
Ces derniers temps, il y a eu pas mal de changements au SCA sur la dernière année écoulée. Est-ce que ça fait du bien de vraiment travailler dans le confort avec des résultats positifs et jouer le haut du tableau ? Est-ce que tu sens des changements quotidiens par rapport à ce qu’il y a pu y avoir sur les 2 dernières saisons par rapport au SCA ?
En tout cas, on bosse dans le confort déjà au niveau du staff, nous sommes 3 entraîneurs rien que sur le rugby donc ça, c’est hyper confortable parce-que ça nous permet de nous aider et de pouvoir encore plus individualiser les contenus. Concernant le projet du club, on sent une vraie unité dans la volonté, la philosophie et la vision de ce que veut faire le club de tout en bas jusqu’en haut, à partir de l’école de rugby. Sans parler en leurs noms, on vient de l’asso avec Kevin tout comme Flo lorsqu’il était avec les espoirs donc j’ai la sensation, mais peut-être que je me trompe, que ça permet de remettre aussi un petit peu l’identité albigeoise au cœur du projet et donc c’est l’une des valeurs cette année. Pour nous, cette identité est vraiment une religion, j’en ai déjà parlé sur les précédentes conférences de presse, c’est un peu l’héritage d’Éric Béchu que Kevin et Flo ont vécu et que l’on essaye de faire perdurer avec de nouvelles têtes parce qu’on sait très bien que les hommes vont passer mais que le club va rester. La priorité que l’on a en tant que staff, mais je pense que les joueurs aussi, c’est, une fois que nous serons passés, d’avoir laissé une plus-value au club et de le laisser en meilleur état que lorsqu’on est arrivé. Par rapport à ce confort-là, il y a aujourd’hui un réel alignement des planètes, des discours, des philosophies chez l’équipe dirigeante, également avec les sponsors et le côté administratif et sportif mais aussi, j’en ai l’impression, avec les supporters. Avec ce rajeunissement du groupe chez les joueurs, cette volonté d’être formateur, cette convention et ce rapprochement avec Castres, on sent qu’il y a une vraie volonté de fédérer de notre côté et du coup, peut-être que les supporters s’identifient un peu plus avec en plus Flo et Keke qui ont joué pour le club donc les gens ont forcément envie d’un peu plus s’attacher et oui, c’est plus confortable.

Est-ce que c’est aussi plus confortable dans les relations humaines ?
Qu’est-ce que tu veux me faire dire ? Je vais vous le dire très sincèrement, j’ai trouvé un ami sur le staff d’avant en la personne d’Alexandre Albouy, Mathieu Bonello m’a aussi appris plein de choses. Comparé à aujourd’hui, j’ai bossé avec Keke à l’asso et on a construit une relation d’amitié également, quant à Flo, on se découvre mais bon, c’est plutôt un bon mec (rires). On ne va pas revenir sur le passé, on essaye d’avancer, j’ai beaucoup appris par le passé avec le staff qui était en place sur différents points, avec Alex notamment avec qui je suis toujours en relation et que je vois toujours, que j’ai toujours au téléphone et avec qui on discute rugby également. Aujourd’hui, j’ai l’habitude de travailler avec Kevin, Flo est l’un de ses amis d’enfance et on est dans la même mouvance donc on s’entend hyper bien, avec le staff qui était là l’année dernière, on était dans un bon mood aussi, les résultats aident. Tu parlais tout à l’heure du début de saison qui est lancé et il est sûr qu’on préfère être dans cette situation actuelle que si on avait perdu 5 matchs sur 6 et qu’on était avec » la paille au cul » si je peux me permettre. Pour toutes ces raisons, c’est plus confortable, j’ai des amis dans le staff donc c’est vraiment très agréable, on vient au boulot avec la banane et en plus, avec les résultats qui sont plutôt positifs avec un 4 sur 6, même si sans s’enflammer, on va attendre la fin de la phase aller pour faire un bilan plus approfondi.

