
5 points à Marcq-en-Barœul après un périple de plus d’une dizaine d’heures en bus, on peut dire que c’est la mission commando parfaite ?
Bien sûr, on ne va pas bouder notre plaisir même si le match n’a pas été parfait en soi. Les plus exigeants diront que la 1ère mi-temps n’est pas aboutie mais on le savait et on s’attendait à ça, il n’y a pas mort d’hommes sur la 1ère période, on ne s’est pas fait amputer d’un bras ou autre, à écouter les gens, on pense complètement à côté mais ce n’est pas le cas. On savait qu’ils jouaient leur survie, ce ne sont pas non plus de mauvais joueurs ni un mauvais groupe et on savait que ça allait être très compliqué pendant une mi-temps et on avoue et on dit aujourd’hui que la stratégie a été payante car on avait prévu de partir plus tôt sur ce déplacement et que, pendant une journée, les joueurs sortent un peu du cadre de la Plaine, se fassent plaisir et ça a été le cas, on a vraiment trouvé ce qu’on cherchait. Deuxièmement, sur le match, on avait mis une équipe compétitive pour tenir le score le plus possible pour ensuite mettre un gros banc, rentrer et finir le travail ce qui a été bien fait, ça nous a souri, tant mieux pour nous mais on ne s’attendait pas à gagner 30-0 au bout de 20 minutes, c’était inconcevable. Les gens pensent qu’ils sont mauvais mais pas du tout, le rouge nous a fait du bien mais il n’est pas tombé du ciel, il a été provoqué par les actions que l’on fait donc les pessimistes, voyez toujours le côté le plus noir mais nous, en tous cas, joueurs et staff, on est très positif quant à ce week-end et prendre 5 points là-bas, pas beaucoup de monde ne l’a fait non plus donc félicitations.

Le match de Narbonne sera en fait le rythme entre la balance et la fraîcheur car on peut dire » on n’a pas joué, on va manquer de rythme » ou au contraire » on est sur la lancée avec trois matchs dans les pattes » ?
Il n’y a de solution parfaite pour personne. Il y a ceux qui ne jouent pas et qui ne sont pas contents parce qu’ils n’ont pas de rythme, il y a ceux qui jouent mais avec aussi le risque de blessures et de fatigue et nous, on a toujours parlé de groupe et à ce jour, on a toujours eu un groupe positif donc ça veut dire que peu importe les joueurs, ça nous permet aussi de ne pas aligner les mêmes joueurs tout le temps. On parle du match de Marcq, on parle de celui de Narbonne mais il y en aura d’autres derrière et si on aligne tout le temps la même équipe, on s’expose en fait à de la fatigue et à des blessures. Bien sûr qu’on souhaitait faire un coup à Marcq-en-Barœul pour rester en haut du classement mais dans la stratégie, on a choisi de mettre une équipe compétitive avec des joueurs sur le banc de touche qui sont costauds et ce, parce qu’on a aussi des contraintes sur le long terme à se dire » est-ce qu’on aura tout le temps tout le monde, si on les pète, si on ne les a pas pour les phases finales » car notre objectif est à court terme sur la victoire mais il est également à long terme. Si on va en phases finales sans 3 ou 4 joueurs cadres, qu’est-ce qu’on fait ? Si c’est pour faire un tour et rentrer chez nous, ça n’a aucun intérêt. Aujourd’hui, on sait qu’on a la qualité d’un groupe et la qualité de joueurs qui font que, quel que soit le joueur, ils sont à 200%, tout le monde a son rôle à assumer et l’assume pleinement dans ce groupe. Bien sûr que l’on a sait qu’il y a des joueurs qui sont un peu dominants mais tout cumulé et grâce à ce groupe, on arrive à avoir aujourd’hui une gestion entre la fatigue et les résultats mais aussi à avoir des mecs frais sur les matchs importants comme va l’être celui de ce week-end.

