Sur les flancs du Mont Valérien, du côté du stade Jean Moulin, le RC Suresnes s’est préparé toute la semaine à vivre un moment historique dans son histoire cinquantenaire : participer à des playoffs d’accession en Pro D2. Barragistes face au SC Albi, les joueurs altosequanais vont écrire un part d’histoire du club francilien, quoiqu’il arrive, ce samedi soir au Stadium d’Albi. Olivier Pouligny, le co-président du RC Suresnes nous a accordé un entretien pour nous parler du développement de son club qui évoluait encore en Fédérale 2 il y a 6ans de cela et qui dorénavant tutoie les cadors de cette robuste et disputée division Nationale. En clair pour Suresnes, cette rencontre face à un club illustre du rugby français n’est que du bonus, et comme l’appétit vient en mangeant, les franciliens ne comptent pas se priver de goûter à ce désert qui s’offre à eux.
Albi Vs Suresnes (Barrage 1/4 de finale Nationale) une rencontre à suivre en direct via Le #MagSport ImpakktEvents en web Tv, ce samedi dès 19h.

Cela faisait déjà une ou deux saisons que vous annonciez que, du côté de Suresnes, vous vouliez être à fleur ou dans les play-offs. C’est chose faite cette année et chose bien faite ?
Oui, c’était un objectif qui nous tenait à cœur, c’était faire en sorte que le club puisse atteindre les phases finales. Avant de parler du sportif, je vais parler de l’ensemble du club car on a un club qui progresse vite puisqu’on a à peine 50 ans, qu’on est récemment arrivés dans cette division de Nationale, n’oublions pas qu’on jouait encore en Fédérale 2 il y a 6 ans. Ce club progresse donc très vite mais on a une volonté de ne pas avoir de crise de croissance avec l’envie de conserver et d’accentuer le projet d’un club unique et d’un club uni. Pour ça, on a les fameux 3 piliers dont je parle régulièrement et qui sont le côté éducatif avec tout ce qui est école de rugby, le côté citoyen où on est très fiers d’avoir créé le fond de dotation pour supporter les sections de rugby santé, rugby adapté ainsi que tout ce qui est intégration et retour au travail et évidemment un rugby performant qui est supporté par la SASP et dont on peut bien sûr parler pour le côté sportif dont on est très satisfait. Le niveau de cette Nationale est de plus en plus compétitif et quand on voit des clubs qui sont très bien structurés comme Massy qui est proche de nous ou même Bourgoin qui fait un travail colossal et qui, à ce jour, n’est pas récompensé sportivement, les places sont vraiment très chères et le Top 6 était vraiment très compliqué. En début d’année, collectivement, on n’aurait sans doute pas donné ce classement-là en sortant des clubs comme Massy, Bourg ou Bourgoin des 6 premières places. C’est une super récompense pour tout un groupe qui a le droit de rêver, c’est ce que je leur ai dit la dernière fois que nous avons gagné à Tarbes, ils se sont donné le droit de rêver et j’ai envie de dire que s’ils réalisent plusieurs fois leurs rêves, on sera alors bien obligé d’être présents à leur réveil et d’assumer et on assumera.

Quel plus beau cadeau pour un club qui est cinquantenaire depuis quelques jours que des play-offs ?
C’est un super cadeau mais c’est aussi un cadeau que l’on va faire perdurer grâce à toi et aux équipes du #MagSport puisqu’ avec Laurent Piepszownik, on avait à cœur d’offrir cette retransmission pour tous nos bénévoles. On a fait un message dans la semaine à destination de chaque bénévole pour les féliciter, les remercier ainsi que les anciens que, pour un certain nombre d’entre eux, j’ai eu l’honneur de rencontrer la semaine dernière, la veille du cinquantenaire. C’était super festif et on s’est aperçu qu’avec quelques verres et quelques chansonnettes, tous ont apprécié et qu’on était tous fait du même moule. C’est donc quelque chose de très important pour nous, un super cadeau également pour nos partenaires qui sont de plus en plus nombreux, c’est toujours compliqué de faire vivre une ferveur dans la région parisienne mais on s’aperçoit qu’à force de travail, il y a de plus en plus de monde qui vient nous soutenir, de plus en plus de partenaires qui s’intéressent à l’évolution du club avec bien évidemment la ville qui est le premier soutien du RCS depuis l’origine.

