilà ici.

Est-ce qu’en tant que préparateurs physiques dans le staff, ces résultats sportifs vous galvanisent aussi et vous poussent à aller plus loin, à vous transformer dans vos rôles ?
Je pense que comme n’importe qui dans un staff de rugby, on est tous compétiteurs ou qu’on l’a du moins été. C’est forcément une autre façon de voir la compétition par rapport au fait d’être soi-même compétiteur mais c’est quand même toujours derrière l’équipe, que ce soit dans le bon ou le moins bon, on est aussi stressé qu’eux avant les matchs, bon, peut-être un peu moins mais on reste stressé, on suit le résultat à fond. Dans tous les cas, on donne nous aussi tout de notre côté pour qu’ils aient tout dans leurs mains pour performer du mieux possible le week-end.

En parlant d’autres façons d’appréhender les choses, j’imagine que les choses sont différentes de l’année dernière avec ce staff cette saison ?
On a changé pas mal de choses notamment sur la façon de s’entraîner où on a intégré quasiment tous les plans de la prépa dans le rugby, le seul plan qui est dissocié, c’est la muscu mais sinon tout est intégré. Il n’y a donc plus aucun physique à côté, tout est intégré au rugby ou alors en fitness games mais tout se rapporte au rugby en permanence.

On sait que les analystes vidéos, les coachs et les joueurs échangent entre eux. Est-ce qu’on échange aussi entre prépas physiques de Nationale ? On se donne des tuyaux ou des tips ?
Pas des tuyaux ou des tips mais on échange forcément, on commence tous à se connaître un petit peu, il y a aussi la formation de la FFR qui permet de se connaître un peu aussi. Avant les matchs ou après les matchs, on vient tous discuter un petit peu, certains vont discuter à côté mais de manière générale, oui, on échange. Il n’y a pas trop de tips qui sont donnés, chacun fait son taf.

Depuis le début de la saison, on souligne le peu de pépins physiques ou de blessures que l’on peut avoir, à part Théo. Je pense que le prépa physique fait aussi partie du staff et peut donner des alertes en ce sens en disant » attention, ce joueur est un peu fragile, il faut peut-être le mettre au repos » ou des choses comme ça pour continuer sur cette voie-là ?
C’est une discussion collégiale. On a un échange avec et le staff médical et les kinés et l’autre prépa et le staff technique, on n’est pas toujours d’accord mais il y a des moments où il faut trancher mais dans tous les cas, on essaye de faire au mieux. Notre but à nous en tant que préparateurs physiques est de les amener à leur plus haut niveau de performance possible de manière qu’ils évitent aussi les blessures car un joueur qui ne se blesse pas est un joueur qui peut s’entraîner et qui donc peut s’améliorer. C’est vrai que la prévention de blessure est l’un de nos premiers champs de bataille.

Kevin a dit qu’une phase finale se gagne » aux couilles » mais elle se gagne aussi avec de la fraîcheur physique. Tu as donc une partie du destin des phases finales entre tes mains ?
(rires). Oui, ça se gagne aux couilles mais effectivement, si les couilles sont là alors qu’on est des flans physiquement, je pense qu’on ne tiendra pas une mi-temps. On a quand même pu voir sur l’année que les mecs sont plutôt en forme physiquement, ils ont bien joué le jeu toute l’année, surtout en pré-saison et au final, ce sont eux qui sont allé se le chercher, nous, on n’est pas vraiment acteurs, on est plus là pour mettre des conditions optimales et ensuite, ce sont eux qui vont se le chercher.

Avec ce trou de 3 semaines et ce calendrier un peu en gruyère jusqu’aux phases finales, est-ce que c’est salvateur pour refaire du jus ou est-ce que ça peut manquer de rythme et être embêtant au niveau de la prépa ?
Moi, je pense que ça peut être un avantage pour nous car quand on regarde tous les blessés qu’on a eus cette année, ça a été en matchs pour la plupart donc, en théorie, moins de matchs veut dire moins de blessés pour aller en phases finales. Sur ces semaines off, ça nous permet aussi de travailler différemment et d’apporter un peu plus de volume que sur les semaines de match donc je pense que c’est bénéfique.

Propos recueillis par Loïc Colombié

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