À quelques heures du choc pour la qualification en playoffs, qui verra lors de cette antépénultième journée, le RC Massy accueillir le Sporting Club Albigeois, Théo Siboul le coach des 3/4 tarnais a donné son analyse sur ce tournant de la saison et ce match qui est quasiment un 16eme de finale . En clair, Albi, est face à son destin.

On rentre dans le vif du sujet, la dernière ligne droite, des matchs quasiment couperets car avec cette rencontre face à Massy, c’est une part de votre destin qui va être déterminée samedi soir ?
Comme on en parlait depuis quelques semaines, on était sur les sprints. Contre Bourgoin, on en a validé un sur les 4 qui nous restaient, il y en a un énorme qui se présente ce week-end face à une équipe qui est coachée par deux potes à moi, Benoît Denoyelle et Djamel Ouchene qui font du super taf. C’est une équipe qui est en pleine confiance, 9 matchs sans défaite, ils n’ont pas perdu depuis 2025 après s’être lancés en 2024. Ça va être un très gros match contre une équipe qui envoie du jeu, je crois qu’il ne devrait pas trop pleuvoir ce week-end donc on devrait aussi voir un grand match de rugby, je l’espère. Ça va être un très gros match pour une très grosse fin de saison qui nous attend.

Vous êtes de surcroît encore plus au pied du mur car chaque fois que vous faites un excellent résultat à domicile comme contre Chambéry, vos deux adversaires directs se disent » tiens, on va aller faire un résultat à l’extérieur « . Vous auriez pu parfois creuser l’écart mais, malheureusement, ça ne s’est pas fait ?
Ce championnat est hyper serré. Comme on vient de le dire, Massy est en pleine confiance, Périgueux est en progrès chaque année et cette année, ils font aussi une très grosse saison, c’est une autre façon de jouer que Massy mais c’est également une très, très grosse équipe, très complète. Ce week-end, ça va donc être à nous d’aller faire un très gros résultat à Massy.

Quels enseignements est-ce que vous tirez de ce match contre Bourgoin ?
Une très, très grosse entame, peut-être l’une des meilleures de notre année, on tombe ensuite dans un faux rythme qui ne nous va plus, faire touche / mêlée / jeu au pied, ce n’est plus nous car on a une équipe qui joue, qui aime le rythme. On se reprend en 2e mi-temps, il y a à nouveau une espèce de faux rythme et à la fin, on va chercher cet essai, un essai sur une séquence où on met du rythme et de la vitesse. On est donc satisfait de notre entame, on est encore en progrès sur notre jeu mais personne n’est parfait donc il faut que l’on progresse encore.
Question fautes, ce n’était pas le meilleur match ?
On est à 14 fautes sur tout le match ce qui est trop. Ce qui a biaisé notre vision à la fin du match, c’est qu’il y avait un gros pack en face, on a répondu présent et sur les mêlées, ça a été un peu » la pièce « . Ils ont été pénalisés, on a été pénalisé, on l’a vu à la vidéo et il n’y en a aucune qu’on a pu jouer parce qu’elles étaient pénalisées donc il y a ce fait qu’il y a eu beaucoup de pénalités d’un côté comme de l’autre ce qui a fait un peu gonfler les stats. C’est pareil sur les ballons portés où il y a eu des pénalités un peu de chaque côté et, je crois qu’il y a 6 pénalités contre nous sur la mêlée et 3 ou 4 sur les ballons portés ce qui fait que dans le jeu, il n’y en a que 3 ou 4 au final. Il ne faut pas oublier le reste mais c’est parce qu’il y avait un gros pack en face et qu’on a répondu présent, je pense donc que c’est à niveler un peu même s’il est certain qu’il faut vraiment que l’on soit en-dessous de ce seuil de 10 car on sait que ça va être déterminant dans les matchs plus serrés au score, comme notamment à Marcq-en-Barœul.

