On va faire un tour d’horizon en pays tarnais, chez les rouge et noir du Sporting Club Graulhetois où il y a eu pas mal de changements à l’intersaison dont l’un notable s’est fait du côté du banc et du staff. Pour nous parler de tous ces changements et de toutes ces nouveautés du côté de Graulhet, Michael Carré, l’entraîneur des 3/4 du Sporting Club Graulhetois nous a accordé un entretien il y a 10 jours de cela.

Même si tu es un bourguignon d’origine, on peut dire que tu reviens aux sources en t’engageant au Sporting Club Graulhetois puisque tu as porté ce maillot en tant que joueur ?
Oui, je l’ai porté depuis cadet, lorsque je suis arrivé à Graulhet, j’avais 15 ans en arrivant en sport étude à Toulouse. J’ai été accueilli dans une famille d’accueil sur Graulhet le week-end et la semaine, j’allais au lycée à Toulouse, c’est donc un club que je connais bien, où j’ai joué jusqu’à l’âge de 22 ou 23 ans avant de partir à Bordeaux. C’est vraiment un club que je connais et que j’apprécie, c’est aussi ce qui, quelque part, a fait mon choix de partir de Fleurance pour relever un défi à Graulhet dans le club qui m’a permis de grandir sportivement.

Un petit coup d’œil dans le rétro : ces années à Fleurance resteront de beaux souvenirs ainsi que de belles aventures humaines et sportives ?
Fleurance, ça a été 5 années exceptionnelles, même si elles ont été marquées par le Covid pendant deux ans. Sportivement et humainement, ça a été une superbe aventure, avec Bernard et Nicolas, on a réussi à faire de Fleurance une place forte de la Nationale 2 puisque sur les deux années de Nationale 2, nous nous sommes qualifiés. On a été éliminé en 1/4 de finale l’année précédente par Saint Jean de Luz aux tirs au but et par le champion l’année dernière, où on a vraiment été dominé. L’année de Fédérale 1, on se fait éliminer par Rennes qui est aussi champion, on était sorti 1ers nationaux mais on a un petit peu raté les phases finales comme à chaque fois, c’est dommage. Humainement, c’est un club qui est aussi formidable, qui a beaucoup de valeurs, où il y a des gens passionnés et je pense que c’est également ce que je retrouverai à Graulhet à nouveau cette année.

On va revenir sur Graulhet et on va parler du Graulhet que tu as retrouvé car tu y étais il y a maintenant deux belles décennies. Comment est-ce que tu as retrouvé ce club ?
C’est un club où il y a toujours des gens qui sont très, très passionnés, j’ai aussi retrouvé des gens qui étaient déjà là il y a 20 ou 30 ans, je ne sais plus exactement combien. Au niveau du club, des structures, des tribunes et autres, rien n’a trop évolué, je retrouve des visages que je connaissais déjà à l’époque, ce qui est déjà très plaisant. Par contre, au niveau de l’organisation dans le club, que ce soit la structure sportive ou dirigeante, ça a évolué et ça se professionnalise un petit peu, chacun a son rôle, on voit que beaucoup de choses sont mises en place pour que le club évolue favorablement et que nous, les joueurs, puissions être capables de performer. Beaucoup de choses sont faites pour que le sportif réussisse.

Lorsque tu as eu les deux présidents, Jérôme Montbroussous et Renaud Martinet, qu’est-ce qui t’a fait basculer pour adhérer à ce projet graulhetois ?
Je suivais toujours Graulhet et je pense que c’est surtout le cœur qui a parlé, ce retour à Graulhet m’a tenu à cœur. Franchement, si ça n’avait pas été Graulhet, j’aurais peut-être continué une année de plus à Fleurance, c’est ce que j’ai dit au début mais, pour moi, Graulhet est un attachement. Ce sont la ville et le club qui m’ont permis d’évoluer sportivement et professionnellement donc j’avais aussi quelque chose à rendre à ce club que j’aime énormément.

Il y a aussi le côté familial car tu es le gendre d’Henri Auriol, un mythe du Sporting Club Graulhetois. Qu’est-ce que ça te fait de prendre la succession sur le banc quelques années, voire quelques décennies, plus tard de ton beau-père ?
Ce n’est pas quelque chose qui a fait mon choix. Je suis bien sûr content car je reviens dans ce milieu familial, mon épouse est graulhetoise, on y passe beaucoup de temps, Henri est toujours là-bas donc c’est vrai que c’est particulier mais ce n’est pas ce qui a fait pencher la balance.

