
Sans s’enflammer, on peut dire que la saison du SCA est maintenant bel et bien lancée ?
Non, toujours pas, on ne va pas se mentir et ce, même si on est bien sûr contents du début de saison. On ne pensait pas être à ce niveau-là à ce moment-là mais par contre, il y a encore beaucoup, beaucoup de choses à voir, les joueurs le savent et on est encore en rodage, réellement. J’avais dit il y a un mois qu’on verrait où on en serait selon les résultats mais on voit qu’aujourd’hui, oui, on développe, le groupe est très câblé, ils s’améliorent chaque week-end cependant, je pense qu’il y a encore des points où on est loin du potentiel de l’équipe qui peut faire beaucoup mieux vu la qualité de ce groupe.

4es à une victoire du leader, ce n’est quand même pas mal à ce moment-là de la saison ?
Oui, bien sûr, on ne va pas se le cacher. Je pense que le staff et les joueurs le prennent mais je pense aussi qu’ils sont allés se le chercher, c’est surtout ça mais le plus important, c’est que depuis le début de la saison, ils respectent le maillot, le club ainsi que le projet. C’est ce qui fait que ça prend aujourd’hui mais en termes de contenu, même si on s’améliore chaque week-end, on est encore loin et on reste frustrés y compris avec ce match de Suresnes.

Est-ce que continuer à dire qu’il y a de la frustration dans le contenu est une manière de maintenir un peu sous pression ce groupe jeune pour ne pas qu’il se repose sur ses lauriers ?
Sincèrement, je ne pense pas car ce groupe est déjà exigeant envers lui-même. Nous, staff, on est clairement de plus en plus gourmand vu la qualité de l’équipe et vu la qualité qu’ils mettent de plus en plus chaque week-end mais je pense que c’est surtout eux, les joueurs, qui vont décider depuis le début de la saison et on voit que ce sont eux qui sont exigeants envers eux-mêmes. Ce sont eux qui sont frustrés à la fin du match, encore presque plus que nous même si nous aussi, on est un peu frustrés par moments mais franchement, lorsqu’on regarde le match contre Suresnes à 30 points contre le RCS qui est une très belle équipe et qui était invaincue, on aurait signé direct avant le match. Par contre, en regardant la physionomie, les joueurs auraient pu mieux faire et on était encore un peu sur notre faim car, comme je vous le disais, on est gourmands et ambitieux, ce qui sera le mot de l’année, et joueurs comme staff, on ira chercher tout ce que l’on mérite.

Jusqu’ici, est-ce que c’est Chambéry le match le plus abouti à vos yeux ou celui de Rouen ?
Ça dépend sur quels critères on se base. Si on regarde les contenus, on a du positif et du négatif chaque week-end, on est monté en puissance après Niort, ça a été une piqûre de rappel qui nous a clairement fait du bien à ce moment-là, Chambéry, c’est un gros contenu, un gros engagement où on a été bien mais pas parfait non plus. Contre Suresnes, on a aussi eu du bon contenu et on a surtout eu à cœur de faire encore un gros match dans l’engagement, qui est la marque de fabrique et qui a toujours été celle d’Albi donc c’est sur ça qu’on appuie. Il n’y a pas eu de match référence de A à Z car pour nous, le staff, un match référence est vraiment un contenu de la première à la dernière avec certes un peu de déchets mais surtout une grosse maîtrise dans l’ensemble de la 1ère et de la seconde mi-temps et ce week-end, on a quand même vu deux visages avec une 1ère mi-temps quand même assez aboutie et une 2e où on a voulu aller trop vite avec beaucoup de déchets. On s’est un peu affolé mais parce qu’on avait une équipe jeune et je pense que c’est ça qui crée de la frustration car les mecs savent qu’ils pourraient encore mieux faire.

