#Rugby – Nationale 2 / Jérome Montbroussous (Graulhet) : «C’est quand même « anti-compétiteur » de ne pas viser cette 6e place, tout en étant le plus humble possible!»

Un peu plus d’un an après leur élection, on va aller du côté du Sporting Club Graulhetois pour voir quel est le bilan et quelles sont les projections du nouveau duo de présidents Jérôme Montbroussous / Renaud Martinet. Nous allons aujourd’hui mettre l’accent sur le sportif et sur tout ce qui concerne le SCG, de l’école de rugby à l’équipe première, avec Jérôme Montbroussous le co-président en charge de ce domaine.

Crédit photo SCG

Un peu plus d’un an à la tête du SCG, toi avec la prérogative sportive qui est très prégnante avec Renaud Martinet. Quel est le premier bilan que l’on peut tirer de cette vraie première saison à la tête du SCG ? 

C’est un bilan positif pour diverses raisons et c’est déjà l’augmentation des licences. C’est quelque chose dont on avait beaucoup parlé au début 2023 lorsqu’on a décidé de s’investir au club car c’est vrai qu’il y avait des trous de génération et plein de choses qui faisaient que tu pouvais vraiment essayer de créer des équipes seniors graulhetoises, ce qui était très compliqué au vu du manque de licences à l’école de rugby ainsi que chez les cadets / juniors. C’est vrai que là, ça fait un an et demi que le travail commence à payer avec 150 / 160 à l’école de rugby, 40 chez les cadets et 40 chez les juniors ce qui veut dire que le virage est pris donc maintenant, il faut continuer à être performant mais surtout le devenir encore plus pour, au fur et à mesure, former, former, former et avoir des équipes seniors avec une identité graulhetoise encore plus forte que ce qu’elle est aujourd’hui. C’est pour ça que le bilan global est positif au niveau du club, avoir une augmentation de licences au niveau des jeunes plus un rugby féminin qui se développe, c’est je pense, en tous cas pour moi, la chose la plus importante aujourd’hui. 

 

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En clair, vous avez re-rempli le vivier rouge et noir et maintenant, il faut faire passer des curseurs de compétences à ce vivier pour qu’il colle à l’équipe première qui est en Nationale 2 où il y a un niveau qui est très relevé ? 

Complètement. C’est déjà aussi pour redorer l’image du rugby graulhetois, il ne faut pas que ce soit que l’équipe une qui, d’une année sur l’autre, peut varier en raison de plein de choses, il faut vraiment que nos cadets performent, que nos juniors performent, qu’il y ait une cohérence entre la Nationale 2 de la première et les cadets / juniors qui doivent être en Nationale où on doit performer et se maintenir à ce niveau-là. Il faut qu’il y ait une cohérence après, effectivement, pour cet objectif, on a embauché quelqu’un qui va dans les écoles avec une équipe et c’est vrai que d’aller dans le périscolaire et le scolaire, c’est quelque chose qui me paraît indispensable à Graulhet dans un milieu rural et industriel pour donner la chance à tout le monde de faire du rugby. Ce ne sont pas que « les fils de » dont le papa et le papy ont joué au rugby et qui va entrer facilement au rugby, il faut que tout le monde puisse profiter de cette chance de connaître ce sport qui est quand même fabuleux. C’est vrai que c’était le premier objectif d’avoir une augmentation de licences pour essayer de faire jouer le maximum de Graulhetois / Graulhetoises à ce sport. 

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Lors de cette première année de mandat, il y a eu un premier rayon de soleil sportif avec le titre de champion de France des espoirs ? 

