Mathieu Bonello en amont du 1/4 de finale, du barrage de Nationale et d’accession en Pro D2, nous a accordé un entretien à quelques heures de retrouver le Stadium Municipal pour affronter le RC Suresnes. Après la désillusion niçoise lors de l’ultime journée de Nationale, les albigeois vont nécessairement avoir un sursaut d’orgueil devant leur public tout en essayant de réenclencher une dynamique vertueuse. En clair les Albigeois et leur manager sont à quelques heures de peut être écrire une belle page de l’histoire du club de la cité épiscopale.

On va revenir brièvement, car nous l’avions déjà évoqué lors de l’interview d’après-match, sur la rencontre face à Nice. On se souvient du sélectionneur de l’équipe de France qui disait » tomber et se relever » et ça a dû être ça le karma de cette semaine au Sporting Club Albigeois ?
On a perdu un match de notre phase régulière, c’était le dernier donc bien sûr qu’on le regarde mais comme je l’avais dit, c’était dans un sens ou dans l’autre, on savait qu’on pouvait le gagner et bien finir ou le perdre et mal finir. On l’a aussi pris d’une façon positive dans le sens où ça nous a permis de rejouer car cela faisait semaines qu’on n’avait pas joué et on a vu les choses qui n’allaient pas et qu’on a mal fait sur ce match.

Maintenant, on efface tout et on repart sur un nouveau championnat avec des sensations qui sont différentes car ce sont des matchs couperets, des matchs » à la vie, à la mort » ?
Bien sûr, ce sont des matchs de phases finales et il est certain que c’est un nouveau championnat donc les places ne comptent plus. C’est un match, celui qui gagnera continuera un week-end de plus et celui qui perdra aura fini et partira en vacances. Nous, en tous cas, on est déjà très content d’être qualifiés car se qualifier était l’objectif du club et que c’est de plus en plus dur, quand on voit les équipes, les effectifs et les clubs qui sont restés en rade, on est très content d’être qualifiés. La semaine dernière est bien sûr une déception mais on n’y jouait pas non plus toute notre saison.

Il faut aussi qu’il y ait le peuple jaune et noir, le public, qui réponde présent car on l’a vu à Nice, quand un stade est plein et un public qui pousse, ça aide quand même beaucoup ?
Absolument, on attend toujours beaucoup de nos supporters et de comment ils sont au Stadium, comme ils ont été toute l’année et comme ils sont tout au long de l’année avec beaucoup d’investissement. Bien sûr que ça nous aide et j’ai envie de dire que ça nous pousse aussi à nous surpasser, on s’est toujours bien comporté dans le Stadium et ça sera important de continuer à bien se comporter.

Entre Albi et Suresnes, on peut dire qu’il y a 1-1 balle au centre avec une victoire albigeoise et une victoire suresnoise. Ce samedi, c’est la balle de match ?
Il y a en effet une victoire partout, ça veut dire qu’on se tient. On aura affaire à un gros adversaire ce week-end, qui a beaucoup d’arguments à faire valoir donc pour nous, c’est un match de phases finales face à un sérieux adversaire.

Que de chemin parcouru pour ce club de Suresnes. Tu les as vu monter de Fédérale 2 à Fédérale 1 quand tu étais d’abord à Lavaur puis à Massy, ils sont maintenant en play-offs d’accession Pro D2, c’est quand même un parcours remarquable ?
Évidemment, remarquable et, encore une fois, même si je regarde mon club, c’est vrai que leur évolution est hyper positive. Ça montre toute la qualité du travail qu’ils font et qu’ils ont mis en place depuis des années par leurs dirigeants et par leurs staffs. C’est tout à leur honneur mais j’ai assez de boulot pour nous analyser nous à Albi (rires).

Quand on joue des matchs de play-offs et qu’on est manager ou coach, les leviers sont simples pour motiver les joueurs car il n’y a pas grand-chose à dire ?
Exactement, c’est la vérité. Aujourd’hui, quand tu es joueur, arriver en phases finales est le gâteau que tu t’es gagné avec tous les matchs de la saison et en fait, ça appartient aux joueurs de manger le gâteau. L’entraîneur est là pour les aider, les piloter et les mettre dans les meilleures conditions mais c’est à eux d’en profiter, l’équipe l’a mérité car ils se sont qualifiés une année de plus et ça, c’est bravo aux joueurs.

Comme tu le dis, la motivation des joueurs doit être à son comble, voire même l’excitation. C’est justement là que le coach peut intervenir pour trouver le bon dosage de manière à ce qu’il n’y ait pas trop d’influx nerveux qui soit perdu avant ?
Bien sûr et c’est toujours ça qui est hyper compliqué à savoir qu’il faut garder beaucoup d’enthousiasme et d’envie mais surtout beaucoup de maîtrise. C’est ça qui est difficile dans le rugby car c’est un sport de combat avec de grosses phases de jeu intenses mais il faut arriver à garder cette maîtrise parce qu’on sait que c’est important dans ces matchs-là.

Quel est le mot d’ordre avant ce barrage / 1/4 de finale d’accession en Pro D2 ?
C’est prendre du plaisir. On a gagné la récompense d’une saison en se qualifiant et j’ai envie que les joueurs prennent du plaisir au Stadium et que le 16e homme pousse car on est très content de nos supporters et on espère leur faire plaisir.

Propos recueillis par Loïc Colombié

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