
On est avec Djamel Ouchène après une défaite bonifiée à Niort (22-19). Qu’est ce qui prédomine ce soir, la frustration d’avoir perdu un match qui était totalement dans vos cordes ou la satisfaction d’avoir glané un point à l’extérieur ?
Je crois que la réponse est dans la question (sourire). Je suis surtout frustré et déçu pour les joueurs, je pense qu’on avait mis les ingrédients pour faire une performance à Niort où l’on sait qu’il est très dur de gagner. Effectivement à 19-8 à 15 / 20 minutes de la fin et en supériorité numérique, on doit mieux gérer cette fin de match, ça n’a pas été le cas et félicitations à cette équipe de Niort qui gagne finalement le match. Je dis souvent aux joueurs que c’est le meilleur qui gagne à la fin, je n’aime pas trop ces phrases genre » la meilleure équipe n’a pas gagné » ou autres, la meilleure équipe a gagné et c’est le sport.

On parle de ce momentum où vous êtes à 15 contre 12 et que vous menez de 11 points. Qu’est-ce qui vous a manqué pour achever les Niortais ? Un peu plus d’ambition ou peut-être que tes joueurs se sont un peu vu arriver trop vite ?
Tu sais, je répète souvent à mes joueurs de tenter des choses, de prendre des initiatives, d’oser, de se lâcher. On passe à 19-8, on a la réception sur le coup d’envoi, on a vécu cette situation contre Périgueux au match aller à la maison où on veut jouer alors qu’on a juste à sortir du camp et si tu regardes bien aujourd’hui, on prend deux essais sur deux réceptions de coup d’envoi où on sort mal de notre camp. On a une équipe très jeune mais ce n’est pas une excuse car c’est une équipe qui apprend très vite mais force est de constater qu’il va falloir qu’elle apprenne encore plus vite pour gérer ces situations un peu critiques où on a envie de jouer mais qu’il faut aussi être pragmatique parce qu’on sait que c’est une division très dure.

Pour aller chercher un Top 2 ou un Top 4, ces points vont compter ?
Tous les points vont compter mais maintenant, je crois qu’il n’y a plus de calcul. Il nous reste 5 matchs et j’ai envie de te dire que ce qui compte dans ce sport, c’est de gagner les matchs, il nous en reste 5 et on va préparer les 5 pour les gagner, tout simplement.

Quel est ton regard sur le Top 6 et, selon toi, quelle est l’équipe la plus dangereuse et la plus armée pour monter en Pro D2 ?
Naturellement, j’ai envie de te dire Nice qui, je pense, a un effectif qui n’a peut-être jamais été construit dans cette division, c’est le plus bel effectif qu’il y ait jamais eu dans cette division. Après, on sait aussi bien toi que moi qu’un effectif, un assemblage de joueurs ne fait pas une belle équipe, les phases finales sont un autre championnat, une autre aventure et une autre histoire. Je les ai trouvés très costauds, très consistants, avec des joueurs d’expérience et après, franchement, tout reste ouvert, Narbonne, Albi, ce sont de très belles équipes, Chambéry est très dangereux, Périgueux est très dur à battre. Moi, je trouve ça excitant que ce Top 6 soit encore ouvert, que le classement change chaque week-end, je trouve ça chouette donc pourvu que ça dure et surtout qu’à la fin, Massy s’en sorte plutôt bien, ça serait bien (sourire).

Tu as vécu avec Périgueux une épopée qui t’a mené jusqu’au titre de champion de France et il y a des joueurs qui ont vécu l’épopée massicoise du titre de 2022. Est-ce que tu sens dans ton groupe cette âme, cette flamme qui peuvent vous amener à faire cette belle épopée ?
Franchement, ce sont les meilleurs souvenirs que j’ai en tant que joueur, je l’ai connu tard mais gagner un titre, il n’y a rien de mieux, peu importe la division. Je pense qu’on est un groupe plutôt génial, je ne dis pas ça pour leur faire plaisir mais j’ai un groupe qui, s’il se retrouve face à une montagne et que je leur dis » les gars, on a 7 jours pour monter la montagne, nous on va tenter de le faire en 5 jours » va me dire » pourquoi pas en 3 ? « . Ça montre un peu l’état d’esprit de ce groupe qui est très jeune, l’inconvénient, c’est peut-être le manque d’expérience sur certains moments clé mais l’avantage, c’est que tu peux leur demander ce que tu veux, ils vont y aller à 2 000 à l’heure. ils ont la capacité d’encaisser une charge de travail élevée sur les semaines d’entraînements, ils en veulent toujours plus, ils sont tout le temps en demande de progression, il faut leur filer à manger à l’entraînement et ça, c’est chouette. On a un super groupe qui ne demande qu’à vivre des émotions donc pourquoi pas ?

On entend les équipes qui vous jouent dire que vous avez la plus belle équipe, le plus beau fond de jeu, l’équipe la plus complète mais que vous êtes très mal payés. Ce qu’on peut vous souhaitez, c’est de vous payer en play-off et d’y arriver en pleine mesure et à plein régime ?
Je leur dis tout le temps, toute la semaine, » ce qui compte, c’est de gagner les matchs « . Le beau jeu, je ne sais pas ce que ça veut dire tout comme je ne sais pas ce que ça veut dire bien jouer mais je pense que gagner, c’est bien jouer. Chacun a sa façon de gagner, notre vision, c’est qu’on aime tenir le ballon, jouer dans les espaces, que ce soit derrière ou sur les côtés mais gagner, c’est ce qui compte. Selon moi, il n’y a pas de belle façon de jouer, chacun son style, chacun son identité en fonction de son territoire, de son ADN, des joueurs à sa disposition, ce qui compte, c’est de gagner les matchs mais nous, on aime quand même bien tenir le ballon (sourire).

Un mot sur cette équipe de Niort ?
Super équipe, ils ont un staff que je connais un peu et qui, je pense, travaille très bien et des joueurs qui travaillent bien aussi. C’est une équipe dangereuse, complète, qui met beaucoup d’intensité, qui est dure à battre, c’est très rugueux. C’est une équipe qui, mine de rien, quand ça tourne en leur défaveur à la 50e/60e, a su se remobiliser, j’ai vu des joueurs haranguer le public et le public a répondu présent. Félicitations à eux pour cette première saison en Nationale et je leur souhaite que ça continue.

Propos recueillis par Loïc Colombié

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