Bien sûr ! C’est un objectif auquel on n’aurait jamais pensé, je mentirais si je disais qu’on avait annoncé qu’on serait champion de France mais par contre, c’est vrai qu’on avait beaucoup misé sur cette catégorie. Rémi et … nous avaient dit oui juste 6 mois avant que je reprenne pour venir nous aider, nous avions recruté énormément de joueurs qui avaient le potentiel équipe une, on était à 45 joueurs donc je savais qu’indirectement, ça allait avoir des répercussions positives sur l’équipe espoirs. Ça a été « plus facile » à gérer avec un gros effectif pour l’équipe espoirs, on a eu quelqu’un comme David Marotel qui est arrivé en Janvier et qui a fait toutes les phases finales avec l’équipe espoirs, on n’est pas champion grâce à lui mais il a quand même une pièce à l’édifice assez importante avec un joueur de cette qualité-là comme quelques autres. Il y avait déjà un noyau dur qui avait un peu mangé son pain noir rajouté à ça donc c’est vrai que ça a été super, super magnifique et puis, être champion pour une première année, c’est quand même super. Du coup, indirectement, ça a été plus compliqué pour le staff de l’équipe première d’avoir à gérer autant de joueurs donc ça a été bénéfique d’un côté mais parfois compliqué à gérer avec un effectif aussi dense mais, en tous cas, au niveau de l’image des jeunes à Graulhet, ça a redonné envie à certains de revenir jouer chez nous, que ce soit en cadets, en juniors ou en espoirs pour vivre des moments comme ça. Maintenant que ce virage espoirs est pris, il faut qu’on le garde, c’est le plus important et il y a quand même 10 jeunes qui se sont entraînés avec la première mais c’est un tout, tout début. J’ai envie de dire que le plus important et le plus dur est maintenant de rester en haut en espoirs, on a surpris tout le monde la première année mais d’y perdurer aujourd’hui sera quand même encore plus dur que ce qui s’est passé l’année dernière. 

 

C’est un beau challenge pour cette équipe espoirs ? Ils n’ont pas encore connu la victoire cette année en début de saison, ça leur montre qu’ils sont arrivés en haut mais qu’il faut continuer à performer pour y perdurer car rien n’est acquis ? 

C’est ça, rien n’est acquis car, comme je le disais, cette largeur d’effectif a fait que ça a largement aidé cette équipe espoirs à être championne mais maintenant, il faut se remettre en question après un titre. Si je dois comparer au plus haut niveau, à part le Stade Toulousain qui arrive à performer d’une année sur l’autre et à rester en haut, on a vu que même Montpellier ou le Stade Français avaient du mal donc même à ce niveau-là, il est toujours dur de se remettre au travail de l’intersaison. Il y a la fête, un peu trop peut-être, mais à un moment donné, c’est encore plus dur de se remettre à la compétition donc c’est vrai que là, je ne suis pas étonné de ce mois de Septembre, on dirait que ce sont plus des « matchs de préparation » pour les deux équipes car il y a toujours des moments de trou dans les rencontres. Ça s’explique et ça va se corriger très rapidement mais c’est vrai que ce n’est pas facile de rester en haut, on peut parler de Dijon qui fait deux finales d’affilée ce qui montre les efforts qui sont faits de la part de ce club. En tous cas, j’ai vraiment envie qu’on arrive à se qualifier en espoirs et qu’on reste à ce niveau-là. 

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Dans la jeunesse rouge et noire, il y a des joueurs et des profils qui sont en train d’émerger et qui, dans quelques années, d’ici un à quatre ans, pourront taper à la porte de l’équipe première ? 

Oui, je pense qu’il y en a et, en tous cas, c’est le ressenti que l’on a depuis que l’on a créé le centre d’entraînement. Yannick Jauzion a créé l’entraînement supplémentaire du lundi soir sur la technique individuelle, les staffs de cadets / juniors ont été encore plus renforcés avec encore plus de suivi par un directeur sportif ce qui fait qu’on n’a pas envie de louper un jeune qui aurait le niveau de notre équipe espoirs ou de notre équipe première. Je pense donc qu’il y a des joueurs mais c’est à nous de les former, de les amener au plus haut possible et surtout de les éduquer car je pense qu’on a un petit peu oublié ça dans le rugby. Je ne dis pas qu’il faut remplacer les parents mais je pense que le rugby doit aussi servir à éduquer, à pratiquer la politesse en-dehors tant dans le respect des horaires que dans celui des entraîneurs et des dirigeants. Je pense que c’est à cet âge-là, cadets / juniors, que ça peut marcher et que ça doit marcher. 

 

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Quel est le premier bilan du CEL ? Cela fait un an qu’il existe à plein exercice avec Olivier Planes à sa tête, quels sont les premiers bilans et conclusions qui sont tirés ? 