A chaque fois que vous avez mis de la vitesse, Chambéry a complètement déjoué et sur l’entame contre Bourgoin, ils ont passé 20 minutes où ils ne savaient pas ce qui leur arrivait. On se dit donc que c’est peut-être en étant capables de mettre cette vitesse-là, comme c’est le cas depuis 3 ou 4 matchs, que vous pouvez mettre à mal n’importe quel type d’adversaire que vous rencontrez ?
On s’est un peu rendu compte, un peu comme en Top 14 en fait, que les équipes qui jouent et qui envoient du jeu sont souvent en haut du tableau. On peut voir Toulouse et Bordeaux en Top 14, on voit Grenoble en Pro D2, les derniers qui sont montés, Aix et Nice, envoient le plus de jeu, Chambé est l’équipe qui a le plus haut temps de jeu effectif en Nationale avec 34 minutes en moyenne, Massy est en confiance et a gagné quasiment tout le monde depuis 3 ou 4 mois et c’est une équipe qui joue beaucoup. Nous, on progresse sur notre jeu, on a cette volonté et cet espoir d’aussi répondre par le jeu ce week-end parce-que c’est notre identité, aujourd’hui, faire touche / mêlée / jeu au pied, ça ne nous va plus. On a en plus la chance d’avoir de supers joueurs qui sont capables de jouer et d’avoir des séquences longues, on prend de plus en plus confiance sur notre jeu, on progresse à chaque entraînement et, comme on l’a dit au début, l’entame de Bourgoin est la meilleure de la saison avec du jeu et malgré un ballon glissant. Il va donc y avoir un grand match et, je pense, un grand match de rugby à travers le jeu car je connais Djamel et Benoit qui sont aussi férus de jeu, tout comme nous. On s’est donc préparé à ce qu’il y est du volume sur ce match-là tant de notre côté que du leur.

Il va aussi falloir avoir du coffre et un peu de foncier pour augmenter le coffre afin de ne pas péter en vol ?
On s’entraîne comme ça depuis un mois et demi. Sans trop exagérer, je ne dis pas qu’on s’entraîne 3 fois moins qu’avant en termes de temps passé sur le terrain mais on s’entraîne moins qu’avant où on passait entre 1h30 et 2h par séquence collective contre 45 minutes à 1 heure aujourd’hui. Il se trouve que sur les données GPS, on dépasse les données objectifs alors qu’avant, on n’arrivait pas à les atteindre en termes de distances, de haute intensité et autres. C’est parce qu’on a cette volonté de pouvoir mettre beaucoup de rythme ainsi que des séquences longues à l’entraînement, si vous demandez à Couchi, en général, il pique un peu le mardi (rires). En fait, le but est qu’on développe ça, entre autres cette capacité à répéter des actions à haute intensité longtemps pour pouvoir tenir la dragée haute aux équipes qui jouent. Ce qu’on a vu contre Chambé, c’est ce qu’on espère faire contre Massy.

Concernant la gestion des hommes, est-ce que tu vas faire tourner ou plutôt essayer de conserver l’équipe sur les 3 matchs pour qu’il y ait plus d’automatismes et plus de liant avec un groupe plus déterminé ? Comment est-ce que vous l’envisagez ?
Depuis les 4 matchs où l’on a repris avec Pierre, je crois qu’on a fait jouer 35 joueurs sur les 44. Bien évidemment que là, à un moment donné, c’est la performance qui prime, le but était toujours le même à savoir créer de l’émulation. Il y en a pour qui le niveau d’entraînement progresse et ils progressent à chaque entraînement et comme on fait à chaque feuille de match, toi, tu parlais de faire tourner mais moi, je dirai plutôt qu’on essaye de mettre en place la meilleure équipe par rapport à l’adversaire, toujours. Il y a bien sûr des tendances qui se créent, des performances qui sont stables ou non donc il y a des joueurs qui se gagnent leurs places petit à petit mais ça, c’est dans le rugby. Faire tourner n’est donc pas le terme que j’utiliserai parce-que quand on met des mecs sur la feuille de match, ce n’est pas nous qui donnons le maillot, ce sont eux qui vont le chercher parce qu’ils se donnent à l’entraînement et qu’ils sont performants mais aussi parce qu’on a des stratégies qui s’adaptent certes à notre jeu mais également par rapport à l’adversaire que l’on rencontre.

L’infirmerie va être déterminante pour la dernière ligne droite. Est-ce qu’il y a de bonnes nouvelles qui arrivent de l’infirmerie, est-ce qu’elle se vide un peu ?
Ça veut dire quoi pour toi des bonnes nouvelles ?