On parle aussi de ton binôme, Christophe Marth ?
C’est quelqu’un que je ne connaissais pas donc on apprend à se découvrir. Ce n’est jamais facile au départ mais je pense que sur ce que je vois d’entrée, on arrive à pas mal se compléter que ce soit dans la prise de parole avec le groupe et autres. Pour l’instant, je dirai donc que ça se passe bien, c’est quelqu’un qui est très performant sur la conquête, j’aurai un petit plus la responsabilité du secteur offensif. On se découvre pour le moment, je dirai que mes premières impressions sont bonnes et qu’on sera capables de bien, bien vivre ensemble. Je suis quand même quelqu’un d’assez simple, qui a des idées bien précises et peut-être parfois un petit peu têtu aussi mais je pense qu’on se complètera bien.

Autre découverte pour toi, celle du noyau dur de ce groupe du Sporting Club Graulhetois qui est monté de Fédérale 1 jusqu’en Nationale 2 et qui s’y est maintenu sur deux années successives ?
C’est ça. C’est un groupe que j’ai beaucoup étudié avant de prendre les premiers entraînements, j’ai regardé pas mal de vidéos, ce que je fais tout le temps lorsque j’arrive dans un club. Il nous restait un noyau assez important, surtout devant, c’est derrière qu’il y a le plus gros renouvellement puisqu’il ne reste que 4 joueurs, Valentin Mouysset, Hugo Planes, Bautista Santamarina et Valentin Tirefort. Tout le reste est renouvelé avec quelques espoirs qui montent dans le groupe comme Tristan Johann tandis qu’il y a un petit peu moins de rotation devant. Je connais les joueurs, que ce soit Léo Durand ou Maxime Escur que je suivais, on a Quentin Pueyo, on a quand même des joueurs d’expérience qui ont le cœur graulhetois donc c’est aussi important pour véhiculer les valeurs de ce club.

L’avantage au fait qu’il y ait eu pas mal de départs derrière et assez peu devant, c’est que ça permet de renouveler le groupe et de mettre d’entrée votre patte sur ce nouveau groupe ?
Oui, tout à fait. C’est important aussi de changer les habitudes, également de faire comprendre à ce groupe qu’il faut maintenant aller chercher plus qu’un maintien puisque l’objectif réel annoncé est une qualification, on ne va pas se cacher. Moi, je n’aime pas me cacher derrière quoi que ce soit et c’est ce que j’ai dit au groupe, il faut aussi changer de mentalité pour aller chercher la qualification, ne pas se sentir le petit poucet. On a également essayé de faire comprendre aux joueurs qu’ils représentaient un club historique du rugby français, ils n’arrivent pas dans un petit club mais dans un club qui, certainement, a envie de retrouver quelques lueurs du passé.

Quelle est la méthode Carré / Marth ?
C’est surtout beaucoup d’exigence et beaucoup de travail, que ce soit physique ou tactique et surtout être des compétiteurs. On ratera des matchs, on en perdra, c’est obligatoire mais par contre, je veux que mes joueurs soient des compétiteurs et qu’on ne se contente pas de quelque chose de médiocre. Il faut toujours essayer d’aller chercher le meilleur de soi et que nous, on aille chercher de nos joueurs le meilleur d’eux. Je crois que c’est important de se mettre en adéquation avec ce qu’ils sont capables de faire et bien sûr améliorer pour pouvoir être performant sportivement mais surtout qu’on vive bien tous ensemble, réussir à créer une osmose et que tout le monde y prenne du plaisir. C’est hyper important, on est encore dans un jeu et le plaisir est la base de ce sport, si on ne prend pas de plaisir à l’entraînement ou qu’on n’en prenne pas en match, la performance ne peut en fait pas être présente.

Comment s’est passée cette première partie d’intersaison estivale ?
On a essayé un petit peu de mettre tout le monde au travail, déjà dans l’implication du travail physique, c’est très, très important que tout le monde puise au fond de lui-même toutes les meilleures ressources qu’il puisse trouver. C’est très, très important pour être performant après et pour que, lorsqu’on sera en difficulté, on arrive à être beaucoup plus performant dans ce qu’on va chercher que chaque joueur réussisse à aller au bout de lui-même et n’accepte pas de subir une séance de physique ou une séance de rugby. On essaye de mettre de la compétition d’entrée et on y viendra un petit peu plus sur le mois d’Août, à l’entraînement également.