On a tiré des premiers bilans qui étaient justes sur tout ce qu’on avait à modifier car c’est vrai qu’avec une ouverture en Novembre et fini en Juin, ça a été assez court dans la création de ce CEL. Du coup, c’est très, très intéressant car il y a des joueurs qui s’entraînent 3 fois plus que ce qu’ils faisaient avant, ils ont du soutien scolaire donc on a tout mis en place. On est passé d’Olivier Planes qui était quasiment seul aux manettes à des réunions tous les lundis matin, donc 5 personnes autour avec un diplôme d’Etat et deux préparateurs physiques qui interviennent avec lui. On a commencé à comprendre ce qu’il fallait faire pour avoir un centre, vraiment le faire marcher et ne pas avoir un centre juste pour avoir un centre. On voit une évolution de nos joueurs et ce qui est positif, c’est que notre meilleur joueur du CEL l’année dernière est parti au Castres Olympique et c’est ce qui est intéressant. Par contre, il faut rester à notre place et aujourd’hui, les 2, 3 meilleurs joueurs du CEL partiront au niveau au-dessus et c’est ce qui est très bien, il y aura une logique entre notre formation et qui partira au niveau au-dessus. 

 

On a aussi vu que du côté équipe première, une page s’était tournée et un nouveau staff s’est mis en place, un peu plus étoffé avec un directeur sportif, un entraîneur des avants, un entraîneur des arrières et un team manager. On parle de l’ancien staff ainsi que du nouveau ? 

C’est vrai que ça a été un virage, même s’il est difficile de comparer une entreprise avec le sportif mais quand tu as des décisions à prendre, il ne faut pas les prendre trop tard sinon ce sont de mauvaises décisions. On était plusieurs à sentir que c’était peut-être le moment de changer et, effectivement, l’extra-sportif prend aujourd’hui beaucoup de place et très énergivore, l’intersaison, le suivi des joueurs et c’est tout cela qui est à ce jour très difficile à gérer pour deux entraîneurs seuls. C’est pour ça qu’on a voulu étoffer le staff et changer pour aussi challenger des joueurs qui font une carrière à Graulhet ce qui fait qu’aujourd’hui, je ne sais pas si c’est générationnel, on le voit un petit peu à tous les niveaux mais changer le staff peut piquer un petit peu et remettre certains joueurs qui sont titulaires indiscutables au travail. On a senti que c’était le moment de changer, en plus, le travail était fait avec une montée puis deux maintiens, 10epuis 7e et on sentait que, peut-être, il fallait changer à ce moment-là mais surtout étoffer car aujourd’hui, le rugby, avec une nouvelle génération et une nouvelle mentalité, fait, encore une fois, qu’une intersaison est très chronophage tout comme l’extra-sportif. C’est pour ça qu’à ce niveau, c’est très difficile à 2 entraîneurs de gérer un groupe de 30 / 35 joueurs. 

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A la tête de l’équipe première, il y a maintenant Christian Delfaut, directeur sportif, Jérôme Gilbert, team manager, Christophe Marth, entraîneur chargé des avants et Michaël Carré entraîneur en charge des arrières. Quel est le périmètre de chacun et comment avez-vous opéré ces choix ? 

Sur le terrain, ils sont deux, ce sont vraiment Michaël et Christophe qui s’occupent du rugby pur et derrière, le but est de déléguer. Il y a la partie préparation physique, qui est vraiment très importante dans le rugby aujourd’hui et ils sont trois à s’occuper des espoirs et de la première, c’est quand même quelque chose que je souligne car Marc Milhau est quelqu’un qui nous apporte un plus avec le niveau qu’il a connu. Jérôme Gilbert est vraiment sur toute la partie cadre de vie et surtout organisation des journées de match et des entraînements afin de délester les entraîneurs, qui sont aussi pluriactifs, de tout cela. Christian Delfaut s’est beaucoup occupé au début de la réorganisation de l’équipe première et de retrouver des valeurs qui nous correspondent et maintenant, il a plus un rôle de direction sportive de l’école de rugby à la première mais plus spécifiquement sur la première. Avant chaque entraînement, c’est lui qui organise des réunions de 45 minutes / 1 heure entre les staffs espoirs et première ce qui permet de faire un bilan sur, par exemple, qui est blessé, qui revient à la compétition, qu’est-ce qui va être travaillé cette semaine de manière à toujours avoir quelqu’un qui ait un peu de hauteur par rapport aux entraîneurs pour lever la tête et pour voir les qualités ou les défauts de l’équipe. Moi, j’ai toujours travaillé comme ça dans tout ce que j’ai fait, le fait d’être plusieurs autour de la table avec différentes façons de voir le rugby ou de manager est toujours intéressant. C’est là en plus que les egos permettent d’être évités et ça permet de discuter de la même chose à 7 ou 8 personnes et on sort souvent de façon très positive. 