Des gens qui sortent de l’infirmerie ou qui vont y rester moins longtemps que prévu
Je ne sais pas, c’est toujours la même. Paul Clergue est out, Téo Dospital également, sa saison est finie, JB De Clercq s’est fait opérer, on est pour l’instant sur quelques semaines, si on arrive à se qualifier, il y a une chance mais si on n’y arrive pas, peut-être qu’il y aura un peu moins de chance, son temps de convalescence n’est pas totalement arrêté. Reinach Venter est en phase de reprise, Lucas Pindor s’est entraîné normalement.

C’est à la mode en ce moment, on regarde un peu la composition du banc des remplaçants, 6/1, 6/2 ou autres et on a pu remarquer que vendredi dernier, c’était plutôt 5/3. Était-ce prémédité ou est-ce qu’il y a eu une obligation a fait que c’était comme ça car il y avait quand même un gros pack en face ?
Si je peux me permettre, c’était 6/2. Tu as donné la réponse dans ta question, on adapte aussi le banc un petit peu en fonction mais ça va aussi avec la stratégie comme on le disait avant et on s’adapte à l’équipe en face. Il y avait un pack dense donc on avait demandé aux joueurs de faire beaucoup d’efforts et de mettre beaucoup de volume malgré le ballon glissant et donc, de faire des efforts et encore des efforts notamment devant parce qu’il y avait du monde sur le banc, il y avait 6 avants. On adapte donc forcément au niveau des équipes.

Quelle sera la clé pour contrer Massy ?
Comme l’a dit Baptiste Couchinave, il faudra bien négocier tous les ballons et notamment les ballons de turn-over. On sait qu’ils sont très performants sur les turn-over mais c’est comme toutes les équipes, quand il y a des changements de statuts, on est vite en danger, on était placé pour attaquer et pas pour défendre donc si on est capable d’exploiter les ballons de turn-over, on sera forcément sous de bons auspices. Massy est une équipe qui est complète, qui a des avants mobiles et une défense patiente, qui envoie du jeu, qui est très bonne sur les turn-over, qui a de bons joueurs derrière et de la longueur au pied donc c’est un match qui sera dur jusqu’à la fin des 80 minutes. Il faudra donc que l’on soit précis notamment sur nos turn-over ainsi que sur les zones de marque, comme on l’a été le week-end dernier avec 71% de réussite dans les zones de marque. Il ne faudra pas gâcher les munitions car je ne sais pas si on en aura beaucoup et il faudra être précis dans ce qu’on fait.

Tu peux nous parler du joker médical, le petit dernier ?
Simeon Soenen, arrière / ailier international belge, comme ça, JB se sent un peu moins seul (sourire), qui vient de Montauban et dont la première semaine s’est bien passée.

Vu les blessures à l’arrière, on risque de le voir très rapidement ?
Très rapidement, c’est très relatif, il faut lui laisser un peu de temps pour ingurgiter tout le projet de jeu, les méthodes d’entraînement ainsi que pour bien s’intégrer au groupe. On a la chance d’avoir un groupe de joueurs qui sont justes tops humainement, qui sont capables d’intégrer rapidement un mec mais ça, c’est depuis le début et c’est pour ça que je vous répète à chaque fois que c’est vraiment trop cool de les entraîner car dans ce contexte-là, avec ce groupe-là, ça nous permet de bien vivre ensemble, malgré le contexte particulier, on arrive à prendre du plaisir dans notre environnement de travail. Concernant Simeon, c’est vrai que Matis Pacchiana a été un peu seul à l’arrière même si Victor Pisano ou Théo Vidal, entre autres, peuvent y jouer donc ça permet d’avoir un peu plus de monde, à l’entraînement également quand on sépare ou qu’on fait du 7 contre 7.

Est-ce que c’est un buteur ?
Oui, il bute aussi.

Quel va être le mot d’ordre pour cette rencontre, faire dérailler le TGV de Massy-Palaiseau ?
Si tu le dis (rires). Oui, le but est d’aller faire un grand match contre Massy et que le meilleur gagne.

Propos recueillis par Loïc Colombié

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