On a parlé de la conquête donc on va peut-être parler des 3/4. Comment est-ce que tu as analysé la prestation de tes joueurs face à Suresnes ?
Un peu comme depuis le début de saison, on se crée des occasions et il faut que l’on soit capable d’être un peu plus » tueurs « , d’un peu plus tuer le match notamment lorsqu’on a des situations favorables. En même temps, quand je dis » tueurs « , ce n’est pas forcément la passe à tout prix, il faut être patients, faire un temps de plus, etc mais, comme l’a dit Kevin, on a un groupe qui est hyper exigeant et c’est un peu notre religion aussi, on est exigeants envers nous, envers le staff et envers les joueurs. Ces derniers le sont d’eux-mêmes, cette frustration tant des joueurs que du staff à la fin du match, c’est parce qu’on sait très bien qu’on peut faire beaucoup mieux donc nous, les 3/4 ont forcément envie de marquer cet essai sur un premier temps de jeu, j’ai envie qu’on continue à marquer des essais tout aussi construits, à un moment donné, on a failli marquer avec Dospi sur une situation de contre-attaque où on arrive à franchir, on marque ensuite via Théo Vidal. On arrive à se créer des occasions, on est plutôt en place offensivement et maintenant, il faut que l’on soit excellents et exigeants dans cette excellence-là pour être capables, peut-être pas 2 fois sur 4 mais 3 fois sur 4 ou 5 fois sur 6 de scorer quand on en a l’opportunité de manière claire et évidente. On sait tous que faire les bons choix au rugby est le plus dur donc nous, on essaye d’accompagner les joueurs sur ce côté-là aussi et les joueurs sont exigeants envers eux donc j’ai envie de te dire que c’est partagé. Les joueurs sont pros, ils savent quand ils ont fait un bon match ou quand ils ont manqué des trucs, c’étaient les premiers frustrés à la fin du match et quand Kevin a pris la parole, ils le savaient tous aussi. On a toujours envie d’être les meilleurs et, comme diraient les All Black, » être meilleur ne s’arrête jamais » donc on a envie d’être toujours dans la progression dans ce sens-là et derrière, on est capables de se créer des situations mais maintenant, il faut que l’on soit un peu plus » tueurs « .

Comment fais-tu à l’entraînement pour essayer d’avoir une équipe plus » tueuse » ?
Il y a différentes façons de l’entraîner. Tu peux faire des scenarii pour les remettre dans le contexte qu’on a vécu dans le match et qu’on n’a pas réussi ou encore, sur chaque situation où on va mettre des exercices, les mettre par rapport à une ligne d’en-but pour mettre de la marque, les encourager à marquer et à franchir, même quand on a fait une action de franchissement, tenir et maîtriser le ballon, essayer d’être toujours plus exigeants dans les retours et aussi donner de la confiance. Maintenant, est-ce que c’est d’abord » je donne la confiance pour qu’il y ait de la réussite » ou c’est » je suis exigeant et une fois qu’il y aura cette exigence-là, une fois qu’il y aura de la réussite, ça me met en confiance » ? Il faut donc être capable de manager ça sur l’organisation des situations. Il y également les retours vidéos tant collectifs qu’individuels, les échanges un peu informels avec les joueurs, sur comment ils se sont sentis et comme ils ont vécu cette action-là vu que nous sommes sur un projet assez co-construit où on collabore beaucoup et qu’on échange beaucoup avec les joueurs lorsqu’on discute des combinaisons et qu’on les met en place. Avec Kevin, Flo et le staff, on propose et ensuite, si les joueurs ne le sentent pas du tout à un moment donné, ce sont eux qui jouent donc on sélectionne aussi les lancements que l’on fait ensemble. Il y a plein de petites choses, je n’ai pas la vérité non plus et comme l’a dit Kevin, on ne s’enflamme pas et ça va se créer, c’est un projet qui est jeune et je me mets dedans aussi. Il faut qu’on se remette en question sans tout remettre en question non plus, on a ce confort-là en début de saison et maintenant, il ne faut pas se reposer sur nos lauriers et être capables pour nous, de proposer un contenu à l’entraînement qui soit toujours plus optimum, de toujours faire progresser les joueurs encore plus dans un seul et même objectif qui est de gagner.

Et côté effectif au SCA ?
Baptiste Couchinave et Gabriel Aviragnet qui sont blessés ont beaucoup joué la saison précédente donc on parle de 35 mais potentiellement de 37. Aymeric Lager n’a pas encore joué non plus car il s’était blessé à l’entraînement donc c’est 35 parce qu’on a eu quelques blessés qui n’étaient pas dispos mais c’est peut-être plus. On a la chance d’avoir un effectif riche.

Propos recueillis par Loïc Colombié

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