 

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L’objectif de Graulhet lors des deux premières saisons était le maintien et plus si affinités. Nous avons eu Christophe Marth et Michaël Carré à notre micro qui nous ont clairement dit « l’objectif, c’est la qualif » ? 

Effectivement mais sans pression car on sait d’où l’on vient, on sait le budget que l’on a et on fait encore partie des petits poucets de cette Nationale 2. Quand tu finis 10e à un point de descendre ou 7eà quelques points de la 6e place, avec des matchs que l’on aurait pu gagner, c’est quand même « anti-compétiteur » de ne pas viser cette 6e place, tout en étant le plus humble possible. Si ce n’est pas cette année, ce sera l’année prochaine mais en tous cas, nous sommes tous compétiteurs, tous les gens du club, et quand tu finis 7e, c’est tout à fait logique de viser cette 6e place et de refaire des qualifs, ce qui ferait basculer le club et l’ancrerait encore plus dans cette Nationale 2. 

 

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Et dans une poule qui est de plus en plus homogène ? 

C’est ça, il y a le côté régional qui fait que c’est très homogène avec un peu de sud/nord. Les budgets sont un peu semblables dans le Nord et dans le Sud même si on a des équipes comme Niort ou Arcachon qui ont des budgets supérieurs mais par rapport à la Fédérale 1 que j’ai connue il y a 3 ou 4 ans, je félicite encore une fois la Fédé qui a scindé cette Fédérale 1 en trois avec Nationale / Nationale 2 et Fédérale 1. On voit qu’il y a beaucoup d’écart entre Fédérale 1 et Nationale 2 et énormément d’écart entre Nationale 1 et Nationale 2 donc je pense que chacun peut trouver sa place et que chacun peut se challenger de monter d’un niveau à l’autre, on le voit avec Mauléon ou avec Langon, c’est génial pour le rugby qu’il soit amateur, semi-pro ou pro. 

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On va parler du début de saison, deux défaites dont surtout une à domicile face à Arcachon. Là, les joueurs de l’équipe première sont dans l’obligation de redresser la barre pour ne pas se mettre dans une situation compliquée ? 

Oui, complètement. C’est vrai qu’on aurait tous espérer un autre début de saison, on aurait tous aimé gagner ce premier match à la maison, on sait pourquoi on ne le gagne pas, comme je l’ai dit tout à l’heure, on a encore du mal à se mettre en compétition même si on a beaucoup mieux travaillé qu’à certaines intersaisons. Ça a été très, très sérieux mais on a encore ce retard à l’allumage du fait parfois d’un peu d’amateurisme dans la préparation et dans plein de choses donc on s’est fait surprendre par une belle équipe d’Arcachon qui, en effet sur le papier, individuellement, collectivement, s’était sûrement mieux préparée que nous avec des joueurs qui ne font que ça. Encore une fois, on aurait pu gagner comme on aurait pu gagner à Mauléon mais, encore une fois, avec tous ces changements qu’il y a eu, ça ne me surprend pas qu’il y ait ce petit retard à l’allumage. Ce qui me rassure, et qui nous rassure, c’est que ça travaille, ça travaille beaucoup, ça travaille très bien, il y a de la qualité, il y a des joueurs de qualité qui sont arrivées en plus. Dans la vie, dans tous les métiers, dans tous les domaines possibles, quand tu travailles, en général ça paye donc s’il faut perdre 3 / 4 matchs pour en gagner 6 après … voilà. On fera un premier bilan en Décembre pour voir où on en est mais ce retard à l’allumage, qui au contraire de nous plaire nous déplaît parce qu’on aurait dû gagner l’un des deux matchs, voire les deux, au vu des prestations, ce qui n’a pas été le cas pour diverses raisons que l’on connaît en interne et il faut donc continuer à travailler pour les gommer au plus vite et rattraper ces points. 

