On va du côté de Marcq-en-Barœul et de Villeneuve d’Ascq à quelques heures d’une finale qui peut être historique pour l’Olympique Marcquois. Pour faire un petit tour d’ambiance du côté du nord et pour nous parler du match et de cette saison, on Dany Antunes, le serial buteur de l’OMR nous a accordé un entretien.

Pour l’OMR, cette saison a commencé crescendo et vous êtes montés en puissance pour finir en boulet de canon ?
On s’est directement senti bien au sein de cet effectif les uns avec les autres. C’est vrai qu’on a eu des moments un peu plus durs à se trouver sur le terrain mais on a su répondre présents aux moments importants donc c’est cool.

Il y a eu des matchs déclics, ton entraîneur nous parlait de celui de Graulhet à l’extérieur mais il y a surtout la victoire à Rumilly qui a lancé votre campagne des play-offs ?
Celle qui nous a mis sur la bonne voie, c’est cette victoire à l’extérieur à Graulhet et c’était important pour terminer le bloc à l’extérieur. Ensuite, il est certain qu’on a enfin produit comme on prétendait le faire depuis un moment et enfin concrétiser ce qu’on savait faire contre Rumilly. Ça a été chose faite, on a vu de quoi on était capables et c’est vrai que ça nous a un peu propulsés dans ce » mode phases finales » un peu plus rapidement puisqu’on fait une belle prestation et que derrière, on a su répondre présents aux événements.

Pour l’instant, le match le plus dur pour vous durant ces play-offs a été celui à Salles ?
On savait que ce serait très compliqué à Salles car c’était une équipe qu’on connaissait. Pour moi, le match le plus piège a été le match de barrage contre une équipe qu’on ne connaissait pas et qui faisait une grosse saison sur l’autre poule. C’est là qu’on a vu qu’on était capables de faire des belles choses mais que dès qu’on avait un moment où on se relâchait, c’était très compliqué et qu’on se faisait remonter très vite, je pense vraiment que ça a été celui-là le plus dur. A Salles, grâce à l’expérience du groupe, on a su gérer les temps forts et les temps faibles donc pour moi, le plus complexe a été celui de Rumilly.

Le match face à Mâcon revêtait quand même pour toi une importance particulière puisque tu revenais à Massy, un club avec lequel tu as accédé à la Pro D2 ?
Quand je suis arrivé au stade, c’était un peu dur niveau émotionnel, c’est vrai que je n’y étais pas retourné depuis mon départ mais c’était fort en émotions. Avec les quelques collègues massicois, on ne s’était pas mis de pression, on était très content de rejouer là-bas mais c’est vrai que ça fait toujours un peu bizarre de jouer dans ce stade qui est particulier pour nous.

Qu’est-ce qui a fait tourner le match en faveur de l’OMR lors de la demi-finale, l’élément qui vous a permis d’appréhender au mieux cette dernière ?
Je pense qu’au vu de notre saison qui a un peu été de hauts et de bas, on a su engendrer pas mal d’expérience collective et je pense que c’est ce qui a fait notre force. On a vu qu’on ne paniquait pas, même à des moments où on enchaînait pas mal de fautes, on a eu des temps faibles où Mâcon revenait mais on a su rester sereins et être conscients de nos forces. La sérénité, en tous cas entre nous, a été le point positif, sans paniquer et en gérant le match correctement.

Une finale face à Langon et de nouveau à Massy, c’est pour toi une finale rêvée ?
Je suis un peu sur un petit nuage (rires). On a eu la chance que Massy se positionne et pour nous, anciens massicois, c’est vrai que c’est super important de pouvoir jouer là-bas, je pense que la région parisienne était le plus simple pour les deux clubs pour se rejoindre donc c’est Massy. On est très, très contents, ça fait toujours du bien de retourner là-bas.