Concernant justement la rencontre de vendredi, il y a ce match aller qui avait quand même laissé non pas un goût amer mais un petit arrière-goût dans la bouche. Est-ce que vous allez vous en servir ?
En fait, ce sera de ne pas refaire les mêmes erreurs. On était un peu frustré à Narbonne non pas sur le résultat car, comme on l’avait déjà dit, on aurait signé avant le match pour prendre le point de bonus défensif mais surtout sur le contenu en lui-même parce qu’on a été spectateurs de ce match à l’époque et que notre ADN de jeu, de don de soi en défense ou autres n’avaient pas forcément été mis en place. Quitte à perdre, on l’a toujours dit, autant perdre avec les ingrédients, autant perdre avec la manière, autant respecter ce groupe qui est clairement très demandeur de ça et c’est ce qui nous avait laissé cette frustration à Narbonne. Ce n’était pas le résultat en soi car perdre à Narbonne, ce n’est pas grave mais par contre, on ne veut pas répéter les mêmes erreurs et aujourd’hui, si on veut faire un gros match et quelque chose de bien, il faut qu’on respecte notre groupe et, comme je le disais, les joueurs apprennent à chaque fois tous les week-ends des erreurs qu’ils ont commises. On leur montre, ils ingurgitent et ne le reproduisent pas donc ça, je pense qu’ils l’ont encore en tête et au-delà de la fatigue, si les joueurs ne sont pas prêts même avec un jour de repos en moins ou en plus à jouer ce genre de match, il y a un problème quelque part.

On parle beaucoup de Narbonne et de Nice mais derrière, il y a Périgueux et Massy. Est-ce que les deux défaites à l’extérieur de ces deux équipes vous ont donné un peu d’air pour regarder un peu plus vers le haut et moins dans les rétros ?
Les rétros, on les aura toujours car on connaît Massy, Périgueux et Chambéry. Comme on l’a dit, les 6 se dessinent mais par contre, ils sont toujours là, on a regardé le match avec attention samedi et Massy perd le match sur la dernière action alors qu’ils doivent gagner, Chambéry a assumé son statut et pour Périgueux, au vu du match, franchement, la fin est un peu tendancieuse parce qu’ils auraient pu largement gagner. On se donne un peu d’air, oui, mais si on se dit ça, c’est le meilleur moyen pour faire un faux-pas d’entrée donc aujourd’hui, on part comme si on n’avait pas de marge de manœuvre. On veut tout simplement gagner, on veut faire des matchs aboutis, des matchs accomplis, j’espère que les joueurs, et j’en suis sûr, ont les mêmes attentions. Ce match de Narbonne sera clairement un vrai révélateur de notre évolution sur les 6 derniers mois, c’est là où l’on va pouvoir voir si on a encore beaucoup, beaucoup de failles ou si on est bien en place, s’il faut travailler le détail et pour nous, il va être clé pour la suite de la saison en termes de contenu et de travail.

Après Narbonne, il y aura 3 semaines sans match. Est-ce qu’il y a un plan de marche pour essayer de combler ce manque de compétition comme un petit match amical ?
Honnêtement, non. Pourquoi est-ce qu’on a pris ce parti ? Parce-que ce groupe n’a pas forcément besoin de ça. Ils ont une semaine off obligatoire pour les ressourcer, on devait aller à Tarbes la semaine sans match mais on n’ira pas et là, on va bosser dur en termes de cardio et entre nous. Au niveau de la gestion, on va aussi éviter d’avoir des blessés sur des matchs qui ne sont pas forcément importants à ce moment-là, ils ont la faculté, comme on l’a encore vu à l’entraînement cette semaine, de se faire bosser mutuellement à 100% entre eux tout en se respectant et sans se blesser. C’est encore une force de frappe que l’on va garder pour nous et on ira faire les matchs officiels que l’on a ce qui suffira largement.