Donc, ce n’est pas un match référence mais c’est encourageant car, de facto, ça veut dire qu’il reste une marge de progression ?
C’est exactement ça et c’est ce que j’ai dit à la fin du match à savoir que oui, on est frustré mais qu’avec le staff, on aimerait bien voir où on sera cette équipe dans 2 / 3 mois car on sent tellement un fort potentiel, je ne parle même pas de résultats ou de ce genre de chose mais je parle de contenus, de groupe, d’exigences envers eux-mêmes, de câblages aussi parce-que le groupe vit très bien. J’ai envie de voir ce que va donner ce drôle de groupe d’ici 2 ou 3 mois car on n’est pas encore prêts, on fait de bons résultats, c’est bien mais attention, il faut d’abord aussi construire notre rugby et être patients. On verra en Janvier où, j’espère, on aura un discours totalement différent.

On t’a entendu dire plusieurs fois » on avance plus vite que prévu « . Est-ce que ça veut dire que vous aviez des objectifs que vous avez peut-être dépassés mais que vous allez rester exigeants ? Qu’est-ce que vous entendez par » avancer plus vite que prévu » ?
On avance plus vite que prévu, pourquoi ? Parce qu’il y a eu quand même beaucoup de départs à l’intersaison, beaucoup de turn-over, un changement de staff, un changement de philosophie. Tout ça cumulé, ça peut faire beaucoup pour un groupe et pour nouveau staff donc on avance plus vite dans le sens où chaque week-end, les joueurs répondent présents sur un point bien particulier, quand on rate quelque chose, ils le modifient le week-end d’après. En fait, c’est ça chaque week-end depuis le début de la saison, on évolue très rapidement sur beaucoup de critères qui, parfois, sont un défaut ou un point faible et qui sont rectifiés automatiquement aujourd’hui donc on avance plus vite dans l’apprentissage. On reste encore jeune mais les jeunes sont là pour être formés, on est formateurs, on le sait mais aujourd’hui, ils avancent beaucoup plus vite dans le sens où chaque week-end est différent mais que chaque point négatif est gommé, pas à 100% mais plus vite que prévu dans le contenu.

On sait que gagner à l’extérieur est loin d’être simple mais d’avoir déjà gagné, c’est se dire qu’on est capable de donc est-ce que cette copie de Rouen sert d’exemple à l’extérieur ?
Elle sert d’exemple sur un point à savoir que quand on y met les ingrédients, ce groupe est clairement capable de tout. Le match de Niort nous sert aussi sur un point qui est que, quand ce groupe est suffisant, comme toutes les autres équipes dans le rugby, on en prend 40. Ce qui est bien aujourd’hui, c’est que ce match de Rouen nous sert d’indicateur mais sur l’état d’esprit que l’on doit avoir sur chaque match à domicile et sur chaque match à l’extérieur, c’est une base et sans ça, on ne peut pas exister dans un championnat de rugby. Rouen va donc nous servir mais pour montrer qu’on est capable de à condition de garder ces ingrédients, cet état d’esprit et ce cœur qu’ils ont. Avec ça, on pourra essayer d’aller accrocher des matchs, essayer d’aller faire des coups et essayer d’aller voir un peu plus loin dans ce championnat, sans ça, on ne le fera pas mais la réponse sera toujours sur le terrain par les joueurs, ils l’auront décidé ou pas.

Dimitri Chauvet disait la semaine dernière » on s’est resserré au moment des problèmes qu’il y a eus « . Le groupe s’est donc resserré à ce moment-là, on a l’impression que ça continue mais que les nouveaux joueurs qui sont arrivés se sont rapidement intégrés à cette mentalité ?
Bien sûr mais on l’a dit depuis le début, on surfe sur la fin de saison dernière avec Pierre et Théo qui ont clairement mis un coup de boost dans l’état d’esprit, dans la volonté et déjà dans la transition qu’il y a eue cette année. C’est en grande partie sur ça qu’on s’est basé dès le début de la saison et on l’a dit car autant on enlève et on retire ce qui n’a pas fonctionné, on ne va pas se mentir autant il faut garder ce qui a fonctionné et il faut même l’amplifier pour appuyer là où ça fait du bien pour le groupe. Aujourd’hui, on a clairement surfé sur ça et Alex Dos Santos, qui est un nouveau joueur va donner son ressenti sur comment il sent le groupe, les anciens ainsi que sur son intégration parce-que c’est important.

