On va faire un tour du côté de l’Ile-de-France, des Hauts-de-Seine et du Mont Valérien avec le RC Suresnes et son demi de mêlée Thomas Lacroix qui est en train de se préparer pour un match à nouveau historique pour le RCS, une demi-finale face à Nice après avoir fait un exploit en pays Albigeois la semaine dernière (victoire 18-21). Tout en revenant sur les émotions qu’a généré ce barrage face au SCA, l’ex joueur d’Aubenas et Dijon nous a surtout posé le contexte de cette rencontre face a des azuréens favoris à la montée, pouvant propulser les altosequanais en finale du championnat de France de Nationale.

On va déjà parler de ce match à Albi, un match qui vous a poussé dans tous vos retranchements et dans toutes vos émotions ?
Comme tu le dis, on est passé par toutes les émotions à commencer déterminés avant le match parce qu’on avait à cœur de faire un gros match dans l’état d’esprit. On est toujours resté dans le match malgré les émotions et à la fin, ça se termine en apothéose avec la pénalité de Jean. C’était incroyable, on a vécu un moment magique.

Vous aviez très peu d’expérience et très peu d’entre vous à connaître les play-offs. Comment avez-vous appréhendé ce match face à Albi avec ce caractère de » novices » en play-offs ?
Peut-être que, finalement, c’était une qualité car je ne sais pas si on l’a vraiment appréhendé, on est parti sans trop se poser de questions. On a un groupe jeune qui vit super bien donc on ne s’est pas posé 10 000 questions, on a pris le match dès le début comme il fallait avec, encore une fois, un gros état d’esprit et une super cohésion d’équipe et on a foncé.

Quand tu rentres sur le terrain, Suresnes est mené. Qu’est-ce que tu te dis ?
On perd 15 à 11 mais on a toujours été dans le match et on s’est toujours accroché donc il y a une ambiance qui est bonne entre nous, on s’entraide vraiment. On s’est surtout dit que si on perdait le match, c’était fini, la saison s’arrêtait et qu’on n’avait pas envie d’être en vacances donc il a fallu tout lâcher.

Quand les Albigeois reviennent à 18-18 dans les arrêts de jeu, vous devez penser que ça risque d’être compliqué si vous allez en prolongation ?
Oui, forcément. Il y en a qui étaient fatigués physiquement car ils avaient joué tout le match mais je crois qu’on s’est dit que, quoi qu’il se passait, il y avait match nul et qu’il y allait peut-être y avoir encore une possession à jouer et que ça allait être plus dans leur camp puisqu’on tapait le coup d’envoi. Donc, que ce soit les dernières 30 secondes, la dernière minute ou les 3 dernières minutes, on ne savait pas trop, on avait parfois du mal à comprendre l’arbitre, il fallait jouer notre coup à fond et qu’après, ce seraient les prolongations où on allait aussi tenter notre chance.

Le paradoxe de ce match, c’est que vous avez été très bousculés en touche mais que vous gagnez ce match sur la dernière action suite à une touche ?
Ça nous fait du bien. On a eu beaucoup, beaucoup de mal en touche sur ce match-là, après, on connaît la conquête albigeoise qui est l’un des meilleures voire la meilleure du championnat, par contre, ce qui est bien, c’est que je crois qu’on fait deux mauls portés dans le match où on obtient deux fautes dont la dernière qui nous permet de mettre la pénalité de la gagne.

Après la rencontre, il a fallu fêter ça car c’était quand même un moment historique pour le club mais très vite rebasculer vers Nice et cette demi-finale qui est encore plus importante ?
On a naturellement fait la fête compte tenu du résultat du match et de la situation dans laquelle on était. Se retrouver en demi-finale pour la première fois était forcément incroyable donc on a vraiment bien profité le samedi soir et profité tranquillement le dimanche, l’ambiance était évidemment géniale sur le retour vers Paris. Lundi, toujours en étant concentrés sur nous-mêmes et en serrant les liens, on a tranquillement basculé sur la demi-finale contre Nice qui va encore être un cran au-dessus.