Même un entraînement dirigé contre Gaillac ou Graulhet n’a pas été envisagé ?
Sur la fin de saison, non, par contre, sur après, oui. On parle déjà de Gaillac et Graulhet pour la saison prochaine, ce sont des clubs que l’on connaît, que l’on apprécie, que l’on côtoie et bien sûr qu’il y a des moments où on aurait dû le faire mais, comme tout le monde le sait, on est arrivé très, très tard, on n’a même pas eu trop le temps sur plein de choses. Là, on aura une vraie pré-saison et un vrai d’avance où on pourra justement travailler avec le bassin ce qui est aussi important pour nous car on le sait et le bassin, ça nous parle, je pense même que les joueurs ont beaucoup de contacts dans ces clubs-là.

Au niveau des blessés, il y a eu des retours ce week-end et notamment Guillem qui était absent. Est-ce qu’on peut compter sur des retours de » joueurs cadres » pour vendredi ?
On a encore beaucoup de retours mais aussi des incertitudes parce qu’il faut qu’ils reprennent sur le terrain. On a Ianis Ponsole qui reprend dans le groupe, Mattéo Coustalat qui est encore un peu léger mais qui reprend et qui postule, Mate Gurtskaia revient également, il était off le week-end dernier mais il revient normalement à 100%. On va checker tout ça car il faut voir après deux journées d’entraînement intensif comment ils les encaissent mais aujourd’hui, on a beaucoup plus de retours et c’est très positif pour la suite parce-que ça arrive à un moment important de notre saison.

Avec la blessure du talonneur de Castres, on avait cru comprendre que Buruiana était reparti à Castres mais on l’a revu dès samedi dernier. C’était une fausse alerte ?
Il était retourné à Castres suite à des blessures mais c’est aussi le jeu du partenariat avec le CO et nous, on était très content de ça, les joueurs et le groupe l’ont aussi bien vécu. Entre temps, il était revenu chez nous sauf qu’il était en sélection en Roumanie mais s’il n’avait pas été là-bas, il aurait déjà été avec nous car le CO nous l’a renvoyé dès qu’ils ont rentré leurs blessés. Très clairement, ça marche des deux côtés et ça se passe très, très bien et aujourd’hui, encore une fois, CO et Albi, c’est le jeu, c’est la passerelle. Quand les joueurs sont chez nous, ils sont à 100%, lorsqu’ils retournent là-bas, on est content pour eux et c’est aussi leur objectif personnel donc c’est important d’assumer ça et de le dire. On est formateur, assumons-le.

L’apport du public vendredi sera primordial car là, ce sera quasiment un match de play-off, ça va sentir un peu le soufre ?
Je vais rebondir clairement là-dessus : oui, bien sûr que oui. Sans faire offense à notre public, on a vu contre Bourg-en-Bresse que c’était la première fois de la saison que ça sonnait un peu creux, à l’image de ce match, de ce rythme et les joueurs ont aussi été à l’image de ça. Depuis le début de la saison, le public répond vraiment présent, c’est un 16e homme, on en parle mais c’est une réalité, les joueurs sont différents sur le terrain lorsqu’il y a du monde qui pousse derrière eux quand ils se sentent dans un creux de la vague. Aujourd’hui, et je rejoins Théo et Flo, je pense que les joueurs en ont réellement besoin, le soleil commence à revenir, les grosses équipes sont à l’affiche, ça sent un peu les phases finales donc le public a vraiment son rôle à jouer sur tout le monde, sur l’arbitre, sur le groupe ou même sur les joueurs adverses. De se faire transcender et avec ce genre d’encouragements font que les joueurs ont un état d’esprit encore plus positif et vont chercher encore plus loin au fond d’eux donc oui j’espère qu’ils seront très, très nombreux à venir soutenir les joueurs car je pense que ce groupe le mérite cette saison.

Propos recueillis par Loïc Colombié

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