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Il y a aussi eu pas mal de changements à l’intersaison en termes de joueurs. Comment est-ce que tu sens l’état d’esprit de ce nouveau groupe et pour toi, en tant qu’ancien puisqu’on rappelle que tu foulais encore les pelouses de Pélissou il y a 3 ans, est-ce qu’il t’arrive en tant que président / ancien joueur d’aller dans le vestiaire pour en humer un peu l’ambiance du groupe tout en activant tes antennes, car il y a encore des joueurs avec qui tu as joué et qui sont dans le vestiaire ? 

Je suis bien sûr en contact avec quelques joueurs avec qui j’ai joué, je suis un président qui les laisse vivre car quand tu n’y es plus, tu ne partages pas les mêmes choses dans les vestiaires mais c’est vrai que j’aime bien y aller et sentir les mecs, regarder. Ce que je vois, c’est que ça travaille bien, ça s’entend bien et que le groupe vit bien mais je pense qu’il y a quelques éléments qui doivent encore plus prendre confiance et tirer le groupe vers le haut et non l’inverse. On a des joueurs qui sont en train de s’affirmer au niveau du leadership et qui sont des joueurs vraiment exemplaires avec un gros passé de sportifs. Ce qui leur manque, c’est ça, qu’ils aient vraiment confiance en eux et le jour où ils gagneront ce premier match, ça prendre vite, vite le pli et ça va aller. Je sens un groupe beaucoup plus serein et beaucoup plus déterminé, qui s’entend très bien, très homogène, le groupe est un peu plus réduit par rapport à l’année dernière donc c’est encore plus « facile » de créer un groupe plus fort. 

 

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On sait que le rugby évolue à une vitesse grand V, surtout dans les mœurs et l’état d’esprit. Cela fait 3 ou 4 ans que tu as arrêté mais est-ce que tu es encore connecté avec les us et coutumes des joueurs ou est-ce que tu sens que, petit à petit, entre le Jérôme Montbroussous des années 2010 et les joueurs des années 2020, il y a une petite déconnexion ? 

Je ne vais pas mentir, je l’avais déjà senti depuis 4 / 5 ans et j’avais même senti le vent tourner sur les 3 dernières années. J’ai toujours été surpris que les gens arrivent à partir alors que tu es bien dans un groupe, l’année dernière, même avec le titre de champion de France, j’ai quelques espoirs qui sont partis. Ça fait partie des choses qui me surprennent tout comme le rapport à l’argent car en 4e division, même si je trouve ça tout à fait normal au vu de l’investissement de toucher de l’argent, le donnant / donnant ou les droits ou les devoirs sont parfois un peu oubliés. C’est vrai que cet excès d’argent dans les 3es ou 4es divisions, souvent la 4e voire en-dessous, peut parfois être compliqué à gérer et c’est ce qui me fait le plus peur aujourd’hui dans le rugby. En Top 14, Pro D2 et même Nationale 1, c’est aujourd’hui très professionnel donc c’est tout à fait normal mais par contre, ce rugby d’aujourd’hui me fait un petit peu peur par rapport à ça. C’est l’argent aujourd’hui qui me fait peur sur ces valeurs. 

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On a vu que des médias nationaux mettaient l’accent sur certaines dérives du rugby. Qu’en penses-tu, sont-elles réelles ou est-ce que les médias ne font peut-être pas une trop grosse caisse de résonnance d’épiphénomènes ? 

J’ai eu la chance de faire quelques réunions à la Fédération Française de Rugby et tu sais que j’avais fait cette thèse avec le livre et c’est vrai que le rugby et le dopage est quelque chose qui m’intéresse énormément. Malheureusement, et c’est ce qui me gêne le plus, c’est qu’on a cru que le rugby avec ses valeurs pouvait nous empêcher d’avoir des problèmes de drogue ou de dopage. Sans parler dopage, la drogue, et surtout la cocaïne, est quand même une drogue qui est surconsommée par une génération et ça fait quelque temps que dans le rugby, vu d’un œil extérieur car je ne connais pas suffisamment l’intérieur de tout et je ne me permettrai pas de juger, on ne peut pas faire comme s’il n’était pas touché par ce domaine-là, c’est une certitude. 

