#Rugby – Nationale 2 / Fred Manca et Vincent Clement (Graulhet) : «On va vraiment tout faire pour maintenir ce club dans cette division!»

Après un début de saison sportivement tumultueux, le SCG a fait appel à deux légendes du club voisins Albigeois, pour opérer une opération commando avec le leitmotiv de se maintenir en Nationale 2. Fred Manca (Manager et entraîneur des 3/4) et Vincent Clément (coach des avants), nous ont livré un entretien grand format pour nous exposer les raisons de leur venue en terres graulhetoises, mais aussi leurs idées et la ligne directrice qui les animent pour redonner du lustre à la saison des rouges et noirs. Les deux compères nous ont aussi avoué que la qualité du projet global de club du Sporting Club Graulhetois, avait été un élément déclencheur pour relever le défi certes complexe mais manifestement galvanisant qui les attends dès ce dimanche face à Valence d’Agen lors de leurs premiers pas sur le banc du Stade Noël Pelissou. Rencontre avec deux coachs aux parcours diamétralement opposés mais dont l’amitié et les valeurs du rugby les réunissent pour une nouvelle aventure à Graulhet.

Fred, il y a 2 ou 3 semaines, les dirigeants et les deux co-présidents ont pris contact avec toi pour relever le défi rouge et noir, qu’est-ce qui t’a amené à pousser la porte de Pélissou ? 

Fred Manca: En fait, il y a deux choses et la première, c’est ce que ces dirigeants ont fait pendant deux ans et ce qu’ils sont en train de construire pour ce club, le projet m’a plu, leur discours m’a plu ainsi que la vision qu’ils ont pour Graulhet dans le futur. La deuxième chose, c’est évidemment de le faire avec Vincent car, clairement, je ne l’aurais pas fait sans lui donc je suis heureux de commencer cette aventure avec lui. 

 

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Vincent, même question ? 

Vincent Clément  : Même question, même réponse (rires). Ça a été un processus un peu collectif, on était dans la même démarche avec Fred, on a rencontré les présidents en même temps et on a été sensible aux mêmes arguments. Ça n’aurait pas été possible autrement que d’entraîner avec un ami, ce sont donc les mêmes arguments. 

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Vous arrivez avec un défi qui est dur mais qui est beau, celui de faire une mission commando jusqu’à la fin de la saison pour sauver le Sporting Club Graulhetois en Nationale 2 ? 

Fred Manca : Oui, c’est un gros défi. Je crois que cela faisait longtemps qu’on n’avait pas eu tous les deux à relever un challenge donc oui, on est excité, on est excité d’être à dimanche. Il nous tarde vraiment d’être dans le match et d’être en situation de commencer notre aventure dans ce championnat avec les gars. Evidemment, relever des challenges nous manque, celui-là est gros, pas évident mais il est tout à fait réalisable donc on va tout donner, tout ce que l’on peut, pour aider les joueurs à y arriver. 

Vincent Clément  : C’est une situation qui n’est pas évidente pour nous. C’est un vrai challenge, cette situation est tout à fait nouvelle, arriver en cours de saison dans une équipe, essayer de distinguer ou d’identifier les axes de travail, quelles doivent être les priorités tout en essayant de connaître les mecs et le contexte. Appréhender toutes ces choses n’est vraiment pas facile, je pense que ce n’est déjà pas facile quand on est pro mais quand on est amateur et qu’on doit aussi gérer sa vie professionnelle en même temps, ça l’est encore moins. Je pense que le challenge est un peu partout et autant pour les joueurs que pour nous qui arrivons que pour le club. Ce qui est bien, c’est que je pense que tout le monde en a conscience et de toute façon, c’est un peu dans cet état d’esprit que l’on travaille avec Fred, cet état d’esprit collectif. On a envie de relever ce défi et que tout le monde s’amène les uns avec les autres dans cette réussite. 

 

Venons-en justement à ce collectif avec un binôme d’entraîneurs qui se trouvent les yeux fermés, un peu comme sur un terrain. Le fait d’avoir joué ensemble et d’être amis aide quand même à mettre rapidement ce binôme en marche ? 

