Tour d’horizon du côté du sud Gironde, à la frontière dans les Landes, à l’US Salloise avec son co-président Didier Dallet qui nous a accordé un entretien grand format où il a évoqué l’ensemble des sujets d’actualité du club pensionnaires de Nationale 2.

L’an dernier, pour sa première année en Nationale 2, Salles a vécu une saison quasi de rêve, mis à part le petit accroc en phases finales. On peut dire que cette année, le plus dur pour l’USS sera de rester aussi haut étant donné que vous avez peut-être quasiment fait l’année parfaite l’an passé ?
On a fini 1ers nationaux l’an dernier pour la première année en Nationale 2, ce qui était quasiment inespéré. Un petit peu fatigués, on n’a pas fait de bonnes phases finales et on a perdu chez nous contre Marcq-en-Barœul, qui était bien sûr une très belle équipe et qui est montée, mais on a senti qu’on arrivait un peu au bout du rouleau à la fin de la saison et qu’on était fatigués. C’était comme ça, c’était une belle année d’apprentissage.

Les regrets sont sur ces phases finales mais dans tous les cas, ça a donné une dynamique et un élan pour le club ?
Oui car nous, aujourd’hui, on ne se voit pas ne pas jouer en Nationale 2 alors que l’année dernière, on jouait pour ne pas descendre. Ça nous a effectivement donné de l’ambition, dans le club et même sur nos jeunes, ça a changé notre façon de voir, on est vraiment dans une compétition de haut niveau. Ça nous aide en effet à structurer le club encore mieux même si c’est encore un rugby de village, en fait, on est plutôt orienté vers l’avenir et vers la consolidation de ce que l’on a pu faire en Nationale 2 et qui rejaillit sur l’ensemble du club.

Qu’est-ce qui a changé, évolué et progressé en termes de structuration à l’US Salloise en 2 ans ?
En termes de structuration, on va déjà parler du sportif, on a consolidé nos espoirs. On s’est donné les moyens, notamment avec une salle de réception et une salle de musculation flambant neuve qui est venue renforcer nos moyens sportifs sur le côté renforcement musculaire et autres. On a un peu redistribué les cartes concernant notre structure sportive en prenant des coordinateurs sportifs gérés par le manager ce qui nous permet d’essayer de progresser à tous les niveaux, on commence en – de 14 puis -de 16 à – de 18. On a aussi essayé de consolider toute la partie partenariats, réceptif, etc, et comme je l’ai dit aux dirigeants, les joueurs sont sur le pré mais c’est tout un club qui est dans la compétition.

En termes budgétaires, est-ce que le fait de se maintenir et de se pérenniser en Nationale 2 vous oblige à faire un « petit bond » budgétaire, à l’échelle du club bien sûr ?
Ça nous a obligés à faire un bond budgétaire au niveau du club. L’année dernière, on était un peu trop haut au niveau du budget, on a d’ailleurs sorti un résultat négatif de 60 000€. Comme il y avait un peu de fonds propres du club, ça n’a pas été trop embêtant mais on vit un petit peu au-dessus de nos moyens donc on a décidé de rediminuer un petit peu notre budget, il faudra que l’on redescende en-dessous du million d’euro pour être entre 800 000 et 1M d’€. Je pense que pour la Nationale 2 et pour un club formateur comme nous, qui a l’intention de faire jouer beaucoup de joueurs formés au club, ça sera le bon niveau financier.

C’est une fierté de montrer qu’avec des jeunes du cru, on arrive à performer à un niveau comme la Nationale 2 ?
De toute façon, c’est notre ADN. Si je n’avais pas eu des joueurs issus du club, on doit en avoir une dizaine aujourd’hui qui sont soit issus de la formation soit qui sont passés par la formation au niveau de Salles car on est là pour les suivre et pour leur permettre de jouer au plus haut niveau dans leur club, on n’en serait pas là aujourd’hui.