 

Quels sont les leviers que l’on peut mettre en place pour lutter contre ça ? Faire comme Laurent Marti à l’UBB des tests mais qui sont en contre-indication avec les lois du travail ? Essayer de faire changer la loi ? 

C’est ça le problème. Pour bien connaître le sujet, tu as soit des tests salivaires soit urinaires mais ça veut dire que tu peux punir quelqu’un alors qu’il n’était pas au travail donc tout ça est quand même très compliqué pour la Ligue et la Fédé pour trancher sur le sujet. Je pense que le plus important, c’est l’éducation et l’éducation part des cadets / juniors, de la prévention, par énormément de prévention. Les clubs pros, c’est encore un autre problème, nous, de dépister quelqu’un le lundi ou le mardi avec ce qu’il a fait le week-end alors qu’il n’y avait pas match, c’est très compliqué. Aujourd’hui, c’est donc éduquer, faire attention, connaître ton groupe, regarder et avoir un œil sur les dérives et ne pas avoir peur de sanctionner. C’est sûr que si un jour, j’apprends qu’il y a tel ou tel accident, car en cas d’accident, on peut en tous cas se faire dépister pour drogue ou alcool, ce sont des choses sur lesquelles je serai très, très, très dur et je n’aurai aucun problème à licencier un joueur parce qu’il consomme de la drogue. C’est un sujet très sensible et je pense que les politiques du rugby doivent se mettre autour de la table pour essayer de prendre les meilleures décisions pour rééduquer tout ça expliquer que cette drogue en général et la cocaïne encore plus est vraiment très, très dangereuse et ce, même si c’est malheureusement la drogue parfaite pour le rugby puisque ça part très vite dans le sang, ça donne une confiance en soi, pour les douleurs, pour la fatigue. C’est pour ça qu’elle doit être très vite éliminée car dans les après-carrières, pour les gens qui auront pris l’habitude de consommer ça, ça sera une catastrophe. 

 

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Il y a certes des problématiques que tu as très bien expliquées mais on a quand même l’impression que maintenant, depuis une semaine ou deux, la mise au pilori a passé un cran et que c’est violent envers le rugby alors qu’il y a aussi des dérives dans d’autres sports et que le rugby prend un peu pour tout le monde, un peu à l’image du cyclisme il y a 20 ans qui prenait pour tous les autres sports ? 

Peut-être qu’on le prend un peu de plein fouet parce qu’on s’est souvent caché par nos valeurs et par plein de choses. Le rugby, c’est générationnel donc si on n’y fait pas encore plus attention que les autres, on perdra nos valeurs donc oui, le rugby prend un peu plus que les autres en ce moment mais, malheureusement, il y a eu des faits. On a parlé de nous mais pas pour le côté sportif et aujourd’hui, effectivement, ça monte très vite médiatiquement pour pas grand-chose non plus parfois car il y avait aussi des problématiques qui duraient avant. C’est vrai que oui, on a l’impression de prendre pour tous les autres sports mais si ça peut nous faire prendre conscience qu’il y a en tous cas des choses à faire et qu’il faut y faire encore plus attention, car on est tous surpris par ce changement de mentalités ou de générations et il faut donc se mettre au pli de ce qui se fait aujourd’hui et de la vie quotidienne de la plupart des jeunes. 

 

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Dans le rugby moderne, il y a aussi quelque de très prégnant qui est la communication ? 

