Raphaël Carbou vient de vivre une fin de carrière en apothéose digne d’un seigneur du rugby, en participant activement (2 essais) à la remontée en Pro D2 des Carcassonnais et en glanant au bout d’une rencontre de folie un titre de Champion de France de Nationale. Auteur de l’essai de la victoire en piochant dans ses ressources physiques dans les ultimes secondes d’une finale (victoire 24-23 face à Chambéry) ayant autant fait débat que monter l’adrénaline à son paroxysme, celui qui avait connu les joies d’un titre avec Perpignan (Pro D2) va donc raccrocher les crampons avec le sentiment du devoir accompli et une aventure collective qui inscrit l’USC dans l’histoire du rugby français.

Pour ton dernier match, c’est une apothéose ?
C’est incroyable ! Je voudrais quand même en premier lieu féliciter cette équipe de Chambéry et c’est vraiment ce que je pense, ils ont été les plus réguliers sur la saison, le dénouement est vraiment cruel et ils méritent autant que nous sur cette finale. Je veux tout d’abord leur tirer un grand coup de chapeau et leur sort n’est pas encore joué, ils ont encore un match pour accrocher quelque chose d’historique mais on ne va évidemment pas bouder notre plaisir, c’est incroyable. Tu sais, j’ai l’impression que les choses sont écrites et il y avait même ce sentiment que ça allait marcher, il y a des pénalités contre nous, on repart à l’avant, on enchaîne je ne sais pas combien de temps de jeu, on croit que ça va lâcher mais ça finit par payer, c’est incroyable. Il n’y a que le sport qui peut procurer des émotions comme ça.

Lorsque vous êtes dans ces dernières secondes, quelle est cette énergie que vous allez chercher et comment est-ce que vous allez la chercher car vous vous êtes sorti les tripes voire même autre chose ?
C’est l’inconscient. Je ne sais pas ce qu’il se passe, on est dans un état second, moi, j’avais des crampes, tout le monde est mort et il n’y avait plus trop de plan de jeu. On part d’un côté et de l’autre mais c’est le cœur qui parle et dans ces moments-là, peut-être que les moments durs qu’on a connus dans la saison nous aident car c’est le cœur et ce qu’on a dans les tripes. Ça aurait pu ne pas nous sourire, on aurait pu avoir un dénouement tout autre mais il y a une étoile cette année et il faut un peu de chance dans les moments comme ça. Elle est pour nous et c’est énorme.

Il y avait quasiment un sentiment d’invulnérabilité pour Carcassonne et on avait l’impression que rien ne pouvait vous arriver ?
C’est ça mais je ne veux pas trop en faire. J’ai vraiment une pensée pour Chambéry parce-que ce soir, ils le méritent autant que nous et comme je te l’ai dit, il y a une part de chance et une bonne étoile. On ne l’a pas eue l’an dernier mais je crois qu’elle a été avec nous cette année et il en faut pour des matchs comme ça, il faut que le rebond soit du bon côté. Il faut une part de chance, elle est pour nous et quel bonheur !

Tu peux raccrocher les crampons avec le sentiment du devoir accompli car quelle fin de carrière ! C’est ce dont on peut rêver ?
C’est incroyable, c’est vraiment incroyable ce qu’il s’est passé. Je suis vraiment content car j’étais quasiment le seul à avoir connu un titre et qu’il y avait beaucoup de mecs qui le méritaient donc je vais en profiter autant qu’eux. C’est énorme, c’est la fin d’une carrière qui a été miraculeuse mais je suis content pour ceux qui n’ont jamais connu ça, maintenant, c’est fait et on va savourer ça, fêter ça avec tout ce public qui nous a soutenus jusqu’à la dernière seconde.

On en connaît un qui a vibré derrière son canapé en Corse ?
Le Corse devait avoir une pensée pour Carcassonne (sourire). Merci à tout le monde, tout le monde nous a suivis partout, sur tous les terrains et c’est aussi leur victoire. Ça a été cruel il y a deux ans avec cette défaite sur la dernière action, quand on parle d’histoire et de bonne étoile, on ne l’a pas eue il y a deux ans car Soyaux-Angoulême nous plante un essai sur la dernière action qui nous fait descendre de Pro D2 pour égalité de points mais aujourd’hui, toujours sur la dernière action, on marque et on gagne la finale donc je crois que c’est ça qu’il faut retenir. Il y a une histoire, on remet le club en Pro D2 et c’est fabuleux.

Propos recueillis par Loïc Colombié

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