Tu nous parles un peu de ce club de Langon, vos adversaires de dimanche ?
Langon est une très, très belle équipe qui n’a fait que de monter en puissance. C’est vraiment la définition d’une bande de copains et pour en avoir discuté avec mon ancien coéquipier Max Gau, ils se sont dit au début » on va faire la saison comme on peut et puis on verra » et ce qu’ils arrivent à faire est beau. Leur parcours est admirable mais il reste encore un match ce week-end donc on verra bien ce que ça donnera.

Qu’est-ce que vous redoutez le plus de cette équipe pluriactive du Stade Langonnais ?
C’est une équipe qui n’a rien à perdre et, justement, tout à gagner. Quand ils se sont retrouvés en Juillet, je pense qu’ils ne se voyaient pas aussi loin et, je ne sais pas s’il y avait des chiffres posés sur la table, mais que l’objectif était de prendre du plaisir et de faire une belle saison. Au final, ils en sont maintenant sur la dernière marche du podium et c’est beau mais on va quand même tout faire pour gâcher la fête.

Quel était l’objectif pour vous, à minima les play-offs ?
Au vu de la saison de l’année dernière où le maintien avait été plus qu’assuré et où ils finissent à un point des play-offs, c’était déjà une belle saison. Cette année, c’était se qualifier en phases finales et ensuite, aller jusqu’où on pouvait mais c’est vrai qu’on ne pensait pas du tout en arriver là. Au fur et à mesure des week-ends, on a commencé à engendrer de la confiance et à se dire » pourquoi pas ? » donc maintenant, on est là et on va tout faire pour terminer en beauté cette saison.

Du côté des chtimis, comment est-ce qu’on aborde cette finale qui peut devenir historique car en cas de titre, vous placeriez déjà le rugby nordiste sur la carte de France, vous monteriez en Nationale et vous ramèneriez un premier bouclier dans l’armoire aux trophées ?
Au sein des joueurs, on ne ressent pas trop cette pression car on a su créer quelque chose d’assez fort entre nous et je pense que c’est ce qui a reflété notre saison et que de bien terminer la saison est un bel objectif. Pour le club, lorsque les poules ont été annoncées en Juillet et que tout le monde disait » on va à Marcq, c’est nul, c’est loin, il fait froid, il pleut « , je pense qu’on a fait passer un beau message que dans le nord, il n’y a pas que le mauvais temps, qu’on est loin de tout le monde mais qu’on savait jouer au rugby. Ça, déjà, c’est un message ultra important et pour le club et ceux qui travaillent sur ce projet depuis maintenant quelques années, je pense que personne n’aurait imaginé en arriver là cette année mais ça récompense un peu tout le monde. On voit qu’en arrivant d’un peu partout en France, on arrive à ressortir toutes ces valeurs qui sont chères au nord de la France et moi le premier, je suis très heureux de participer à ce projet et de pouvoir récompenser tous ces bénévoles et tout ce club, ce serait beau.

Est-ce que tu sens quelque chose qui monte autour du club avec les supporters ou des gens qui t’en parlent de plus en plus ?
C’est vrai qu’il y a eu un véritable engouement autant sur la saison où nous, on ne fait pas forcément la saison parfaite avec pas mal de hauts et de bas. Au fur et à mesure, on a su amener du monde au stade et quand on voit tous les supporters qui ont fait le déplacement la semaine dernière et qu’on arrive à discuter avec eux à la fin du match, je trouve ça magnifique. Ils ne sont pas venus nous voir juste pour nous encourager, on a passé un peu de temps avec eux après et je pense que ce sont les valeurs du nord, ils sont très, très chaleureux et ça se ressent chez nous, joueurs. Même avec les personnes qu’on ne connaît pas, on se serre dans les bras comme si ça faisait 10 ans donc ce serait beau de bien finir pour eux, ce serait incroyable.

Quel est le mot d’ordre pour cette finale ?
J’espère qu’on va gagner (rires).

Merci, on te souhaite un beau match et une belle finale
Merci beaucoup.

Propos recueillis par Loïc Colombié

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