La communication est en effet quelque chose de très important et je le vois car, n’étant pas de Graulhet, tous mes amis des Pyrénées suivent un peu ce qu’il se passe dans le club donc c’est ultra intéressant. J’en profite pour dire qu’on va à nouveau retransmettre les matchs, on n’a pu le faire en Septembre pour des raisons financières mais on va le refaire ce qui va permettre aux Graulhetois et aux gens qui aiment Graulhet de suivre les matchs à l’extérieur grâce au Magsport et à Impaktevents. Ça, c’est quand même génial, il y a donc plein de choses positives mais ce qui est parfois regrettable, ce sont les réseaux sociaux, je sais que les clubs pros ont parfois des personnes attitrées qui vont voir ce qui se dit sur les réseaux pour punir ou pour sanctionner les gens. C’est vrai que je suis surpris par la méchanceté qu’il peut y avoir sur les réseaux à cause de la communication que fait le club et de la méchanceté qu’il peut y avoir sur les joueurs ou autres et même à notre niveau, on est obligé d’y faire attention et de sanctionner s’il y a des supporters qui sont trop agressifs, en tous cas sur les réseaux, on a d’ailleurs au club quelqu’un d’embauché et d’attitré pour la communication car c’est vraiment une part importante d’un club. 

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Les réseaux sociaux sont aussi un grand village d’Astérix, à l’image de Graulhet qui est aussi un grand village d’Astérix ? 

C’est ça (rires). C’est vrai que tout le monde a envie de donner son avis et parfois, je préfère limite que ça parle et que ça critique au bistrot. C’est toujours plus compliqué pour les réseaux car tu es derrière ton écran et je préfère vraiment que les gens viennent s’investir au club plutôt qu’ils ne critiquent trop sur les réseaux mais aujourd’hui, c’est un fait, les gens se sont habitués à donner leur avis un peu sur tout et parfois de façon un peu maladroite ou méchante. C’est vrai qu’à Graulhet, c’est un village d’Astérix où le rugby a une part très importante et, encore une fois, la qualité de Graulhet, c’est qu’il y a un passé mais la comparaison a parfois été très compliquée à gérer. On ne peut pas comparer le rugby de maintenant à celui d’il y a 40 ou 50 ans, à un moment, Graulhet avait le même budget que le Stade Toulousain alors qu’aujourd’hui, il nous manque 50M par rapport au Stade Toulousain. Comme tu le disais, le rugby est un sport qui évolue, c’est le sport collectif qui évolue le plus donc le comparer, c’est bien mais avoir un passé est aujourd’hui très, très dur et je trouve justement que Graulhet, par rapport à son passé, à la taille la ville et au nombre d’habitants qu’il y a, s’en sort plutôt très, très bien. 

 

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On va parler des clubs qui gravitent géographiquement autour de Graulhet : y a bien sûr le Stade Toulousain et le Castres Olympique en Top 14, Colomiers et Montauban en Pro D2 qui ne sont pas loin, Albi en Nationale et en-dessous, Gaillac, Mazamet et Lavaur en Fédérale 1. Comment est-ce que Graulhet arrive à garder des liens avec tous cas clubs et à nager au milieu d’eux car le Tarn, et même la région Occitanie, sont riches en clubs historiques ? 

Oui, la région Occitanie en général. Moi, je le prends de façon très positive mais peut-être que, puisque je suis un jeune président et ayant beaucoup de travail à côté, même si je m’intéresse à ce qu’il se passe à côté, je n’ai pas trop le temps de le comparer. Et puis, je trouve que les villes de Gaillac ou de Mazamet sont encore des villes différentes, le Top 14 est un autre niveau différent donc c’est vrai que j’ai plus l’habitude de regarder ce que l’on fait nous, de voir le retard que l’on avait, car on en avait parfois par rapport à Gaillac ou Mazamet sur des choses ou par rapport à Lavaur sur d’autres. J’aime effectivement bien regarder le retard que l’on a mais je n’aime pas trop comparer et si Gaillac, Mazamet ou Lavaur peuvent être champions de France, je serai le premier heureux et je souhaite plutôt le côté positif. Pareil pour le Top 14, moi, je suis un amoureux du rugby, je regarde le Top 14, la Pro D2 et je me régale de voir des clubs d’Occitanie rayonner. En fait, je n’ai pas trop, trop le temps et je trouve qu’il ne faut pas trop se comparer car chaque club a son identité, c’est parfois cela que je regrette un petit peu dans les échanges qu’on peut avoir entre clubs. Il ne faut surtout pas se comparer, se jalouser, il faut un petit peu travailler main dans la main car, au final, dans les espoirs qui ont été champions, il y a 7 ou 8 joueurs qui sont partis dans les clubs voisins et qui vont sûrement faire du bien à ces clubs voisins comme pour des clubs de Pro D2 ou, par exemple, le club d’Albi dont on a récupéré des joueurs qui nous ont fait une différence folle à Graulhet. Je pense donc qu’il vaut mieux travailler d’une façon sereine, rester à sa place et ne pas se comparer car c’est incomparable. 