L’adage dit souvent » le plus dur n’est pas d’arriver en haut mais c’est d’y rester » et j’imagine que vous êtes déjà en train d’y travailler pour y rester dès la saison prochaine ?
Oui, on y travaille, quelle que soit l’issue du match, on reviendra après sur ce dernier, j’ai envie de dire que ce n’est qu’un match et qu’aujourd’hui, c’est du bonus. Comme le dit Mathieu Bonello, les playoffs c’est un gâteau . Et avec tout le respect que j’ai pour lui, nous aussi on veut goûter au gâteau et attention qu’on ne soit pas la cerise sur le gâteau avec un gros noyau …

Sinon évidemment qu’on travaille déjà aux saisons suivantes puisque la structuration ne se fait pas année après année, ce sont des rythmes qui sont de 3 à 5 ans donc on est déjà engagé sur un rythme de 3 à 5 ans pour déjà prétendre aller au niveau au-dessus. Si on y va un peu plus rapidement que ce qu’on pourrait imaginer, il faudra qu’on accélère encore plus mais on se prépare, on se prépare avec une équipe qui est déjà quasiment staffée à 100% donc on est prêts pour attaquer la saison suivante, à priori en Nationale ou plus si ça veut bien sourire.

Quel est l’état d’esprit du RC Suresnes avant d’aller affronter Albi au Stadium ce samedi à 19h30 ?
C’est un état d’esprit un peu particulier puisqu’on va rencontrer Albi qui était 1er il y a une semaine et qui est devenu 4e en l’espace d’un match donc on voit que tout est serré. On espère que cette fois-ci, on va pouvoir rivaliser à Albi où on n’a jamais gagné, on a fait un partout sur la saison régulière en gagnant chez nous et en perdant assez lourdement chez eux au match retour. Ceci dit, j’espère que cette fois-ci, on n’aura pas des faits de jeu qui nous permettront de jouer à 15 contre 15 et d’avoir un match équilibré et je le souhaite aux deux équipes, j’aimerai bien qu’on puisse avoir un match qui se déroule avec 15 joueurs contre 15 tout au long de la partie pour pouvoir réellement rendre cette partie intéressante. Il est sûr qu’on va rencontrer une équipe d’Albi qui sort d’un match compliqué, ils ont pris 50 points ce qui est rarement arrivé à une équipe comme Albi donc il y a sans doute plein de doutes dans la tête des Albigeois suite à ce match à Nice. Avec une météo qui ne s’annonce pas très clémente, je pense qu’on peut s’attendre à avoir un jeu assez restrictif qui nous sera proposé du côté d’Albi mais on a tous les ingrédients pour faire un coup. On n’est pas favori, Albi n’a jamais perdu sur son terrain cette saison, je crois qu’il n’y a aucun barragiste qui ait perdu dans cette division depuis la création de la Nationale, on est à l’extérieur, loin de Suresnes avec, à mon avis, 99.9% des supporters qui seront en jaune et noir donc tout va nous être hostile.