Lors du séminaire fédéral des clubs de Nationale et de Nationale 2, un débat a été lancé sur une réforme et une refonte de ces divisions où, entre autres, a été évoquée la suppression de la Nationale 2 et deux poules en Nationale. Quel est l’avis du président Dallet du côté de Salles ?
Mon avis est déjà au niveau rugby. Je pense qu’aujourd’hui, en Nationale 2, c’est un peu comme en Nationale, il y a des clubs qui sont professionnels, d’autres comme la plupart des clubs du sud-ouest qui sont semi-pros, ce qui est notre cas, les joueurs sont pluridisciplinaires. En fait, pour le bien du rugby, il est bien sûr important d’avoir des clubs comme Rennes, Orléans, Genève, ce sont des clubs de métropoles et pour le bien du rugby, pour le sport et pour le développement du rugby en France, je pense que c’est super d’avoir des villes comme ça et des clubs qui se développent comme ça. Nous, clubs du village, du sud-ouest et autres, on est là pour les embêter, pour qu’ils grandissent, pour qu’ils apprennent aussi le rugby à travers le rugby de village c’est-à-dire le respect, l’unité et autres choses. Je ne dis pas que ces clubs-là n’ont pas de valeurs mais ils apprennent comment nous, on a grandi, comment on en est arrivé là et je trouve que pour le bien du rugby, c’est génial parce qu’on va faire des spectateurs, des téléspectateurs et si on veut être un jour champions du monde au niveau de l’équipe de France, il nous faudra certainement des jeunes strasbourgeois, bretons ou nordistes pour alimenter l’équipe de France. Ces développements passent par de l’élite et je pense donc qu’il faut faire aussi une élite amateure et si on doit réduire au niveau des poules et couper en 2 la Nationale, il ne faut pas oublier que cette Nationale est faite pour faire monter des clubs en Pro D2 et qu’il y a également besoin d’une compétition assez élevée à ce niveau-là. Je n’ai pas vraiment d’idée sur la bonne quantité d’équipes mais ce que moi je sais en tout cas, c’est qu’aujourd’hui, on ne joue pas assez en Nationale 2, on s’arrête fin Mars pour les clubs qui ne seront pas qualifiés, ce qui j’espère ne sera pas le cas de Salles. Il faut que les présidents aient beaucoup plus de visibilité sur les matchs et autres et que l’on gagne plus d’argent à travers les matchs c’est-à-dire qu’on fasse au moins 4 ou 6 matchs de plus au niveau d’une saison.

Comment fait-on lorsque l’on est président de Nationale 2 et que l’on n’a pas de recettes guichet de fin Mars à fin Août ou début Septembre ?
C’est très compliqué, je ne vois pas comment c’est possible. Comme tu l’as dit, on en a justement parlé au niveau de la Fédération qui nous a effectivement dit qu’elle ne sortait pas enrichie de la Coupe du Monde ce qui veut dire qu’il va falloir se serrer les coudes et se serrer les coudes aujourd’hui, lorsqu’on joue en Nationale 2, on a un groupe et une équipe espoirs et donc, que l’on fasse plus de matchs est primordial et surtout à partir du mois de Mars. Avril, Mai et Juin sont réservés au Top 14 et à la Pro D2 qui font des matchs sur terrains secs avec beaucoup de monde dans les tribunes et nous, en Nationale 2, on arrête fin Mars. Non, ce n’est pas sérieux, on l’a dit à notre Fédération et il faut que maintenant, ils entérinent une augmentation du nombre de clubs par poules et à partir de ce moment-là, qu’ils refassent une refonte au niveau de la Nationale / Nationale 2 à l’image d’une pyramide comme il y a en Top 14 et en Pro D2.

On va faire un peu de fiction : s’il y a 2 poules de 12 ou de 14 en Nationale, est-ce que Salles arrivera à tirer son épingle du jeu à court, moyen et long terme dans ce schéma-là ?
A court terme, on continue à se battre et on a une image qui fait qu’on peut rester un ou deux ans mais le problème n’est pas Salles. Nous, on va se battre bec et ongles tous les dimanches pour pouvoir se maintenir à ce niveau-là, on ressemble un peu au club de Langon, par exemple, qui fait non pas des prouesses mais qui se défend bec et ongles en Nationale, on sera dans la même configuration. Le problème n’est pas là, si on doit jouer en Fédérale 1 ou en Nationale 2 ou demain en Nationale, on mettra de toute façon en œuvre ce que l’on peut pour pouvoir jouer à ce niveau-là mais il n’y aura pas péril en la demeure, c’est ça que je veux dire. On n’est pas ambitieux au point de dire « Salles sera demain en Pro D2 » alors qu’un club comme Orléans, par exemple, son président a clairement annoncé que lui voulait être en Pro D2 dans 2 ans. Chacun a ses moyens mais ça ne sera pas très grave pour Salles.

Ce week-end, il y a un Salles / Graulhet. Ce sont deux clubs qui se ressemblent beaucoup ?
Absolument, on s’apprécie énormément au niveau des dirigeants. On sait que Graulhet est une équipe avec, je crois, 4 victoires sur les 5 derniers matchs. Ils sont revenus dans la course et ils ont fait comme nous, ils ont changé de manager et d’entraîneurs au mois d’Octobre, quelque chose comme ça, donc il y a eu un renouveau. Ça été un renouveau pour eux comme pour nous aussi, une nouvelle façon de jouer mais pour eux, ça a été un renouveau, ils ont l’air de bien vivre ensemble et je pense qu’ils vont venir à Salles avec des ambitions même si je crois que les matchs les plus importants pour eux sont les prochaines rencontres à la maison. Nous concernant, je pense qu’on a un bon groupe, on est 3es de poule, on n’a pas fait de bons matchs jusqu’à présent, on manque peut-être d’un peu d’envie, on s’est fait un peu secouer par Saint-Jean de Luz samedi dernier mais on joue bien et il ne manque pas grand-chose. On sera peut-être plus compliqué à jouer sur ces prochaines semaines qu’on l’était l’année dernière, ça veut donc dire que l’on progresse, qu’on progresse dans notre jeu, on a un jeu plus ambitieux que la saison passée et on verra ce que ça donne.

Merci et à très bientôt sur le MagSport
Merci beaucoup.

Propos recueillis par Loïc Colombié

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