 

Où en sont les liens qu’il y a avec le Castres Olympique dans le 100% région, le Stade Toulousain qui était venu s’entraîner à Graulhet ou encore avec Albi où un challenge s’était mis en place il y a quelques temps de cela ? 

Avec le CO, on est vraiment en 100% région à savoir que nos meilleurs joueurs partent au Castres Olympique, c’est quelque chose qui est ultra cohérent par rapport à l’identité, au Tarn et à tout ça. Comme je l’ai dit, on a encore notre meilleur joueur U16 qui y est parti cette année donc ça, c’est quand même quelque chose d’important au vu du lien, des échanges d’entraîneurs, Christian Delfaut a aussi travaillé pour le CO, on a beaucoup d’entraîneurs de Graulhet qui sont partis au CO et qui reviennent tout comme beaucoup de joueurs y sont partis et reviennent. C’est vrai qu’on a cet attachement au CO qui est indispensable, primordial et qui donne une image qui est super. Quant au Stade Toulousain, c’est aujourd’hui ce qui, pour moi, se fait de mieux en Europe donc lorsqu’ils nous avaient demandé de venir à Pélissou avec toutes ces stars, c’était ultra compliqué de refuser pour les gamins de voir Antoine Dupont ou Thomas Ramos. Encore une fois, le Stade Toulousain est aujourd’hui la vitrine du rugby européen mais c’est encore autre chose, nous, on a nos attaches tarnaises et c’est quand même très bien de les garder. 

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On va terminer par le plan de marche pour la suite de la saison et qui commence dès le déplacement à Lannemezan ? 

Déplacement à Lannemezan vers chez moi donc c’est quand même quelque chose. Ce sont des clubs très attachants, très attachés et qui sont ultra chauvins comme des clubs tels que Mauléon ou Saint-Jean de Luz qui sont très patriotes, ce sont des clubs géniaux à challenger chez eux. On a des blocs de 4 qui arrivent avec ensuite pas mal de matchs à la maison dans les 3 mois qui suivent donc c’est vrai que j’aimerai bien qu’on lance officiellement notre saison. Tous les blessés vont rentrer dans les 10 jours qui arrivent, on a eu pas mal de pépins en Septembre dont j’espère que tout va démarrer, surtout pour les joueurs et pour le staff qui travaillent beaucoup depuis 3 mois, et que les premiers points vont arriver. Ça récompensera le club car, à l’administratif, on essaye aussi de rattraper le retard du sportif, en tous cas, on essaye actuellement d’aligner l’administratif et le sportif. Ça prendra du temps mais ça serait bien que pour les joueurs, en tous cas pour cette année, on soit récompensé à court terme par des premières victoires. 

 

On a vu qu’il était arrivé un malheur au club de Niort qui a tragiquement perdu l’un de ses joueurs dans un accident de la route, ce qui a rappelé à Graulhet des heures sombres récentes. Quand est-ce que ce match sera rejoué ? 

On doit décider de la date entre présidents, il y a une première date de repli qui est prévue le 21 Décembre et on va voir si on la valide. J’avoue que j’ai laissé le président, le staff et les joueurs de Niort un petit peu tranquilles car nous l’avons effectivement vécu et tu n’as pas la tête à t’occuper du rugby et puis, je pense qu’il y a des choses bien plus importantes. Ça nous a en effet rappelé des heures très, très sombres et pour moi, en tant que joueur, ça avait été très, très dur à vivre pour Beka. Pour l’instant, je pense que la première date de repli avant Noël a été identifiée et on va voir si on la valide ou si on fait une autre date mais en tous cas, on va le décider très, très vite. 

 

Merci et on te souhaite une belle seconde année à la tête du Sporting Club Graulhetois

Merci beaucoup. 

 

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Propos recueillis par Loïc Colombié

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