À seulement 26 ans, Arthur Castant dispose d’une expérience non négligeable des playoffs, puisque ce pur produit du rugby tarnais va effectuer ses 5eme phases finales consécutives de Nationale, ce samedi face à Carcassonne. Le talonneur du SC Albi nous a posé le contexte de ce 1/4 de finale 100% rugby occitan qui verra les Tarnais (6eme) arriver en outsiders aux dents longues face à des audois (3eme) qui bénéficieront de l’appui du public et des faveurs des bookmakers. Dans ce match d’homme pour paraphraser les propos d’Arthur Castant, le Sporting Club Albigeois va user de ses ressources mentales apparues toutes au long de cette saison hors du temps et tenter d’eclencher en terre hostile une épopée pouvant les faire entrer dans le livre d’or jaune et noir.
Carcassonne VS Albi une rencontre à suivre en direct Web TV dès 14h40 ce samedi 3 mai sur Le #MagSport : https://www.youtube.com/live/ZslU7bsKD4Q?si=CiHB0Y4CWZttZ6Ro

Tu es un jeune joueur mais tu as déjà 5 phases finales au compteur. Ça te donne de l’expérience mais j’imagine que tu l’appréhendes différemment de la première fois où tu devais être un peu introverti par rapport à cet événement ?
Il est certain que l’on apprend d’année en année, on apprend des erreurs, on regarde ce qu’on a bien fait l’année précédente, on essaye de mettre en place des choses qui, on l’espère, fonctionneront. Il est sûr qu’avec les années, on est quelques-uns à avoir l’expérience des phases finales, on essaye de la partager au groupe qui est assez jeune donc on essaye de rassurer un peu tout le monde, de calmer un petit peu l’excitation qu’il peut y avoir mais c’est hyper positif. On essaye de cadrer un peu tout ça pour que le groupe avance bien dans le même sens, tous ensemble, et qu’on ne se disperse pas trop, ça a d’ailleurs été un peu le cas cette semaine où on est quelques-uns à avoir un peu pris le lead là-dessus pour accompagner le groupe et faire en sorte qu’on avance tous ensemble de la meilleure des façons jusqu’à samedi.

Est-ce qu’il y a des erreurs que, étant plus jeune, tu faisais dans la préparation des phases finales et que tu as corrigées et rectifiées ?
Je pense que quand tu es jeune, tu ne sais pas trop à quoi t’attendre, tu vas un peu dans l’inconnu donc tu as peut-être une pression supplémentaire. Tu découvres peut-être aussi des émotions que tu n’avais jamais vécues, surtout avec les groupes professionnels, donc c’est toujours un peu bizarre à découvrir et puis, quand tu le vis plusieurs fois, tu sais un peu comment ça va se passer. Tu connais un peu l’atmosphère d’avant-match ainsi qu’un petit peu de tous les petits travers qu’il peut y avoir tout au long de la semaine jusqu’au coup d’envoi donc tu essayes d’éviter les pièges et de faire en sorte de faire une bonne semaine pour être prêt à 15h.

Albi / Carcassonne, ce sont deux équipes qui se rencontrent depuis plusieurs saisons et qui se connaissent bien. Quels sont, selon vous, les points forts de Carca ?
Carcassonne est une très grosse équipe qu’on a rencontré plusieurs fois ces dernières saisons comme tu l’as dit. On le sait, c’est une équipe qui est assez complète, ils ont de la qualité à tous les postes donc ça va être un match très intense, on y est préparé, on a eu deux affrontements en saison régulière qui n’ont pas tourné en notre faveur mais où, à chaque fois, on n’était pas loin que ce soit là-bas ou chez nous avec le scénario que l’on connaît. On a tiré les enseignements de ces affrontements-là, on a essayé de corriger le négatif et garder le positif pour préparer au mieux cette confrontation qui nous attend samedi.

Après tout ce qui s’est passé, le fait de vous être battus et de finir 6es, est-ce qu’il y a le sentiment de ne rien avoir à perdre et est-ce que ça vous apporte une sorte de légèreté pour préparer ce genre de rendez-vous ?
Je pense que dans tous les cas, lorsque tu joues un barrage à l’extérieur, on va dire que tu as moins de choses à perdre que l’équipe qui reçoit, c’est une certitude, tu t’es qualifié 6e donc tu t’invites un peu au dernier moment à la fête et, forcément, la pression n’est pas sur nous. Je pense que le fait de ne jamais les avoir battus est plus une stat qu’autre chose, on ne va pas obligatoirement en tenir compte car ce qui compte, c’est le contenu qu’il y a eu, je parlais des deux derniers matchs et c’est le contenu de ces deux derniers matchs qui compte, plus que le score final bien que samedi, il n’y aura bien sûr que le score final qui va compter.