On a peu d’expérience collective sur les phases finales, peu ou pas, donc on a le parfait rôle de l’outsider et puis, on rencontre l’un des favoris à la montée en Pro D2 qui a l’habitude de jouer des phases finales chaque année depuis 4 ans. Ça, je dirai que c’est le côté un petit peu noir du tableau mais si je veux être un peu espiègle, je dirai que dans les points positifs que l’on aura lors de cette rencontre, c’est qu’Albi chute depuis 4 ans sur les dernières marches donc pourquoi pas une année de plus ? On a un groupe qui n’est pas intimidé et qui est prêt à relever un énorme défi, nos joueurs sont morts de faim, on les sent avec une grosse envie, avec, encore une fois, une frustration par rapport au dernier match face à Albi où ils n’avaient pas pu rivaliser. Il y a beaucoup de passion, beaucoup d’envie ce qui fait que je pense que nos joueurs seront au rendez-vous et puis, comme on dit, » à cœur vaillant rien d’impossible « . Je pense qu’on n’a rien à perdre contrairement à Albi qui joue gros, pour nous, la montée n’est pas programmée cette saison mais je sais que du côté d’Albi, ça fait 4 ans que ça passe près donc c’est vraiment un match tout bonus pour nous et bonus pour le club, qui prouve qu’on progresse année après année. J’aimerai que notre équipe ne sorte pas frustrée de cette partie et qu’elle ait tout tenté, je pense que c’est la seule chose qu’on pourrait leur demander, ils sont capables d’aller gagner à Albi et que le meilleur gagne.

Si l’aventure est belle pour Suresnes et qu’elle vous amène jusqu’au Chambéry Savoie Stadium, est-ce que le RCS est prêt pour monter à l’étage au-dessus ?
Prêt, oui. Est-ce que ça s’inscrit dans un calendrier qui est celui qu’on imagine ? Non, ce serait un peu anticipé d’un ou deux ans. Maintenant, il est évident qu’on irait, qu’on travaillerait dur et qu’on ferait en sorte d’être performants. On voit que cette division Nationale est devenue performante, elle prépare bien à la Pro D2, on l’a vu avec Dax qui fait un superbe championnat en Pro D2 ainsi que Valence-Romans qui est déjà sûr de se maintenir. Il y a donc le sportif, le financier, tout ce qui est infrastructures mais surtout l’organisation et si ça devait arriver, le plus gros chantier pour nous serait le chantier organisationnel puisque Suresnes manque encore de culture rugby donc là, je pense qu’on aura un gros chantier côté humain.

On sait que tu es le chargé de missions bénévole de la Nationale et Nationale 2 pour la Fédé, en clair, tu es la courroie de transmission entre les dirigeants fédéraux et les clubs de ces deux divisions. Que penses-tu de ces deux championnats que sont la Nationale et la Nationale 2 et où en est-on ?
On a la chance d’avoir deux championnats passionnants, la Nationale avec un niveau extrêmement homogène et une poule unique ce qui la rend assez simple et lisible à suivre, c’est vraiment un super championnat. La Fédération a créé cette division pour avoir un sas entre le monde véritablement pro, la Pro D2, et le monde amateur qu’était la Fédérale 1 à l’époque et je pense qu’on peut dire que c’est un succès, une division qui est bien installée et qui répond aux attentes sportives. Je pense que tout le monde fait un gros boulot, là, on n’est plus que 6 en course, 6 + 1 car n’oublions pas Vienne qui se prépare à un barrage contre le perdant de la finale de Nationale 2. Si on parle de la Nationale 2 justement, je pense qu’on pourrait dire à peu près la même chose avec 2 poules très homogènes, on s’aperçoit que c’est un championnat qui est très disputé avec là-aussi des surprises, des équipes qui ont particulièrement performé, je pense notamment à Langon qui est un promu et qui, un peu à l’image de Dax en Pro D2, crée la surprise et va crânement jouer sa chance face à l’un des favoris à la montée à savoir Rennes.

De l’autre côté, il y a Marcq-en-Barœul et Mâcon qui vont s’affronter, des clubs ambitieux du nord de la France qui vont peut-être essayer d’augmenter les poids du club du nord de la France dans la division Nationale. En tous cas, un grand coup de chapeau à tous les présidents de ces divisions Nationale / Nationale 2 parce qu’ils sont quotidiennement au travail et que ce n’est pas simple, qu’au-delà du sportif, il faut être capable de joindre les deux bouts et que ces années sont compliquées financièrement puisque le marché et l’économie en France sont difficiles et que le rugby ne déroge pas à ça.

Merci, on te souhaite de beaux play-offs avec le RC Suresnes pour ce moment d’histoire pour vous, du côté du Mont Valérien
Merci et à ce soir.

Propos recueillis par Loïc Colombié

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