Est-ce que vous avez identifié des facteurs X dans l’équipe de Bourg-en-Bresse ?
Ils ont un gros buteur et ce buteur est surtout mis en avant par leur gros paquet d’avants, même en 3/4, ils ont une ligne complète où ils sont très denses. Ils gagnent beaucoup de collisions, ils sont très patients et en fait, si on met tout ça bout à bout, ils sont capables d’enchaîner 10, 12, 14 temps de jeu parfois très simples mais très efficaces. En cumulant à ça le public qui va pousser derrière eux à domicile, on sait très bien que si on n’est pas discipliné et qu’on ne répond pas à cette densité, on ne va clairement pas exister. Par contre, et encore une fois, si on arrive à mettre les ingrédients sur notre défense, qui va être importante ce week-end, à conserver ces collisions, à retarder les ballons et à être disciplinés, le match sera tout autre. Comme tu le disais, le public est un plus chez eux, il va aussi falloir savoir l’encaisser pour les joueurs sur le terrain.

Un débrief sur l’infirmerie, qui revient et qui y rentre ?
Encore une fois, et j’aime me répéter sur ça toutes les semaines, on n’a pas encore de grosse blessure, on a quelques incertitudes pour ce week-end mais rien qui demandera du long terme. On a toujours Simeon Soenen et Baptiste Couchinave qui sont en phase de reprise mais on ne va pas prendre de risque avec eux non plus, ils postulent, par contre, le but n’est pas de les perdre s’ils reviennent trop vite. On le pourra si on veut, ils sont aptes, il y a aussi Gabriel Aviragnet qui rentre donc, franchement, l’infirmerie se vide petit à petit. On en sort quelques-uns et on en remet quelques-uns mais l’infirmerie n’est pas notre point noir de ce début de saison et pourvu que ça dure !

On a vu Théo Mercadier sortir vendredi dernier ?
On devait lui mettre une protection sur l’épaule et encore une fois, notre priorité à nous staff et le point d’honneur que l’on se met, au-delà de tout ce qu’on répète chaque week-end sur le jeu, les résultats, l’ambition et le reste, est de ne pas jouer avec la santé des joueurs. Là, il avait une petite alerte, on a préféré le sortir, on l’a checké avec le médecin au bord du terrain et on a préféré assurer en le faisant sortir, il faut encore le suivre cette semaine. On est vraiment sur la santé avant tout pour un joueur car le rugby, c’est bien mais après le rugby, il y a une vie aussi et la saison est très longue.

Et pour Yanis Horvat ?
C’est la cheville et pour l’instant, c’est une entorse bénigne donc on va voir ce que ça peut être mais ça ne sera pas une grosse blessure. Peut-être qu’il sera apte pour ce week-end mais on ne le sait pas encore, il y aura des examens mais il n’y a rien de grave et, pour le moment, on ne peut pas certifier qu’il ne jouera pas ce week-end, ce serait mentir.

On connaît votre philosophie de jouer à 35 mais au bout de 6 matchs, on peut quand même dire qu’il y a une ossature qui est un petit peu en train de se dégager, légèrement ?
Bien sûr qu’on a une ossature mais même s’il y a une ossature de base, les joueurs qui suivent ne sont vraiment pas loin derrière. C’est vraiment une ossature qui, à tout moment, même suite à une blessure ou autre, ne nous fait pas trembler avec le staff et ça, c’est quand même le choix du roi et un confort pour nous d’avoir la qualité de cet effectif. Tant qu’on n’a pas trop de blessés, on va se creuser la tête chaque week-end, on va faire des déçus parce qu’on a un groupe de qualité et même s’il y a quelques joueurs qui se dégagent, et non une équipe type, on a vu depuis le début de l’année 35 joueurs utilisés avec de bons résultats dont Rouen où on est très content pour le groupe et surtout pour les joueurs car avant Rouen, on nous a dit qu’on faisait tourner et qu’on y allait presque avec l’équipe bis mais pas du tout. On vous a dit qu’on ne lâcherait aucun match cette année, que les joueurs qui jouaient, c’est parce qu’ils ont le niveau Nationale et le niveau de faire un coup sur ce week-end là et ils ont répondu présent. On verra la compo avec le staff pour le week-end qui arrive mais les joueurs qui seront alignés à Bourg seront totalement dans la même optique que ça.

Propos recueillis par Loïc Colombié

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