Quel va être le planning de cette seconde partie de préparation et quels seront les matchs amicaux ?
On a eu des difficultés par rapport à ça, on s’y est pris un petit peu tard donc on aura un seul match amical, ce qui sera peut-être le gros regret de cette intersaison. On n’a rien trouvé donc on jouera le 10 Août à Fleurance, comme on le fait depuis plusieurs années, et ensuite, puisqu’on n’a pas trouvé de match amical pour le week-end du 17, on fera un match amical entre nous. Ce sera vraiment un format match où on constituera deux groupes pour continuer à progresser, c’est là où je parle de regret car on aurait aimé jouer une 2e équipe mais on n’a pas trouvé. Que ce soit du rugby tarnais de Fédérale 1 ou même de la Nationale 2, tout le monde était pris, c’est quelque chose sur lequel il faudra progresser et s’y prendre un petit peu plus tôt pour la saison prochaine. On partira ensuite en stage le week-end du 24 sur 3 jours, du vendredi au dimanche inclus, ce qui nous amènera sur le dernier week-end d’Août pour le premier match de championnat.

On va maintenant parler de la composition des poules qui est très sud-ouest et doit donc te convenir ?
Oui, elle convient dans les déplacements, c’est vrai qu’on n’aura pas beaucoup à se déplacer même si, si on regarde, on est l’équipe qui se déplacera le plus avec Niort puisque nous sommes complètement à l’Est. C’est plus facile pour les Gersois qui, eux, partiront soit chez nous soit dans le sud-ouest pur tandis que nous, pour aller à Saint-Jean de Luz ou à Mauléon, des équipes comme ça, on a déjà un petit peu de route mais il est certain qu’elle est beaucoup plus agréable que l’autre au niveau des déplacements. Ensuite, ce sont des rugbys qui sont complètement différents, je peux le voir avec l’expérience que j’ai eu à Fleurance, on a régulièrement été dans la poule sud-ouest et l’année dernière, on a été basculé dans la poule de l’est où le rugby y est totalement différent. Il est beaucoup plus stratégique dans la poule de l’est, il y a beaucoup plus de jeu dans la poule sud-ouest où les équipes peuvent vraiment essayer de jouer au rugby et de produire beaucoup de choses. C’est une poule qui sera intéressante et difficile à la fois, on se rend compte que dans ce sud-ouest, tout le monde peut gagner chez n’importe qui, on l’a vu l’année dernière où sur les résultats, beaucoup d’équipes gagnaient à l’extérieur ce qui a beaucoup moins été le cas dans notre poule. Les déplacements y étaient certainement aussi pour beaucoup car quand on part la veille ou le jour-même pour jouer à Rumilly, par exemple, c’est difficile d’être performant le dimanche après-midi. C’est une poule qui sera très équilibrée et où ça se jouera à pas grand-chose, que ce soit pour la qualif ou pour le maintien.

Quel va être l’objectif pour cette première année du duo Carré / Marth ?
L’objectif est ce que j’ai dit tout à l’heure à savoir une qualification, l’objectif est vraiment là et on ne se cachera jamais, ce que l’on veut, c’est se qualifier. On reverra bien sûr à la baisse en cours de saison si jamais mais je ne l’espère pas, il faut vraiment que le groupe ait conscience que ce que l’on va chercher est une qualification.

On va revenir sur tes origines plus bourguignonnes car tu es originaire de Digoin et on a vu qu’un nouveau pilier droit arrivait en la personne de Damien Nevers qui est de Digoin. Toutes les routes de Digoin mènent à Graulhet ?
Oui, c’est ça (rires). C’est même marrant et comique de retrouver un digoinais 25 ans plus tard dans le même club. Je connais la famille de Damien, mon père a joué avec son oncle, ce sont donc des attaches qui sont assez particulières. On a d’ailleurs pu d’entrée discuter un petit peu de Digoin et de la Bourgogne donc ça fait toujours plaisir de retrouver aussi des gens comme ça.

Est-ce que Michael Carré, le digoinais, sera ce week-end à la fête de l’escargot, la grande fête de Digoin ?
Non, je reprends le travail lundi donc je n’ai pas le temps de monter en Bourgogne à la fête de l’escargot mais c’est une belle fête. Ça peut vraiment être intéressant pour les touristes d’aller déguster ces escargots à la persillade, c’est toujours intéressant.

On te remercie et on te souhaite une belle saison sous tes anciennes couleurs redevenues tes nouvelles couleurs rouge et noir
Merci beaucoup.

Propos recueillis par Loïc Colombié

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