Fred Manca : C’est primordial et c’est même plus important que l’entraînement. D’être deux dans une aventure comme ça, dans une situation sportive un peu compliquée et nouvelle en cours de saison sans avoir une intersaison pour préparer les gars, évidemment qu’il faut être sûr de l’autre mais d’abord sûr humainement car on va traverser des périodes sûrement difficiles, même si je ne l’espère pas et d’autres très bonnes. Il faut vraiment s’aimer pour pouvoir le faire à deux et tenir bon le cap quoi qu’il se passe. 

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Vincent Clément  : Ce que j’ai envie de dire, c’est qu’on s’est déjà testé (rires). On s’est déjà testé dans des contextes très difficiles et très particuliers, c’est un peu le propre et le point fort de notre relation à savoir qu’on a vécu des choses ensemble qui font qu’on se connaît et qu’on sait qu’on peut compter l’un sur l’autre. Là, c’est juste un petit peu les rôles qui changent mais sur le fond, ce vécu est quelque chose d’assez fiable sur lequel, je pense, on peut compter. 

 

Concernant vos parcours d’entraîneurs, les vôtres sont un peu opposés. Toi, Fred, tu étais dans le très, très haut niveau en Top 14, toi, Vincent, et même si tu as fait une parenthèse à Albi, tu étais à Castanet dans un club amateur tandis que là, vous arrivez dans « la terre des milieux » et dans un rugby semi-pro / semi-amateur. Comment est-ce que vous appréhendez ça avec vos expériences différentes ?

Vincent Clément  : Déjà, Fred a une très grosse expérience d’entraîneur par rapport à moi (rires). C’est donc un vrai avantage, ses connaissances, ses compétences sont indéniables et ça facilite grandement la chose. Ce que je peux apporter moi, au-delà de tout ce qu’on a vécu ensemble, c’est aussi un peu cette connaissance du milieu amateur et cette prise de recul par rapport à un entraîneur qui, parfois, a des repères à un niveau professionnel. Je pense qu’il est sûr que la combinaison des deux parcours peut être intéressante pour Graulhet. En ce qui me concerne, je ne sais pas si, en fait, j’ai une âme d’entraîneur mais j’aime transmettre, j’aime accompagner un groupe, je sais ce que je sais faire et ce que je peux faire et je le fais à fond mais le vrai entraîneur ici, c’est Fred (sourire). 

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Est-ce qu’on peut avoir le même curseur d’exigence à Pau qu’à Graulhet ? 

Fred Manca : Non, on ne peut pas. On ne peut clairement pas car les mecs rentrent d’une journée de travail le soir, ils sont là avec nous et il faut leur redemander deux heures de concentration donc c’est à moi de faire les efforts. Il faut qu’on en fasse un peu chacun et qu’on trouve un juste milieu mais on ne peut pas leur demander la même chose que ce qu’on demanderait à des professionnels qui sont avec nous du matin jusqu’au soir donc il faut s’adapter. On peut quand même être exigeant, ça n’empêche rien et puis, que ce soit de l’amateur ou du pro, le rugby est le même, c’est pareil, on est 15 contre 15. Certains de mes coéquipiers albigeois auraient dit « ils ont 15 jambes et 15 bras », il avait oublié de multiplier par deux (rires) mais ça reste pareil, c’est le même rugby avec les mêmes ingrédients qu’il faut mettre. Si on trouve un juste milieu, ça me conviendra très bien, il faut que l’on ait cette période d’adaptation, qu’ils apprennent aussi à nous connaître car ils ne nous connaissent pas tout comme on ne les connaît pas très bien. En fait, on n’a pas de période d’observation, il faut y aller à fond, prendre des décisions ce qui n’est pas toujours évident car, comme le disait Vincent, on ne connaît pas bien les joueurs ni le contexte ou l’environnement mais on fait tout pour se fondre dedans et surtout que l’on soit tous ensemble, groupe, staff, bénévoles, supporters ainsi que tous ceux qui traînent autour du club, qui sont passionnés par ce dernier et qui ont envie de le voir continuer en Nationale 2. 

 

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Le fait d’avoir découvert tout ce tissu de bénévoles et de passionnés montre que Graulhet est une ville qui vit vraiment rugby ? C’est le cœur de la ville ? 

