L’ouvreur du Rennes Etudiants Club, Benjamin Noble, nous a accordé une interview quelques minutes après le titre de champion de France de Nationale 2 des Bretons, en revenant longuement sur la genèse de cette saison historique et des efforts consentis pour décrocher le graal et une nouvelle accession en Nationale.

Ce titre de champion de France est la consécration de deux ans de travail ?
Oui, exactement, deux ans de travail. C’est vrai que l’année dernière, on est tombé à une marche de la finale, on avait clairement fait un non-match et on était complètement passé au travers. Ça nous a servi cette saison, on n’avait pas bien fini la saison précédente, on l’avait en travers de la gorge donc on a vraiment voulu aller partout, être conquérants tout le temps. En plus, nous sommes ceux qui avons fait le plus de kilomètres dans le championnat puisqu’on avait été mis dans la poule de l’est mais on a fait avec nos armes. Beaucoup nous ont critiqué, vraiment, beaucoup nous ont critiqué, qu’on gagne ou qu’on perde en disant « de toute façon, demain, vous n’allez pas au travail » mais si, tout le monde travaille et tout le monde vient s’entraîner tôt le matin ! On est donc content, deux ans, maintenant et je ne sais pas si l’a dit, le but de Kevin est qu’on soit maintenus en Nationale dans un an. On avait dit que c’était un projet sur trois ans, on est toujours dans les clous et pour moi, dans un an, il faut être maintenus, on a vu que c’était compliqué, Hyères-Carqueiranne a coulé et il n’y a qu’un club qui joue le barrage. On va profiter mais moi, j’ai déjà hâte d’être au 1er Juillet pour m’entraîner.

Une finale, ça se construit, dans la tête, dans la stratégie. Est-ce que tu peux nous parler des dessous de cette finale et de comment vous avez construit cette victoire ?
On l’a dit, on ne va pas en faire trop, on va rester sobre. On a beaucoup récupéré de la demie car nos avants avaient fait du gros boulot. On a ensuite dit qu’on allait faire quelques petits changements stratégiques en termes de combinaisons mais sinon, on a dit qu’on allait la vivre et qu’on n’allait rien lâcher et vraiment la jouer avec le cœur. C’est ce qu’on a en plus, on joue vraiment là-dessus, sur notre âme, notre cœur, notre région qu’on représente et on a essayé de lâcher les chevaux. Une finale se construit mais en 1ère mi-temps, même si on n’a pas eu peur, on a serré les dents, on a pris les assauts dans la tête, on a attendu le bras de fer et quand ce dernier est passé de notre côté, on a essayé d’accélérer, trois points par trois points mais, au final, c’est ce qu’il faut. On a construit, on a marqué en début de 2e mi-temps et on leur a mis un petit coup à la tête mais oui, il a fallu accélérer.

Quand il a fallu que tu prennes tes responsabilités au pied, tu n’as pas tremblé ?
Je n’ai pas tremblé mais c’est un rôle que j’ai depuis que je suis arrivé, avant, j’étais toujours 2e ou 3ebuteur. Je prends ce rôle, ça se passe tout le temps bien même si je stresse beaucoup dans ma tête mais j’apprends. Ça me réussit ou ça ne me réussit pas mais je sais que quoi qu’il arrive derrière, que j’échoue ou non, les mecs sont justement derrière et qu’on rattrape toujours la bêtise du collègue et là-dessus, on est fort.

Un mot sur les adversaires d’aujourd’hui, sur ce Niort Rugby Club qui vous a posé des soucis et qui est quand même une très, très bonne équipe ?
Très, très belle équipe, il n’y a franchement rien à dire sur le côté de leur poule. Je connais peut-être 8 ou 9 joueurs et c’était très compliqué de les jouer aujourd’hui mais sur le terrain, c’est un match de rugby et on se retrouve après. Ils ont fait le match parfait en termes d’occupation, on savait qu’ils n’allaient pas non plus relancer de partout, il fallait vraiment que l’on soit très bon en défense ce qui est vraiment notre point fort et tenir le ballon quand on l’avait pour les mettre à la faute et c’est vraiment ce qu’on a réussi à faire. On a fait deux ou trois couacs mais on est resté soudé mais franchement, on espère que Niort va monter vu leur saison et c’est bien pour la Nationale 2 s’il y en a deux qui montent mais aussi pour se maintenir après.

Tu nous en as parlé, vous avez un nouveau challenge l’an prochain qu’est la Nationale mais avant de penser à basculer sur une nouvelle année, un titre, ça se fête ?
C’est le premier titre que je vais savourer, pour certains, c’est leur 2e donc on va les suivre. Je pense que oui, il y aura peut-être une semaine où il n’y aura pas de rugby, où on ne sera pas convoqué et où on se retrouvera ensemble, profiter des journées et le soir, on attendra ceux qui bossent. Je pense aussi à retrouver nos familles car, par rapport à l’année dernière, il y a eu beaucoup plus de monde, ça nous a vraiment fait chaud au cœur et on va savourer. Ensuite, on partira peut-être tranquillement en vacances pour revenir à fond car la Nationale va être un long championnat et on a vu qu’il y avait peut-être 5 ou 6 équipes qui avaient joué le maintien. On va donc profiter et on va se reposer.

On peut dire qu’on risque de voir des photos et des stories un peu sympas et marrantes dans les jours qui viennent ?
On ne va pas aller sur la plage pour faire du surf mais il y a un petit ruisseau où on peut apparemment sauter dedans, bon, on ne va peut-être pas perdre le bouclier non plus. Là, on n’a rien prévu justement parce qu’on n’a rien voulu prévoir, on va voir où le vent nous mène et on va profiter, on va rester ensemble, profiter de nos familles.

Vivre l’instant présent ?
Voilà, c’est ça, profiter à fond parce qu’on ne sait pas de quoi demain est fait et petit mot pour Niort pour leur dire que j’espère que ça va le faire dimanche prochain et qu’on se retrouvera en Nationale.

Bravo et félicitations pour ce titre de champions de France
Merci beaucoup.

Propos recueillis par Loïc Colombié

Article en partenariat avec





