On ne va pas se le cacher, Nice est l’ogre de la poule ?
Exactement. Franchement, c’est une super équipe, ils sont vraiment complets, ils sont capables de tenir de longues séquences, ils sont forts sur la conquête donc oui, c’est une équipe qui est très forte mais quand on nous interrogeait sur Albi la semaine dernière, on nous disait pareil dans le sens où Albi est une équipe très, très forte ce qui est le cas. Toutes les équipes que l’on joue maintenant à l’heure actuelle sont forcément très, très fortes donc on est un peu la surprise. Nous, ça nous va bien, on se concentre sur nous-mêmes, on reste solidaires et on prendra match par match.

Ce côté » petit poucet » et insouciance, c’est aussi votre force ?
Ce côté » petit poucet » est notre force mais on ne le cherche pas non plus. On n’était pas forcément prévus pour être en demi-finale donc ça nous va mais, de toute façon, on aura quand même l’étiquette de petit poucet. On la prend, il n’y a pas de problème mais on sait intérieurement de quoi nous, nous sommes capables, on sait ce qu’on veut et peu importe car, encore une fois, les équipes que l’on joue maintenant au mois de Mai ne sont forcément que de grosses équipes.

Maintenant qu’on est en demi-finale du côté de Suresnes, est-ce qu’on pense un peu à la Pro D2 ou pas encore ?
On y pense car ça nous fait forcément rêver donc je pense que c’est dans un coin de la tête de toute l’équipe, de tout le staff, tous les dirigeants et de tous les gens qui participent à ça, même les supporters et tous les gens qui poussent pour le club. On y pense sans y penser, je pense qu’on y pense au fond de la tête mais par contre, on veut prendre match par match comme on l’a fait contre Albi. Jouer une demi-finale, un match de plus, ça faisait rêver donc on s’est concentré là-dessus sans forcément penser à la Pro D2 et c’est pareil pour jouer une finale à Chambéry dans un stade qui nous a bien réussi cette année, on veut ça. On prend match par match et on verra bien ce qu’il se passe.

Cette équipe de Nice est l’une des équipes où il y a le plus d’anciens suresnois, que ce soit le coach Compan ou les joueurs comme Le Huby, Berenguel ou Vignolles. Il y a beaucoup d’anciens joueurs de Suresnes donc vous n’allez pas non plus tomber en terre inconnue ?
Moi, je ne connais pas ces mecs-là mais je sais qu’ils ont pas mal bossé pour le club. Ils sont connus, ils ont encore pas mal de copains qui sont dans le groupe à Suresnes, il y a effectivement pas mal de mecs de Nice qui étaient à Suresnes mais maintenant, c’est un peu comme ça dans toutes les équipes. Les mecs se connaissent un peu mais on verra bien ce que ça va donner.

Qu’est-ce que vous redoutez le plus de cette équipe du Stade Niçois ?
Ils sont complets dans tous les secteurs mais on parle souvent de nous-mêmes car parfois, nous sommes notre propre ennemi. Ce n’est donc pas forcément redouter Nice mais plus se concentrer sur nous-mêmes et jouer avec nos forces, continuer sur nos forces, peaufiner les petits réglages qu’il y a à faire pour les affronter.

Est-ce qu’il y a encore une marge de progression par rapport au match que vous avez fait contre Albi ?
Oui, je pense mais de toute manière, je te dirai qu’on peut toujours progresser, ça c’est sûr. On en a parlé plus tôt mais les touches ont été compliquées et pourtant, on a réussi à gagner donc il est certain qu’il y a toujours moyen de faire mieux. De plus, le groupe est jeune donc oui, je pense qu’on a une énorme marge de progression.

Quel était l’état d’esprit de travail cette semaine avant la demi-finale et quel est l’état d’esprit pour aller à Nice ?
La semaine, on se concentre vraiment sur notre rugby à nous. On ne va pas se monter le bourrichon tout de suite, la semaine, on fait des réglages, on est vraiment concentrés sur ce qu’on veut faire, sur le jeu qu’on veut y mettre et sur l’équipe de Nice. Quant au week-end, ça monte tout doucement pour se préparer au gros combat qu’il y aura samedi.

Merci et on te souhaite une belle demi-finale en terre azuréenne
C’est gentil, merci beaucoup.

Propos recueillis par Loïc Colombié

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