Fred Manca : Ce n’est pas étonnant, il y a une histoire ici, une histoire du rugby avec de grands joueurs qui sont passés par là. Moi, je vois ça avec mes yeux de minot, Graulhet a toujours été un gros club du Tarn donc ce n’est pas étonnant qu’il y ait cette passion autour de lui ni qu’il y ait tous ces bénévoles. Mercredi soir, par exemple, on a mangé avec je ne sais pas combien de bénévoles qui préparent les repas, ce sont des choses tellement agréables de retrouver ça, même si ça existe en pro, mais ici, c’est fort, c’est marqué. Ce n’est donc pas étonnant, c’est un territoire rugby depuis des années et qui a formé pas mal de grands joueurs. 

 

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Comment avez-vous trouvé le groupe de l’équipe première et quel est le message initial que vous leur avez donné ? 

Vincent Clément  : On l’a trouvé dans un état meilleur que celui dans lequel on pensait les trouver puisqu’ils sont quand même allés gagner à Saint-Jean de Luz. Je pense qu’ils ont répondu présent par rapport aux derniers événements et notre message était donc assez simple, je crois que c’est Fred qui a bien résumé ça avec faire des choses simples, efficaces mais surtout ne pas changer ce qui marche et, petit à petit, les faire évoluer et progresser dans ce qu’on avait pu identifier de délicat ou d’un peu moins fort chez eux, d’un peu plus faible. C’était ce message, des principes de management qui sont banals mais toujours bons à rappeler et qui nous tiennent tout le temps à cœur comme le fait que le groupe est forcément plus important que l’individu. Toutes ces choses-là sont aussi issues de notre vécu, de ce qu’on a pu mettre en œuvre au cours de notre carrière de joueur, surtout avec notre expérience en commun à Albi et je pense qu’on peut transmettre ce que l’on est et ce que l’on essaye de faire. 

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Fred Manca : On avait accepté notre mission dans la semaine de Saint-Jean de Luz et l’idée était de ne pas intervenir car le timing n’était pas bon, déjà pour nous perso et de voir comment ils allaient réagir un peu seuls, même si beaucoup de gens d’ici les ont accompagnés. L’idée était de voir comment ils allaient se prendre en main et on a été très content de voir ce qu’ils avaient fait à Saint-Jean de Luz en termes d’état d’esprit, ils se sont prouvés qu’ils pouvaient faire de belles choses ensemble. On a pris un groupe qui, me semble-t-il, avait déjà basculé sur une autre page et qui avait entamé une autre dynamique et c’était agréable. Plutôt que de retrouver un groupe qui regardait dans ses chaussettes, les gars se sont prouvés des trucs et c’était plutôt intéressant d’arriver à ce moment-là, c’était super bien car il y avait aussi une semaine off en termes de match ce qui nous a permis de prendre nos marques ici. Voilà l’état d’esprit dans lequel on les a retrouvés. 

 

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Quelle est la feuille de route pour ce bloc de 4 matchs jusqu’à Noël ?

Fred Manca : La feuille de route, c’est de prendre les matchs les uns après les autres. Si on regarde, le prochain est Valence d’Agen qui fait partie des 3 ou 4 grosses écuries de cette poule, une équipe qui se connaît bien, qui fait du bon rugby et qui est bien organisée mais tant mieux, c’est bien de commencer par ça pour voir où on en est et de faire en sorte de tout donner pour ne plus perdre ici. Qu’on reçoive Valence ou qu’on reçoive le premier juste avant Noël pour le match en retard, le but en priorité est de ne plus perdre ici, même si on sait que ce n’est jamais évident, mais ici, ça doit redevenir une terre imprenable. Il faut que l’on cultive ça et qu’on arrive à embarquer les gars là-dedans avec nous. 

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On vous a rapidement évoqué le projet de club, un projet de club global qui part de l’école de rugby jusqu’aux infrastructures en passant bien sûr par l’équipe première et même par l’implication du SCG dans la ville. Être partie prenante de ce projet est une fierté mais ça engage aussi ? 