Samedi, ça sera un match d’hommes ?
Ah, ça va être un match compliqué, un match d’hommes comme tu le dis, je suis d’accord. Théo a bien décrit le cadre et le contexte dans lesquels ça va se jouer, un stade qui sera sûrement plein d’après ce qu’on nous a dit, une équipe de Carcassonne qui est en confiance avec beaucoup d’expérience. Ça va être très intense, on s’y prépare mais on a nous aussi les armes pour faire un gros match, on a également des armes pour imposer une certaine intensité donc il va falloir relever le défi et après, que le meilleur gagne.

L’une des récompenses est que vous avez quand même généré beaucoup d’émotions cette saison et on voit qu’il y a déjà trois bus de supporters qui vont venir avec peut-être un 4e. Il y avait longtemps qu’autant de supporters ne s’étaient pas déplacés et c’est une récompense, la preuve que vous avez généré de l’enthousiasme et de l’engouement ?
Il est certain que nous, en tant que joueurs, on sent le soutien du public grandissant ces dernières semaines, grâce ou à cause, je ne sais pas, aux événements qui se sont déroulés il y a quelques semaines ainsi qu’avec les bons résultats qu’il y a eus sur les derniers matchs. Je pense que forcément, les gens aiment voir le SCA gagner et briller dans cette division et que donc, lorsqu’ils ont vu ça sur les derniers matchs, ils se sont dit qu’il y avait peut-être quelque chose à aller voir. Là, on apprend qu’il y a des bus de supporters qui se préparent et on se sent évidemment soutenus, il y a forcément de la tension à l’approche de ce match et en tant que joueurs, ça nous aide aussi à gérer cette tension en sachant qu’on ne sera pas que 23 ou 28 là-bas mais qu’on sera beaucoup plus nombreux avec tous les Albigeois en tribunes.

Lorsqu’on discute avec les 5 autres coachs, ils vous qualifient un peu d’équipe » poil à gratter » voire, pour certains, » casse-couilles « . Est-ce que ça vous donne un statut de » casse-pieds » de service ?
Je ne sais pas si c’est forcément le plus adapté mais, ce qui est sûr, c’est qu’on est une équipe qui est jeune et donc, forcément, qui a les dents qui rayent le parquet. L’avantage qu’on a eu, c’est qu’on a des mecs qui sont jeunes mais qui, comme l’a dit Théo, sont hyper responsables, travailleurs, ils ont conscience de l’importance du projet et de l’importance des joueurs dans le projet. On va dire que le virage qu’il y a eu il y a quelques semaines leur a fait un petit boost de maturité et donc, on a été obligé de prendre en main le truc. Lorsque tu joues avec des valeurs hyper fortes et des liens hyper forts entre chaque joueur, tu y mets forcément un peu plus sur le terrain et donc, tu mets plus d’intensité ce qui fait que c’est plus compliqué pour l’adversaire de t’affronter. C’est un ensemble qui fait que oui, on peut nous qualifier d’être pénibles à jouer mais ce qui est sûr, c’est que nous, on y met tout et on voit ce qu’il se passe après.

Sur certains matchs précédents à Albi comme Bourgoin ou Périgueux, on a eu l’impression que les packs adverses étaient beaucoup plus massifs et beaucoup plus solides. Comment fait-on pour résister ou même parfois, pour prendre le dessus sur ces packs en rendant pas mal de kilos que ce soit en mêlées ou dans les phases de conquête ? Tu parlais d’un surplus d’engagement et d’adrénaline mais est-ce que ça suffit car il y a quand même une partie technique ?
Je ne sais pas si ce sont le poids sur la balance ou les centimètres affichés qui font la qualité d’un pack, je n’en suis pas sûr. Ce qui est certain, c’est qu’il y a des packs qui sont impressionnants dans cette division, tu parles de Périgueux qui est l’un des gros packs du championnat donc les chocs sont forcément rudes mais j’ose espérer qu’eux disent peut-être la même chose de nous. Lorsqu’ils nous affrontent, ça ne doit pas non plus être agréable donc je pense que c’est l’intensité qu’on y met, c’est vouloir dominer l’adversaire et c’est ce qu’on va essayer de faire samedi.

Et justement, quel va être le mot d’ordre pour samedi ?
Plaisir et mission (sourire).
Propos recueillis par Loïc Colombié

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