Le Stade Langonnais est vraiment un club atypique de par sa pluri-activité dans un championnat quasi intégralement professionnel, mais aussi de part sa sociologie où le rugby terroir et les valeurs ancestrales de l’ovalie sont fortement ancrées. Parmi ses us et coutumes séculaires dans le rugby, une est très fortement prégnante dans le club sud girondins : la chasse. Dans ce territoire où les palombières sont légions, de nombreux joueurs des pensionnaires de Nationale sont chasseurs à l’image de Loïc Clavé, Charly Espagnet, Julien Graffouillère, Maxime Lartigue ou encore … Aurélien Tamagnan.

Ce dernier a vu sa seconde passion (après le rugby) lui jouer un bien vilain tour le week-end dernier lors du déplacement à Chambéry des doubles champions de France 2023 et 2024 (Fédérale 1 et Nationale 2). En effet les joueurs du Sorcier béarnais de Comberlin, Christophe Hamacek, qui exceptionnellement voyageaient en avion de Bordeaux à Genève le jour le rencontre face aux savoyards, puis de Genève à Bordeaux le lendemain du match ont vu leur 3/4 centre vivre une bien drôle aventure quelques minutes avant le décollage retour direction la Gironde.

En effet, Aurélien Tamagnan, qui était parti à la chasse avec son sac à dos du Stade Langonnais, le mercredi précédent le match avait malencontreusement oublié de retirer quelques cartouches à gibier avant de partir en déplacement le week-end dernier. Un oubli qui n’a pas fait rire la police aux frontières et la douane Helvétes forts pointilleuses sur le sujet, et qui a valu au joueur Langonnais une fouille au corps minutieuse et de frôler la garde à vue dans les geôles Suisses.

Mais compréhensives, les autorités suisses, voyant que Aurélien Tamagnan était tout sauf un dangereux repris de justice ou un terroriste, bien aidé par les explications de ses dirigeants qui ont stipulé le contexte de ce voyage dans le cadre d’une délégation sportive, ont laissé embarquer celui qui en plus de ses péripéties douanières avait subi une commotion cérébrale lors du match à Chambéry la veille. En clair un voyage en Savoie dont ce souviendra Aurelien Tamagnan.

Bien entendu, chambreurs ses coéquipiers n’ont pas manqué de distiller quelques stories sur les réseaux sociaux mettant en scène leur collègue lors de la fouille ou même de son retour dans l’avion quelques minutes avant le décollage sous les chants de l’ensemble de la délégation qui scandaient goguenards : «Libérez Tamagnan».

Joint par téléphone, Aurelien Tamagnan souriait de cette mésaventure, tout en nous stipulant que un ou deux de ses coéquipiers (dont Loïc Clavé) lui avaient avoué que ça aurait pu leur arriver à eux aussi, tant ils sont coutumiers du fait d’utiliser à la chasse leurs dotations sportives.

Une anecdote de plus dans le grand livre des épopées du Stade Langonnais dont l’art de vivre rural et la façon dont ils vivent le rugby est une véritable bouffée d’air frais dans cette division où le professionnalisme peut parfois aseptiser ces épisodes cocasses qui ont depuis des décennies écrits la petite histoire du rugby.

Une chose est sure, Aurélien Tamagnan regardera à deux fois son sac à dos avant de partir en en déplacement avec le Stade Langonnais, car un chasseur averti en vaut deux. Seule une question subsiste : comment les autorités françaises ne se sont pas aperçues à Bordeaux lors du voyage aller, de la présence de cartouches dans les bagages de notre chasseur tête en l’air?

Article rédigé par Loïc Colombié

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