Fred Manca : C’est un projet qui nous a parlé lorsqu’ils nous ont expliqué tout qu’ils ont fait en deux ans, même si des choses avaient été faites avant et c’est remarquable, il y a un mot pour ça et c’est remarquable, on leur a dit parce qu’ils ont commencé par les bonnes choses. Oui, ça engage, ça nous engage dans ce qu’on va transmettre sur le terrain, dans ce que nous on peut maîtriser pour l’instant et on va clairement se focaliser sur le sportif et sur les 4 mois qui restent. Ça nous engage surtout à maintenir ce club dans cette division, pour nous premièrement, et on verra après mais l’urgence est vraiment sportive. Nous, il ne faut pas qu’on s’éparpille, on n’a vraiment pas beaucoup de temps, on l’a dit aux joueurs, on les voit trois fois par semaine ce qui est aussi un peu nouveau pour moi. On ne les voit que trois fois donc il faut qu’on soit précis, qu’on fasse des choses simples et qu’on les fasse bien et c’est la même chose pour nous, il ne faut pas qu’on s’éparpille. On aura le temps après de lever la tête du guidon et de regarder ce qui se passe autour, les personnes en place, notamment les dirigeants sont en train de mener et de continuer ce travail peu importe ce qu’il se passe sportivement. Ce qu’on leur a demandé, c’est de nous laisser un peu les coudées franches pour pouvoir assurer le sportif et que le sportif et essayer d’être un maximum efficaces sur notre mission. Ça engage évidemment sportivement à relever ce défi du maintien qui est devant nous. 

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Vincent, il y a une expression que tu emploies souvent qui est l’expression « avoir du sens » et ce projet, il a du sens ? 

Vincent Clément  : Oui et c’est quand même pour ça qu’on a succombé à la proposition (rires). Quand les dirigeants ont appelé au début, je leur ai dit « écoutez, il y a 95% de chance que je dise non à la fin des discussions » et finalement, il y avait 5% de chance qui reposaient vraiment sur ce discours et sur ce projet qui a été expliqué et bien expliqué. Et puis, on constate aussi que ce ne sont pas que des mots mais que c’est vraiment ce qu’il se passe et, effectivement, c’est quelque chose qui me parle énormément. Je trouve que c’est une stratégie tellement pertinente pour un club comme Graulhet, je pense qu’ils le font avec leur cœur et avec conviction mais, stratégiquement, je pense que c’est l’un des axes primordiaux sur lequel on travaille quand on arrive sur ce territoire. De déjà comprendre qu’il y avait des gens intelligents, des gens de cœur, des gens qui avaient une stratégie, ça résonne, effectivement. 

 

On sait que vous avez des liens forts avec toute la bande d’Albi de l’époque du Top 14. Est-ce qu’on peut s’attendre à voir quelques anciens venir ponctuellement vous donner un coup de patte ? 

Vincent Clément  : C’est déjà le cas (rires). 

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Fred Manca : Oui, on a déjà une belle recrue puisqu’on a Christophe Lafoy qui vient nous aider et aider les gros sur le secteur de la mêlée. Il a fait sa première intervention appréciée mardi soir donc on est très content. Tu parlais des anciens, il y en a certain qui sont passés par là et qui nous ont aussi aidé dans le fait de basculer dans ce projet parce qu’on avait vu ce qu’ils avaient fait et les liens qu’ils avaient créés ici. Comme ce sont des personnes importantes et de confiance pour nous, on les a écoutés et ils nous ont aussi un peu poussé, je pense à Marech (Franck Maréchal ) et à Pageot (Sébastien Pages) dont on est également là parce qu’ils nous ont bien parlé de ce club. Ils nous ont dit d’y aller, de foncer et de les aider donc on va donner ce qu’on peut. 

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Pour conclure, un club avec une histoire forte et maintenant, à vous d’écrire l’avenir ?

Fred Manca  : Oui, exactement. Comme je te le disait, on va vraiment tout faire pour maintenir ce club dans cette division car c’est super important. Même si le projet continuera parce qu’il est solide et bâti solidement s’il venait à se passer quelque chose, le but est vraiment de maintenir le club dans cette division. Oui, ça peut être le départ d’une belle histoire mais pour l’instant, on est vraiment focus, on ne se projette pas plus loin que le match d’après, on a vraiment la tête dans le guidon et puis, j’attendais que Vincent le dise, mais ça nous avait un peu manqué d’avoir la tête dans le guidon comme ça. 

Vincent Clément  : C’est clair (rires). 

 

 

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Propos recueillis par Loïc Colombié

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